03/07/2009

Un réquisitoire d'Amnesty International contre les méthodes de l'armée israélienne

Compte rendu

Un réquisitoire d'Amnesty International contre les méthodes de l'armée israélienne

LE MONDE | 03.07.09 | 14h49  •  Mis à jour le 03.07.09 | 14h49

JÉRUSALEM CORRESPONDANT

 

Le rapport publié par Amnesty International, jeudi 2 juillet, sur les vingt-deux jours de l'opération israélienne "Plomb durci" dans la bande de Gaza est un véritable acte d'accusation contre les méthodes utilisées par Tsahal. A la suite d'une enquête approfondie et en dépit du refus systématique des autorités israéliennes de répondre aux questions posées, les conclusions de l'organisation internationale de défense des droits de l'homme sont accablantes. "Ce fut une punition collective en raison de l'intensité des destructions. Ce fut également une punition collective en raison de la liberté totale d'ouvrir le feu pour les soldats. La manière d'agir n'était pas différente par rapport aux opérations précédentes, à part l'utilisation du phosphore blanc, mais ce qui est fondamentalement différent, c'est l'ampleur de ce qui s'est produit", explique Donatella Rovera, responsable de l'enquête.

Le rapport de 117 pages souligne que, lors de cette opération menée du 27 décembre 2008 au 18 janvier 2009, "la plupart des destructions étaient injustifiées et le résultat d'attaques directes sur des objectifs civils". "Des centaines de civils sont morts lors d'attaques menées avec des armes de haute précision. Des femmes et des enfants ont été tués à très courte distance alors qu'ils ne représentaient aucun danger pour la vie des soldats israéliens. Des bombardements aériens à partir de F-16 ont détruit des bâtiments civils sans avertissement, tuant et blessant leurs occupants alors qu'ils dormaient. (...) Du personnel médical prêtant assistance à des blessés a été tué par des missiles tirés d'hélicoptères, de drones ou par des tirs de chars", poursuit le rapport.

L'énumération est sans fin : utilisation massive de l'artillerie, phosphore, obus à fléchettes, destruction systématique des bâtiments industriels, des cultures, du cheptel... "Jamais autant de Palestiniens n'avaient été tués et de propriétés détruites au cours d'une offensive israélienne que lors de cette campagne. Aucune nécessité militaire ne peut justifier ce qui s'est produit." Au total, 1 400 Palestiniens ont été tués, pour la plupart des civils, parmi lesquels 300 enfants, 115 femmes, et 85 hommes de plus de cinquante ans. Deux cent quarante policiers ont péri ; il y a eu 5 000 blessés. Tous les bâtiments publics, tous les commissariats, des hôpitaux, des cliniques, des écoles ont été rasés.

"On ne peut pas parler de dommages collatéraux", constate Donatella Rovera qui s'étonne que l'on puisse faire autant de dégâts en utilisant des armes qui ont la réputation d'être très précises. D'autant, fait-elle remarquer, qu'"il n'y a pas eu de batailles". "Les soldats ont trouvé très peu de résistance. Nous n'avons pratiquement pas trouvé de douilles de balles", précise-t-elle. D'ailleurs, il n'y a eu que dix soldats tués, dont quatre victimes d'erreurs de tirs israéliens.

Tsahal s'est efforcé au maximum d'éviter les pertes au prix de pilonnage systématique, de nettoyage par le vide de zones entières, de l'énorme utilisation des blindés et des bulldozers, par la prise de risque minimum, au prix fort pour les populations civiles.

Tsahal n'a pas hésité à utiliser des boucliers humains, y compris des enfants, pour pénétrer dans les maisons. En revanche, Amnesty International nie que le Hamas ait eu recours à des boucliers humains pour se protéger, comme le prétend l'armée israélienne. Néanmoins, le rapport reproche au Hamas et aux autres groupes palestiniens d'avoir "mis en péril la vie des civils en lançant des roquettes et en installant de l'équipement militaire à proximité d'habitations civiles".

"Il y a eu crimes de guerre des deux côtés. Mais en ce qui concerne les groupes palestiniens, la situation est beaucoup plus claire. Les tirs de roquettes étaient illégitimes. Du côté israélien, il y a eu des attaques légitimes, il y a sans doute eu des erreurs, ce qui est le cas dans chaque guerre, mais vu l'ampleur des destructions et le nombre de victimes civiles, ce n'est pas quelque chose qui peut être balayé d'un revers de main. Il y a donc eu crimes de guerre à plusieurs niveaux", soutient Donatella Rovera.

Amnesty a interrogé des soldats qui parlent d'"une culture de l'immunité qui permet aux troupes - ils y sont même encouragés par leurs commandants - à tirer "sur tout ce qui bouge", même s'il n'y a aucun danger pour leur vie".

Tsahal a répliqué en disant qu'Amnesty International avait "succombé aux manipulations du Hamas". Le Hamas a regretté que le rapport "mette sur un pied d'égalité le bourreau et la victime". L'organisation de défense des droits de l'homme demande, en conclusion, à la communauté internationale d'accorder "son soutien total" à la commission d'enquête indépendante du Conseil des droits de l'homme de l'ONU, présidée par le juge sud-africain Richard Goldstone, qu'Israël a refusé d'accueillir sur son territoire.

L'intégralité du rapport est consultable sur www.amnesty.org.

 

Michel Bôle-Richard

Article paru dans l'édition du 04.07.09

Le stock de déchets radioactifs français va doubler d'ici à 2030

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/07/01/le-stock-de-dechets-radioactifs-francais-va-doubler-d-ici-a-2030_1213866_3244.html#ens_id=1210355

 

Le stock de déchets radioactifs français va doubler d'ici à 2030

LE MONDE | 01.07.09 | 15h06  •  Mis à jour le 01.07.09 | 15h06

 

Fin 2007, le volume des déchets nucléaires produits en France s'élevait à 1,1 million de m3, selon le dernier inventaire de l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs, publié mardi 30 juin. Ce stock doublera d'ici à 2030, pour atteindre 2,2 millions de m3. Produits par l'industrie nucléaire (62 % du total), la défense et la recherche (17 % chacune), ces résidus sont surtout composés de déchets à faible ou très faible activité et à vie courte. Pour ceux de faible activité à vie longue, l'Etat a présélectionné deux communes de l'Aube, Auxon et Pars-lès-Chavanges, où un centre de stockage pourrait ouvrir en 2019. Ceux de haute ou moyenne activité à vie longue (3,8 % du volume et 99,9 % de la radioactivité) devraient être enfouis dans la Meuse dès 2025.

 

 

Pierre Le Hir

Article paru dans l'édition du 02.07.09

 

La "part de l'environnement est majeure" dans le risque de cancer.

lu sur : http://blogs.inserm.fr/synthesedepresse/

 

Un avis de l'Afsset sur les liens entre cancers et environnement

L'AFP rappelle qu'en octobre dernier, l'Inserm a publié une expertise collective qui soulignait le rôle d'agents environnementaux (physiques, chimiques ou biologiques) dans le développement de cancers. L'Afsset s'est fondée sur ce rapport pour émettre un avis selon lequel la "part de l'environnement est majeure" dans le risque de cancer. L'Afsset préconise "une logique de précaution". Cité par Le Monde, le professeur Gérard Lasfargues, qui dirige les travaux d'expertise en santé environnement à l'Afsset, estime qu'il "ne faut pas attendre d'avoir des certitudes pour agir". L'agence recommande notamment un croisement des disciplines lors des études, un renforcement du contrôle de la réglementation en milieu professionnel, et le remplacement des substances qui pourraient être cancérigènes par des substances moins nocives. Selon elle, c'est aux industriels et aux acteurs socio-économiques de faire la preuve de l'innocuité de leurs produits.

Monde [Le] , 03/07/2009 - Libération , 03/07/2009 - Agence France Presse_Fil Général , 02/07/2009

voir : http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5hIXT7z5dokG1TKg9zc6cOLHZEAiA

01/07/2009

Le cancer du foie : études

lu sur : http://blogs.inserm.fr/synthesedepresse/

 

Vers un traitement du cancer du foie

D'après des travaux réalisés par l'équipe de Jean Rosenbaum, directeur de recherche à l'Inserm (Bordeaux), la reptine serait l'une des causes de la prolifération du cancer du foie. Cette protéine, très présente dans ces tumeurs, a été détruite chez des souris malades, ce qui a limité le développement du cancer. Mais cette méthode n'est pas pour l'instant applicable sur l'homme. Jean Rosenbaum indique que l'objectif de son équipe "est, dans un premier temps, de faire en sorte que les personnes atteintes d'un cancer du foie puissent vivre avec".

Croix [La] , 01/07/2009

30/06/2009

La France recherche des solutions dérogatoires à l'interdiction du Di-Antalvic

lu sur : http://blogs.inserm.fr/synthesedepresse/

voir aussi la note du 26/6/09 sur ce blog

La France recherche des solutions dérogatoires à l'interdiction du Di-Antalvic

L'EMEA (Agence européenne du médicament) vient de recommander, en raison d'un risque de surdosage mortel, le retrait des produits à base de dextropropoxyphène (DXP). Si la commission européenne suit cet avis, le Di-Antalvic et une trentaine de spécialités à base de DXP seront retirés des pharmacies en Europe d'ici quinze mois. La France s'est opposée à cet avis. D'après Jean Marimbert, directeur de l'Afssaps, "s'il y a un transfert des prescriptions vers le tramadol, le bilan pourrait être négatif pour la santé publique", car la toxicité de ce produit est supérieure à celle du DXP. Il précise, en ce qui concerne les malades qui ne sont pas soulagés par les molécules proposées en remplacement, que l'Assaps réfléchit "à une procédure dérogatoire".

Figaro [Le] , 27/06/2009

voir :

http://www.lefigaro.fr/sante/2009/06/27/01004-20090627ARTFIG00212-di-antalvic-un-retrait-qui-inquiete-.php

 

COMMENTAIRE :

le fait que le di-antalvis ait été lancé par un laboratoire français (Sanofi, qui doit donc toucher des royalties sur les ventes,

voir :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/06/26/

le-di-antalvic-et-ses-generiques-seront-retires-des-pharmacies-d-ici-a-un-an_1211915_3224.html )

et qu'en France, ces médicaments re­présentent un volume de vente considérable : environ 70 millions de boîtes par an

(voir :

http://www.lefigaro.fr/sante/2009/06/27/01004-20090627ARTFIG00212-di-antalvic-un-retrait-qui-inquiete-.php )

n'est peut-être pas étranger au fait que la France se soit opposée à  l'interdiction de ce médicament.

Pour les montpelliérains

Il y a une nouvelle note sur le blog du collectif "Une place pour tous" ( http://collectifuneplacepourtous.midiblogs.com/ ; lien ci-contre )

Elle met en évidence les mensonges de la mairie quant à l'état des arbres de la place Jaumes (quartier de la Méditerranée), qui devraient - selon la mairie - être abattus pour "dangerosité" .

29/06/2009

Corruption, paradis fiscaux et pays en voie de développement

lu sur :

http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2009/06/29/dans-les-paradis-fiscaux-20-des-depots-proviennent-des-pays-en-voie-de-developpement_1212997_1101386.html

 

Compte rendu

Dans les paradis fiscaux, 20 % des dépôts proviennent des pays en voie de développement

LE MONDE | 29.06.09 | 15h14  •  Mis à jour le 29.06.09 | 15h14

 

Il est communément admis que 10 000 à 12 000 milliards de dollars (7 130 à 8 555 milliards d'euros) transitent en moyenne annuelle par les différents paradis fiscaux de la planète.

Ces flux illégaux ne viennent pas seulement des pays riches. Une bonne partie d'entre eux est issue des pays en voie de développement (PVD). Combien ? Telle est la question. Pour la quantifier, le gouvernement norvégien a commandé un rapport à une commission d'experts présidée par le professeur Guttorm Schelderup, économiste, et dont Eva Joly, ancien magistrat, faisait partie. Après plusieurs mois de travail, un rapport intitulé "Paradis fiscaux et développement" a été remis à la mi-juin à Erik Solheim, ministre de l'environnement et du développement international de Norvège.

Le résultat est édifiant. Les économistes norvégiens estiment qu'environ 20 % des dépôts dans les paradis fiscaux proviennent des PVD, soit "une somme comprise entre 2 200 et 2 400 milliards de dollars, soit trente fois ce que les pays en développement reçoivent sous forme d'aide".

Si l'on en croit le rapport, l'évasion fiscale au sein des PVD a représenté pour l'année 2006 une somme comprise entre 641 et 979 milliards de dollars. Par comparaison, les flux de capitaux entrants dans ces pays ont atteint en 2006, selon la Banque Mondiale, 571 milliards de dollars. "Mêmes les estimations les plus basses aboutissent au fait que les flux sortants de capitaux illégaux sont supérieurs aux flux entrants", indique le rapport. L'évasion fiscale des PVD représente aussi environ 10 fois le montant de l'aide apportée par les pays riches et environ 6 % à 8,7 % du produit intérieur brut (PIB) de ces pays. Par comparaison, les revenus fiscaux des pays les plus pauvres représentent 13 % de leur PIB.

Tous ces flux illégaux n'aboutissent pas forcément dans les paradis fiscaux. Mais, et c'est l'un des points-clés du rapport, les places offshore contribuent à la "gangstérisation" des systèmes politiques dans les PVD. Les paradis fiscaux "favorisent ainsi la corruption et les escroqueries menées par les hommes politiques sur l'aide au développement, les ressources naturelles et les deniers publics". Pis encore, le rapport ajoute que les exemples ne manquent pas "de destruction délibérée d'institutions destinées à prévenir les sorties illégales de capitaux, de pressions exercées contre des fonctionnaires afin qu'ils négligent leur mission sans parler de l'assassinat de ces fonctionnaires". Le rapport cite ainsi l'exemple des Philippines, de l'Indonésie et de la Malaisie où les politiciens locaux ont délibérément torpillé le rôle des agences locales de protection de l'environnement dans le but d'autoriser une exploitation intensive des forêts tropicales. Les commissions occultes versées dans ce but ont presque fatalement atterri dans des paradis fiscaux.

Ces pratiques mafieuses facilitées par l'existence des paradis fiscaux n'incitent guère les pays pauvres à investir en vue d'une meilleure efficacité administrative. "La probabilité de découverte d'un crime économique est plus basse dans les pays en développement", indique le rapport qui ajoute que l'existence des "paradis fiscaux est un encouragement aux comportements criminels".

Le rapport norvégien pointe avec une sévérité particulière la responsabilité des multinationales dans l'affaiblissement fiscal des PVD. La politique dite des "prix de transfert", à savoir les différentes techniques permettant de manipuler le prix des échanges internes - ou même des échanges avec des sociétés tierces - dans le but de transférer les profits dans les juridictions à fiscalité zéro, joue un rôle déterminant dans l'affaiblissement fiscal de tous les pays du monde. Les pratiques comptables des multinationales norvégiennes engendreraient ainsi une perte fiscale de 30 % pour le budget norvégien.

Parmi ses recommandations prioritaires, le Pr Schelderup réclame l'amélioration des règles relatives aux prix de transfert et une modification des conventions fiscales pour que les activités réelles d'une société déterminent son domicile fiscal.

 

Yves Mamou

Article paru dans l'édition du 30.06.09

28/06/2009

Eau du robinet, nitrates et autres produits

Lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=3812

23-06-2009

L'eau du robinet déconseillée aux victimes du cancer

Les articles les plus lus

Au regard des normes, globalement le niveau de qualité de l’eau du robinet en France est satisfaisant. Néanmoins, du fait de l’activité agricole, selon les régions et les périodes de l’année, le niveau de contaminants (nitrates et pesticides pour l’essentiel) peut se trouver ponctuellement très au-dessus des seuils réglementaires et induire le consommateur en erreur quant à l’eau qu’il boit. Si pour la majorité des personnes, ce constat est anodin d’un point de vue sanitaire, pour celles atteintes par un cancer, ou qui l’ont été, la qualité de l’eau se doit d’être irréprochable au nom du principe de précaution, de nombreuses études attestant des liens entre cancer et polluants de l’eau.

 

Aujourd’hui, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) considère que les apports en pesticides liés à la consommation d’eau représentent 10 % de la quantité totale ingérée. En conséquence, il paraît logique d’inviter les personnes sensibles à faire attention à la contamination de l’eau qu’elles consomment. C’est ainsi qu’en cas de doute, le WWF et 19 personnalités scientifiques, dont les Pr David Servan-Schreiber et Luc Montagnier, lancent aujourd'hui un appel pour recommander aux individus précités de s’équiper d’un filtre de qualité ou de boire de l’eau en bouteille (malgré son lourd impact environnemental, N.D.L.R.). Un conseil qui semble d’autant plus pertinent que la présence de plusieurs pesticides et résidus de médicaments n’est pas systématiquement évaluée dans l’eau distribuée au robinet. Or, la concentration en substances médicamenteuses dans les eaux des rivières et les nappes phréatiques ne cessent d’augmenter ; les stations d’épuration étant impuissantes à les éliminer toutes, à l’instar des traitements de potabilisation de l’eau…

 

Face à ce constat, un petit point sur les eaux embouteillées et les filtres à eau n’est pas forcément inutile.

Les eaux minérales et de source ne sont pas systématiquement exemptes de nitrates et de pesticides. Si la teneur de ces derniers est très faible en comparaison des niveaux qui peuvent être atteints dans l’eau du robinet, pour les nitrates la situation est nettement moins bonne. L’idéal, pour les personnes qui se doivent de prendre des précautions, est de ne pas dépasser les 10 mg/litre recommandé pour les nourrissons. D’autre part, la forte teneur en minéraux de certaines eaux minérales les rend impropres à une consommation régulière, à l’inverse des eaux de sources.

Concernant les filtres à eaux, ceux-ci ont fait une percée significative et méritée dans les foyers. Au-delà d’une neutralisation du goût de l’eau du robinet qu’ils sont amenés à traiter, ces systèmes agissent sur différents contaminants. Les plus simples, les carafes, grâce à leur filtre à charbon actif en poudre, éliminent le chlore, les dérivés chlorés et certains pesticides non solubles dans l’eau comme le lindane et l’atrazine, sans oublier certains résidus médicamenteux. D’autres carafes éliminent également les nitrates si elles possèdent une résine échangeuse d’ions. Quant aux filtres avec un mécanisme d’osmose inverse, qui s’installent sous l’évier ou sur le plan de travail, ils filtrent en moyenne 97 % des nitrates, 98 % des pesticides, 99 % du plomb ainsi que, pour les modèles les plus performants, la plupart des résidus de médicaments. Néanmoins, si les filtres s’avèrent être les plus performants, il est impératif de respecter les périodes de remplacement des cartouches filtrantes, pour éviter tout risque de relargage des contaminants contenus dans la cartouche.

Pascal Farcy

27/06/2009

Les banques n'ont pris aucun engagement en contrepartie des prêts à 1% de la BCE

lu sur :

http://www.lemonde.fr/economie/article/2009/06/27/la-bce-inonde-les-banques-de-liquidites_1212491_3234.html#ens_id=1172969

Taux et changes

La BCE inonde les banques de liquidités

LE MONDE | 27.06.09 | 17h02  •  Mis à jour le 27.06.09 | 17h02

 

Record historique, succès spectaculaire, raz de marée... la littérature économique et la presse évoquaient-elles en ces termes, ces derniers jours, la réussite d'une introduction en Bourse ? De l'emprunt d'EDF ? Non, juste la nouvelle mesure anticrise conduite par la Banque centrale européenne (BCE), mardi 24 juin : pour la première fois de son histoire, la BCE a accordé des prêts aux banques sur une durée d'un an, contre six mois maximum auparavant. "Quand on dit trop de bien de nous, c'est peut-être qu'on a fait une erreur", ironise-t-on en interne à la BCE.

Au total, 1 121 établissements financiers se sont fait prêter 442,24 milliards d'euros, dépassant le record de décembre 2007, où la BCE leur avait accordé 349 milliards d'euros. Habituellement, il n'y a que 500 à 550 banques qui participent aux opérations hebdomadaires de prêt et une centaine dans le cas de prêts à long terme, notent les experts de Barclays Capital. En volume, c'est un tiers des montants émis par les Etats de la zone euro cette année, soulignent ceux de Goldman Sachs.

L'occasion était trop belle : des montants accordés illimités, un taux de prêt bloqué à 1 % pendant un an, un prêteur qui n'aura a priori aucun problème de solvabilité. Une aubaine, d'autant que rien ne dit que le taux sera encore de 1 % pour les prochaines opérations de prêt à un an, qui sont prévues le 30 septembre et le 16 décembre.

"L'idée de se financer à 1 % est très attractive pour les banques compte tenu des taux actuels sur le marché (le fixing de l'Euribor à douze mois s'est inscrit à 1,57 % mercredi) et semble offrir l'opportunité de réaliser un gain exceptionnel", notent les experts de la Société générale.

L'objectif final de la banque centrale n'est pas de donner quasi gratuitement de l'argent, mais de fournir une aide pour améliorer la distribution du crédit, même si les banques n'ont pris aucun engagement en contrepartie de ces prêts.

"Le premier but est déjà de s'assurer que les banques n'auront pas de problème de liquidités sur longue période, les rassurant pour qu'elles puissent s'engager dans d'autres opérations et reprendre du risque, de manière à permettre de réamorcer dans un premier temps certains marchés financiers, note-t-on à la BCE. Car si elles ne font rien de cet argent et qu'elles nous le confient en dépôt, il sera rémunéré à 0,25 %, ce qui n'a rien d'intéressant."

 

MESURER L'EFFICACITÉ

Comment la BCE saura si sa nouvelle politique monétaire non conventionnelle est efficace ? Tout d'abord, elle va observer l'activité sur le marché interbancaire, où les banques se prêtent de l'argent entre elles. Si elles ne craignent plus l'insolvabilité de l'une d'entre elles - vu que la BCE a injecté des fonds -, elles vont se prêter de l'argent plus librement. Les volumes d'activité devraient s'accroître sur ce marché et les taux d'intérêt à très court terme se réduire.

Si amélioration il y a, elle devrait être visible d'ici à une semaine. Ensuite, d'ici à quelques mois, si celle-ci se poursuit, les taux d'intérêt à plus longue échéance devraient aussi baisser. Enfin, on devrait assister à un arrêt du ralentissement des crédits bancaires auprès des entreprises. Les crédits continuaient de progresser, mais cette progression ne cessait de s'amenuiser depuis plusieurs mois.

 

LE STATU QUO DE LA FED

"Chaque jour on guette les signes d'amélioration, car on ne peut plus se fier aux mécanismes que l'on connaissait. Les analyses dont on disposait nous donnaient une idée du temps qu'il fallait pour qu'un changement de politique monétaire ait un effet, mais là toutes ces relations sont un peu cassées", indique-t-on à la BCE.

De l'autre côté de l'Atlantique, la Réserve fédérale américaine (Fed), qui a tenu sa réunion de politique monétaire mardi et mercredi, a rassuré les marchés financiers, lesquels craignaient une augmentation des achats de bons du Trésor. La Fed n'a pas modifié son programme d'achats de titres d'Etat ni son taux directeur. Elle a découragé les anticipations qui avaient émergé dernièrement sur un possible relèvement des taux d'intérêt à la vue d'une multitude de petits signaux positifs concernant l'économie, en déclarant qu'ils devraient rester "extrêmement bas" pendant une "longue période", car l'économie devrait rester faible et l'inflation "contenue" encore un certain temps.

 

Cécile Prudhomme

Article paru dans l'édition du 28.06.09

Des associations contestent certaines autorisations du Round Up

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/06/24/des-associations-contestent-certaines-autorisations-du-round-up_1210728_3244.html#ens_id=1207698

 

Des associations contestent certaines autorisations du Round Up

LE MONDE | 24.06.09 | 15h30  •  Mis à jour le 24.06.09 | 15h30

 

Le Mouvement pour le droit et le respect des générations futures (MDRGF) et l'agriculteur Jacques Maret, administrateur du Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique (CriiGen) ont demandé au ministère de l'agriculture l'abrogation des autorisations de mises sur le marché (AMM) de trois formulations de l'herbicide Round Up, employées par les agriculteurs et les jardiniers amateurs. Selon eux, toutes les études requises par la réglementation n'ont pas été fournies à l'administration par le fabricant, Monsanto. En l'absence de réponse d'ici deux mois, les demandes seront portées devant le Conseil d'Etat.

 

Gaëlle Dupont

Article paru dans l'édition du 25.06.09

 

26/06/2009

Retrait de médicaments contenant du dextropropoxyphène (DXP) tels que le Di-Antalvic

lu sur :

http://www.liberation.fr/societe/0104576240-le-di-antalvic-bientot-retire-des-pharmacies

 

L’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) a recommandé jeudi aux professionnels de santé de ne plus prescrire de médicaments contenant du dextropropoxyphène (DXP) tels que le Di-Antalvic, prévoyant un retrait définitif d’ici un an. Cette recommandation intervient quelques instants après une autre recommandation en ce sens émanant de l’agence européenne du médicament (EMEA). Les génériques du Di-Antalvic sont également concernés.

Ce médicament opiacé antidouleur, le dextropropoxyphène, souvent associé au paracétamol dans le Di-Antalvic et ses génériques, devrait donc être retiré du marché. Le retrait définitif des spécialités pharmaceutiques contenant du DXP devrait intervenir «dans un délai de l’ordre d’un an, afin notamment de permettre aux professionnels de santé d’envisager la meilleure alternative antalgique pour leurs patients». L’association du DXP et du paracétamol est un anti-douleur disponible en France sur prescription médicale. Il est indiqué notamment dans le traitement des douleurs qui ne sont pas soulagées par l’aspirine, le paracétamol ou l’ibuprofène. Une trentaine de spécialités pharmaceutiques contenant cette association sont à ce jour commercialisées en France, dont le Di-Antalvic.

Cet opiacé faible peut s’accumuler dans l’organisme en particulier en cas d’insuffisance rénale et chez les patients âgés, provoquant une intoxication. «Plus de 500 jours pour la réévaluation de l’association dextropropoxyphène + paracétamol alors que les risques mortels sont connus depuis plusieurs années», s’indigne Prescrire dans son numéro de juillet, en dénonçant «les lenteurs de l’agence européenne du médicament». «Enfin!», a dit à l’AFP le Dr Bruno Toussaint, de cette revue sans publicité consacrée aux médicaments, à propos du retrait imminent du dextropropoxyphène associé au paracétamol.

En France, les centres antipoison (enquête sur 1995-2003) dénombraient 7 décès par an en France quand l’Angleterre et le Pays de Galles comptaient plus de 300 décès consécutifs à des doses non recommandées et la Suède 200 décès par an. «Même si seul 1/5e de ces morts britanniques est lié à un surdosage involontaire -les autres relevant de suicides-, 7 ça ne fait pas le compte», estime le Dr Toussaint. «Cela ressemble au nuage de Tchernobyl: les dégâts qui s’arrêtent aux frontières», lance le Dr Toussaint devant de telles différences. Il évoque notamment les personnes âgées qui éliminent moins bien et chez lesquelles des surdosages mortels de Di-antalvic échappent probablement à l’attention. Combien de décès de personnes âgées traitées par Di-Antalvic ont paru de cause naturelle ou cardiaque sans dosage sanguin du dextropropoxyphène, interroge Prescrire? «Les décès dus à cette association ne sont pas justifiables. Mieux vaut aider les patients à s’en passer, et à utiliser d’autres antalgiques, en particulier le paracétamol et si besoin le tramadol ou la codéine», dit le Dr Toussaint.

Le dextropropoxyphène a été retiré du marché en Suisse en 2003, en Suède en 2005. En Angleterre et au Pays de Galles, le retrait définitif y était programmé pour fin 2007. En janvier 2009, un comité de spécialistes réunis par la Food and Drug Administration (FDA) s’est prononcé pour son retrait du marché américain. L’Afssaps remarquait en 2005 que le dosage en paracétamol se limitait à 8g maximum par boîte, une limite inférieure à celle retenue dans les pays concernés. Contre la douleur, «il n’est pas démontré que l’association dextropropoxyphène + paracétamol soit plus efficace que le paracétamol seul», affirme M.Toussaint.

 

(Source AFP)

La santé des femmes

lu sur  : http://blogs.inserm.fr/synthesedepresse/

 

Un focus sur la santé des femmes

À la demande du ministère de la santé, la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) a établi le premier état des lieux exhaustif en France sur la santé des femmes. Cette étude met tout d’abord en lumière de fortes disparités et inégalités, par rapport aux hommes en premier lieu, mais également entre femmes, selon le territoire ou surtout selon les conditions sociales. En présentant ces résultats, Roselyne Bachelot a notamment rappelé que les ouvrières avaient, à 35 ans, une espérance de vie inférieure de trois ans à celle des femmes cadres. Les inégalités des femmes devant la santé sont particulièrement palpables dans leur vie sexuelle et reproductrice. Seulement 4,4 % des bachelières n’ont pas subi les 7 visites prénatales obligatoires, contre 23,8 % des femmes qui n’ont pas eu le baccalauréat. La ministre déplore notamment le nombre important de grossesses non-désirées : elles représentent encore un tiers des grossesses et ce, malgré une contraception orale pour 57 % des femmes et pour 88 % des 20-25 ans. Ces chiffres, qui soulignent un manque notable d’information pour les plus jeunes, révèlent également les inégalités sociales, la sexualité des femmes étant sensiblement moins reconnue et accompagnée dans les milieux les moins favorisés.

Impact Médecine, 25/06/2009

25/06/2009

Identification d'un lien entre pesticides et lymphome

lu sur :
http://blogs.inserm.fr/synthesedepresse/
Identification d'un lien entre pesticides et lymphome
L'unité Inserm "Instabilité génomique et hémopathies humaines" du Centre d'immunologie de Marseille-Luminy, associée à une équipe d'épidémiologistes du Groupe régional d'études sur le cancer de Caen, ont découvert un "premier marqueur" biologique" du lymphome chez les agriculteurs exposés aux pesticides. Ce marqueur pourrait permettre de mieux dépister ce cancer, de suivre les populations considérées comme à risque et de mettre en œuvre, le cas échéant, des traitements plus précoces". Les chercheurs marseillais Sandrine Roulland et Bertrand Nadel estiment quant à eux que leurs résultats "apportent une vision nouvelle des étapes de progression vers le lymphome tout en mettant l'accent sur le rôle majeur de l'exposition agricole aux pesticides dans les étapes de la progression".
Humanité [L'] , 24/06/2009 - Agence France Presse_Fil Eco , 23/06/2009

23/06/2009

Incroyable mais vrai : les essais nucléaires sur les îles Marshall avec des cobayes humains

À LIRE !

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/06/22/les-cobayes-du-dr-folamour_1209927_3244.html#ens_id=1209961

Document

Les cobayes du Dr Folamour

LE MONDE | 22.06.09 | 15h08  •  Mis à jour le 22.06.09 | 19h35

 

Le 1er mars 1954, l'armée américaine fait exploser la bombe H la plus puissante jamais testée. Les habitants de Rongelap, une des îles Marshall, ne sont évacués qu'au bout de 51 heures et renvoyés chez eux trois ans plus tard. La journaliste et documentariste Fabienne Lips-Dumas est allée à leur rencontre. Ces Marshallais ont servi de "matériel" et craignent que l'expérience ne continue... Voici de larges extraits de son enquête, publiée intégralement dans le n° 7 de la revue "XXI".

 

"J'ai un corps irradié. Pourquoi ne pas l'enterrer sur mon île irradiée ?" Lijon Eknilang éclate de rire. L'étoffe blanche de sa robe saisit l'éclat du soleil, un bandeau de fleurs en fibres de noix de coco retient ses cheveux grisonnants. Exilée de son île natale de Rongelap, Lijon s'est donné une mission : conduire le visiteur jusqu'au fond du malheur de son peuple.

Invisible sur les mappemondes sans une loupe, il y avait au nord des îles Marshall un paradis sur terre appelé Rongelap. Lijon y est née. Le 1er mars 1954, le jour de son huitième anniversaire, les Américains réveillent en sursaut l'enfant qui dort sous un toit de palmes. Un soleil brutal se lève à l'ouest de l'horizon. La Terre fait demi-tour. Entre le ciel et l'Océan, une "étoile" explose. Elle s'appelle Castle Bravo, c'est une bombe thermonucléaire : la puissance de mille Hiroshima, mille fois quinze kilotonnes de TNT, mille fois une bombe qui a fait plus de 140 000 morts.

Ce 1er mars 1954, Lijon émerge brutalement du sommeil : "J'ai écarquillé les yeux. Il y avait une lumière aveuglante. Dehors, j'entendais les cris de ma grand-mère. Elle accusait ma cousine d'avoir mis le feu à la maison. Je suis sortie en courant et je pleurais : j'avais peur du feu. Dehors, la lumière était toujours aussi forte. Les femmes n'arrêtaient pas d'entrer et de sortir de la maison. Et là, j'ai vu la chose tomber du ciel. Elle était grosse, ronde comme un soleil, couleur du soleil. Et il y a eu l'explosion... Enorme. Le sol bougeait, tremblait. Le vent nous a jetés par terre. Nous avions peur, tellement peur. Le vent s'est arrêté. Il n'y a plus eu un bruit, juste le silence. Les yeux nous piquaient comme s'ils étaient pleins de sable. Pourtant il n'y avait pas de vent. Les gens disaient qu'on était attaqués, qu'on allait être tués. Nous nous sommes cachés dans les buissons. J'avais soif. Plus tard, nous avons eu faim. Nous avons mangé. La nourriture était couverte d'une chose blanche, elle n'était pas pourrie mais salie. Avec nos mains, nous avons essuyé la poudre blanche et mangé. La poudre n'avait pas de goût. C'était bon comme d'habitude. Dans l'après-midi, tout le monde est tombé malade. Comme si on était restés au soleil toute la journée, comme s'il y avait eu une insolation générale."

Le ventre tordu par la diarrhée, les habitants de l'îlot courent derrière les buissons pour vomir. Trop malades, les parents ne peuvent aider leurs enfants. Nerja, la soeur de Lijon, a 7 ans : "Je croyais que c'était de la poudre de savon blanc. Ça n'avait pas d'odeur. J'en ai pris et je me suis frotté la tête comme pour un shampooing." Son débarbouillage radioactif provoquera la chute de ses cheveux et de nombreuses brûlures. Son profil de petite fille chauve illustre, depuis, les chapitres des livres japonais consacrés à Castle Bravo.

En milieu radioactif, chaque minute compte. Cinquante et une heures plus tard, toujours hagards, les habitants de l'atoll voient arriver un navire de l'armée américaine. Les militaires évacuent la population. "Ils nous ont dit de monter dans le bateau et de ne rien prendre avec nous. Ils nous ont arrêtés sur la passerelle et ont lancé des morceaux de savon. Ils criaient qu'il fallait qu'on se déshabille, qu'on jette nos vêtements à la mer, qu'ils allaient nous laver au jet d'eau. Ils nous ont donné des serviettes, trop petites. Face à face, tout nus, les gens essayaient de se couvrir."

Encore habitée par le spectacle de ses parents honteux et humiliés par la nudité, Lijon frémit : "Nous sommes arrivés au matin à Kwaj." Kwaj est le diminutif de Kwajalein. C'est sur cette île qu'est installée la base militaire américaine. "Ils nous ont examinés. Ils s'approchaient de nous avec leurs boîtes, on pouvait entendre le bruit, beaucoup de bruit..." Les corps des irradiés font crépiter les compteurs Geiger, utilisés pour relever le niveau de radioactivité.

Nul n'avait voulu tenir compte du vent qui tournait et des poussières radioactives qui risquaient de contaminer la population. Les Américains concèdent la bavure, expliquent qu'il s'agit d'un "accident". "Tout le monde fait des erreurs", disent-ils. Lijon s'étrangle : "Quand tout est planifié, vous n'appelez pas ça une erreur. Peut-être qu'ils pensent que les gens des îles Marshall ne sont pas des êtres humains comme eux. Ils ont bien vu que le vent avait tourné, mais l'opération devait avoir lieu ce jour-là. Compte à rebours, c'était leur plan."

Les scientifiques américains, emmenés par Edward Teller, le docteur Folamour du laboratoire Lawrence Livermore National, creuset de la recherche nucléaire, brûlaient de connaître la force de leur bombe H. Elle leur fera peur. Castle Bravo reste la bombe la plus puissante qu'ils aient jamais osé tester.

Attaché au Département américain de l'énergie (DOE), Neal Palafox est aujourd'hui chargé de la santé des populations irradiées. Jeune docteur, Hawaïen et père de famille affable, Neal porte un héritage écrasant : "Je ne pense pas que c'était de la malveillance, mais c'était cavalier. Ils savaient que le vent avait tourné. C'est un fait. Mais ils ont déclenché le tir. La question de la confiance se pose : pourquoi faire ça ?" Le docteur Palafox suit la santé de Lijon. Elle le considère presque comme un ennemi personnel. Le médecin l'admet : "Je peux lire sur le visage de Lijon et des autres..." "L'accident" ne constitue qu'un épisode des mystifications, exploitations et négligences criminelles qui, dès le début, ont tissé les relations entre les militaires, les scientifiques, les autorités américaines et un peuple du Pacifique sacrifié pour le "bien de l'humanité".

Février 1946. Envoyé en mission sur Bikini, le gouverneur militaire des îles Marshall profite du dimanche chrétien qui rassemble la population convertie par les missionnaires. A la fin de l'office, il leur révèle le grand dessein du Pentagone : "Les scientifiques américains veulent transformer une grande force destructrice en quelque chose de bénéfique pour l'humanité et en finir avec toutes les guerres." Le propos est traduit. Il se conclut par une question, immortalisée par une équipe de cinéma de l'armée qui enregistre la scène : "Etes-vous prêts à sacrifier vos îles pour le bien de l'humanité ?" L'expression "For the good of mankind" marquera les îliens. Une brève consultation est menée. Le roi Juda, chef des Bikiniens, prend la parole : "Tout est bien. Tout est dans les mains de Dieu." Le gouverneur répond : "Si tout est dans les mains de Dieu, c'est forcément bien." L'armée a le feu vert. L'exode commence.

L'atoll de Bikini et, plus tard, celui d'Enewetak sont d'abord choisis comme points zéro pour mener des essais nucléaires jugés trop puissants pour être réalisés dans le désert du Nevada. La première campagne, dite "Opération Crossroads", est déclenchée. Une flotte de bâtiments de guerre est ancrée dans le lagon. En lieu et place des équipages, des milliers d'animaux - cochons, chèvres, rats et souris - sont embarqués sur les cibles navales. Deux tirs nucléaires, filmés et photographiés, sont réalisés. Le tir sous-marin fait jaillir de l'Océan une vertigineuse cheminée d'eau au-dessus de l'atoll de Bikini, qui entre dans l'Histoire.

Ce n'est qu'un début. Soixante-sept essais nucléaires vont être menés dans les îles Marshall. Aujourd'hui ministre des affaires étrangères de cet archipel, Tony de Brum tentera d'évoquer la puissance du déluge nucléaire subi. Devant l'assemblée des Nations unies, il explique en 2005 : "Mon pays a reçu l'équivalent de 1,6 bombe Hiroshima par jour, tous les jours, pendant douze ans." Toutes les îles n'ont pas résisté - à elle seule, la bombe Castle Bravo en a éliminé trois de la carte du monde -, mais la plupart existent toujours.

Contre les murs du hall vide de la mairie (de Majuro, capitale des îles Marshall), des voix se brisent. Dans le bureau d'Abacca Anjain, sénateur de Rongelap, des femmes, rien que des femmes en robe rouge imprimée de fleurs tropicales, qui parlent fort et rient plus fort encore.

Une femme commence à parler. Le cauchemar de sa famille est devenu une légende îlienne. Il était une fois un jeune garçon, dont la thyroïde démolie par la radioactivité avait déréglé la croissance. Les pilules que lui prescrivaient les docteurs tenaient du sirop d'Alice au pays des merveilles : il devenait long, long, long et large, large, large. Un jour, il en est mort. Autre histoire de thyroïdes détraquées. Deux enfants sont irradiés à l'âge de 1 an. A 5 ans, ils sont toujours de la même taille. Leurs petits frères les dépassent. Ils ont 11 ans et une enfance absurde quand, enfin, un docteur prescrit les pilules magiques d'une croissance recouvrée.

Lijon intervient. Derrière son collier de perles blanches, elle dissimule une cicatrice. Laconique, elle explique : "1981 - Cleveland - Ohio - Ablation de la thyroïde." Son espérance de vie dépend désormais de la prise quotidienne de pilules.

Après les essais atomiques, les médecins américains ont pratiqué à la chaîne des ablations de thyroïdes. Ils préféraient s'en débarrasser avant qu'un cancer ne se déclare. Il y a quelques années, Lijon est retournée sur la table d'opération pour des tumeurs aux seins. Sur l'archipel, le cancer du sein tient de l'épidémie.

Le 1er mars 1954, tous les Rongelapais n'étaient pas sur l'atoll. Mais tous se sont nourris des retombées de la bombe H. En 1957, les Américains décident de renvoyer la population dans son paradis terrestre. La végétation de l'atoll est empoisonnée par les retombées de césium 137, de strontium 90, de plutonium 239... Le temps de l'irradiation chronique commence.

"J'étais enceinte mais je ne grossissais pas. Le bébé est né à sept mois, il tenait dans ma main. C'était un garçon, il est mort tout de suite. Mon mari a pris une grosse boîte d'allumettes. Elle lui a servi de cercueil." Nerja, la soeur de Lijon, parle d'un ton monocorde. Dix enfants ont suivi : neuf sont en bonne santé, l'aîné se comporte "bizarrement". Lijon a subi sept fausses couches et donné naissance à un enfant difforme qui n'avait qu'un oeil et n'a pas survécu. Plus que les cancers, les bébés monstres réveillent sa colère.

Jusque dans les années 1970, les femmes vivaient dans l'angoisse de ce qui pouvait sortir de leur ventre. Elles mettaient au monde des "bébés méduses" : des troncs à la peau translucide qui laissait paraître le cerveau et le coeur battant. Ils rebondissaient sur la table d'accouchement et mourraient. Il y avait aussi les "bébés grappes de raisins", où seule la présence d'un cerveau suggérait aux sages-femmes que la forme aurait pu être un enfant, et des nouveau-nés incapables de téter, condamnés à mourir de faim.

Les Américains accusent les Marshallais d'inceste ou se réfèrent à une syphilis galopante. C'est ce que le docteur Neal Palafox a suggéré à Lijon pour expliquer les fausses couches et les naissances défectueuses. "Il y a deux problèmes liés aux malformations. Il est prouvé qu'un foetus soumis à de fortes radiations pourra souffrir de handicap mental, d'anomalies, et que les interruptions de grossesse seront plus fréquentes. Ce qui est moins clair, c'est, si vous avez été irradié en 1954, votre enfant né en 1960 pourra-t-il en souffrir ? On ne sait pas." Selon lui, les études sur les populations irradiées ne permettent d'arriver à aucune conclusion.

Yeux bleus, teint clair, petite moustache à la Clark Gable, Bill Graham gère le Tribunal des réclamations nucléaires. "Je pense que, l'année prochaine, on va classer les dossiers et ranger le tout dans la naphtaline." Depuis sa création, le tribunal a attribué 90 millions de dollars en compensation, 75 millions ont été versés. En 1986, il a reçu un fonds en fidéicommis de 150 millions supposé produire 18 millions d'intérêts par an. L'optimisme financier s'est brisé en 1987 sur la réalité boursière, le fonds s'est vidé.

Des grilles d'indemnité ont été fixées : 125 000 dollars la leucémie, 100 000 dollars le cancer du sein avec mastectomie, 100 000 dollars pour un enfant sévèrement retardé si la mère était sur Rongelap ou Utrik en mars 1954 ou si l'enfant est né entre mai et septembre 1954, de 75 000 à 50 000 dollars le cancer de la thyroïde, rien pour ceux qui ont subi une ablation préventive.

Extrait du débat, en date des 13 et 14 janvier 1956, tenu à la Commission américaine de l'énergie atomique : "S'il est vrai que ces gens ne vivent pas , je dirais , comme des Occidentaux ou des gens civilisés, néanmoins c'est aussi vrai que ces gens nous ressemblent plus que des souris."

En 1994, dans un effort de transparence, l'administration Clinton a rendu publics certains dossiers du Département américain de l'énergie. Les Marshallais ont alors découvert qu'ils avaient servi de "matériel". Elaboré avant Castle Bravo, le projet 4.1 visait à l'étude des conséquences des retombées radioactives sur les êtres humains. "Ils nous ont déshabillés. Ils ont pris notre photo et ils nous ont donné un numéro", se souvient Lijon. Quarante ans plus tard, les manipulations dont elle a fait l'objet ont pris tout leur sens.

Bill Graham, le responsable du Tribunal des réclamations nucléaires, lit un rapport du laboratoire Brookhaven daté de 1958 : "L'habitat des insulaires nous permettra de recueillir des données écologiques très utiles sur les effets des radiations. Nous pourrons suivre les divers radio-isotopes du sol à la chaîne alimentaire jusque dans l'être humain, où nous étudierons leur distribution dans les tissus et les organes, les demi-vies biologiques et les taux d'excrétion..." De ses archives, il tire une autre photocopie : "Le groupe des Marshallais irradiés constitue la meilleure source d'observation sur les êtres humains. Tous les modes d'exposition continue sont représentés : irradiation pénétrante, exposition de la peau aux rayons bêta, absorption de matériel radioactif..."

En 1954, les médecins étaient formels : les habitants de Rongelap ne pouvaient plus tolérer la moindre dose d'irradiation, à l'exception d'une radiographie pour des raisons strictement médicales. En 1957, ils sont pourtant renvoyés dans un environnement contaminé dont ils tirent leur alimentation. Les visites régulières des médecins s'accompagnent de prises de sang, de tests d'urine... Les années passent. Leur santé se dégrade, les appels au secours se multiplient. Les cobayes demandent leur évacuation. Les Américains refusent. En 1985, les Rongelapais se tournent vers Greenpeace. Ce sera la dernière mission du Rainbow Warrior avant que les services secrets français ne coulent le bateau en Nouvelle-Zélande, dans le port d'Auckland. Ils débarquent sur l'île de Majetto au large d'Ebeye.

(Pour l'île de Kwajalein, qui abrite leur base militaire), les Américains ont négocié avec le gouvernement des îles Marshall un bail jusqu'en 2016. Imata Kabua, le roi traditionnel qui possède l'île, ne veut pas le renouveler à moins d'un gros chèque. Mais les Etats-Unis ne reconnaissent pas son autorité et les Marshallais sont divisés. Que faire sans les emplois de la base militaire ?

Equipée d'un golf à neuf trous, l'île est au coeur de la guerre des étoiles. On y rêve de la construction du bouclier antimissile et, régulièrement, l'atoll se fait bombarder depuis la Californie. La base militaire est censée intercepter les missiles, mais le bouclier est une vraie passoire et les ogives atterrissent dans le lagon. Le ministre des affaires étrangères des Marshall, Tony de Brum, a demandé une étude sur l'impact chimique des projectiles. Les Américains font la sourde oreille. (...)

Le n° 7 de la revue trimestrielle "XXI" sera en vente à partir du 25 juin dans les librairies (210 p., 15 €).

 

Article paru dans l'édition du 23.06.09

Que faire des 250 000 tonnes de déchets nucléaires ?

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/06/23/que-faire-des-250-000-tonnes-de-dechets-nucleaires_1210264_3244.html#ens_id=1210355

 

Enquête

Que faire des 250 000 tonnes de déchets nucléaires ?

LE MONDE | 23.06.09 | 14h39  •  Mis à jour le 23.06.09 | 14h39

 

Au nom de quoi retirerait-on aux générations futures la possibilité de décider par elles-mêmes ?" La question posée par le sociologue Michel Callon, professeur à l'Ecole des mines, est au coeur de la nouvelle doctrine française sur les déchets nucléaires. Elle repose sur le concept de "réversibilité" des solutions techniques, mais aussi des choix politiques. Un colloque vient d'être organisé sur ce thème, à Nancy, par l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), prélude à une conférence internationale prévue en 2010.

"Le stock de combustibles usés accumulé dans le monde se monte à 250 000 tonnes", rappelle Bernard Boullis, du Commissariat à l'énergie atomique (CEA). Même si l'on arrêtait demain toutes les centrales, le problème resterait donc entier. En France, 1 150 tonnes de combustibles irradiés sont déchargés chaque année des 58 réacteurs d'EDF, dont 850 tonnes retraitées.

Ces déchets ultimes ne représentent qu'un volume relativement faible : un peu moins de 50 000 tonnes pour la France, provisoirement entreposées dans les usines de retraitement, à La Hague (Manche) et Marcoule (Gard). Mais ces rebuts concentrent plus de 99 % de la radioactivité totale. Certains sont à très haute activité. D'autres à vie longue : des milliers, voire des millions d'années.

Pour ces substances très nocives, l'option mondialement retenue est le stockage dans des formations géologiques profondes, capables de les confiner pendant plusieurs centaines de milliers d'années. C'est pour valider cette solution que, sous la commune de Bure (entre Meuse et Haute-Marne), l'Andra a creusé, à 490 mètres de profondeur, dans une couche d'argilite, un laboratoire.

"Il s'agit d'une installation de recherche, qui ne constituera pas le futur site de stockage", précise Marie-Claude Dupuis, directrice générale de l'Andra. Celui-ci serait situé dans un périmètre de 30 km2 autour de Bure, où serait enfoui un réseau de 15 km2 de galeries et d'alvéoles souterraines.

Si, du moins, le Parlement et le gouvernement donnent leur feu vert. Un débat public est prévu en 2013, avant une enquête et une demande d'autorisation de construction en 2015, pour une éventuelle mise en service en 2025.

Rien n'est acquis. En dépit de la promesse de 700 à 1 000 emplois directs, l'opposition locale reste forte : plus de 50 000 électeurs des deux départements ont demandé un référendum local. C'est l'hostilité persistante d'une partie de la population, en même temps que le constat que les études sur la gestion des déchets radioactifs demandent à être plus poussées, qui a conduit le Parlement à inscrire dans la loi, en juin 2006, l'exigence de réversibilité. Cela pour une durée d'au moins cent ans. "Ce principe est crucial pour donner aux citoyens les meilleures garanties, mais aussi pour laisser à la science une chance de proposer, dans le futur, des alternatives", justifie Claude Birraux, président de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques.

Tous les pays n'ont pas fait le même choix, souligne Claudio Pescatore, de l'Agence pour l'énergie nucléaire de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Aux Etats-Unis et en Suisse, la réversibilité est, comme en France, exigée par la loi. Au Canada et au Japon, elle l'est par le gouvernement. En Suède et en Finlande, elle n'est pas requise, mais néanmoins prévue par les exploitants nucléaires. En Angleterre, elle fait l'objet d'un débat.

La réversibilité suppose de pouvoir, à tout moment, retirer les colis radioactifs de leurs alvéoles souterraines. Mais aussi de pouvoir revenir sur les choix de gestion des déchets. Ce qui soulève de multiples questions. Comment assurer le même niveau de sécurité à un stockage susceptible d'être rouvert qu'à un ouvrage définitivement scellé ? Comment être sûr que, dans les décennies ou les siècles à venir, les institutions politiques seront au moins aussi stables que les formations géologiques, et qu'elles garantiront des processus de décision démocratiques ? Comment imaginer sérieusement qu'une fois lancé, on puisse revenir sur un projet chiffré, entre la construction et l'exploitation sur un siècle, à 15 milliards d'euros ?

Pour l'heure, la Suède est le premier pays à avoir choisi un site de stockage profond, dans du granit. Tous les autres tergiversent. Aux Etats-Unis, le projet d'enfouissement dans la roche volcanique de Yucca Mountain, dans le désert du Nevada, vient d'être "enterré" par Barack Obama. En Allemagne, le stockage dans la mine de sel de Görleben a été gelé par le moratoire sur le nucléaire. Le Japon, le Canada et l'Angleterre cherchent des sites. L'Espagne privilégie pour l'instant l'entreposage. La Chine, l'Inde et la Russie, quant à elles, n'ont pas arrêté de position.

 

Pierre Le Hir

Article paru dans l'édition du 24.06.09

Mouvements étudiants et lycéens en Allemagne

Objet : Allemagne Une semaine mouvementée  GRECE France ..

DECIDEMENT  QUE CE SOIT LA STRATEGIE DE LISBONNE OU BOLOGNE LES JEUNES RAFFOLENT DE CETTE €UROPE

 

Etudiants et lycéens se sont regroupés pour mener, dans 60 à 80 villes d’Allemagne, une semaine de grèves, de manifestations et de blocages. Espérant ainsi faire entendre au gouvernement leur exaspération contre l’évolution du système éducatif.

 

Les autorités attendent quelque 150 à 200 000 jeunes dans les rues, les lycées et les campus universitaires cette semaine, partout en Allemagne. C’est depuis l’université TU de Berlin que la coordination lycéens-étudiants a lancé cet appel à une semaine de grève et de protestations contre le système éducatif en général. Soutenue par la Fédération des syndicats allemands (Gewerkschaftsbund), ainsi que par des associations de parents, et une part des enseignants, l’action s’étendra à plus d’une soixantaine de villes. Les jeunes envisagent même de procéder à une attaque factice de banque, pour exprimer leur colère contre les aides publiques aux établissements financiers concédées par l’Etat dans le contexte de crise mondiale, tandis que le budget de l’Education serait trop peu augmenté. Le ras-le-bol des lycéens et des étudiants porte sur un ensemble d’aspects. Les frais d’inscription à l’université, introduits à l’automne 2006, sont jugés insupportables et créent un système inégalitaire ; l’harmonisation européenne des cursus du supérieur, avec sa validation par “crédits“, est critiquée par les étudiants qui y voient une démarche purement scolaire et matérialiste ; au lycée, les jeunes désormais invités à accélérer leur parcours –pour parvenir au bac en huit ans plutôt que neuf- se sentent oppressés par la charge et la course aux résultats, tandis qu’il manque des enseignants. Selon un professeur de sciences politiques, ancien militant de 1968, interviewé dans Der Spiegel, « ce mouvement s’élève contre la situation intenable imposée par tout le système éducatif, du sous-financement des universités aux pressions exercées pour rentabiliser l’enseignement. » Nul ne s’avance, en revanche, à prévoir l’ampleur de la mobilisation des jeunes.

voir :

Süddeutsche Zeitung, www.sueddeutsche.de, 14 juin 2009

Spiegel Online, www.spiegel.de, 11 juin 2009

 

21/06/2009

Karachi : derrière l’attentat, l’ombre d’une affaire d’Etat

lu sur :

http://www.liberation.fr/societe/0101575133-karachi-derriere-l-attentat-l-ombre-d-une-affaire-d-etat

 

Karachi : derrière l’attentat, l’ombre d’une affaire d’Etat

Par GUILLAUME DASQUIÉ, RENAUD LECADRE

Le 8 mai 2002 à Karachi, onze salariés des arsenaux de la marine française (et trois Pakistanais) sont tués dans l’explosion d’un bus les transportant vers leur lieu de travail, alors qu’ils coopéraient à la construction de sous-marins au Pakistan. Le dispositif - une Toyota piégée avec un explosif sophistiqué - allait convaincre les enquêteurs de la DNAT (Division nationale antiterroriste) que la France et la DCN étaient directement visées, comme «Libération» le révélait le 27 novembre dernier.

Un montage financier est-il à l’origine de l’attentat ?

L’attentat contre un bus de la DCN (Direction des constructions navales) à Karachi a-t-il été la conséquence de pots-de-vin que la France n’a pas versés à des officiers supérieurs pakistanais dans le cadre d’un contrat d’armement portant sur la vente de sous-marins au Pakistan ? «C’est une piste cruellement logique», affirment les magistrats en charge de l’instruction, Marc Trévidic et Yves Jannier. Des mots prononcés devant les familles de victimes, jeudi après-midi dans les locaux du tribunal de Cherbourg, lors d’une audition destinée à informer les parties civiles. Cette instruction, débutée par Jean-Louis Bruguière dès le 8 mai 2002, rassemble aujourd’hui près de 1 200 documents cotés. Des dizaines de pièces concernent l’accord industriel lui-même, aux termes duquel ces Français travaillaient à Karachi. En particulier une copie du contrat, document de 162 pages signé le 21 septembre 1994 entre la DCN, la Sofrantem (son partenaire dédié) et l’Etat pakistanais. L’ingénierie financière de cet accord incombant à une structure spécialisée, la Financière de Brienne. Ce contrat, négocié et conclu en pleine campagne présidentielle, a provoqué d’intenses tractations financières. Notamment dans les salons de réunion de l’hôtel Prince de Galles, où des familiers des marchés de l’armement, tels le Libanais Ziad Takieddine et le Saoudien Ali ben Moussalam, rencontraient le vice-président de DCN-International, Emmanuel Aris, et parfois Renaud Donnedieu de Vabres, alors conseiller du ministre de la Défense, François Léotard. En marge de ces palabres, des arrangements ont été convenus pour rémunérer certains intermédiaires. Ainsi, le 30 juin 1994, Emmanuel Aris signait un contrat avec une société panaméenne, Mercor Finance, représentant Ziad Takieddine, lui assurant 4 % du contrat. La neuvième clause du contrat interdit à Takieddine de reverser une partie de ces fonds à des résidents français ou à des sociétés françaises ; mais ne dit rien de la partie pakistanaise (à cette période, le versement de commissions à l’étranger pour «faciliter» les contrats n’était pas illégal). Au regard des pièces ainsi rassemblées, l’hypothèse d’un lien avec le paiement de ces commissions est l’une de celle retenue par l’instruction. Car ces versements ont été soumis à des bouleversements politiques.

 

Que se passe-t-il après l’élection de Jacques Chirac ?

Sitôt élu à l’Elysée en 1995, Jacques Chirac entreprend la renégociation de tous les contrats d’armement susceptibles d’avoir financé la campagne d’Edouard Balladur, dont les sous-marins destinés au Pakistan. C’est mentionné noir sur blanc dans un document saisi lors d’une perquisition au siège de la DCN : «Les commissions ont été versées jusqu’en 1996, puis les paiements bloqués sur instruction des autorités françaises, faisant état de retours illicites de tout ou partie des commissions en France.» A la tête de la Sofresa, organisme public supervisant les ventes d’armes, le chiraquien Pierre Mazens remplace le giscardo-balladurien Jacques Douffiagues. On renégocie à la hache les contrats signés au Pakistan et en Arabie Saoudite. Mais pas ceux signés à Taïwan : la vente des frégates aura mystérieusement survécu aux régimes mitterrandien, balladurien et chiraquien.

 

Quels liens avec l’Arabie Saoudite ?

Au Pakistan, un honorable consultant est censé toucher sa dîme. Son contrat de commissionnement, signé en juillet 1994, n’est plus honoré depuis juillet 1996. Reste un reliquat de 15 % que l’intéressé ne pas réclame pas, histoire de se faire oublier… Qu’importe, la DCN provisionne la somme, lui gardant l’argent au chaud. En septembre 2000, après la ratification (avec trois ans de retard en France) de la convention anticorruption de l’OCDE, la DCN se décide à garder l’argent : «La provision devrait être retirée du fait de sa violation de la loi pénale.» En revanche, des «consultants» saoudiens se révèlent bien plus accrochés à leur dû, convention OCDE ou pas. Si le versement de 150 millions de francs au prince Fadh ou de 240 millions au prince Abdallah ne pose pas de problème, d’autres intermédiaires engagent des procédures pour toucher leurs commissions. Y aurait-il un rapport entre Riyad et Karachi ? Ziad Takieddine est censé toucher sur les deux contrats, tout comme Abdul Rahman el-Assir : beau-frère d’Adnan Khashoggi, intermédiaire privilégié entre Paris et Riyad, c’est un proche du président pakistanais Zardari.

 

Y a-t-il eu des signes avant-coureurs du chantage ?

A partir de la fin 2001, le non-versement de commissions à certains officiers supérieurs pakistanais a-t-il été à l’origine de menaces, voire d’un chantage ? L’Elysée fait savoir que rien ne valide le lien entre l’attentat et un quelconque financement occulte. Des épisodes, consignés dans le dossier d’instruction, permettent toutefois de l’envisager. Par exemple, le 26 janvier 2002, Mustafa Haroon, responsable de la sécurité du personnel de la DCN à Karachi, est agressé par huit individus qui lui dérobent une mallette avec quantité de documents se rapportant aux déplacements des Français. Le 28 janvier 2002, la compagne du chargé d’affaires français en Afghanistan, Jean-Marie Schuh, rejoint l’enceinte diplomatique d’Islamabad au volant de la voiture affectée au couple, une Toyota Land Cruiser. Lors de l’inspection de rigueur du véhicule, on découvre, près du réservoir, une bombe reliée à un retardateur. Selon un document de la DNAT, les faibles quantités d’explosif utilisées «plaident pour un usage mesuré de l’effet recherché plus proche d’une mise en garde que de l’intention de tuer». Sur un autre procès-verbal, le 15 avril 2002, un sous-traitant pakistanais de la DCN, en relation avec des membres des services secrets pakistanais, évoque les risques qui pèsent sur les équipes venues de Cherbourg. Trois semaines plus tard, le 8 mai 2002, jour de commémoration en France, leur bus est pulvérisé.

20/06/2009

France, patrie des droits de l'homme

lu sur ;

http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/06/20/deux-ou-trois-choses-que-j-avais-a-vous-dire-par-yildune-levy_1209353_3232.html

 

Point de vue

Deux ou trois choses que j'avais à vous dire, par Yildune Lévy

LE MONDE | 20.06.09 | 13h27  •  Mis à jour le 20.06.09 | 15h50

 

C'est un homme, dans un bureau, comme tant d'autres hommes dans tant d'autres bureaux auxquels il ressemble sans ressembler à rien. Celui-là dispose d'un pouvoir spécial, certainement dû au fait que son bureau occupe le dernier étage d'une quelconque tour d'un palais de justice.

On dit qu'il instruit, qui ? quoi ? Il instruit. Il écroue. Il interroge. Il rend des ordonnances, de pâles ordonnances, où quelques articles de loi, une poignée de formules convenues et de considérations vagues se concluent par d'impénétrables mesures de contrôle judiciaire. Benjamin, certainement trop apprécié comme épicier à Tarnac, sera assigné à résidence chez sa mère en Normandie, où il n'a jamais vécu, à 30 ans. Manon et moi, qui partagions tout à Fleury, n'avons plus le droit de nous voir maintenant que nous sommes "libres". Julien peut se mouvoir dans toute la couronne parisienne, non traverser Paris, au cas où lui viendrait la tentation de prendre d'assaut l'Hôtel de Ville, sans doute.

Tel ami qui le visitait au parloir de la Santé doit se garder de le croiser désormais, sous peine de réincarcération. L'homme au bureau construit un dédale de murs invisibles, un labyrinthe d'impossibilités factices où nous sommes censés nous perdre, et perdre la raison. Il y a un ordre dans cet écheveau d'absurdités, une politique de désorientation sous les accents neutres du judiciaire.

On nous libère en prétextant qu'il n'y a pas de "risque de concertation frauduleuse" pour ensuite nous interdire de nous voir et nous exiler ici ou là, loin de Tarnac. On autorise un mariage tout en en faisant savamment fuiter le lieu et la date. On fragnole (1), à coup sûr, mais pas seulement.

C'est par ses incohérences qu'un ordre révèle sa logique. Le but de cette procédure n'est pas de nous amener à la fin à un procès, mais, ici et maintenant, et pour le temps qu'il faudra, de tenir un certain nombre de vies sous contrôle. De pouvoir déployer contre nous, à tout instant, tous les moyens exorbitants de l'antiterrorisme pour nous détruire, chacun et tous ensemble, en nous séparant, en nous assignant, en starifiant l'un, en faisant parler l'autre, en tentant de pulvériser cette vie commune où gît toute puissance.

La procédure en cours ne produit qu'incidemment des actes judiciaires, elle autorise d'abord à briser des liens, des amitiés, à défaire, à piétiner, à supplicier non des corps, mais ce qui les fait tenir : l'ensemble des relations qui nous constituent, relations à des êtres chers, à un territoire, à une façon de vivre, d'oeuvrer, de chanter. C'est un massacre dans l'ordre de l'impalpable. Ce à quoi s'attaque la justice ne fera la "une" d'aucun journal télévisé : la douleur de la séparation engendre des cris, non des images. Avoir "désorganisé le groupe", comme dit le juge, ou "démantelé une structure anarcho-autonome clandestine", comme dit la sous-direction antiterroriste, c'est dans ces termes que se congratulent les tristes fonctionnaires de la répression, grises Pénélope qui défont le jour les entités qu'ils cauchemardent la nuit.

Poursuivis comme terroristes pour détention de fumigènes artisanaux au départ d'une manifestation, Ivan et Bruno ont préféré, après quatre mois de prison, la cavale à une existence sous contrôle judiciaire. Nous acculer à la clandestinité pour simplement pouvoir serrer dans nos bras ceux que nous aimons serait un effet non fortuit de la manoeuvre en cours.

Ladite "affaire de Tarnac", l'actuelle chasse à l'autonome ne méritent pas que l'on s'y attarde, sinon comme machine de vision. On s'indigne, en règle générale, de ce que l'on ne veut pas voir. Mais ici pas plus qu'ailleurs il n'y a lieu de s'indigner. Car c'est la logique d'un monde qui s'y révèle. A cette lumière, l'état de séparation scrupuleuse qui règne de nos jours, où le voisin ignore le voisin, où le collègue se défie du collègue, où chacun est affairé à tromper l'autre, à s'en croire le vainqueur, où nous échappe tant l'origine de ce que nous mangeons, que la fonction des faussetés, dont les médias pourvoient la conversation du jour, n'est pas le résultat d'une obscure décadence, mais l'objet d'une police constante.

Elle éclaire jusqu'à la rage d'occupation policière dont le pouvoir submerge les quartiers populaires. On envoie les unités territoriales de quartier (UTEQ) quadriller les cités ; depuis le 11 novembre 2008, les gendarmes se répandent en contrôles incessants sur le plateau de Millevaches. On escompte qu'avec le temps la population finira par rejeter ces "jeunes" comme s'ils étaient la cause de ce désagrément. L'appareil d'Etat dans tous ses organes se dévoile peu à peu comme une monstrueuse formation de ressentiment, d'un ressentiment tantôt brutal, tantôt ultrasophistiqué, contre toute existence collective, contre cette vitalité populaire qui, de toutes parts, le déborde, lui échappe et dans quoi il ne cesse de voir une menace caractérisée, là où elle ne voit en lui qu'un obstacle absurde, et absurdement mauvais.

Mais que peut-elle, cette formation ? Inventer des "associations de malfaiteurs", voter des "lois anti-bandes", greffer des incriminations collectives sur un droit qui prétend ne connaître de responsabilité qu'individuelle. Que peut-elle ? Rien, ou si peu. Abîmer à la marge, en neutraliser quelques-uns, en effrayer quelques autres. Cette politique de séparation se retourne même, par un effet de surprise : pour un neutralisé, cent se politisent ; de nouveaux liens fleurissent là où l'on s'y attendait le moins ; en prison, dans les comités de soutien se rencontrent ceux qui n'auraient jamais dû ; quelque chose se lève là où devaient régner à jamais l'impuissance et la dépression. Troublant spectacle que de voir la mécanique répressive se déglinguer devant la résistance infinie que lui opposent l'amour et l'amitié. C'est une infirmité constitutive du pouvoir que d'ignorer la joie d'avoir des camarades. Comment un homme dans l'Etat pourrait-il comprendre qu'il n'y a rien de moins désirable, pour moi, que d'être la femme d'un chef ?

Face à l'état démantelé du présent, face à la politique étatique, je n'arrive à songer, dans les quartiers, dans les usines, dans les écoles, les hôpitaux ou les campagnes, qu'à une politique qui reparte des liens, les densifie, les peuple et nous mène hors du cercle clos où nos vies se consument. Certains se retrouveront à la fontaine des Innocents à Paris, ce dimanche 21 juin, à 15 heures. Toutes les occasions sont bonnes pour reprendre la rue, même la Fête de la musique.

 

Etudiante, Yildune Lévy est mise en examen dans l'"affaire de Tarnac".

 

(1) Il manque assurément au vocabulaire français un verbe pour désigner la passion que met un assis à rendre, par mille manœuvres minuscules, la vie impossible aux autres. Je propose d'ajouter pour combler cette lacune à l'édition 2011 du Petit Robert le verbe "fragnoler" d'où découlent probablement le substantif "fragnolage", l'adjectif "fragnolesque" et l'expression argotique "T'es fragno !" dont l'usage est attesté et ne cesse de se répandre.

 

Article paru dans l'édition du 21.06.09

18/06/2009

Les antipubs dénoncent "le gâchis" de la réforme de l'affichage publicitaire

lu sur :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/06/17/les-antipubs-decus-de-la-reforme-de-l-affichage-publicitaire_1208037_3224.html

 

Les antipubs dénoncent "le gâchis" de la réforme de l'affichage publicitaire

LEMONDE.FR | 17.06.09 | 21h22  •  Mis à jour le 18.06.09 | 07h34

 

Maîtriser la pression publicitaire et accroître la protection des paysages." Fort de cet objectif, le sénateur UMP du Calvados Ambroise Dupont a remis, mercredi 17 juin, à la secrétaire d'Etat à l'écologie, Chantal Jouanno, un rapport visant à compléter et mieux faire appliquer la loi de 1979 sur la publicité extérieure, les enseignes et préenseignes. Voici les principales propositions du rapport, commentées par Nicolas Hervé, membre du Collectif des déboulonneurs (*), l'une des cinq associations consultées sur ce sujet. M. Hervé dénonce "un grand gâchis" et fait état de sa "déception et de son inquiétude", partagées par les responsables de Paysages de France (**) et de Résistance à l'agression publicitaire (***) avec lesquels il s'est entretenu.

Interdire la publicité dans un rayon de 100 mètres autour des écoles maternelles et primaires. "C'est une bonne mesure, mais les municipalités pourront y déroger dans le cadre des zones de publicité restreinte qu'elles pourront continuer de définir. Or, les associations avaient demandé dans leurs dix (+) mesures que les municipalités puissent seulement être plus restrictives que les mesures nationales. Nous craignons par ailleurs que cette mesure phare éclipse d'autres propositions du rapport que nous jugeons très préoccupantes."

Contrôler l'intensité des publicités lumineuses. "C'est une mesure a minima. Eteindre les publicités aux heures où il n'y a personne dans les rues ne dérangera pas les annonceurs. Le Collectif des déboulonneurs demandait l'interdiction d'utiliser de l'énergie pour les dispositifs publicitaires, donc les panneaux déroulants et les panneaux lumineux."

Réduire le format des supports d’affichages publicitaires (de 16 mètres carrés maximum actuellement à 12 mètres carrés maximum). "Actuellement, les 4 par 3, soit les panneaux de 12 mètres carrés, sont la norme, ceux de 16 mètres carrés sont très rares. Cette proposition fait donc semblant de s'attaquer au format, sans rien changer dans les faits. Les associations demandaient de s'attaquer aux dispositifs sur pieds, qui s'imposent beaucoup plus au regard que les panneaux muraux, et de les limiter à 2 mètres carrés."

Limiter la densité des dispositifs dans la ville. "Le rapport préconise de définir une longueur de parcelle privée sur la rue en deça de laquelle on ne pourra pas poser de panneaux. Mais sera-t-il possible d'en mettre à partir de 3 mètres et tous les 3 mètres, ou à partir de 30 mètres et tous les 30 mètres ? Comment décider quels panneaux retirer s'ils sont trop nombreux ? C'est trop flou. Sur ce point fondamental de la densité, il faut poursuivre la concertation. Les associations demandaient une inter-distance minimale de 150 mètres. Notre collectif préconisait de limiter le nombre de panneaux publicitaires en fonction du nombre d'habitants de la commune, ce qui permettait aux propriétaires de panneaux (comme Decaux) de s'organiser entre eux."

Limiter les enseignes dans les zones commerciales (un panneau par façade et un seul support scellé au sol par établissement), supprimer les "zones de publicité étendues"(ZPE) et les "zones de publicité autorisées" (ZPA) hors agglomération, les remplacer par une signalétique routière. "C'est bien de limiter les supports scellés, mais pourquoi se cantonner aux zones commerciales ? La suppression des ZPA et ZPE, qui permettent notamment les immenses bâches sur les immeubles en bordure des périphériques, était demandée par les associations, et nous sommes plutôt favorables à une signalétique routière, qui indiquerait "Pharmacie" "Restaurant". Mais le problème est qu'il est proposé par ailleurs de créer une réglementation spéciale autorisant les bâches publicitaires sur les immeubles en travaux..."

Renforcer la responsabilité des communes dotées d’une réglementation spéciale. "C'est une catastrophe, quand on sait qu'un tiers des dispositifs publicitaires sont illégaux. Comment les petites communes pourront-elles les faire respecter si elles sont directement soumises aux pressions des annonceurs, et ne peuvent plus s'appuyer comme aujourd'hui sur les préfectures ? Lesquelles ont en général un employé au moins partiellement chargé du problème (mais de moins en moins, montre une annexe du rapport). Le ministère a eu gain de cause sur ce sujet : il avait déjà proposé, il y a deux ans, de décharger les préfectures de ce dossier. Nous lui avions dit que c'était dangereux. Son objectif est de faire des économies, et d'éviter que les préfectures soient condamnées à des amendes par les tribunaux administratifs, comme cela est parfois le cas, quand elles ne font pas respecter les règles."

Accroître la vigilance sur les nouveaux procédés et nouvelles technologies publicitaires avec l’appui du Conseil national du paysage, qui sera consulté sur les impacts paysagers du développement des nouveaux dispositifs publicitaires (écrans plasma, véhicules…) ainsi que l’émergence des bâches de grandes dimensions liées à la création publicitaire. "C'est très flou. Les associations demandaient une telle instance de discussion, mais il faut selon nous qu'elle se prononce avant l'installation des nouveaux dispositifs, et puisse faire valoir un principe de précaution dans l'attente d'une législation. Or, on voit déjà se développer, en Vendée ou près d'Aix-en-Provence, des grands écrans plasma ou LCD qui profitent du vide juridique. Il faut continuer les débats. Nous n'avons eu que trois réunions de concertation, de deux heures. Chantal Jouanno n'a pas encore répondu à nos nombreuses demandes de rencontre. Et elle semble vouloir transcrire ce rapport dans le projet de loi dit "Grenelle 2", qui sera discuté dès cet automne, alors que le Conseil national du paysage n'a pas encore rendu son rapport sur le même sujet."

 

Claire Ané

(*) voir : http://www.deboulonneurs.org/article352.html

(**) voir : http://paysagesdefrance.org/

(***) voir : http://antipub.org/

(+) voir http://www.deboulonneurs.org/article329.html

17/06/2009

Reprise de l'expertise sur le bisphénol A

lu sur : http://blogs.inserm.fr/synthesedepresse/

 

Reprise de l'expertise sur le bisphénol A

En réponse à une question sur le bisphénol A (BPA), posée par le député Gérard Bapt (PS), président du groupe Santé environnementale, la secrétaire d'Etat à l'Ecologie Chantal Jouanno a déclaré : "Nous devons être extrêmement vigilants sur les effets de cette substance sur les nourrissons". Elle a précisé avoir demandé à l'Afssa de reprendre ses expertises dans ce domaine. Elle souhaite que l'agence sanitaire rende "un nouvel avis intégrant bien les dernières études". L'AFP rappelle que l'Afssa avait conclu en octobre dernier à l'innocuité des biberons contenant du BPA. Aujourd'hui en France indique que le Canada a interdit ce produit.

Aujourd'hui en France , 17/06/2009 - Agence France Presse_Fil Eco , 16/06/2009

 

Les pesticides doublent le risque de Parkinson chez les agriculteurs

lu sur : http://blogs.inserm.fr/synthesedepresse/

 

Les pesticides doublent le risque de Parkinson chez les agriculteurs

Une équipe de chercheurs de l'Inserm et de l'université Pierre-et-Marie-Curie (UPMC), dirigée par Alexis Elbaz (Inserm), a montré que l'exposition aux pesticides doublait quasiment le risque de survenue de la maladie de Parkinson chez les agriculteurs. Ce risque "augmente avec le nombre d'années d'exposition et, chez les hommes, est principalement lié à l'usage de d'insecticides notamment de type organochloré". L'AFP rappelle que des études avaient permis d'établir un lien entre Parkinson et exposition aux pesticides, mais aucune de ces études ne précisait quels produits étaient incriminés et à quelle dose.

Reprise information presse du 16 juin 2009 "Exposition aux pesticides et maladie de Parkinson : le lien confirmé chez les agriculteurs français"

Agence France presse, fil général

16/06/2009

Synthèse de presse de l'INSERM

lu sur : http://blogs.inserm.fr/synthesedepresse/

Un test précoce radiologique de la maladie d'Alzheimer

L'équipe de Pierre Celsis (unité Inserm 825, "Imagerie cérébrale et handicaps neurologiques", Toulouse) vient d'élaborer un logiciel qui permet de prédire si un patient risque de développer ou pas la maladie d'Alzheimer (MA) dans les 2 ans à venir. Ce logiciel mesure, grâce à l'IRM, l'épaisseur moyenne de la substance grise des zones corticales touchées en cas de MA. D'après Panorama du Médecin, "le pouvoir de prédiction serait encore meilleur à plus long terme". De plus, cette technique pourrait s'appliquer à d'autres maladies du cerveau.

Reprise information presse du 26 mai 2009 "L'épaisseur de la matière grise : un témoin précoce de la maladie d'Alzheimer"

Panorama du Médecin , 08/06/2009

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Sous-estimation du nombre d'homicides de nourrissons

À l'occasion d'un procès pour infanticide, La Croix cite les travaux réalisés par Anne Tursz, épidémiologiste et directrice de recherche à l'Inserm. Lors d'une enquête menée sur les morts suspectes de nourrissons, auprès des parquets et des hôpitaux de Bretagne, d'Ile-de-France et de Nord-Pas-de-Calais, Anne Tursz a montré qu'entre 1996 et 2000 "le nombre d'homicides recensés était, en fait, entre trois et quinze fois inférieur à la réalité". D'après une pédiatre, "certains médecins ont des réticences à soupçonner et à déclarer des morts violentes de nourrissons". Plus tard, lorsqu'un juge requalifie "une mort de cause inconnue" en homicide, les statistiques ne sont pas mises à jour et sont donc faussées. Anne Tursz indique par ailleurs que les mères mises en cause dans ces décès sont issues de tous les milieux socio-économiques.

Croix [La] , 09/06/2009

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Un programe de surveillance du mal-être au travail

Mis au point par le département santé de l'Institut de veille sanitaire, le programme Samotrace avait pour thème "santé mentale et travail". D'après cette étude, 24% des hommes et 37% des femmes souffrent de mal-être au travail. De nombreux médecins du travail estiment notamment que le fait de devoir travailler d'une manière qui heurte la conscience professionnelle, apparaît dans le secteur financier, la production et distribution d'électricité, de gaz et d'eau, la santé et l'action sociale. Selon une autre étude réalisée par l'Inserm en région PACA, des associations "fortes et marquées" existent entre violences psychologiques au travail et syndromes dépressifs. Par ailleurs, L'Humanité indique que la Fondation Copernic et Michel Bianco organisent un débat sur la santé et la sécurité au travail en présence d'Annie Thébaud-Mony, directrice de recherche à l'Inserm.

France Soir , 10/06/2009 - France Soir , 10/06/2009 - Humanité [L'] , 10/06/2009 - Agence France Presse_Fil Général , 09/06/200

voir : http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5gC8VODlVRykRieofPgid8EUm7U1w

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Une lettre ouverte à Valérie Pécresse

Dans L'Humanité, un "Collectif pour la sauvegarde de la liberté intellectuelle des chercheurs et des enseignants-chercheurs de la fonction publique" dénonce dans une lettre ouverte à Valérie Pécresse la convocation devant une commission disciplinaire de Vincent Geisser, chercheurs au CNRS. Celui-ci est accusé de ne pas avoir respecté l'obligation de réserve. Les signataires de cette lettre estiment qu'aucune consigne ne devrait être émise par les institutions envers les fonctionnaires "si ce n'est celle de la rigueur intellectuelle et de la créativité qui accompagne toute recherche". Selon eux, "l'obligation de réserve ne peut en aucun cas valoir pour les intellectuels, y compris lorsqu'ils sont fonctionnaires. Les y soumettre revient purement et simplement à les faire disparaître comme intellectuels".

Humanité [L'] , 10/06/2009

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Un gène responsable de la goutte a été découvert

Des généticiens de la John Hopkins Medical Institution (Baltimore, Etats-Unis) ont identifié un gène appelé ABCG2, sur le chromosome 4, qui porte une variation plus fréquente chez les personnes atteintes de goutte. Après avoir injecté ce gène dans des cellules, ils ont montré que la protéine qu'il code était un transporteur de l'acide urique dans les reins. Ils ont également mis en évidence le fait que la mutation décelée diminuait de moitié l'excrétion d'acide urique par les reins. D'après le professeur Frédéric Lioté (hôpital Lariboisière, Paris), "Dans ce travail, l'élément impressionnant est que la fonction du gène et celle de son variant sont parfaitement démontrées".

Figaro [Le] , 11/06/2009

voir :

http://www.lefigaro.fr/sante/2009/06/11/01004-20090611ARTFIG00380-decouverte-d-un-gene-responsable-de-la-goutte-.php

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Jeudi 11 juin 2009Le téléphone portable pourrait être responsable d'une très légère augmentation du risque de cancer

Lors d'une audition publique à l'Assemblée nationale, Martine Hours, épidémiologiste et responsable d'Interphone pour la France, a indiqué que les études réalisées dans 5 pays sur les 13 concernés ne devraient pas montrer d'effet notable de risque de cancer lorsque l'exposition est inférieure à 10 ans. Au delà il pourrait y avoir une très légère augmentation du risque de cancer.  Martine Hours a cependant noté les problèmes méthodologiques de l'étude, avec un certain "nombre de "biais" envisageables : sélection de l'information, facteurs de confusion, troubles de mémoire...". Le neuro-oncologue François Berger (Inserm) a quant à lui déclaré qu'il existait "un impact biologique indiscutable des ondes électromagnétiques, mais effet biologique ne veut pas dire obligatoirement risque" même si, a-t-il précisé, ce risque est "possible".

Agence France Presse_Fil Général , 10/06/2009

voir :

http://www.romandie.com/infos/news2/090610175024.wtvkyo49.asp

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Une découverte sur le fonctionnement du méningocoque

L'équipe dirigée par Xavier Nassif (unité Inserm 570, hôpital Necker-Enfants malades, Paris) vient de montrer comment le méningocoque traverse la barrière hémato-encéphalique. Le Quotidien du Médecin précise que le méningocoque, après avoir adhéré aux cellules endothéliales, "détourne à son profit les protéines jonctionnelles situées aux interfaces cellule-cellule. Ce qui ouvre les jonctions intercellulaires de l'endothélium des capillaires méningés, permettant ainsi au germe de se frayer un passage".

Quotidien du Médecin [Le] , 12/06/2009

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Alzheimer pourrait se transmettre comme une maladie infectieuse

Une équipe européenne dirigée par Markus Tolnay (université de Bâle, Suisse) a émis l'hypothèse selon laquelle Alzheimer pourrait se transmettre comme une maladie infectieuse. Cette équipe a montré que l'injection, dans le cerveau de souris saines, de tissu cérébral contenant la forme anormale de la protéine tau provoquait la prolifération de lésions caractéristiques d'Alzheimer. D'après Luc Buée, directeur de l'unité Inserm 837 (CHRU de Lille), il s'agit d'une "hypothèse séduisante" qui pourrait signifier que "la composante liée à la protéine tau occupe une part plus importante qu'on le croyait" et que "la protéine tau anormale a des effets plus graves lorsqu'elle sort du neurone".

Monde [Le] , 13/06/2009

voir :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/06/12/alzheimer-maladie-infectieuse_1206190_3244.html

 

10/06/2009

Virus de la grippe : sur la piste d'un bouclier protecteur à inhaler

lu sur :

http://www.romandie.com/infos/news2/090608170439.x6pjiwol.asp

 

 Virus de la grippe : sur la piste d'un bouclier protecteur à inhaler

PARIS - Une petite molécule de synthèse administrée par voie nasale pourrait permettre de déclencher au niveau respiratoire la formation d'un bouclier protecteur, à base de protéines, contre les virus de la grippe, selon des travaux français.

Les chercheurs des instituts publics de recherche en médecine et agronomie (Inserm et Inra) montrent qu'une protéine appelée PAR2, présente en grande quantité sur la membrane des cellules de la trachée, peut jouer un rôle protecteur en cas d'infection par un virus H1N1 chez des souris, dès lors qu'elle est activée par le traitement inhalé.

Cette protéine, maillon important du système immunitaire, induit chez les rongeurs une production accrue de substances qui neutralisent le virus en bloquant sa prolifération, selon l'étude paraissant dans "The Journal of Immunology", daté du 15 juin.

"La prochaine étape est de tester toutes les souches : virus de la grippe aviaire (H5N1) et différents H1N1 dont la souche qui a sévi à Mexico", indique à l'AFP le Dr Béatrice Riteau (Inra).

Pour préciser le rôle de PAR2, les chercheurs ont infecté des souris avec une souche H1N1 de laboratoire (mortelle pour la souris et inoffensive pour l'humain) utilisée depuis des années.

Ils leur ont ensuite administré par voie nasale un "activateur de PAR2", une toute petite molécule très rapide à synthétiser, souligne le Dr Riteau.

Le traitement a provoqué une très forte production par l'organisme d'une protéine aux propriétés antivirales bien connues -un interféron- qui bloque la multiplication du virus et évite que l'infection ne s'étende.

Les souris ont ainsi survécu à l'infection qui autrement leur aurait été fatale.

De plus, l'activation de PAR2 a diminué substantiellement l'inflammation pulmonaire sévère due à une réaction excessive de l'organisme face au virus.

"Cette réaction excessive est l'une des causes potentielles de mort par la grippe, à côté des surinfections bactériennes (pneumonies...)", relève Fanny LeBouder, co-auteur de l'étude.

Ces résultats devront être validés sur différents animaux dont le furet, avant d'aboutir à terme à un traitement.

"Un tel traitement, s'il s'avérait efficace, présente le gros avantage de n'être pas dirigé contre le virus, mais de cibler les cellules qu'il infecte", indique le Dr Ritteau. C'est donc un moyen potentiel de contourner l'apparition de résistance aux traitements anti-viraux comme le Tamiflu, liée aux mutations incessantes des virus grippaux, explique-t-elle.

(©AFP / 08 juin 2009 19h04)

09/06/2009

Union européenne : impopularité parce que trop technocratique ?

lu sur :

http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/06/08/indifference_1203896_3232.html

 

Edito du Monde

Indifférence ?

LE MONDE | 08.06.09 | 15h12

 

C'est l'un des paradoxes de l'Europe. L'idée européenne, à en croire les sondages, reste populaire dans la plupart des pays membres. Mais l'Union européenne, telle qu'elle se construit à Bruxelles, serait, elle, frappée d'impopularité parce que trop technocratique, bref pas assez démocratique. Et, pourtant, le seul scrutin qui permet aux peuples de façonner l'une des institutions de l'Union, son Parlement, est très largement boycotté. L'élection, dimanche 7 juin, du nouveau Parlement de Strasbourg n'aura pas échappé à cette règle : près de 60 % d'abstention parmi les 388 millions d'électeurs appelés à élire les 736 nouveaux eurodéputés. Triste tradition respectée, dira-t-on.

Le nouveau Parlement européen va ressembler à l'Assemblée sortante. Les conservateurs restent la force dominante. Cela reflète le profil de la majorité des gouvernants dans l'Europe d'aujourd'hui. Le vote de dimanche n'a pas été un vote sanction ; dans la plupart des cas, il confirme les équipes sortantes conservatrices. Les socialistes et les sociaux-démocrates gardent la seconde place, mais sont en perte de vitesse. Ils ne profitent pas de la crise. Les Verts, eux, progressent. En témoignent les beaux résultats empochés par la liste menée en France par Daniel Cohn-Bendit, qui a mené une campagne axée sur des thèmes européens. Il n'y a pas de montée significative d'un populisme anti-européen, sauf en Grande-Bretagne, où la formation la plus européenne, le New Labour, est en déroute, devancée par un parti conservateur eurosceptique et par une formation europhobe, l'UKip.

Les Européens n'ont qu'une préoccupation en tête, la crise, et cela peut expliquer l'indifférence aggravée manifestée par un si grand nombre à l'égard de l'Europe. Bruxelles n'a joué presque aucun rôle dans la "gestion" du traumatisme déclenché cet automne ni, plus tard, dans les remèdes imaginés pour y parer. Il y a une politique monétaire commune dans la zone euro, mais il n'y a pas eu de plan de relance communautaire ni même de coordination des politiques économiques au sein des 27. Il y a eu une addition de plans nationaux, auxquels le président de la commission, le Portugais José Manuel Barroso, a donné un vague habillage européen. S'ils ont voulu sanctionner l'inexistence de l'Europe institutionnelle dans la crise, les abstentionnistes se sont trompés de cible. Ce n'est pas le Parlement qui est fautif, c'est M. Barroso, dépourvu de charisme politique et de toute imagination économique. Or les gouvernements s'apprêtent à le proposer pour un second mandat à la tête de la Commission. C'est une mauvaise nouvelle pour l'Europe.

 

Article paru dans l'édition du 09.06.09

Le "trouble" de la majorité : à quoi bon accorder des postes à des personnalités de gauche ?

lu sur :

http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/06/08/l-art-d-appuyer-la-ou-ca-fait-mal-par-gerard-courtois_1203899_3232.html

 

Chronique

L'art d'appuyer là où ça fait mal, par Gérard Courtois

LE MONDE | 08.06.09 | 15h15  •  Mis à jour le 08.06.09 | 15h15

 

Édouard Balladur parle rarement sans bonne raison. Pardon ! Edouard Balladur ne s'exprime jamais sans excellente raison. Qu'il ait jugé nécessaire de prendre la plume, voilà deux semaines dans Le Figaro, pour formuler quelques réserves sur l'ouverture du gouvernement "à des personnalités n'appartenant pas à la majorité" ne peut donc être tenu pour négligeable. Surtout quand on sait qu'il est l'un des très rares à pouvoir dire tout haut à Nicolas Sarkozy ce que tout le monde pense tout bas.

A la veille, ou à l'avant-veille d'un remaniement annoncé, quel message adressait donc l'ancien premier ministre à celui qui fut son ministre du budget dans une vie antérieure ? Que l'ouverture à gauche est une idée épatante. Tellement épatante même qu'il ne faut pas la galvauder, pour ne pas "troubler" les électeurs ou les parlementaires de la majorité. Il ajoutait que cette démarche ne saurait être justifiée que par l'appel à des "compétences incontestées" et qu'elle ne devrait pas s'exposer au reproche "d'être inspirée de mobiles seulement politiques".

La belle affaire, dira-t-on ! Et l'on n'aura pas tort. Tant il est évident que l'essentiel est ailleurs : du côté de la crise, du chômage, de l'inquiétude des Français et des choix économiques sur lesquels planche l'Elysée avant les arbitrages budgétaires de l'été. En outre, les spéculations sur le casting du prochain gouvernement sont un passe-temps assez dérisoire dès lors que, depuis deux ans, les ministres sont au mieux des "collaborateurs" du chef de l'Etat, au moins mal les vedettes américaines des shows présidentiels et au pire des figurants.

Pourtant, la volonté affichée par le président de la République de poursuivre l'ouverture du gouvernement à des personnalités de gauche n'est pas seulement un hochet destiné à distraire les esprits. Depuis deux ans, Nicolas Sarkozy appuie là où ça fait mal : sur le désarroi du principal parti de l'opposition et l'impression que donnent les socialistes de n'être ni prêts ni même désireux de revenir au pouvoir. Réaliser, demain, quelques "prises de guerre" supplémentaires à gauche renforcera cruellement la démonstration.

Reste le "trouble" de la majorité, invoqué par Edouard Balladur et qui peut se résumer ainsi : à quoi bon accorder des postes à des personnalités de gauche si celles-ci n'entraînent pas leurs électeurs dans leurs bagages ? Après les résultats calamiteux du PS au scrutin européen, la question se posera avec encore plus d'acuité. Et elle nourrira un peu plus l'agacement des caciques de province qui grognent à mi-voix de voir les ralliés de gauche renforcer l'assise parisienne ou francilienne du gouvernement : 18 de ses 39 membres ont déjà leurs attaches à Paris ou dans la région parisienne. Un record absolu.

Rien n'indique cependant que Nicolas Sarkozy soit disposé à se laisser attendrir par ces états d'âme. Ce n'est pas son genre. Encore moins après le succès de son camp au soir du 7 juin.

 

Courriel : courtois@lemonde.fr

Gérard Courtois

Article paru dans l'édition du 09.06.09

05/06/2009

Les risques du Bisphénol A (BPA)

lu sur : http://blogs.inserm.fr/synthesedepresse/

Des scientifiques critiquent des études menées sur le bisphénol A

À l'Assemblée nationale, lors d'une audition publique sur les risques du Bisphénol A (BPA), Marie-Christine Favrot, directrice de l'évaluation des risques nutritionnels à l'Afssa, a conclu son exposé sur l'absence de risque de cette substance. Mais le professeur Patrick Fénichel, endocrinologue au CHU de Nice et directeur d'une unité de l'Inserm, a indiqué que le BPA avait une structure proche de celle du Distilbène, produit donné aux femmes enceintes dans les années 60-70 et à l'origine de malformations. Selon lui, les faibles doses de BPA présentes dans les biberons pourraient avoir des effets toxiques, en raison notamment de la multiplication des perturbateurs endocriniens. De plus, d'après André Cicolella, chimiste et porte-parole du "Réseau environnement santé", les études concluant à des effets du BPA à très faibles doses sont majoritaires. Gérard Bapt, député PS qui présidait cette audition, a estimé que Roselyne Bachelot aurait dû retenir le principe de précaution à propos du BPA.

Agence France Presse_Fil Général , 04/06/2009

30/05/2009

En France aujourd'hui : le servage résultant de "la concurrence libre et non faussée" en Europe

lu sur :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/05/29/esclavagisme-dans-les-champs-de-fraises-alsaciens_1200007_3224.html

 

"Esclavagisme" dans les champs de fraises alsaciens

LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 29.05.09 | 20h12

Une cinquantaine de travailleuses d'Europe de l'Est seraient employées à la cueillette des fraises et des asperges dans des champs alsaciens dans des conditions "inhumaines" qui relèvent de "l'esclavagisme", d'après la CGT. La gendarmerie veut rester discrète sur le sujet mais a confirmé, vendredi 29 mai, qu'une enquête avait été ouverte en début de semaine.

Logées sur un terrain vague clôturé de grillage, dans des préfabriqués "ressemblant à des cages avec des sanitaires", selon la CGT, certaines d'entre elles ont été payées 6 euros pour dix jours de présence alors que le smic horaire est de 8,71 euros, a expliqué le syndicat.

Elles sont employées sur des parcelles situées à Brumath (Bas-Rhin), louées par un Allemand. Elles seraient payées entre 25 et 50 centimes le kilo ramassé "alors que la législation française prévoit un salaire minimum et le respect de la convention collective", a indiqué Jacky Wagner, le secrétaire départemental du syndicat. "En fonction de la météo, il y a des jours où les fraises ne rougissent pas et où il n'y a rien à cueillir", a-t-il ajouté.

 

"ON NE SAIT PAS QUAND ON SERA PAYÉ"

Le campement, situé à une vingtaine de kilomètres à l'ouest de Strasbourg, dispose de l'électricité ainsi que de sanitaires, de douches et de lavabos communs, a constaté sur place l'AFP. Une cuisine équipée y est également installée. Environ une cinquantaine de personnes, essentiellement des femmes originaires de Roumanie, Pologne et Ukraine, y vivent, réparties dans une dizaine de préfabriqués divisés en quatre parties pouvant accueillir deux personnes.

"Le problème ici, ce n'est pas vraiment le logement, c'est l'argent", explique Nicula, une Roumaine arrivée jeudi après avoir quitté la veille son village du centre de la Roumanie. "On ne sait pas quand on sera payé, on sait juste qu'on touche 50 centimes (d'euros) par kilo ramassé", affirme la jeune femme. "Dans une semaine, on va nous emmener travailler en Allemagne", ajoute Nicula, qui dit ne pas savoir où mais espère rentrer chez elle d'ici "deux mois"

La cueillette des asperges puis des fraises était d'abord assurée par des Roumaines qui seraient reparties parce qu'elles ne travaillaient pas assez selon leur employeur, parce qu'elles refusaient les conditions qui leur étaient faites, selon la CGT. Elles ont été remplacées depuis jeudi par des Polonaises, des Ukrainiennes et quelques compatriotes. Selon la gendarmerie, il y aurait également des Allemands.

29/05/2009

"Les sectes sont un non-problème."

lu sur :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/05/29/la-secte-l-escroquerie-et-le-procureur-par-caroline-fourest_1199700_3224.html#xtor=EPR-32280229-[NL_Titresdujour]-20090529-[deroule]&ens_id=1199790

 

Chronique

La secte, l'escroquerie et le procureur, par Caroline Fourest

LE MONDE | 29.05.09 | 16h35  •  Mis à jour le 29.05.09 | 16h36

 

Le procès qui s'est ouvert le 25 mai à Paris est un test. Pour savoir si la France reste un pays particulièrement vigilant envers les dérives sectaires ou si elle baisse la garde. On se souvient du propos ambigu - minimisé depuis - d'Emmanuelle Mignon, alors directrice de cabinet du président : "Les sectes sont un non-problème." Ce n'est pas l'avis des victimes de la Scientologie. Notamment de cette femme, gouvernante dans un hôtel, qui a dépensé plus de 21 000 euros en quelques mois pour des "cours de réparation de vie", des séances de sauna, des vitamines et un "électromètre" censé mesurer ses "zones de bouleversement spirituel".

La porte-parole de la Scientologie crie au "procès en hérésie". L'affaire n'a pourtant rien à voir avec la laïcité ou l'Inquisition. Il s'agit simplement de savoir si cette association de type 1901, censée être à but non lucratif, n'aurait pas une tendance monomaniaque à profiter de la vulnérabilité psychologique de certains individus pour vider leurs comptes en banques. Ce qui ne la rapproche ni tout à fait d'une religion ni tout à fait d'une entreprise, mais d'un mélange des deux à tendance mafieuse et coercitive. Ces deux derniers aspects faisant toute la différence.

Si la paroisse de Lourdes se mettait à vendre ses petites bouteilles d'eau bénite au prix du caviar, si ses prêtres étaient formés à en vendre un régiment à chaque grand-mère qui passe la porte, au risque de les ruiner, elle serait digne d'être considérée comme une secte. Si le prêtre et ses enfants de choeur se mettaient en prime à régenter leur vie dans le but de leur vendre des vessies pour des lanternes au prix d'une Rolex... On devrait pouvoir les condamner pour "escroquerie en bande organisée".

C'est l'enjeu de ce procès. A long terme, l'association représentant la Scientologie en France risque la dissolution au titre de la loi About-Picard, adoptée en 2001, dans l'idée de contenir les mouvements sectaires en instaurant un "délit d'abus frauduleux de l'état d'ignorance ou de faiblesse".

Le dossier est solide. Dix ans d'instruction. Pourtant, la Scientologie se dit confiante. La raison de cet optimisme ? Un non-lieu surprenant, requis par le procureur à l'issue de l'instruction. Cela ne veut pas dire que le ministère public ne changera pas d'avis à l'issue du procès. Il a accepté que l'Union nationale des associations de défense des familles et de l'individu (Unadfi) se constitue partie civile.

Mais ce réquisitoire reste soupçonné - à tort ou à raison - de refléter une certaine volonté politique, plutôt clémente. Il a été rendu en 2006. A une époque où le ministère de l'intérieur souhaitait se montrer plutôt bienveillant envers les mouvements sectaires. Un vrai changement par rapport aux années antérieures, qui correspond aux périodes où Nicolas Sarkozy occupait ce poste.

En 2003, des membres de la Mission de vigilance envers les dérives sectaires (Miviludes) se souviennent avoir assisté à un colloque où l'avocat des Témoins de Jéhovah et Danièle Gounord, la porte-parole de la Scientologie, ont dîné en compagnie d'un responsable du bureau des cultes du ministère de l'intérieur. La même année, un fonctionnaire des renseignements généraux ayant publié une thèse sur la Scientologie, Arnaud Palisson, est mis au placard à la demande de la secte.

La courtoisie se poursuit au ministère des finances, où Nicolas Sarkozy accepte de recevoir Tom Cruise, ambassadeur de la Scientologie, pour parler cinéma bien sûr. Le même ministre publie un livre en faveur d'une laïcité plus tolérante, où l'on n'utiliserait pas le mot secte "à tort et à travers". Il précise qu'il ne s'agit pas de lutter contre les sectes mais contre les seules "dérives sectaires". Moins par complaisance que par souci d'importer une vision plus américaine de la liberté religieuse, où la liberté de manipuler est confondue avec la liberté de culte et passe avant la vigilance. Rien ne dit que cette priorité ait changé depuis.

 

Caroline Fourest

Article paru dans l'édition du 30.05.09

NPA: trop de courants, et c'est la panne

lu sur :

http://www.marianne2.fr/NPA-trop-de-courants,-et-c-est-la-panne_a179634.html?print=1

 

La nouvelle organisation anti-capitaliste aurait le vent en poupe. Pourtant, les opposants à la majorité emmenée par Olivier Besancenot décrivent un parti qui perd ses nouveaux militants et dont le fonctionnement ressemble trait pour trait à celui de la LCR !

Lors du défilé du 1er mai à Paris, les rangs du NPA n'étaient pas aussi fournis qu'on n'aurait pu le croire. 

Survendu, le NPA ? Survendu, Olivier Besancenot ? Depuis de longues semaines, les médias tentent de nous refourguer le facteur de Neuilly en opposant numéro 1 à Nicolas Sarkozy, et son parti en petite bête de la gauche de la gauche « qui-monte-qui-monte-qui-monte ». C’est beau comme une opération de com' tout droit venue de l’Elysée ! Mais à y regarder de plus près, le NPA, après une période d’euphorie, n’est pas au mieux de sa forme. Outre le « tassement » des intentions de vote qu'enregistre la formation anticapitaliste dans les sondages, c’est surtout du côté des militants que ça coince...

« Dans les réunions, c’est un vrai va-et-vient ! »

Au moment de son congrès fondateur, le NPA disait compter dans ses rangs plus de 9 000 adhérents (contre un peu plus de 3 000 pour la LCR). Aujourd’hui, une partie des nouveaux inscrits aurait déserté les réunions. Combien ? Difficile à dire. Jacques Morand, « chef » de file de la Fraction – L’Etincelle (un courant exclu de LO et qui forme aujourd’hui l’aile « gauche » du NPA) livre une estimation à la louche : « Ce qu’on peut dire, c’est que dans les réunions de définition de la ligne politique, il n’y avait déjà plus qu’entre 5 000 et 6 000 personnes présentes. Et dans les comités, c’est certain, il y a des gens qui ne reviennent pas. » Gilles Suze est militant NPA en Charente-Maritime. Pour ce vieux de la vieille plutôt situé à l’aile « droite » du parti et blogueur de son état, le constat est sensiblement le même : « C’est un vrai va-et-vient. Depuis janvier, il y a des gens qui ont participé à des réunions deux à trois fois puis ne sont plus jamais revenus. Ça concerne même des personnes qui ont participé au processus “constituant” ! »

Le NPA: un concept marketing attirant des «snacktivistes»?

Besancenot: un vrai «produit d'appel» pour les réunions!

Ce n’est donc pas (encore) l’hémorragie mais la plaie est tout de même largement ouverte. Reste à savoir pourquoi ces désertions. Jacques Morand a un début d’explication : « Le NPA a attiré à lui des gens issus de toute la gauche de la gauche en proposant une espèce de pot-pourri en guise de programme. Au début, ça a marché. Des gens sont venus avec un “dada” très précis : l’écologie, les sans-papiers, etc. Mais au final, ce “dada”, ils ne l’ont pas retrouvé au NPA… » Gilles Suze est plus dur encore. Selon lui, le hic, c’est que la nouvelle formation politique « n’apporte rien » : « Le discours est simple, quasi simpliste ! » Le NPA : une coquille vide ? Non, plutôt un très bon concept marketing bénéficiant d’un « produit d’appel » efficace en la personne d’Olivier Besancenot et qui a finalement attiré à lui des sortes de « snacktivistes » : des adhérents qui militent comme d’autres grignotent, qui s’investissent en politique comme d’autres consomment, un jour oui et le lendemain non !

Oubliée, l’aspiration unitaire des nouveaux venus ?

Mais à elle seule, cette explication ne peut être satisfaisante. Il est clair que le fait que le NPA ne rejoigne finalement pas le Front de Gauche a aussi pesé très lourd dans l’esprit des nouveaux adhérents qui ont quitté le parti. Dans ce domaine, certains citent volontiers le ralliement de Christian Picquet à Marie-George Buffet et Jean-Luc Mélenchon. Mais ce départ doit être relativisé : Christian Picquet a emmené dans ses valises, tout au plus, une centaine de personnes et n’a pas vraiment créé d’appel d’air. En revanche, la déception d’une partie des nouveaux entrants est sans doute aussi liée au fait qu’ils n’aient pas retrouvé au NPA l’orientation unitaire qu'ils avaient perçu dans le séduisant appel d’Olivier Besancenot…

« C’est une petite clique parisienne qui dirige le parti ! »

Pour ceux qui sont restés et qui « s’opposent » de l’intérieur à la majorité en place, un autre élément doit être pris en compte : le fonctionnement du parti. Gilles Suze n’y va pas avec le dos de la cuillère : « Le nom a changé, mais sur le fond rien n’a changé. C’est une petite clique parisienne qui dirige le mouvement. Dans les médias, ce sont toujours les mêmes que l’on voit : quand ce n’est pas Besancenot, c’est Krivine ! C’est dans les médias, par exemple, que l’on a appris cette histoire de marche nationale des salariés licenciés  ! » (Une marche dont la date n’est toujours pas fixée car, comme on l’explique du côté du siège du parti, « elle doit être à l’initiative des salariés… », ndlr). De quoi calmer les ardeurs des nouveaux militants...

« Il ne peut y avoir un seul porte-parole »

Yann Cochin se montre beaucoup plus mesuré que Gilles Suze. Issu du monde syndical et décrit par certains comme « le nouveau Christian Picquet » (une comparaison qui le fait sourire autant qu’elle le flatte), il estime que « le fonctionnement est tout de même beaucoup plus horizontal qu’avant ». Malgré tout, il rejoint le militant de Charente-Maritime quand il explique qu’« il ne peut pas y avoir un seul porte-parole au NPA ». Mais l’homme est fin politique et s’empresse d’ajouter que c’est « une des questions à l’ordre du jour du prochain Conseil politique national ». Mais avant cette réunion, Yann Cochin prépare un autre rendez-vous : un rassemblement prévu, ce week-end à Paris, pour donner naissance à un frère jumeau du courant Unir. Il sera d’ailleurs « composé d’ex d’Unir, de militants syndicaux et de nouveaux militants du parti » sur la base d’une « orientation unitaire » et dans le refus de voir le NPA « se substituer aux organisations syndicales. » Et d’ajouter une nouvelle fois : « On est dans une démarche constructive. On va voir comment la direction réagit. Pour l’instant, ils sont très respectueux de nos prises de parole. »

Mais pour l’instant, ce que l’on peut surtout constater, c’est que les lignes de fractures qui traversent le NPA sont exactement les mêmes que celles qui existaient à la LCR. Si la majorité ne parvient pas à satisfaire ses différentes composantes, le NPA aura peut-être bientôt autant de militants que la Ligue…

Vendredi 15 Mai 2009

Gérald Andrieu

Les soutiens du Front de Gauche

Lu sur :

http://www.google.com/hostednews/afp/article/

ALeqM5iK4YhwvFaPn6T_8H6KRAwezPJG6A

 

Européennes: Régis Debray apporte son soutien au Front de gauche en IDF

 

Il y a 4 jours

PARIS (AFP) — Le philosophe Régis Debray, qui s'est plusieurs fois montré au côté de Ségolène Royal ces derniers mois, a apporté son soutien à la tête de liste du Front de gauche en Ile-de-France, Patrick Le Hyaric (PCF), directeur de L'Humanité, pour les européennes du 7 juin.

Parmi les autres soutiens revendiqués par le Front PCF-Parti de gauche, figurent les écrivains Patrick Chamoiseau et Didier Daeninckx, la comédienne Ariane Ascaride, le réalisateur Robert Guédiguian, le journaliste et fondateur d'Attac Ignacio Ramonet et l'économiste Jacques Sapir, a indiqué le Parti communiste français dans un communiqué lundi.

"On m'a demandé, j'ai dit oui", "c'est un soutien de citoyen", a simplement répondu M. Debray, interrogé par l'AFP.

Le 29 avril, M. Debray, auteur de "Le moment fraternité", avait participé à une journée d'études sur "la fraternité en débat" avec Ségolène Royal.

Le 28 mars, il avait salué celle qui "a su donner une nouvelle jeunesse à un mot oublié, un mot refoulé". "Tu l'as remis à la mode", "redonné de la chair et du sang", avait-il lancé, en allusion à sa fête controversée de la fraternité au Zénith en septembre 2008.

"La fraternité concerne tout le monde", a dit M. Debray lundi, ajoutant qu'il ne voulait "pas rentrer dans les bisbilles politiques".