25.08.2008
Rassemblement de soutien aux Faucheurs Volontaires
Jeudi 28 août 2008 au Tribunal de Grande Instance d’Angers
Rassemblement de soutien aux Faucheurs Volontaires inculpés pour le fauchage de Charcé St Ellier en septembre 2007
12 H 00 : Pique-nique de solidarité devant le Palais de Justice d’Angers
14 H 00 : Audience au tribunal
Suivi d’une conférence de presse vers 14 h 30
Ce 28 août, ils seront 9 prévenus (originaires du Finistère, de la Loire-Atlantique, de la Vendée et du Maine et Loire) à demander le renvoi du procès.
En cause : la durée de l’audience trop courte pour l’exposé des plaidoiries et la citation des témoins.
Il s’agira d’un premier acte qui devrait se conclure par le renvoi du procès à une autre date qui, nous l’espérons, sera plus propice à un procès digne de ce nom
Rappel du contexte :
Cette action intervenait après 2 mois de dialogues infructueux entre la société civile et Terrena, maître d’œuvre de 35 ha de multiplication de semence de maïs GM pesticide MON 810 en Pays de la Loire*.
Des faucheurs volontaires venus de tout le grand ouest de la France ont participé à la neutralisation de 11 ha de ce maïs.
L’objectif était très clair : porter le débat au niveau de la justice et lui demander d’influer dans le rapport de force.
Sur ce plan, la confrontation avec Terrena sera déterminante tant le poids des coopératives dans l’orientation et la conduite des politiques agricoles est crucial.
Parce que ce combat est celui de l’intérêt général**,
que le maïs fauché fut du Monsanto 810 actuellement sous le coup d’un moratoire pour « des doutes sérieux vis-à-vis de l’environnement »,
que l’action des faucheurs vise, entres autres, à alerter l’opinion publique de certaines pratiques illégitimes telles que
la collusion de la représentativité nationale avec des intérêts privés ou
la confiscation du débat par les élites politiques.
Parce que les OGM sont une technologie aux implications environnementales, sanitaires et sociales très larges mais aussi très mal évaluées nous demandons à la justice d’éclairer les décideurs institutionnels : tel est le sens de notre démarche, le sens de la désobéissance civile.
*Maïs sous brevet de la firme Monsanto, modifié génétiquement pour produire une toxine insecticide BT ; dans le cas présent, il s’agissait de produire du maïs-semence commercial avec cette échelle moyenne : pour 1 ha de maïs-semence, 100 ha peuvent être semés l’année suivante, faites le calcul avec 35 ha…..
**86 % de la population est opposé à la culture des M en plein champs : sondage
Greenpeace / CSA de septembre 2006.
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24.08.2008
Mobilisation contre le "tourisme de transplantation"
lu sur lemonde.fr :
http://www.lemonde.fr/sciences-et-environnement/article/2008/08/22/mobilisation-contre-le-tourisme-de-transplantation_1086726_3244.html
Mobilisation contre le "tourisme de transplantation"
LE MONDE | 22.08.08 | 15h19 • Mis à jour le 22.08.08 | 15h19
Pour la première fois de leur histoire, les principales sociétés savantes médicales directement impliquées dans la pratique des greffes d'organes viennent de condamner solennellement une série de pratiques contraires à l'éthique observées dans de nombreux pays - en particulier, le "tourisme de transplantation". L'OMS estime que ce commerce d'organes, qui prospère sur des vides juridiques ou sur la corruption, représentait, en 2005, environ 10 % de l'ensemble des transplantations rénales pratiquées dans le monde.
Le numéro de septembre du mensuel de la puissante Société américaine de néphrologie publiera un texte qui reprend pour l'essentiel celui de la "Déclaration d'Istanbul sur le trafic d'organes et le tourisme de transplantation", rédigé, en mai, par 150 représentants gouvernementaux et responsables médicaux et scientifiques à l'initiative de la Société internationale de transplantation (TTS) et de la Société internationale de néphrologie. Partout dans le monde, les sociétés scientifiques et médicales concernées adoptent cette déclaration, alors que la communauté médicale spécialisée ne s'était jusqu'à présent guère manifestée sur ce sujet sensible.
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) avait lancé une initiative proposant, depuis 2005, un programme visant à contrecarrer le développement de réseaux internationaux et commerciaux de prélèvements et de transplantations. "Le phénomène se développe depuis le milieu des années 1990, avec la reconnaissance croissante des avantages thérapeutiques des greffes d'organes et grâce aux progrès des médicaments immunosuppresseurs, de plus en plus efficaces pour éviter le rejet de l'organe transplanté", précise-t-on à l'OMS.
Le "tourisme de transplantation" voit des personnes souffrant d'insuffisance rénale en quête d'un rein et des chirurgiens greffeurs se déplacer dans le seul but d'effectuer une transplantation aux dépens de personnes le plus souvent très pauvres et acceptant de vendre l'un de leur rein. Les "cours" varient selon les pays : en Afrique du sud, un donneur de rein rémunéré touchera 700 dollars (470 euros), en Inde, 1 000 dollars (670 euros), en Moldavie 2 700 dollars (1 800 euros), en Turquie entre 5 000 et 10 000 dollars (3 400 ou 6 800 euros), et plus de 30 000 dollars (20 200 euros) aux Etats-Unis, selon des chiffres présentés à une réunion de l'OMS en 2006. Les intermédiaires se rémunèrent grassement : en Colombie, la transplantation d'un rein prélevé sur un cadavre est proposée à 80 000 dollars (54 000 euros), indique encore l'OMS.
Les chirurgiens qui participent à de tels trafics sont généralement bien connus de leurs pairs. Certains circuits sont bien identifiés, comme celui qui voit des Brésiliens aller se faire prélever un rein en Afrique du Sud, avant que leur organe soit greffé sur des malades Israéliens. Israël vient cependant d'interdire le remboursement par les assurances de ces frais de "tourisme médical" et espère progresser vers l'autosuffisance en encourageant le don de personnes décédées.
L'Assemblée mondiale de la santé, structure qui réunit tous les Etats membres de l'OMS, s'était saisie pour la première fois de ce sujet délicat en 2004. Elle avait adopté une résolution soulignant que la transplantation était une activité chirurgicale spécifique, qui ne devait pas s'inscrire dans une relation médecin-malade mais être considérée comme un service de la communauté pour la communauté. A ce titre elle devrait être placée sous le contrôle des gouvernements. La résolution de 2004 demandait à l'OMS de fédérer le combat contre de telles pratiques. Quatre ans plus tard, l'adoption de la Déclaration d'Istanbul témoigne d'une évolution notable de la situation.
Le 13 août, lors du 22e congrès de la Société internationale de Transplantation, organisé à Sydney, Huang Jiefu, vice-ministre chinois de la santé, a ainsi confirmé la création dans son pays d'un réseau national de don d'organes. Il associera la Croix-Rouge chinoise et les autorités de santé. Il a aussi annoncé la promulgation prochaine d'une loi sur la définition de la mort par critères neurologiques, tout en évoquant l'objectif de l'abolition de la peine de mort qui, jusqu'en 2007, fut une source importante de commercialisation de greffons.
"On commence heureusement, progressivement, à accepter l'idée, à l'échelon international, que les organes humains ne sont pas des pièces détachées, que nul ne peut mettre un prix sur un organe destiné à sauver une vie, observe le docteur Luc Noël, coordinateur de l'unité "Procédures cliniques" à l'OMS.
Cette évolution ne saurait faire oublier que c'est la pénurie des greffons disponibles dans les pays industrialisés qui est pour l'essentiel à l'origine de ces pratiques. A Chypre cependant, la solidarité îlienne conduit à un très fort taux de dons entre vivants, tandis que l'Espagne dispose d'une quasi autosuffisance grâce aux prélèvements sur donneurs décédés. En France, l'urgence est de développer ceux-ci sur les personnes en situation de mort cérébrale : plus de 13 000 malades sont en attente d'une greffe d'organe et, en 2007, on a recensé 231 décès dus à l'absence de greffons disponibles.
Jean-Yves Nau
La Chine, le Pakistan et les Philippines citées en exemple
Les spécialistes de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) chargés de la lutte contre les trafics d'organes humains se félicitent du fait que trois pays ont, dernièrement, accompli des efforts remarquables afin d'en finir avec ces pratiques condamnables. C'est notamment le cas de la Chine, des Philippines et du Pakistan.
"Ces dernières années, le gouvernement pakistanais a parfaitement entendu et a répondu aux recommandations que nous formulions sur ce sujet hautement sensible, confie-t-on à l'OMS. C'est ainsi que lorsqu'il était au pouvoir le président Pervez Musharraf avait fait publier une ordonnance créant une autorité de contrôle et interdisant toute forme de commerce dans ce domaine. Les autorités pakistanaises ont été jusqu'à faire détruire au bulldozer des cliniques privées qui étaient connues pour être impliquées dans ces trafics, une initiative critiquée par des responsables islamistes."
Pour les responsables de l'OMS, la question est de savoir si les mesures prises en Chine, au Pakistan et dans les Philippines auront ou non pour conséquence de voir se développer de nouveaux circuits dans d'autres pays.
Chiffres
92943 : nombre de transplantations répertoriées dans le monde en 2005 par l'OMS. Elles se répartissent entre rein (62 129), foie (19 809), coeur (5 313), poumon (3 038) et pancréas (2 654).
40 000 :
patients nécessitant une transplantation qui, en Europe, sont sur liste d'attente pour une greffe d'organe. Dix meurent chaque jour faute de greffons disponibles, selon l'eurodéputé chypriote Adamos Adamou.
80 % :
pourcentage d'Européens se disant favorables à la carte de donneur, selon l'Eurobaromètre. Seuls 12 % en possèdent une (10 % en France).
Article paru dans l'édition du 23.08.08
19:20 Publié dans mondialisation-santé | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Une petite fuite ...
oui, mais : d'uranium...
Et puis, de quand date-t'elle ? Elle a été trouvée par hasard ! (est-ce bien sérieux, le nucléaire en France ?)
lu sur lemonde.fr :
http://www.lemonde.fr/sciences-et-environnement/article/2008/08/22/une-fuite-d-uranium-detectee-dans-la-drome_1086967_3244.html
Une fuite d'uranium détectée dans la Drôme
AFP | 22.08.08 | 21h02
Une petite fuite d'uranium a été détectée, jeudi 21 août, sur une canalisation des réseaux d'effluents de la société Comurhex, à Pierrelatte (Drôme). La fuite a été détectée sur une canalisation enterrée, qui n'était normalement plus utilisée. Mais lors de travaux de modernisation de ce réseau, les ouvriers se sont aperçus qu'un clapet anti-retour défectueux avait laissé passer de manière occasionnelle des échantillons sortant d'un laboratoire d'analyse qui devaient aller vers une station de retraitement.
En se basant sur la concentration moyenne en uranium des échantillons et sur l'importance de la fuite, l'entreprise filiale d'Areva estime qu'environ 250 grammes d'uranium par an ont pu pénétrer dans le sol environnant la canalisation défectueuse. "Compte tenu du débit faible et très irrégulier de celle-ci, la quantité de matière concernée ne peut-être que mineure", assure-t-elle. "L'Autorité de sûreté nucléaire a été informée. Une expertise est en cours pour déterminer l'impact éventuel sur l'environnement", précise le communiqué.
19:20 Publié dans nature/environnement/santé | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20.08.2008
mondialisation : tests cliniques en Inde
lu sur lemonde.fr :
http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2008/08/20/49-bebes-morts-au-cours-de-tests-cliniques-a-new-delhi_1085803_3216.html
49 bébés morts au cours de tests cliniques à New Delhi
LE MONDE | 20.08.08 | 14h13 • Mis à jour le 20.08.08 | 14h13
NEW DELHI CORRESPONDANCE
Depuis le 1er janvier 2006, 49 bébés sont morts à l'Institut des sciences médicales, à New Delhi, où ils subissaient des tests cliniques. Tous ont servi de cobayes pour de nouveaux médicaments mis au point par des laboratoires étrangers, dont les suisses Novartis et Roche.
En deux ans et demi, le département pédiatrique de l'hôpital a conduit une série de 42 tests sur 4 142 bébés, dont 2 728 âgés de moins d'un an. L'Institut a réagi en affirmant que toutes les morts ne pouvaient pas être imputées aux traitements administrés. "Dans certains cas, la mort était l'aboutissement normal au vu de l'état de santé de certains patients. Nous voulions voir si un nouveau traitement pouvait améliorer la situation", a indiqué un porte-parole.
En moyenne, 40 % des dépenses engagées pour mettre sur le marché un nouveau médicament sont consacrés aux tests cliniques. En Inde, les cobayes médicaux coûtent de 20 à 60 % moins cher que dans les pays occidentaux.
Attirés par les compensations financières, les patients, pauvres et illettrés, se portent plus facilement candidats aux essais. Les réglementations en Inde sont moins contraignantes.
Le ministère indien de la santé a proposé l'année dernière le vote d'un amendement autorisant les laboratoires pharmaceutiques étrangers à tester leurs médicaments sur des patients indiens, avant même que leur innocuité ne soit démontrée. 139 tests médicaux sont en cours dans le pays, pour un budget estimé à 200 millions de dollars. D'ici à 2010, le marché de la sous-traitance des tests cliniques dans le pays pourrait atteindre 1 milliard de dollars.
L'Institut des sciences médicales a nommé un comité indépendant de cinq experts pour déterminer si la mort des 49 bébés est liée aux traitements qui leur ont été administrés. Le porte-parole du Parti du Congrès, qui dirige la coalition au pouvoir, a réclamé l'interruption de tous les essais cliniques, dans l'attente des premiers résultats de l'enquête.
Julien Bouissou
Article paru dans l'édition du 21.08.08
19:00 Publié dans médecine, santé | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19.08.2008
l'eau
lu sur lemonde.fr :
http://www.lemonde.fr/sciences-et-environnement/article/2008/08/19/le-recours-aux-eaux-usees-est-juge-inevitable-dans-l-agriculture-urbaine-des-pays-en-developpement_1085415_3244.html
Le recours aux eaux usées est jugé inévitable dans l'agriculture urbaine des pays en développement
LE MONDE | 19.08.08 | 13h52 • Mis à jour le 19.08.08 | 13h52
Eaux des cuisines, des toilettes, eaux industrielles... toutes sont utilisées fréquemment dans les zones urbaines par les agriculteurs qui nourrissent les grandes villes des pays en développement. Selon un rapport publié, lundi 18 août, par l'Institut international de gestion des ressources en eau (IWMI), dans le cadre du Sommet mondial de l'eau, à Stockholm, au total au moins 20 millions d'hectares seraient cultivés dans le monde avec des eaux usées, principalement pour produire des légumes et du riz.
C'est le cas en Chine, en Inde ou au Vietnam, mais aussi pratiquement autour de chaque ville d'Afrique subsaharienne et en Amérique latine. Au total, 200 millions d'agriculteurs auraient recours aux eaux usées, non ou partiellement traitées.
Les auteurs concluent que cette pratique, dans un contexte de rareté de l'eau et de crise alimentaire, est inévitable. S'ils énumèrent ses aspects néfastes sur la santé humaine et l'environnement, ils évoquent aussi ses avantages, car, sans elle, l'offre alimentaire des zones urbaines serait largement moindre. Ainsi à Accra, au Ghana, 200 000 personnes achètent chaque jour des légumes produits sur 100 hectares de terres irriguées avec des eaux usées. Cette pratique offre aussi un moyen de subsistance aux plus pauvres, souvent des femmes, et aux paysans ayant récemment quitté la campagne.
PRODUITS CHIMIQUES
Le rapport de l'IWMI, portant sur 53 grandes villes, montre que le recours aux eaux usées ne se limite pas aux pays les plus pauvres, mais qu'il existe aussi au Moyen-Orient ou au Mexique. "Même si des lois obligent à traiter les eaux usées, il n'y a souvent pas de moyens de contrôle, explique Liqa Raschid-Sally, l'un des auteurs. Et si les eaux usées sont recueillies, souvent les stations d'épuration ne fonctionnent pas bien."
Trois facteurs déterminent le recours aux eaux usées : l'augmentation de la consommation d'eau dans les villes qui pollue les sources d'irrigation traditionnelle ; la hausse de la demande alimentaire qui favorise la production de proximité dans des lieux où les sources d'eau sont polluées ; et enfin la non-disponibilité d'approvisionnements en eau moins chers et plus sûrs.
Jugeant qu'il est impossible de traiter l'ensemble des eaux usées, les auteurs optent pour une approche pragmatique et de moyen terme, et listent les progrès qui peuvent être accomplis pour conserver ces pratiques, tout en en diminuant les risques : laver les légumes mangés crus, stocker de l'eau dans des étangs pour laisser se déposer les matières solides ou encore, comme à Ouagadougou, pour l'utiliser ensuite selon son apparence, son odeur, voire son goût.
Le rapport met l'accent sur le problème des eaux industrielles qui, dans 70 % des villes étudiées, ne sont pas séparées dans les systèmes d'évacuation. "Si l'on connaît les risques de l'utilisation des eaux domestiques, et que l'on peut soigner les maladies qu'elles provoquent, ce n'est pas le cas pour les produits chimiques", explique Mme Raschid-Sally.
Laetitia Clavreul
Article paru dans l'édition du 20.08.08
14:50 Publié dans nature/environnement/santé | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.08.2008
les transports routiers : une aberration économique
lu sur lemonde .fr :
http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/08/18/danger-camions-par-jean-louis-andreani_1084929_3232.html
Analyse
Danger, camions, par Jean-Louis Andreani
LE MONDE | 18.08.08 | 15h03 • Mis à jour le 18.08.08 | 15h14
Un infarctus routier est un scénario crédible, si nous ne réagissons pas à temps." Cette déclaration faite mardi 15 juillet par le ministre allemand des transports Wolfgang Tiefensee au quotidien Handelsblatt, pourrait tout aussi bien s'appliquer à la France. La thrombose routière globale ressemble à une catastrophe annoncée. Comme pour un malade qui connaîtrait le diagnostic et les remèdes, mais qui refuserait de changer ses habitudes, cette conduite à risque, face à un problème chaque jour plus aigu, est liée à un manque de volonté politique, plus qu'à des difficultés techniques.
Certes, les dispositions sur les transports (articles 9 à 15) du projet de loi dit "Grenelle 1", qui doit être débattu au Parlement début octobre, vont dans le bon sens, puisqu'elles prévoient une batterie de mesures visant à développer les moyens de transport alternatifs à la route. A condition que ces mesures ne rejoignent pas le cimetière des promesses non tenues, comme l'engagement gouvernemental, pris en 2000, de relance du fret ferroviaire, qui s'est traduit par... une diminution.
De même, la baisse du nombre de morts sur la route en juillet, par rapport à 2007, plus accentuée que la légère diminution (4 %) du trafic sur les autoroutes françaises - le tout sans doute lié à la flambée du prix du carburant - est une bonne nouvelle. Mais ces évolutions ne changent rien à un problème essentiel, qui se reposera dès la fin des vacances : celui de l'accroissement continu du trafic des poids lourds.
La route assure aujourd'hui quelque 73 % du transport terrestre de fret en Europe (en tonnes/kilomètre), contre 17 % pour le rail. En 2020, le fret routier devrait atteindre le double du niveau de 2000. En France, les poids lourds représentent un peu plus du quart des émissions de CO2 dues au transport routier, soit quelque 6 % du total des rejets, toutes origines confondues.
Accidents, bouchons, pollution, dégradation des infrastructures routières... la liste des dégâts du "tout-camion" est longue. Mais les enjeux économiques, la complexité du sujet, la force des lobbies, expliquent la timidité des acteurs concernés, voire les politiques de gribouille menées depuis des années. Alors même que les pouvoirs publics et la SNCF n'ont pas su, ou pas voulu, enrayer le déclin du fret ferroviaire, les "autoroutes de la mer", qui devaient contribuer à désengorger les routes, sont un échec. Elles le resteront tant que de nouvelles contraintes sur le transport routier, en termes de contrôles et de réglementation, de respect de la sécurité, etc., n'infléchiront pas les choix des transporteurs et de leurs clients. Aujourd'hui, dans les éléments d'arbitrage entre les coûts des moyens de transport à longue distance, le trafic poids lourds sur le territoire français est à peu près exonéré de toute responsabilité financière dans les coûts supplémentaires qu'il engendre pour la collectivité.
Face à l'urgence, l'union européenne commence à réagir. Un péage autoroutier spécifique est déjà en vigueur dans quelques pays, en Allemagne par exemple. La modification de la directive "eurovignette", adoptée par la Commission de Bruxelles le 8 juillet, prévoit de généraliser ce principe "pollueur-payeur" pour les poids lourds, mais sur la base du volontariat des Etats. Le projet de loi "Grenelle 1" se contente d'affirmer que ce dispositif "pourra" être mis en oeuvre, après expérimentation. La grogne et les menaces des transporteurs routiers, face à l'envolée des prix du carburant, risquent de confirmer la grande prudence des pouvoirs publics sur ce sujet sensible.
Pourtant, au-delà de la crispation compréhensible des professionnels, soucieux avant tout de limiter leurs coûts dans un contexte de concurrence sans pitié, le renchérissement et l'épuisement annoncé des produits pétroliers devraient être un encouragement et non un frein, pour des politiques qui, tôt ou tard, devront s'imposer. Ainsi, il est courant que des produits en cours d'assemblage ou de transformation, par exemple dans l'automobile ou l'agroalimentaire, fassent des va-et-vient en Europe : leurs processus de production n'ont intégré, dans les calculs de rentabilité, ni les coûts collectifs du trafic des camions ni l'explosion du prix des carburants. De tels allers-retours, contraires aux principes du développement durable, devraient à l'avenir être limités.
Il faudra aussi, un jour ou l'autre, poser publiquement la question du recrutement, de la formation, et sans doute de la rémunération et des conditions de travail des chauffeurs routiers qui sillonnent l'Europe, et dont le comportement donne trop souvent des sueurs froides aux usagers des autres véhicules : intimidations, dépassements dangereux... Sans parler des accidents dramatiques liés à de tels comportements. Dernier exemple sur le réseau français, le 23 juillet, un chauffeur routier a traversé le terre-plein central de l'A1 au volant de son semi-remorque. Bilan : un mort et six blessés. Le chauffeur avait 1,82 gramme d'alcool dans le sang.
A défaut de réduire le trafic des poids lourds, il importe donc, au moins, de le rendre plus sûr. La masse des camions venus de toute l'Europe, leur chargement parfois dangereux, multiplient les risques liés au trafic et rend plus redoutables les conséquences de certaines infractions au code de la route. Même en dehors de l'alcool au volant, le non-respect, beaucoup trop fréquent, des limitations de vitesse et des distances de sécurité devrait entraîner des réponses policières plus fermes.
Peu à peu, l'idée que, sur les autoroutes, les trafics des véhicules individuels et des camions soient séparés, fait son chemin. Elle est déjà expérimentée en Europe sur certains tronçons. La Fédération nationale des transports routiers (FNTR), principale fédération patronale, propose elle-même depuis près d'un an plusieurs mesures, qui combinent limitation des émissions de gaz à effet de serre et renforcement de la sécurité ; notamment la limitation de la vitesse des poids lourds à 80 km/h, l'interdiction de doubler sur autoroute, le développement du transport combiné (rail-route, mer-rail...). C'est un début. Signe des inégalités dans cette prise de conscience, d'autres organisations patronales ont vivement dénoncé, parmi les propositions de la FNTR, celles qui entraîneraient de nouvelles contraintes.
Face à ces oppositions, c'est bien la question de la volonté politique qui est posée. Ainsi, la mise en oeuvre des deux premières mesures suggérées par la FNTR relève de la simple réglementation. Faudra-t-il un accident majeur pour que les pouvoirs publics prennent dans l'urgence des décisions qui n'ont déjà que trop tardé ?
Courriel : andreani@lemonde.fr
Jean-Louis Andreani
Article paru dans l'édition du 19.08.08
17:52 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
16.08.2008
L'activité humaine menace d'asphyxie les eaux côtières
lu sur lemonde.fr :
http://www.lemonde.fr/sciences-et-environnement/article/2008/08/16/l-activite-humaine-menace-d-asphyxie-les-eaux-cotieres_1084452_3244.html
L'activité humaine menace d'asphyxie les eaux côtières
LE MONDE | 16.08.08 | 13h40 • Mis à jour le 16.08.08 | 13h40
Nombre de régions côtières se transforment en zones mortes, en raison de l'utilisation croissante des engrais (phosphates et nitrates) dans l'agriculture et le rejet d'eaux usées chargées de matières organiques. Lessivées par les pluies, ces substances s'accumulent dans les estuaires, les lagunes et les mers fermées.
Une étude réalisée par Robert Diaz (Institut de science marine de Virginie, Etats-Unis) et Rutger Rosenberg (Université de Gothenbourg, Suède), publiée dans la revue Science du 15 août, indique que la surface de ces zones mortes double chaque décennie depuis les années 1960. Ces dernières représentent aujourd'hui 405 sites totalisant 245 000 km2, soit la surface de la Nouvelle-Zélande. Pour les auteurs, ces régions constituent désormais "un des éléments-clés du stress qui frappe les écosystèmes marins".
EUTROPHISATION
Le processus d'eutrophisation à l'oeuvre dans les zones côtières a d'abord été étudié dans les lacs. Lorsque l'azote et le phosphore pénètrent en grandes quantités dans les eaux, ils entraînent la croissance excessive d'algues microscopiques, le phytoplancton. Quand ces dernières meurent et tombent au fond de l'eau, elles causent la prolifération de bactéries aérobies, qui consomment une grande quantité d'oxygène. Lorsque ce phénomène se produit dans des eaux qui ont tendance à se stratifier, l'oxygène des profondeurs baisse jusqu'à un taux de 2 ml/litre d'eau de mer, voire moins. On parle alors d'hypoxie.
Quand l'hypoxie perdure et s'aggrave, elle "entraîne la mort des organismes qui vivent sur les fonds marins, crustacés, coquillages, corail, qui constituent le benthos", explique Louis-Alexandre Romana, responsable de l'environnement côtier à l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer. La chaîne trophique qui relie le phytoplancton, le zooplancton, les petits poissons et les grands prédateurs marins est alors rompue.
Car "la disparition du benthos se traduit par la perte de tonnes de carbone qui ne sont plus disponibles pour les autres espèces", ajoute le scientifique. Robert Diaz et Rutger Rosenberg ont évalué la perte de carbone dans des zones qui connaissent de longues périodes de désoxygénation. Dans la baie de Chesapeake, un des plus grands estuaires des Etats-Unis, elle est évaluée à 10 000 tonnes par an et, en mer Baltique, à 264 000 tonnes.
Les processus d'eutrophisation ne sont heureusement pas toujours permanents. Ils n'en sont pas moins redoutables. En 1976, un de ces événements dans la baie de New York avait frappé une surface de 1 000 km2, et profondément perturbé le milieu marin. Malheureusement, "l'eutrophisation a pour effet d'augmenter le volume de matière organique qui atteint le fond marin et les sédiments, rappellent les auteurs de l'article de Science. De ce fait, "l'hypoxie a tendance à augmenter dans l'espace et dans le temps, si rien n'est fait pour changer la situation". Cela se traduit par des zones mortes quasi permanentes, tels l'estuaire du Saint-Laurent (Canada), le bassin de Gdansk (Pologne), la mer Caspienne, la mer Baltique ou l'estuaire de Tan Shui à Taïwan.
D'autres zones sont atteintes de manière sévère : la mer Noire, le nord de la mer Adriatique, le Kattegat (une baie située entre le Danemark et la Suède), les fjords scandinaves, le golfe du Mexique et la mer de Chine orientale. Le petit nombre de zones situées sur les côtes asiatiques très peuplées s'explique par le fait qu'ils ne sont pas étudiés pour le moment et que les données manquent.
Pour retourner la tendance et agir sur ces zones mortes, il faudrait diminuer les rejets des eaux usées et maintenir les engrais dans le sol. Ce qui constitue encore un sujet de recherches. Des efforts réalisés dans ce sens se sont déjà traduits par une diminution du problème. En attendant, MM. Diaz et Rosenberg suggèrent de réduire l'emploi des fertilisants de façon à retrouver les quantités utilisées au milieu du XXe siècle.
Si rien n'est fait, le phénomène risque de s'amplifier dans les années à venir avec l'augmentation de l'activité humaine, la production accrue d'agrocarburants et le réchauffement climatique. Celui-ci, selon M. Romana, agira au travers de trois processus : le débit des fleuves, l'augmentation de la température marine, qui accentue l'activité microbienne, et les phénomènes climatiques, tels les cyclones tropicaux, qui brassent brutalement les eaux.
Christiane Galus
Article paru dans l'édition du 17.08.08
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L'aviation russe a mis le feu à un célèbre parc naturel géorgien
lu sur lemonde.fr :
L'aviation russe a mis le feu à un célèbre parc naturel géorgien (Tbilissi)
16.08.08 | 15h39
Le célèbre parc naturel de la gorge de Borjomi était en feu samedi après un bombardement de l'aviation russe, a affirmé le ministère géorgien des Affaires étrangère.
"La gorge de Borjomi brûle après un bombardement incendiaire hier (vendredi) par des hélicoptères russes dans la forêt de ce parc national", selon un communiqué du ministère.
La Géorgie a demandé l'aide de la Turquie pour "répondre à cette catastrophe naturelle", mais "l'armée de l'air russe patrouille dans la région avec des hélicoptères et refuse d'accorder un droit de passage à l'appareil turc".
La gorge de Borjomi, à quelque 120 km au sud-est de Tbilissi, la capitale géorgienne, est l'un des principaux parcs naturels de Géorgie d'où provient notamment une eau minérale très appréciée dans les pays de l'ex-URSS.
19:42 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15.08.2008
la guerre en Géorgie / bombes à fragmentation
lu sur mediapart.fr :
GÉORGIE (2). L'association Human Right Watch a accusé vendredi la Russie d'avoir largué ces derniers jours des bombes à fragmentation sur les villes géorgiennes. Le chef adjoint de l'état-major de l'armée russe, le général Anatoli Nogovitsine a démenti (Mediapart, JDD).
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14.08.2008
OGM / Semences paysannes en danger
Pour comprendre l'enjeu des OGM et les manœuvres des semenciers, aller sur :
http://vecam.org/article1036.html
et lire l'article "Semences paysannes en danger" par Jean-Marc Desfilhes (responsable des relations internationales à la Confédération paysanne) et François Dufour (membre de la direction de la Confédération paysanne et vice-président de Attac).
« Si on avait fait du blé de notre race, du blé habitué à la fantaisie de notre terre et de notre saison, il aurait peut- être résisté. Tu sais l’orage couche le blé ; bon, une fois. Faut pas croire que la plante ça raisonne pas. Ca se dit : bon on va se renforcer, et, petit à petit, ça se durcit la tige et ça tient debout à la fin, malgré les orages. Ça s’est mis au pas. » Regain – Jean Giono – 1930.
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12.08.2008
Information
lu sur lemonde.fr :
http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/08/11/un-rapport-rwandais-a-prendre-au-serieux-par-jean-francois-dupaquier_1082383_3232.html
Point de vue
Un rapport rwandais à prendre au sérieux, par Jean-François Dupaquier
LE MONDE | 11.08.08 | 13h45 • Mis à jour le 11.08.08 | 13h45
Les médias ont accueilli avec scepticisme le rapport rwandais sur l'implication de la France dans le génocide des Tutsi et le massacre des Hutu démocrates en 1994. Le groupe de travail constitué en 2004 par le gouvernement rwandais ne brillait pas par son intitulé : "Commission nationale indépendante chargée de rassembler les preuves montrant l'implication de l'Etat français dans le génocide perpétré au Rwanda en 1994".
Sur bien des points, le rapport de la commission Mucyo (du nom de son président, Jean-de-Dieu Mucyo, ancien ministre de la justice, rescapé du génocide) ne fait que reprendre le travail de la mission parlementaire d'information sur le rôle de la France au Rwanda, présidée en 1998 par Paul Quilès. Les parlementaires français, qui avaient eu accès à une bonne part des documents diplomatiques et militaires relatifs à l'intervention au Rwanda à partir d'octobre 1990, n'ont pas manqué de relever le manque de contrôle politique de Paris, voire la connivence avec un régime de type fasciste fondé sur la discrimination ethnique, l'intervention militaire tirant sa source des seuls caprices de François Mitterrand et de ses proches.
La partie du rapport Mucyo consacrée aux errements diplomatiques et politiques français confirme les appréciations de Paul Quilès, en y apportant l'analyse des archives du régime du président Juvénal Habyarimana. Plus nouveau et beaucoup plus grave est le contenu du tome I du rapport Mucyo, qui additionne les témoignages sur ce qui est documenté comme des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité commis par des militaires français, à partir de 1990. La commission Quilès s'était déjà interrogée sur la pertinence de l'engagement de militaires français aux côtés de soldats et gendarmes rwandais dans des opérations de police alors qu'ils se trouvaient au Rwanda pour "protéger les expatriés français". Il s'agissait de contrôles routiers visant à repérer la présence d'"infiltrés", alors que la population tutsi était globalement suspectée par le régime Habyarimana de constituer une "cinquième colonne".
La mission d'information française avait déjà relevé des témoignages sur les exécutions sommaires de civils identifiés aux barrages routiers comme tutsi par leur carte d'identité ethnique sous les yeux de militaires français indifférents sinon "coopératifs", et sur la pratique par des militaires rwandais du viol de femmes ou jeunes filles tutsi, viols auxquels des militaires français auraient participé ou qu'ils auraient eux-mêmes provoqués. Le rapport Mucyo tend à documenter ces pratiques comme fréquentes, voire banalisées.
Depuis 1959, la population tutsi était victime de mauvais traitements et de toutes sortes de discriminations fondées sur une carte d'identité dont la mention ethnique réveillait chez les diplomates français de fâcheux souvenirs. Ces derniers n'avaient que timidement suggéré au président Habyarimana la suppression de la mention ethnique, comme l'a déjà documenté la mission Quilès par le témoignage de l'ancien ambassadeur à Kigali.
Les parlementaires français avaient aussi relevé une autre initiative inquiétante de gendarmes français en mission au Rwanda : la création, au Centre de recherche criminelle et de documentation (CRCD), d'un fichier informatisé des personnes politiquement suspectes, qui évoquait à son tour le sinistre "fichier juif" de Vichy, et qui semble avoir eu la même "finalité" en 1994. Le rapport rwandais est beaucoup plus précis : il cite nommément les gendarmes français en s'appuyant sur des fac-similés de documents administratifs.
Dans l'analyse du jeu des acteurs politiques de notre pays, la commission Mucyo rappelle que les autorités françaises ne pouvaient ignorer que le génocide des Tutsi se préparait au Rwanda, ayant été alertées à plusieurs reprises tant par des diplomates que par quelques hauts gradés militaires. Le volet le plus polémique du rapport reste la volée d'accusations lancées contre l'action française durant l'"opération Turquoise", de juin à août 1994. Si les parlementaires français avaient souligné les errements du commandement militaire dans l'appréciation de la crise et dans le tardif secours aux assiégés tutsi de Bisesero, à présent des accusations d'intentionnalité sont portées contre des militaires français.
Ces derniers, toujours dans une sorte d'osmose sanguinaire avec les forces armées de l'ancien régime, auraient tenté de parachever les desseins de génocide : armement de miliciens, meurtres de Tutsi, viols et incitations au viol, dissimulations de charniers auraient été le lot quotidien d'une armée française accompagnée de journalistes qui pourtant n'ont rien vu de tel ni d'approchant... Cette partie suffit-elle à retirer toute crédibilité au rapport Mucyo ? Doit-on la rejeter sans autre analyse ? Les auditions de détenus, qui fondent une bonne part du travail d'enquête, sont-elles par nature entachées de suspicion ? Le démenti aussitôt porté par le Quai d'Orsay sur le travail de la commission rwandaise ne peut suffire à refermer un chapitre d'histoire que les Français pressentent douloureux.
Parmi les membres de la commission figurent deux universitaires, José Kagabo, historien, maître de conférences à l'Ecole des hautes études en sciences sociales à Paris, qui avait été longuement entendu par la mission Quilès, et Jean-Paul Kimonyo, auteur d'une thèse de doctorat à l'université du Québec à Montréal, dont est issu un livre déjà considéré comme l'un des plus profonds et des mieux documentés sur le génocide de 1994. En outre, les interrogatoires de détenus, lorsqu'ils sont menés par des chercheurs ou des journalistes expérimentés, restent une source irremplaçable d'information.
Plutôt que de voir le débat sur les responsabilités de la France au Rwanda s'embourber dans des polémiques de méthodologie, mieux vaudrait poursuivre le travail engagé par Paul Quilès voici dix années. L'ancien ministre socialiste de la défense suggérait de rouvrir le dossier plus tard, par une véritable commission d'enquête parlementaire, pour peu que des éléments nouveaux surviennent. Depuis 1998, les révélations n'ont pas manqué.
Le rapport Mucyo, qui mérite vérification, constitue un de ces "faits nouveaux". Le dixième anniversaire du rapport parlementaire français, en décembre 2008, pourrait être l'occasion de parachever le travail de mémoire et de clarification indispensable. C'est à ce prix que la France pourra se réconcilier avec sa propre mémoire avant d'entamer une réconciliation avec le Rwanda, mais aussi avec le reste du monde, souvent mieux informé que les Français sur ce qui a été fait en leur nom au Rwanda...
Jean-François Dupaquier, écrivain-journaliste
Article paru dans l'édition du 12.08.08
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11.08.2008
une autre façon de réparer son foie (à comparer à la note précédente)
lu sur lemonde.fr :
http://www.lemonde.fr/sciences-et-environnement/article/2008/08/11/des-chercheurs-maintiennent-jeune-le-foie-de-souris-vieillissantes_1082351_3244.html
Des chercheurs maintiennent jeune le foie de souris vieillissantes
LE MONDE | 11.08.08 | 15h51 • Mis à jour le 11.08.08 | 15h51
Prométhée est toujours vivant : des biologistes américains ont annoncé, dimanche 10 août, sur le site Internet de la revue Nature Medicine, qu'ils étaient parvenus à obtenir des souris transgéniques dont le foie ne vieillit pas. Pour ce faire, Cong Zhang et Ana Maria Cuervo (Albert Einstein College of Medicine, université Yeshiva, New York) ont travaillé sur des mécanismes moléculaires qui, au sein des cellules, assurent l'élimination des protéines altérées. Ces mécanismes fonctionnent notamment grâce à des types de protéines dites "chaperonnes" qui présentent la particularité de se lier à d'autres protéines qu'elles accompagnent et surveillent comme des chaperons.
Les chercheurs se sont intéressés aux "chaperonnes" qui s'accrochent aux protéines dont la structure a été modifiée à la suite d'un stress (thermique, oxydatif, etc.) avant de les accompagner vers leur dégradation. Celle-ci se produit après leur fixation à la surface des lysosomes, organites intracellulaires comportant de nombreux enzymes qui assurent cette fonction. D'une certaine façon, les "chaperonnes" mettent à la poubelle les protéines endommagées.
Des travaux antérieurs avaient permis à la même équipe d'observer que les processus de vieillissement s'accompagnaient d'une diminution des récepteurs présents à la surface des lysosomes, ce qui avait pour effet de réduire peu à peu le flux d'élimination des protéines altérées. En quelque sorte, l'accès aux poubelles se réduisait et les "déchets" s'accumulaient au sein de la cellule.
Ces biologistes ont donc créé des souris dans le génome desquelles un gène assure, uniquement dans les cellules du foie, une production accrue de récepteurs à la surface des lysosomes. Ce gène a été activé quand les souris ont eu 6 mois, soit au moment où les "éboueurs" ont commencé à avoir moins accès aux poubelles. Les chercheurs ont alors observé qu'à l'âge de 22 et 26 mois (ce qui équivaut, chez l'homme, à 80 ans), les souris transgéniques avaient une fonction hépatique aussi performante que celle de souris de 6 mois.
Les auteurs de cette étude estiment avoir apporté la preuve qu'il est possible d'agir sur les processus de vieillissement liés à la réduction des mécanismes cellulaires de dégradation des protéines altérées, ce qui permettra, peut-être, d'"aider à jouir d'une vieillesse en bonne santé".
Ils annoncent que la prochaine étape de leur recherche consistera à appliquer leur procédé au système nerveux central, sur des modèles animaux, des maladies d'Alzheimer et de Parkinson. Leur hypothèse est que l'amélioration de la fonction d'élimination des protéines altérées pourrait retarder ou prévenir l'apparition des processus neurogénératifs.
"Depuis quinze ans, explique le professeur Jean-Claude Ameisen, spécialiste d'immunologie (université Paris Diderot), il a été découvert que de petites modifications dans les modalités de réparation, de déconstruction et de reconstruction et de consommation d'énergie du corps peuvent prolonger, chez différentes espèces animales, la durée de vie et de jeunesse de l'organisme de plus de 30 %. Ici, c'est la durée de "jeunesse" du foie, qui a été allongée. D'autres travaux rapportent la transformation de cellules de la peau de personnes âgées en cellules souches "jeunes" de type cellules souches embryonnaires."
"A ces trois échelles - un organisme, un organe, des cellules -, des frontières considérées comme irréversibles, des équilibres établis par hasard, depuis longtemps, au cours de l'évolution, se révèlent être modifiables, poursuit Jean-Claude Ameisen. Ce qui se dessine, c'est probablement le début d'une nouvelle révolution dans la compréhension du vivant."
Jean-Yves Nau
Article paru dans l'édition du 12.08.08
22:30 Publié dans Sciences | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
de l'utilité des condamnés à mort
lu sur :
http://www.france24.com/fr/20080807-trafic-organes-chine-sante-condamnes-mort-greffes-transplantations
jeudi 7 août 2008
Par FRANCE 24
Des milliers de détenus sont exécutés chaque année en Chine. Un phénomène macabre et honteux prolonge ces condamnations à mort : le trafic d'organes - reins, foies, cornées - prélevés sur les corps des prisonniers.
Les autorités ne nient pas cette pratique qui existe depuis des années mais insistent sur le fait que les familles des exécutés ont donné leur accord, une version réfutée par celles-ci.
Une loi votée début juillet interdit officiellement ce type d’opération. Ce trafic continuerait cependant au grand jour.
Selon les statistiques d’Amnesty International, 90 % des organes transplantés en Chine proviendraient de prisonniers exécutés. Officiellement, ces prisonniers ont le droit de donner leurs organes. Difficile cependant de vérifier leur consentement. Beaucoup de documents sont en effet maquillés par les autorités pénitentiaires, qui souhaitent elles aussi profiter d’un trafic particulièrement lucratif.
Un intermédiaire confirme à nos journalistes la complicité des personnels pénitentiaires. Il s’occupe de faire venir à Tianjin des patients arabes contre une commission qui peut s’élever à un tiers du montant total de l’opération. "C’est pas difficile, on parle au directeur de l’hôpital et les choses se font", assure-t-il. Et de rajouter : "Il y a moins de monde qu’avant car ces opérations sont illégales et il y a de plus en plus de pression de la part des autres pays."
Inauguré il y a huit ans, l’hôpital de Tianjin, à 70 kilomètres au sud de Pékin, est un établissement public réputé dans le monde entier. Une centaine de patients étrangers font le voyage chaque année pour bénéficier de greffes d’organes.
Officiellement, il est interdit pour un étranger de venir se faire opérer en Chine. Pourtant, à Tianjin, de nombreux visiteurs étrangers, la plupart provenant du Golfe, viennent recevoir des transplantations d’organes, moins chères et beaucoup plus rapides que dans leurs pays d’origine.
Au cimetière de Tianjin, on trouve des dizaines de tombes de patients musulmans, des patients venus en Chine chercher un second souffle mais pour qui les opérations ont mal tourné. "Il y en a un qui vient du Soudan et l’autre du sultanat d’Oman", indique un fossoyeur, au travail dès les premières heures de la journée. "Ils viennent de l’hôpital", poursuit-il.
De 30 000 à 150 000 dollars suivant le type d’opération
Il existe même des sites Internet (1) qui vantent les mérites des transplantations en Chine, sans bien évidemment parler de l’origine des organes. On peut s’y informer sur les différentes opérations : greffes de foie, greffes de rein pour les patients atteints de dysfonctionnement et pour qui une opération est le dernier espoir. Le système est bien rôdé. Comme à Tianjin, de nombreux hôpitaux chinois pratiquent ces opérations. On apprend sur internet que la transplantation d’un rein coûte 62 000 dollars, il faut compter 150 000 dollars pour un poumon ou encore 30 000 dollars pour une cornée.
Un prix confirmé par le frère d’un des patients de l’hôpital, venu d’Arabie saoudite : "Le prix dépend de l’hôpital, du type de chambre, du groupe sanguin et s’il y a un foie disponible. Je pense que ça coûte entre 100 000 et 120 000 dollars. Pour la plupart des patients du Golfe, c’est payé par leur gouvernement. C’est très rare que les gens paient eux-mêmes. Ils le font uniquement si c’est très urgent."
La loi ignorée dans de très nombreux hôpitaux
Ce genre de pratique dure depuis plusieurs années et le gouvernement ferme les yeux. La corruption règne. Rien que pour l’hôpital de Tianjin, on estime qu’un millier de patients ont été opérés.
Le collège de bioéthique assure pourtant que la loi chinoise est très stricte dans ce domaine. Zhai Xiao Mei, directrice du Centre de recherche sur la bioéthique, du Collège médical de Pékin, est catégorique sur ce sujet : "Avant, la loi était assez floue et c’est vrai que beaucoup d’étrangers en ont profité pour venir se faire opérer ici. Le ministère de la Santé s’est inquiété du problème et a édicté une loi très claire : il est totalement interdit pour un étranger de venir se faire transplanter un organe en Chine."
Une loi totalement ignorée à Tianjin comme dans de nombreux hôpitaux du pays. La Chine a simplement démenti ces accusations. Mais, avec plus de 3 000 exécutions capitales par an, le pays est l’un des champions de la peine de mort dans le monde. Plus d’un millier d’organes seraient ainsi prélevés chaque année en Chine.
(1): http://shefamedical.googlepages.com/
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L'Estonie aidera la Georgie dans la cyberguerre
lu sur lemonde.fr :
L'Estonie aidera la Georgie dans la cyberguerre
11.08.08 | 16h14
L'Estonie, qui a été l'an dernier, la cible de cyberattaques massifs attribuées à des hackeurs russes, enverra en Géorgie ses experts pour défendre ce pays contre des attaques similaires, a annoncé lundi un responsable estonien.
"Nous avons eu des premiers contacts avec la Géorgie concernant leur problèmes informatiques actuels. Les experts estoniens seront envoyés à Tbilissi pour avoir une image plus claire de la situation sur place", a déclaré à l'AFP Katrin Pargmae, du Groupe informatique de réaction rapide CERT, un organisme d'Etat.
Deux des experts s'apprêtaient déjà à partir pour la Géorgie, a ajouté Mme Pargmae.
Après le début du conflit avec la Russie, les sites internet géorgiens ont été victimes des hackeurs, tout comme les sites estoniens l'an dernier.
La république balte est un pays avec une industrie florissante de hautes technologies, ce qui lui a valu le surnom d'E-stonie.
En avril et mai 2007, des cyberattaques massives ont provoqué la fermeture temporaire du site du gouvernement estonien et perturbé le fonctionnement de nombreuses sociétés dans ce pays où l'utilisation d'internet est parmi les plus avancées au monde.
Les responsables estoniens avaient alors mis en cause la Russie, après avoir découvert que certaines attaques provenaient de serveurs d'administrations russes et même des bureaux du président de l'époque Vladimir Poutine.
Ces attaques sont intervenues après le transfert, fin avril 2007, d'un monument à la gloire de l'Armée rouge située dans le centre de la capitale estonienne ce qui a déclenché la colère de l'importante minorité russophone.
En mai dernier, L'Otan a décidé de la création à Tallinn d'un Centre de formation pour cyberdéfense.
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10.08.2008
Un autre monde
lu sur lemonde.fr :
http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2008/08/05/ces-iraniennes-qui-revendiquent-leurs-droits_1080227_3218.html
Reportage
Ces Iraniennes qui revendiquent leurs droits
LE TEMPS.CH | 05.08.08 | 07h19 • Mis à jour le 05.08.08 | 07h19
hirin Ebadi poursuit son combat. Le Prix Nobel de la paix a dénoncé, lundi 4 août, à Téhéran, un projet de loi du gouvernement iranien visant à faciliter la polygamie. L'avocate a, selon l'AFP, mis en garde contre le risque de "corruption morale de la société". Selon le projet de loi qui devrait être débattu au parlement, le mari n'a plus besoin du consentement de sa première épouse pour contracter un nouveau mariage.
Activiste dans le domaine des droits de la femme, Azadeh Sobout souligne que la préoccupation principale des femmes en Iran, c'est de maintenir ce qui a été obtenu jusqu'ici. "C'est la seule option que nous avons en ce moment", relève la jeune Téhéranaise de 26 ans. La répression à l'encontre des femmes s'est sensiblement accrue. L'évolution est paradoxale, car ces dernières ne cessent d'accroître leur influence sur la société iranienne. Elles restent fortement représentées dans l'administration, à des postes clés dans les banques, dans les universités (65 % des étudiants) malgré des efforts pour en limiter l'accès. Mais depuis quelque temps, les réunions de féministes sont devenues très difficiles. Les téléphones portables sont écoutés, les courriels lus. Il faut feinter de plus en plus pour contourner les forces de l'ordre promptes à disperser le moindre rassemblement.
En réalité, les femmes iraniennes ont pour l'heure d'autres préoccupations que le voile. Elles veulent d'abord des lois égalitaires. Selon la diyat, quand une femme est tuée dans un accident, elle ne vaut que la moitié d'un homme. Pour épouser un non-Iranien, une femme a besoin de l'accord du Ministère de la culture. Ses enfants et son mari n'ont pas droit à la nationalité iranienne.
"LA VIE EST SUFFOCANTE"
L'inverse n'est pas vrai. Lors de violences conjugales, le témoignage d'une proche de la femme victime est nul. Il faut qu'il y ait le témoignage d'un homme. Depuis le lancement, en 2006, d'une pétition visant à récolter un million de signatures pour obtenir la parité, plusieurs dizaines d'activistes ont été arrêtées. Hana Abdi, 21 ans, étudiante à l'Université de Payame Nour dans le Kurdistan iranien, en est une. Interpellée le 6 novembre 2007 lors de récolte de signatures, elle est accusée du crime de moharebe contre l'islam et contre l'Etat iranien et condamnée à 5 ans d'emprisonnement. D'autres femmes ont préféré l'exil. Le mensuel féminin Zanan, qui se battait depuis plus de seize ans pour le droit des femmes et qui annonçait voici peu la révolution féminine, a été contraint de fermer boutique en janvier 2008. Motif? "Il a calomnié les institutions militaires et révolutionnaires" tout en menaçant "la sécurité spirituelle et morale ainsi que la force idéologique du pays."
Iman et Amir, deux jeunes Téhéranais qui étudient depuis quelques années à Washington et à Toronto, le reconnaissent : "Nous aimons l'Iran. Mais pour les Iraniennes, la vie y est suffocante." Les deux Téhéranais, qui reviennent régulièrement au pays, se souviennent : "Nous allions à l'école de 8 heures le matin à 3 heures de l'après-midi. L'école fermait après toutes les écoles de filles de sorte que nous ne nous rencontrions pas dans la rue. Conséquence : les garçons socialisent très peu avec les filles. La sexualité devient très confuse. Pour ne pas perdre leur virginité, une chose sacrée en Iran, les filles s'adonnent au sexe oral. Au collège, certains garçons flirtent avec d'autres garçons avant de pouvoir rencontrer une copine."
Malgré le sentiment de régression, les femmes iraniennes gardent espoir. "En Iran, le président, sa politique et du coup le pays entier sont imprévisibles. Tout peut changer rapidement", souligne Marjaneh, 24ans. De fait, dans les rues de Téhéran, malgré une police "religieuse" toujours plus prompte à sévir contre les femmes qui porteraient le hidjab de façon négligée, de nombreuses jeunes femmes ne craignent plus un emprisonnement de quelques heures. Elles continuent de provoquer avec des roussari qui cachent à peine une chevelure fuligineuse ou un maquillage osé. Certaines portent même un pansement sur le nez pour faire croire à une opération de chirurgie esthétique.
Azadeh Sobout reste elle aussi confiante : "Avant, les droits de la femme ne concernaient qu'une élite. Désormais, grâce aux technologies de l'information, une communication de masse auprès des femmes est possible. Même des hommes ont adhéré au réseau. C'est très prometteur pour l'avenir." Le réseautage se pratique surtout par Internet. Le cas d'une étudiante iranienne sur le point d'être abusée sexuellement par un responsable de l'Université de Zajan démasqué en juin dernier par le téléphone portable d'un étudiant a fait le tour du monde grâce à YouTube.
Stéphane Bussard, Le Temps.ch, de retour d'Iran
08:13 Publié dans Droits de l'Homme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09.08.2008
35 heures: l'étude de l'Insee qui dérange
35 heures: l'étude de l'Insee qui dérange
07 août 2008 Par
Martine Orange
L'étude de l'Insee sur le marché du travail en 2007 montre que les Français travaillent bien plus que 35 heures. La durée moyenne du travail s'établit à 37,9 heures par semaine et même à 41 heures si on exclut les salariés à temps partiel. Une réalité que le gouvernement et les entreprises jusqu'alors n'ont jamais voulu reconnaître et qui amène à s'interroger sur l'opportunité des différentes mesures mises en place.
Lire la suite sur "Mediapart" (lien ci-contre)
17:20 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Ne pas respecter les limites de rejets radioactifs, une "habitude" pour la Socatri
lu sur lemonde.fr :
http://www.lemonde.fr/sciences-et-environnement/article/2008/08/07/ne-pas-respecter-les-limites-de-rejets-radioactifs-une-habitude-pour-la-socatri_1081276_3244.html
Ne pas respecter les limites de rejets radioactifs, une "habitude" pour la Socatri
LEMONDE.FR avec AFP | 07.08.08 | 18h31 • Mis à jour le 07.08.08 | 18h39
L'usine Socatri, sur le site nucléaire du Tricastin (Vaucluse), fait de nouveau parler d'elle. Le non-respect des limites de rejets radioactifs dans l'atmosphère "devient une habitude à la Socatri", a dénoncé, jeudi 7 août, la Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (Criirad) au lendemain de l'annonce d'un dépassement des rejets mensuels de carbone 14 dans cette filiale d'Areva. "Les limites annuelles de rejets ont été très largement dépassées (pour ne pas dire pulvérisées) en 2006 et 2007" à la Socatri, a ajouté la Commission.
Les rejets de carbone 14 dans l'atmosphère ont été "trente fois supérieurs à la limite réglementaire en 2006 et 42 fois en 2007", note l'association. Or la Criirad rappelle que "des nouvelles limites de rejets d'uranium, de transuraniens (plutonium, américium...), de carbone 14 et de tritium (...)", plus élevées que les précédentes, "sont entrées en vigueur mi-février 2008" et que par conséquent, le dépassement de 5 % annoncé mercredi en rejets de carbone 14 est d'une valeur "très proche des rejets de 2007". La Criirad souligne par ailleurs le retard de "près d'un mois" entre la découverte par l'exploitant et sa divulgation à l'Agence de sûreté nucléaire (ASN), et regrette qu'Areva n'ait pas communiqué sur ce sujet à la "réunion de la CIGEET [Commission d'information auprès des grands équipements énergétiques du Tricastin] du 18 juillet, pourtant centrée sur ses activités et sur l


