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03/10/2010

... et pour vivre mieux ...

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=4404

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30/9/2010

L’horticulture urbaine pour relever les défis de l’explosion urbaine

Selon la FAO (1), d’ici 2025, plus de la moitié de la population du monde en développement, estimée à 3,5 milliards d’habitants, vivra dans les villes. Parallèlement, le pourcentage de population urbaine vivant dans la pauvreté pourrait culminer jusqu’à 45 % à l’horizon 2020, représentant 1,4 milliard d’êtres humains. Se concentreront alors dans les villes et les mégapoles pas moins de 85 % des pauvres d’Amérique latine et près de la moitié de ceux d’Afrique et d’Asie.

Pour conjurer ces « villes tentaculaires », concentrant des franges vulnérables de la population (jeunes, sans emploi…), les décideurs et les urbanistes des pays peu développés s’orientent vers le concept de « ville verte ». En effet, le schéma urbain actuel voit les terres arables disparaître de la ville au profit des logements, de l’industrie et autres infrastructures. Les cultures maraîchères s’éloignant de plus en plus de la ville, les coûts excédentaires de transport et de conditionnement se répercutent alors sur les fruits et légumes qui en deviennent d’autant moins accessibles aux consommateurs urbains. Afin d’enrayer ce déséquilibre croissant, la réintroduction de l’horticulture urbaine et périurbaine, base de la ville verte, pourrait garantir aux populations citadines un accès à une alimentation sûre et de meilleure qualité nutritive. De fait, l’horticulture urbaine offre une alternative à la pauvreté en raison de ses faibles frais de démarrage, ses cycles de production courts et ses rendements élevés par rapport au temps de travail, à la superficie et aux besoins d’arrosage exigés.

Si des efforts seront nécessaires pour orchestrer la réappropriation par l’organisation urbaine des pratiques horticoles, les bases sont déjà posées dans certaines régions. Ainsi, d’après la FAO, 130 millions de citadins en Afrique et 230 millions en Amérique latine pratiquent l'agriculture, et plus particulièrement l'horticulture, soit pour nourrir leurs familles, soit pour s’assurer des revenus sur la vente de leurs produits. Conscients de ce potentiel, au cours des dix dernières années, les gouvernements de vingt pays ont fait appel à la FAO afin que celle-ci leur fournisse des intrants et une formation à destination des jardiniers urbains à faible revenu. Des outils, des semences et une formation ont également été mis à disposition de plus de 30 pays en vue de la création de milliers de potagers scolaires, destinés à contrer la malnutrition infantile.
Tant dans les mégapoles en plein essor d'Afrique de l'Ouest et centrale que dans les bidonvilles de Managua, de Caracas et de Bogotá, on promeut la culture maraîchère commerciale irriguée en périphérie des villes, de même que la création de micro-potagers en culture hors sol (sable, laine de roche…).

Certains freins restent à lever, dont la question de la propriété terrienne. En République démocratique du Congo, la régularisation des titres de propriété de jardins cultivés occupant 1 600 hectares permet désormais à 20 000 cultivateurs de travailler à plein temps dans cinq villes. Au cours de ce projet, 40 structures d'irrigation ont été installées ou réhabilitées, améliorant ainsi la disponibilité en eau tout au long de l'année.
La République démocratique du Congo compte aujourd’hui 450 associations de cultivateurs, formées aux bonnes pratiques agricoles, et notamment à l'utilisation d'engrais biologiques et de bio-pesticides. Sa capitale, Kinshasa, produit de 75 000 à 85 000 tonnes de légumes par an grâce à ces jardins maraîchers, cette production couvrant 65 % des besoins de la ville.

Cécile Cassier

1- Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture.

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