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09/11/2010

Les banquiers centraux enterrent l’idée de créer un étalon or

La monnaie virtuelle, c'est beaucoup plus commode pour spéculer !

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Les banquiers centraux enterrent l’idée de créer un étalon or

Réunis à Bâle, les gouverneurs rejettent la proposition du directeur de la Banque mondiale d’ancrer les devises dans le métal jaune pour mettre fin à la «guerre des monnaies»

Relancée lundi par le directeur de la Banque mondiale Robert Zoellick, l’idée d’ancrer le système monétaire international dans l’or n’est pas prise en considération par les banquiers centraux des principales puissances financières. «Nous n’en avons pas discuté ce matin», a expliqué lundi Jean-Claude Trichet, gouverneur de la Banque centrale européenne (BCE), au sortir d’une réunion de ses pairs tenue au siège de la Banque des règlements internationaux (BRI) à Bâle.

Selon Robert Zoellick, qui s’exprimait dans le Financial Times, l’instauration d’un étalon international permettrait de stabiliser les changes autour des principales monnaies, à commencer par le dollar, l’euro, le yen et la livre sterling. Il éviterait l’exacerbation d’une «guerre des monnaies» aux effets potentiellement dévastateurs pour l’économie mondiale.

Plutôt que de déterminer un point d’ancrage fixe pour permettre la stabilité et la croissance de leurs économies, les banquiers centraux préfèrent les politiques monétaires classiques éprouvées depuis près de quarante ans. «Nous pensons tous que notre priorité est d’assurer la stabilité des prix afin d’éviter à la fois un envol de l’inflation et une plongée dans la déflation», a poursuivi Jean-Claude Trichet, qui venait de présider une réunion bimensuelle de la BRI pour faire le point sur la conjoncture internationale.

L’une des clés de la réussite réside, selon les banquiers centraux, dans «la poursuite des réformes structurelles» dans le secteur financier. Ces réformes, notamment l’application de Bâle III, sont nécessaires «surtout dans les pays avancés, dont la croissance est plus lente que dans les économies émergentes».

Barack Obama défend la Fed

Conscients des mouvements monétaires, les banquiers centraux passent sur du velours sur leur dimension conflictuelle. «Personne, lors de notre réunion, n’a affirmé qu’il cherchait volontairement à affaiblir sa monnaie. Aucun d’entre nous ne poursuit de politique protectionniste», a affirmé le gouverneur de la BCE, faisant implicitement référence à la polémique provoquée par le dernier assouplissement monétaire de la Fed.

Les voix continuent pourtant de s’élever contre la décision de la banque centrale américaine d’injecter 600 milliards de liquidités. Face au Parlement européen, le chef de file des ministres des Finances de la zone euro, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, a affirmé que les taux de change «ne doivent pas donner lieu à des comportements nationaux qui sont inspirés plus par des réflexes égoïstes».

Face à ces attaques, les Américains montent en défense. Après Ben Bernanke, gouverneur de la Fed, samedi, Barack Obama a jugé lundi l’assouplissement quantitatif de «mesure nécessaire pour assurer la croissance de l’économie américaine, et donc mondiale».

Il a été suivi le même jour par le chef économiste pour les Etats-Unis de la banque d’affaires Goldman Sachs. «La Fed a procédé à une grande innovation», a applaudi Jan Hatzius, dans un courriel adressé à des clients de la banque. L’économiste assure que «les risques se sont notablement réduits. L’inflation ne devrait pas être un problème avant de nombreuses années».

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