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19/11/2010

Karachi et le financement d'un parti Politique

lu sur :

http://www.lepoint.fr/fil-info-reuters/un-temoin-alimente-encore-le-soupcon-dans-le-dossier-karachi-19-11-2010-1264544_240.php?xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20101119

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Un témoin alimente encore le soupçon dans le dossier Karachi

Publié le 19/11/2010 à 12:47 Reuters

par Thierry Lévêque

PARIS (Reuters) - Un nouveau témoin a renforcé la piste d'une affaire de corruption lors de la présidentielle de 1995 et accrédité l'existence d'un lien avec l'attentat de Karachi en 2002, amenant une autre plainte des victimes.

Ce dossier, conduit par le juge d'instruction Renaud Van Ruymbeke, concerne Nicolas Sarkozy, ministre du Budget à l'époque du marché d'armement signé avec le Pakistan en 1994, au coeur du dossier. L'audition de l'actuel chef de l'Etat est demandée à la justice par les parties civiles.

L'hypothèse de travail de l'enquête est qu'une partie des 84 millions d'euros de "commissions" convenues par écrit en marge de la vente de sous-marins au Pakistan est revenue frauduleusement en France pour financer la campagne présidentielle d'Edouard Balladur, dont Nicolas Sarkozy était porte-parole.

L'instruction cherche par ailleurs à déterminer si le fait que Jacques Chirac ait fait cesser le paiement des commissions après son élection à l'Elysée en 1995 a ou non un lien avec l'attentat de Karachi, qui serait dans ce cas une vengeance.

Il a fait 15 morts dont 11 Français travaillant pour la Direction des constructions navales (DCN) sur les sous-marins.

Le nouveau témoin entendu jeudi, Michel Mazens, un haut fonctionnaire alors chargé par l'Etat français de négocier les contrats d'armements, a déclaré au juge, selon sa déposition relatée à Reuters par une source proche du dossier, que Jacques Chirac avait bien fait cesser les paiements en 1995.

Michel Mazens a aussi indiqué que des intermédiaires recrutés par le gouvernement Balladur, les Libanais Ziad Takiedinne et Abdul Rahman al Assir, ont été privés d'autres commissions de 200 millions d'euros concernant une autre vente de frégates à l'Arabie saoudite.

VILLEPIN, CHIRAC MIS EN CAUSE

Michel Mazens, qui agissait selon ses dires sous la direction de Dominique de Villepin, alors secrétaire général de l'Elysée, a expliqué être allé voir un dirigeant de la branche commerciale de la DCN, Dominique Castellan, pour lui faire part de la décision d'arrêt des paiements.

"Il a réagi en me disant que, pour lui, c'était compliqué, car c'était faire courir des risques à ses personnels", dit Michel Mazens dans un passage de sa déposition publié par le site internet d'information Mediapart.

Me Olivier Morice, avocat des familles de victimes, dit voir dans cet élément la démonstration que le risque avait été pris par l'Etat français de s'exposer à des représailles. "On a la preuve qu'au moment où Jacques Chirac et Dominique de Villepin prennent la décision d'arrêter le paiement, ils savent qu'il y a des risques", a-t-il dit à Reuters.

Une nouvelle plainte pour mise en danger d'autrui et homicides involontaires va donc être déposée et elle visera Dominique de Villepin, Jacques Chirac et les anciens dirigeants de la DCN, dit Me Morice.

L'audition de Jacques Chirac et Dominique de Villepin comme témoins a déjà été demandée au juge Van Ruymbeke. Les deux hommes ne se sont pas exprimés publiquement.

L'instruction de Renaud Van Ruymbeke s'effectue dans un contexte juridique délicat, le parquet ayant fait appel de sa décision d'enquêter pour "corruption et abus de biens sociaux" sur ces faits. La cour d'appel devra trancher.

Le nouveau ministre de la Justice, Michel Mercier, a déclaré vendredi qu'il n'entendait pas intervenir dans ce dossier. "Si je commence mon travail de ministre de la Justice en intervenant dans les instructions, procès en cours, ça va pas marcher. Je ne ferai jamais ça", a-t-il dit sur Europe 1.

Nicolas Sarkozy est potentiellement concerné, car un rapport de police luxembourgeois versé au dossier judiciaire montre que des structures ont été constituées au Luxembourg par la DCN au moment du contrat pakistanais, avec son aval.

Il s'agissait de payer les commissions au Pakistan - pratique légale jusqu'en 2000 - mais aussi, pensent les juges, d'organiser le retour illégal d'une partie des fonds en France.

Édité par Patrick Vignal

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sur le même sujet, lu sur :

http://www.lepoint.fr/fil-info-reuters/herve-morin-cible-sarkozy-et-bayrou-dans-l-affaire-de-karachi-19-11-2010-1264535_240.php

Hervé Morin cible Sarkozy et Bayrou dans l'affaire de Karachi

PARIS (Reuters) - Le chef du Nouveau Centre, Hervé Morin, a ciblé vendredi, sans le nommer, Nicolas Sarkozy, et plus directement le président du MoDem, François Bayrou, dans l'affaire sur l'attentat de Karachi.

Tous ceux qui ont joué un rôle dans la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995 doivent "dire ce qu'ils savent" pour éclaircir les circonstances de l'attentat, a-t-il dit sur France Info.

Nicolas Sarkozy était porte-parole de la campagne d'Edouard Balladur en 1995. Son audition comme témoin est réclamée par des familles de victimes de l'attentat ayant provoqué la mort de 11 Français en 2002.

Hervé Morin a demandé également l'audition de François Bayrou, son adversaire au centre, lequel a aussitôt dénoncé des "insinuations honteuses" visant à "jeter les soupçons sur les gens honnêtes".

"Je prends le cas de François Bayrou ; il était secrétaire général de l'UDF qui était la principale formation politique qui soutenait Edouard Balladur, il était le président d'une des formations (de l'UDF) qui était le CDS", a dit Hervé Morin.

Moi, j'ai envie de dire à tous ceux qui ont joué un rôle prépondérant dans la campagne d'Edouard Balladur: qu'ils disent ce qu'ils savent de l'organisation de cette campagne... Ils ont peut-être en eux aussi un secret-défense."

François Bayrou a réagi avec vigueur. "Il en a trop dit ou pas assez. Il faut maintenant qu'il s'explique et qu'il assume son venin", a-t-il dit, cité par son entourage.

"Dans le seul but d'exister à tout prix, M. Morin a montré une fois de plus qu'il n'y a pas de limite à la médiocrité", a ajouté le président du MoDem, qui avait réclamé la levée du secret-défense dans ce dossier.

STATUT PÉNAL SPÉCIAL

L'audition de Nicolas Sarkozy, réclamée en raison des éléments apportés par l'ancien ministre de la Défense Charles Millon, a toutes les chances d'être refusée en raison du statut pénal particulier du chef de l'Etat.

L'attentat-suicide commis par un kamikaze à Karachi le 8 mai 2002 avait tué 11 ingénieurs et techniciens français de la Direction des constructions navales (DCN), travaillant à la construction de sous-marins pour le Pakistan.

La piste islamiste évoquée initialement pour cet attentat a été abandonnée et divers renseignements, mais aucune preuve, laissent penser que l'armée pakistanaise a commandité l'attentat en représailles du non-versement d'un reliquat de commissions.

Charles Millon a déclaré au juge Renaud Van Ruymbeke que les paiements avaient été interrompus sur ordre du président Chirac en 1995, après son élection, car il soupçonnait un retour d'argent en France par le biais de "rétrocommissions" pour financer la campagne d'Edouard Balladur, son rival à droite.

Un rapport de police luxembourgeois versé au dossier judiciaire montre que des structures ont été constituées au moment du contrat pakistanais par la DCN au Luxembourg, avec l'aval du ministre du Budget de l'époque, Nicolas Sarkozy.

Il s'agissait non seulement de payer les commissions au Pakistan - pratique légale jusqu'en 2000 - mais aussi, pensent les juges, d'organiser le retour illégal d'une partie des fonds en France.

Clément Guillou, avec Gérard Bon, édité par Patrick Vignal et Gilles Trequesser

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sur le même sujet, voir la note du 17/10/2010 sur le blog :

Association " Une place pour Tous "

Le financement des partis politiques et des politiciens en France (5)

Commentaires

Les intervenants de tout bord devraient revenir à plus de calme & de sérénité sur cette affaire de " Karachi " . Car beaucoup de mal est fait en ce moment , et ce sont les familles des victimes qui souffrent le plus . Car elles attendent avant tout des réponses de la part de la justice qui a besoin aussi de sérénité pour travailler objectivement . Cette campagne de dénigrements & de diffamations est surtout très mauvaise pour le moral de ces familles des victimes . Alors , ils seraient grands temps d'arrêter les supputations calomnieuses & autres inepties qui n'aident personne ; et surtout pas en 1er la justice .

Écrit par : sexshop | 20/11/2010

Alleluia !

La justice a surtout besoin de ne pas avoir de bâtons dans les roues de la part des politiques !

Écrit par : D.de Herdeux | 20/11/2010

Les commentaires sont fermés.