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12/12/2010

LAOS, barrage hydraulique, modification de l'environnement, économie, mondialisation

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=4498

11-12-2010 -

Sacrifier les populations locales aux profits de « l’énergie verte »

Alors que de hauts fonctionnaires de la Banque mondiale et de la Banque asiatique de développement, ainsi que le président français Nicolas Sarkozy s’apprêtent à célébrer l’inauguration du projet d'énergie hydraulique Nam Theun 2 au Laos, l’organisation des Amis de la Terre dénonce l’envers du décor. Financé par la Banque mondiale, la Banque asiatique de développement, mais aussi en France par l'Agence Française de Développement-Proparco, la COFACE et la banque privée BNP Paribas, ce projet suscite de vives controverses depuis la première proposition de sa construction dans les années 1990.  
A l’heure actuelle, le barrage Nam Theun 2 a d’ores et déjà entraîné le déplacement forcé de 6 200 personnes appartenant aux peuples indigènes du Plateau du Nakai, et a affecté plus de 100 000 personnes vivant en aval, le long de la rivière Xe Bang Fai. Des dizaines de milliers de personnes pâtissent déjà des conséquences de la mauvaise qualité de l'eau et de la diminution des ressources en poisson. Réinstallées, les populations du Plateau du Nakai disposent aujourd’hui de terres de mauvaise qualité, inaptes à l’agriculture.
En outre, contrairement aux discours tenus assurant que la zone nationale protégée de Nakai-Nam Theun serait sauvegardée, le réservoir du barrage a ouvert l’accès à cette aire, favorisant dès lors le développement d’activités telles que la déforestation et la chasse illégale.  
Rendue sur le terrain, Ikuko Matsumoto, directrice du Programme Laos pour l'ONG International Rivers a déclaré : « Ce que j'ai vu, ce sont des communautés affectées par le barrage qui luttent pour s'adapter à leurs nouvelles vies, alors qu'aucune compensation juste n'a encore été payée à de nombreuses personnes ».
Le 6 décembre dernier, 34 organisations de la société civile et des citoyens de 18 pays ont fait parvenir une lettre à la Banque mondiale et la Banque asiatique de développement, appelant à la prise de mesures immédiates pour assurer des conditions de vie acceptables aux communautés affectées. 
Sous couvert de lutte écologique, de plus en plus de projets, insufflés par des groupes multinationaux, bafouent les droits de populations locales dans l’indifférence générale. Ainsi, les tribus de l’Etat du Sarawak, situé dans la partie malaisienne de l’île de Bornéo, doivent désormais faire face à une double menace. D’une part, la rivière Rajang dont certaines tribus dépendent a été réduite à un mince filet d’eau, après avoir été barrée afin de remplir le bassin de retenue du barrage avoisinant de Bakun. D’autre part, délogés en vue de la construction du barrage de Murum, premier d’une série de douze barrages, un millier de chasseurs-cueilleurs penan ont dû être réinstallés. Mais, persécutés de toutes parts, les forêts qui les accueillent sont détruites à grande échelle par la compagnie Shin Yang pour y planter des palmiers à huile.  

Cécile Cassier

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