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21/12/2010

Conte de Noël à Washington

lu sur :

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/4ddb68f8-0c82-11e0-9b80-98013c3c3e9c/Conte_de_No%C3%ABl_%C3%A0_Washington

Editorial mardi21 décembre 2010

Conte de Noël à Washington

Luis Lema


L’Amérique aime les contes de Noël. Il y a quelques semaines encore, un proche conseiller du président, David Axelrod, qualifiait avec dégoût d’«odieuses» les exigences posées par les rivaux républicains

 

L’Amérique aime les contes de Noël. Il y a quelques semaines encore, un proche conseiller du président, David Axelrod, qualifiait avec dégoût d’«odieuses» les exigences posées par les rivaux républicains. Aujourd’hui, sous les mille lumières des sapins, le même responsable assure que son président a remporté une «réelle victoire» en se pliant à… ces mêmes exigences. L’opposition applaudit. Les Etats-Unis «progressent». Et les Américains, fatigués des blocages en tout genre, chantent à l’unisson la réconciliation retrouvée.

Le «compromis» sur les impôts (qui représente, en gros, un cadeau général de 900 milliards de dollars) n’est pas le seul trouvé à Washington. Ces derniers jours, la machine législative semble s’être emballée, comme si les élus américains tentaient in extremis de rattraper le temps perdu: accord pour mettre fin au tabou sexuel à l’armée. Puis, si tout se passe comme prévu, ratification du nouveau traité START qui devrait redonner un nouveau dynamisme au désarmement nucléaire entre la Russie et les Etats-Unis. Puis, encore, la cerise sur le gâteau, un texte de loi en attente depuis des mois qui vise à colmater 70 ans de retard en matière de fiabilité alimentaire…

La preuve que les congressmen américains, comme beaucoup d’autres, ne peuvent travailler efficacement qu’avec un couteau sous la gorge? Le signe, plutôt, d’un regain de vitalité de la Maison-Blanche et des élus démocrates qui savent pertinemment à quel point les temps seront durs l’année prochaine, avec l’entrée en scène du nouveau Congrès.

En un temps record, Barack Obama s’est adapté à la nouvelle situation. Ce président-phénomène a toujours été composé (comme il l’avoue lui-même) de multiples facettes, miroitant tantôt à gauche tantôt au centre, selon la place occupée par l’observateur. Aujourd’hui, Obama finit de concilier ses actes avec ses paroles. Face à l’obstruction républicaine, il s’affiche à tous en champion du compromis. La gauche, qui le croyait à elle, aura fini de déchanter. Mais dans deux ans, tandis que le président tentera à nouveau de reconquérir le cœur de l’Amérique, on se souviendra davantage de ses «victoires» de Noël 2010 que du dégoût qui les avait précédées.   

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