Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

08/03/2011

Chine : réseaux sociaux pour la démocratie

lu sur :

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2011/03/08/la-vigilance-tournante-nouveau-mode-d-action-des-internautes-chinois_1489872_3216.html

La "vigilance tournante", nouveau mode d'action des internautes chinois

LEMONDE pour Le Monde.fr | 08.03.11 | 11h50  •  Mis à jour le 08.03.11 | 16h28

PÉKIN, CORRESPONDANT - L'expression s'est répandue comme une traînée de poudre sur l'Internet chinois : "weiguan", qui se traduit comme "vigilance tournante", est le nouveau mot d'ordre des militants-internautes chinois. Il s'agit non seulement de rapporter un cas de violation des lois par les autorités – en le transmettant et en le diffusant immédiatement sur Twitter ou sur Weibo, le service de micro-blogging chinois.

Mais aussi, et surtout, d'agir : en se rendant aux tribunaux où a lieu un procès, en se précipitant sur les lieux d'une arrestation ou d'une démolition forcée, les internautes chinois s'organisent dans le monde réel. Ce mode de protestation coopératif, désormais connu des autorités, est efficace malgré la censure, qui peine à bloquer en temps réel les nouveaux outils de transmission des informations.

L'avocat Teng Biao, qui fut brutalement arrêté alors qu'il se rendait au domicile d'un activiste en décembre dernier – il a eu juste le temps de "twitter" ce qu'il se passait – rapporte avoir tout à coup entendu des gens l'appeler par son nom à la sortie du commissariat : "Je n'ai pas pu sortir de la voiture, mais je les ai salués à travers la fenêtre. J'ai appris plus tard que beaucoup d'internautes s'étaient précipités sur place. C'est peut-être bien la raison pour laquelle nous avons été libérés si rapidement", écrit-il dans un témoignage, où il détaille le mépris total des procédures légales par les policiers et les menaces de mort proférés à son encontre.

"JE PEUX COMMENCER À ME SENTIR DANS UN ÉTAT DE DROIT"

Le mois dernier, Li Peirong, jeune enseignante de Nankin, a décidé qu'il ne suffisait pas d'en appeler sans cesse à la libération de Chen Guangcheng : elle parcourt plusieurs centaines de kilomètres en voiture et arrive le soir du 10 janvier au village du militant aveugle. Les nervis la harcèlent. Elle s'enferme dans sa voiture et "twitte" sa situation. Ses attaquants cassent son pare-brise. Elle est traînée dehors, poussée à terre.

Mais des dizaines d'internautes se relaient pour appeler les commissariats de police et des membres de la sécurité publique, souvent sur leur portable ou leur numéro privé. La police finira par intervenir. "C'est la première fois que la police est venue dans le cas de Chen Guangcheng. Ça a été une victoire, ça veut dire que je peux commencer à me sentir dans un Etat de droit et Chen Guangcheng aussi", nous dit-elle.

Les commentaires sont fermés.