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14/04/2011

80 % D'INTÉRIMAIRES À LA MAINTENANCE DES RÉACTEURS NUCLÉAIRES

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/04/14/la-cgt-exige-l-arret-de-la-sous-traitance-massive-sur-les-sites-nucleaires_1507534_3244.html#xtor=EPR-32280229-[NL_Titresdujour]-20110414-[zoneb]

La CGT exige l'arrêt de la "sous-traitance massive" sur les sites nucléaires

Le syndicat s'est prononcé en faveur de "l'arrêt de la sous-traitance massive, de la sous-traitance en cascade et de la précarité" sur les sites des centrales.

LEMONDE.FR avec AFP | 14.04.11 | 12h46  •  Mis à jour le 14.04.11 | 13h27

Les syndicats CGT des travailleurs du nucléaire ont exigé jeudi "l'arrêt de la sous-traitance massive, de la sous-traitance en cascade et de la précarité" sur les sites des centrales, considérées comme une manière d'externaliser les risques professionnels.

"Pour que, sur tous les sites nucléaires, ce soit la sûreté et non la recherche du profit maximum qui soit la priorité", la CGT "exige un statut pour les travailleurs du nucléaire, basé sur celui des salariés EDF, AREVA et CEA et l'arrêt de la sous-traitance massive, de la sous-traitance en cascade et de la précarité", précise-t-elle dans un communiqué. Les syndicats CGT des travailleurs du nucléaire, sous-traitants, EDF, AREVA, CEA, IRSN ont également demandé "une véritable démocratie dans l'entreprise avec un renforcement des comités d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail [CHSCT] et la maîtrise 100 % publique de l'industrie nucléaire".

"80 % D'INTÉRIMAIRES" À LA MAINTENANCE DES RÉACTEURS

Pour le syndicat, "la course effrénée au profit maximum" conduit à une "politique du pire pour les salariés de la sous-traitance, ballottés de contrats en contrats, de sites en sites, subissant la majorité des pénibilités pour des salaires de misère et des conditions de travail indignes". "Si les pouvoirs publics n'assument pas leurs responsabilités en faisant accéder rapidement les salariés de la sous-traitance du nucléaire à des garanties sociales de haut niveau, la CGT assumera les siennes en appelant l'ensemble des travailleurs à l'action", ont conclu les syndicats CGT du nucléaire.

Le personnel affecté à la maintenance des réacteurs est à 80 % intérimaire, estime le responsable du secteur gaz la CGT énergie, M. Laurent Langlard.

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sur le même sujet lu sur :

http://dircom.inserm.fr/synthesedepresse/

Nucléaire : les sous-traitants montent au créneau
Annie Thébaud-Mony, directrice de recherche à l'Inserm, appuie les protestations des syndicats de salariés du nucléaire s'agissant du retrait des rayonnements ionisants des décrets sur la mise en oeuvre des dispositifs de retraite anticipée au titre de la pénibilité. « Les rayonnements ionisants sont des cancérogènes avérés, pour lesquels il n'y a pas de seuil d'exposition en dessous duquel le risque est nul », affirme-t-elle, jugeant que cet amendement vise avant tout à « protéger l'industrie nucléaire des conséquences de la catastrophe de Fukushima. » La chercheuse réfute par ailleurs la théorie selon laquelle l'exposition à de faibles doses de radiation serait sans danger, citant une étude américaine de 2005 selon laquelle « il y [a] une surmortalité par cancers dès 19 millisieverts. »
Monde [Le], 15/04/2011 - Croix [La], 15/04/2011

et aussi :

http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2462601&rubId=4076

14/04/2011 16:25

Les petites mains du nucléaire veulent être respectées


Dans les centrales françaises, vingt mille salariés sous-traitants effectuent les missions les plus exposées à la radioactivité. Inquiets pour leur santé, ils s’organisent pour faire entendre leur mécontentement

Auparavant, on parlait de « servitude ». Désormais, on dit « logistique ». La tâche reste la même : tous les douze ou dix-huit mois, chacun des 58 réacteurs français s’arrête pour recharger son combustible et permettre tous les petits et grands travaux de maintenance du site.

Une activité qu’EDF a choisi de confier à des centaines d’entreprises sous-traitantes, qui font travailler 20 000 salariés, dont 17 % d’intérimaires et de CDD. À chacun de ces « arrêts de tranche », qui durent entre trente et quatre-vingt-dix jours, un bon millier de soudeurs, chaudronniers, mécaniciens, calorifugeurs et autres installateurs d’échafaudages se croisent jour et nuit dans les étroits couloirs de la centrale.

« Il y a une pression énorme, car chaque jour de retard coûte un million d’euros à EDF », explique Gilles Raynaud, délégué syndical CFDT chez Polinorsud. Cette pression, Gérard, « décontamineur », l’a longtemps vécue. Pendant des années, en tenue de scaphandre « Mururoa », il a frotté avec une « chiffonnette » les particules radioactives, à genoux au fond des piscines ou debout le long des tuyaux.

« Quand on arrive, explique-t-il, le premier boulot, c’est de préparer le chantier pour que les collègues puissent travailler sans être contaminés. Lorsqu’on trouve un gratton radioactif, on pose un matelas de plomb autour pour bloquer les radiations. Si une zone est contaminée par des poussières radioactives, on construit un sas de confinement, pour ensuite aspirer l’air pollué à l’intérieur.»

"Quand il y a de la dose à prendre, c'est pour nous"

« Là où les tâches sont les plus dangereuses, ce sont les sous-traitants qui interviennent, explique Philippe Billard, militant CGT chez Endel. Alors, quand il y a de la dose à prendre, c’est pour nous. » Sur les sites nucléaires d’EDF, « tous les intervenants, qu’ils soient salariés d’entreprises extérieures ou d’EDF, disposent des mêmes conditions de travail », rétorque l’entreprise publique.

Mêmes formations obligatoires et mêmes tenues de protection. Chaque salarié est ainsi équipé de dosimètres destinés à mesurer l’exposition aux rayons ionisants, la dose maximale autorisée étant de 20 millisieverts (mSv) par an. Or, ajoute EDF « le nombre d’intervenants exposés au-dessus des 20 mSv/an est passé de 1 200 en 1992 à huit en 1999. Aucun n’a dépassé les 18 mSv depuis 2004. »

« Si on connaît les effets des fortes doses sur l’organisme, il est faux de dire que les petites doses sont sans danger, affirme la sociologue Annie Thébaud-Mony, directrice de recherches honoraire à l’Inserm. En 2005, une étude américaine a d’ailleurs montré qu’il y avait une surmortalité par cancers dès 19 mSv. »

Gilles Raynaud en sait quelque chose. L’an dernier, il a assisté à l’enterrement d’un collègue de 48 ans, décédé des suites d’un cancer des poumons qui avait été repéré comme maladie professionnelle. Mais l’origine professionnelle de ce genre de maladie reste encore difficile à prouver.

Pour un statut des salariés du nucléaire

« En réalité, beaucoup de salariés sous-traitants n’ont pas accès à leur dosimétrie réelle », reprend Annie Thébaud-Mony. Car si les dosimètres détectent l’exposition aux rayons, en cas d’ingestion de poussières radioactives, la mesure de la dose se complique.

Sur le site Internet de l’association Santé et sous-traitance Nucléaire-Chimie, Dominique Samson, soudeur, raconte avoir été contaminé après avoir dû intervenir sur une valve insuffisamment sécurisée selon lui. Au point de déclencher tous les portiques de détection. Quand il a demandé à son chef de déclarer l’événement en accident du travail, on lui a « carrément rigolé au nez ». Dans un secteur où peu de salariés sont syndiqués, la colère s’exprime sur des sites Internet comme « Ma zone contrôlée va mal ».

Le 29 mars, des militants CGT, CFDT et FO ont tracté devant les centrales. Lundi 18 avril, ils se réunissent à Bollène (Vaucluse) pour tenter de passer à l’étape supérieure et organiser une journée « sites morts », avec des débrayages. Au centre de leurs revendications : l’obtention d’un statut des salariés du nucléaire.

« Moi, après vingt-deux ans de carrière, je touche 1 472 €, sans les primes. Un agent EDF gagne deux fois plus. Et les primes et le paiement des heures sup diffèrent selon les conventions collectives, il faut unifier tout ça », estime Philippe Billard.

La reconnaissance de la pénibilité du métier via une retraite à 55 ans fait aussi partie de leurs revendications. Tout comme l’abaissement de la dose maximale d’exposition à 10 mSv et l’obligation d’un suivi médical à vie. « On n’est pas des antinucléaires, on veut garder ce boulot, conclut Gilles Raynaud. Mais il faut qu’on nous respecte et qu’on nous protège mieux. »
Nathalie BIRCHEM

Commentaires

Ma Zone Contrôlée…VA MAL!
Conditions de travail et santé des salariés dans le nucléaire…maintenant vous saurez !
Sous traitant OUI . Esclave NON ! CITOYEN…
http://www.ma-zone-controlee.com

Écrit par : sentinelle | 15/04/2011

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