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03/05/2011

Les 13 factions palestiniennes signent un accord de paix au Caire

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http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/05/03/les-13-factions-palestiniennes-signent-un-accord-de-paix-au-caire_1516328_3218.html

Les 13 factions palestiniennes signent un accord de paix au Caire

Les représentants des treize groupes palestiniens ont signé un accord de paix, mettant un terme à la division entre la Cisjordanie et Gaza et ouvrant la voie à des élections dans un an.

Les factions palestiniennes, dont les rivaux Fatah et Hamas, ont scellé, mardi 3 mai, la réconciliation au Caire, mettant un terme à la division entre la Cisjordanie et Gaza et ouvrant la voie à des élections dans un an.

Des représentants de treize groupes ainsi que des personnalités indépendantes ont signé l'accord, après un an et demi de tractations infructueuses, à la suite d'entretiens avec des responsables égyptiens, dont le chef du renseignement Mourad Mouafi. Outre le Fatah, au pouvoir en Cisjordanie, et le Hamas, qui contrôle Gaza, le Djihad islamique, le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP, gauche), le Front démocratique de libération de la Palestine (FDLP, gauche), le Parti du peuple palestinien (ex-communiste) l'ont également ratifié.

"INTÉRÊT NATIONAL"

"Nous avons signé l'accord malgré plusieurs réserves. Nous tenons à mettre en avant l'intérêt national", a dit Walid Al-Awad, membre du comité politique du Parti du peuple, à la télévision égyptienne sans préciser ces "réserves".

Des entretiens entre le président Mahmoud Abbas, chef du Fatah, et le chef du mouvement islamiste Hamas Khaled Mechaal, sont attendus en soirée. Tous deux se trouvent dans la capitale égyptienne, mais n'ont pas signé personnellement l'accord. Ils participeront mercredi à une cérémonie officielle au Caire en présence du chef de la Ligue arabe Amr Moussa, du ministre des affaires étrangères égyptien, Nabil Al-Arabi, et de M. Mouafi.

GOUVERNEMENT ET INTÉGRATION DES UNITÉS DE SÉCURITÉ

L'accord, annoncé le 27 avril au Caire, prévoit la formation d'un gouvernement d'indépendants pour préparer des élections présidentielle et législatives simultanées dans un délai d'un an. Il prévoit aussi la création d'un haut conseil de sécurité, en vue de la future intégration des unités de sécurité des différents mouvements dans une force de sécurité "professionnelle", d'une commission électorale et la libération de détenus du Fatah et du Hamas.

Après la signature, les deux parties s'attelleront à la constitution d'un exécutif transitoire d'indépendants pour remplacer les gouvernements de Salam Fayyad pour l'Autorité palestinienne et d'Ismaïl Haniyeh pour le Hamas.

CRITIQUES D'ISRAËL

Cette réconciliation est vivement critiquée par Israël, qui y voit un renforcement du mouvement islamiste Hamas, qu'il considère comme une organisation terroriste. Le chef du gouvernement israélien, Benyamin Nétanyahou, a appelé mardi Mahmoud Abbas à renoncer à l'accord de réconciliation et à "choisir la paix avec Israël", lors d'une rencontre à Jérusalem avec Tony Blair, l'envoyé spécial du Quartette pour le Proche-Orient (ONU, Etats-Unis, Union européenne et Russie). M. Nétanyahou a répété qu'il transmettrait ce message lors de ses entretiens en Grande-Bretagne et en France mercredi et jeudi, pour dissuader la communauté internationale de reconnaître un Etat palestinien sans règlement préalable avec Israël.

Israël a par ailleurs décidé, dimanche, de mesures de représailles (article payant) en suspendant un transfert de fonds de 60 millions d'euros à l'Autorité palestinienne, correspondant aux taxes et aux droits de douane prélevés par l'Etat juif sur les marchandises transitant par ses ports et aéroports.

M. Nétanyahou "doit respecter la volonté du peuple palestinien et cesser son ingérence inacceptable dans les affaires internes palestiniennes", a rétorqué Azzam Al-Ahmed, chef de la délégation du Fatah au Caire.

Un haut responsable du Fatah a toutefois assuré que le futur gouvernement serait avant tout chargé de la gestion de Cisjordanie et Gaza, et que M. Abbas et l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) continueraient de suivre le dossier des négociations de paix, pour le moment dans l'impasse.

"Le rôle du gouvernement se limitera aux questions administratives concernant la vie des Palestiniens à Gaza et en Cisjordanie", a déclaré au Caire Azzam Al-Ahmad. "Mais toutes les questions politiques, y compris les négociations du processus de paix, resteront de la responsabilité de l'OLP", a-t-il dit.

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