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10/05/2011

Sarkozy et la liberté de parole

lu sur :

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Un élu de Lanester expulsé de la cérémonie

lundi 09 mai 

Seule anicroche dans une cérémonie au déroulement bien huilé, une voix forte s'est élevée, sitôt le discours présidentiel entamé. « Votre politique est une insulte aux valeurs de la Résistance, à la liberté, égalité fraternité. »

Le « fauteur de trouble » est un conseiller municipal de Lanester Vladimir Bizet-Sefani. Petite ecchymose au front, l'élu de Lanester Franchement à gauche est revenu sur son intervention, estimant n'avoir été « ni agressé, ni agressif ».

« Ils se sont mis à quatre ou cinq à me ceinturer. Leur consigne était de m'empêcher de parler. L'un d'eux a mis sa main devant ma bouche. Tout un symbole ! »

Et de poursuivre : « C'était extrêmement intimidant d'intervenir ainsi. Mais il fallait que je le fasse. Je voulais personnellement dire que je ne supportais plus cette politique de haine, d'exclusion menée par son gouvernement. »

Menotté, il a été conduit à la gendarmerie de Port-Louis pour « trouble à l'ordre public », où il a été entendu, avant d'être relâché rapidement, ce qui lui a permis de participer à la contre-manifestation du soir aux côtés d'autres élus de gauche (lire plus bas). « Je ne regrette rien et si c'était à refaire, je le referais. »

Le procès-verbal de son audition a été transmis au procureur de la République de Lorient, Alexis Bouroz, qui décidera d'éventuelles poursuites. Ce dernier a cependant indiqué que les propos de Vladimir Bizet-Sefani « ne relevaient pas de l'outrage ».

Des réactions politiques en chaîne

Seul élu à soutenir Vladimir Bizet-Sefani, Alain Guichard, chef de file de l'opposition municipale à Lanester et candidat Front de gauche aux cantonales.

« Nous avions rédigé un communiqué dénonçant la venue de Nicolas Sarkozy. L'initiative de Vladimir était personnelle, mais son message rejoint totalement ce que nous avons écrit » a-t-il expliqué lors de la contre-manifestation du Mouvement de la paix.

Très rapidement, Thérèse Thiéry, maire de Lanester, a précisé que « cet élu de l'opposition avait agi en son nom propre », soulignant qu'elle avait préféré participer « en élue républicaine » à la cérémonie organisée dans sa commune.

Michel Grall, député du Morbihan et secrétaire national de l'UMP aux Anciens combattants a condamné « avec la plus extrême fermeté le comportement irresponsable d'un élu de Lanester, qui a tenté de troubler cette cérémonie du souvenir nationale et républicaine ».

 

Entre 150 et 200 contre-manifestants

Entre 150 et 200 personnes avaient répondu, dimanche après-midi, à l'appel du Mouvement de la Paix, rejoint par le Parti communiste français, le Nouveau parti anticapitaliste Lanester franchement à gauche, Chômeurs CGT rebelles et l'Arac (Association républicaine des anciens combattants et victimes de guerre).

Face au mémorial, Jean-Luc Hellec, du Mouvement de la Paix, a réexpliqué les raisons de cette contre-manifestation : « M. Sarkozy possède une légitimité de par sa fonction, mais l'est-il par ses engagements ? Le détricotage des droits sociaux issus du Conseil national de la Résistance qu'il mène systématiquement nous permet d'en douter. » Et de dénoncer « cette commémoration qui, pour nous, se teinte plus d'arrière-pensées électoralistes ».

Un marin-pêcheur privé de sa banderole

Il l'avait promis (lire Dimanche Ouest-France), il l'a fait : Thierry Flahat, marin-pêcheur de Port-Louis, était bien décidé à rappeler le Président à ses promesses par une banderole « Sarkozy menteur - Guilvinec 2007 ».

Dans le Finistère, il y a 4 ans, Nicolas Sarkozy avait proposé de compenser le prix du gazole pêche au-delà de 0,30 € le litre; sans jamais le réaliser. « Il veut casser la pêche... Dans son discours, il parle du courage des marins français autrefois, mais pense-t-il aux marins d'aujourd'hui et de demain ? »

Un discours que le marin-pêcheur a entendu lors de sa rediffusion à la télévision, puisque juste avant la cérémonie, alors qu'il quittait le ponton après avoir accroché sa banderole sur son bateau, il a été interpellé par les gendarmes.

« Ils m'ont caché derrière leur fourgon le temps que le cortège passe... Ça a duré trois quarts d'heure. Les Affaires maritimes ont emmené ma banderole », complète le patron du P'tit Jul II, qui s'attend à des contrôles plus poussés dès cette semaine.

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