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30/05/2011

Les politiques et le nucléaire en France

lu sur :
http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/05/30/pour-anne-lauvergeon-l-arret-du-nucleaire-allemand-est-politique_1529180_3214.html#xtor=EPR-32280229-[NL_Titresdujour]-20110530-[zonea]&ens_id=1493266
La sortie du nucléaire officialisée en Allemagne n'a pas manqué de faire réagir la classe politique française. De son côté, Anne Lauvergeon a dénoncé une décision "totalement politique".

Sortie du nucléaire : la décision allemande provoque espoir et inquiétudes en France

La sortie du nucléaire officialisée en Allemagne n'a pas manqué de faire réagir la classe politique française. A droite, le premier ministre, François Fillon, a affirmé que la France "respectait la décision allemande", mais que ce n'était "pas le choix" fait par le gouvernement français, qui juge que cette énergie constitue une "solution d'avenir".

"La France a fait depuis un demi-siècle le choix du nucléaire, qui produit aujourd'hui 80 % de l'électricité en France", a dit pour sa part le ministre de l'industrie, Eric Besson. "Ce choix reste pertinent, parce que la France a acquis ainsi une forte indépendance énergétique ; elle dispose ainsi d'une électricité 40 % moins chère que dans la moyenne des autres pays européens. Les ménages allemands par exemple paient leur électricité deux fois plus cher", a-t-il ajouté.

Le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, s'est également montré "totalement défavorable" à une telle décision pour la France. "85 % de notre énergie est produite par le nucléaire (...). C'est aujourd'hui un élément majeur de la puissance industrielle de la France", a-t-il affirmé sur RTL.

Du côté du PS, en revanche, le projet allemand est accueilli avec plus de bienveillance. Benoît Hamon, porte-parole du parti, a plaidé pour que la question soit tranchée, en France, par un "arbitrage du peuple français" au moment de l'élection présidentielle. "Le point de départ n'est pas du tout le même entre les Allemands et les Français. On est beaucoup plus dépendants, nous, du nucléaire que ne le sont les Allemands", a-t-il nuancé. Pour la France, il s'agit de "rattraper le retard" pris sur l'Allemagne dans le "développement d'un mix en matière d'énergies renouvelables". La "formule" du projet du Parti socialiste est "une synthèse" et "dit bien que le PS n'a pas totalement tranché cette question", s'agissant "des rythmes et de l'agenda". Pour lui, le "rôle" d'une primaire est de "trancher cela".

La première secrétaire, Martine Aubry, pour qui "il y a un avant et un après Fukushima", avait admis avoir évolué sur la question et déclare : "Personnellement, je pense qu'il faudra sortir du nucléaire et je le redis"Harlem Désir, numéro 2 du PS, est allé dans le même sens sur Canal +, estimant que "nous aussi, nous devons nous préparer à la sortie progressive du nucléaire".

Nicolas Hulot, candidat à la primaire d'Europe Ecologie-Les Verts, s'est félicité de la décision du gouvernement allemand, jugeant que la France ne devait "pas continuer à s'entêter" sur cette question. "C'était annoncé depuis longtemps, a ajouté Daniel Cohn-BenditLe gouvernement et Mme Merkel ont été complètement secoués par Fukushima, ils pensent aussi que le nucléaire n'est pas maîtrisable et demandent logiquement une sortie du nucléaire". Le député européen demande l'ouverture d'un "grand débat" en France.

Critique sur le ralliement tardif de M. Hulot à la sortie du nucléaire, Stéphane Lhomme, président de l'Observatoire du nucléaire, également candidat à la primaire EELV, pense quc'est "en moins de dix ans que la France peut et doit faire le chemin inverse" sur l'atome.

La présidente du groupe nucléaire français Areva, Anne Lauvergeon, a qualifié la décision allemande de "totalement politique", et n'exclue pas un retournement de situation d'ici à cette échéance. Interrogée sur le caractère "irréversible" de cette mesure, la présidente d'Areva a fait valoir que "d'ici à 2022, il peut se passer beaucoup de choses".

Selon Mme Lauvergeon, la fermeture déjà effective de sept réacteurs en Allemagne a "entraîné un renchérissement significatif des coûts de l'électricité en Allemagne, avec des conséquences pour la base industrielle installée". Lundi après-midi, le titre Areva perdait plus de 4 % à la Bourse de Paris.

La présidente du Medef, Laurence Parisot, a elle jugé que le choix de l'Allemagne était une "décision tout à fait majeure, importante pour l'Allemagne mais aussi pour l'Europe entière",  sur RMC-BFM TV, ajoutant qu'elle soulevait plusieurs questions. "Est-ce que l'Allemagne fait ce choix tout en sachant qu'elle va continuer à importer du nucléaire de France ? C'est ce qu'on appelle la 'théorie du passager clandestin'. Est-ce qu'il y a au contraire derrière cela un plan gigantesque d'innovation technologique ?" s'est-elle interrogée. 

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