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27/06/2011

Une taxe pour freiner la spéculation sur les marchés financiers

 

lu sur :

http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/06/27/une-taxe-pour-freiner-la-speculation-sur-les-marches-financiers_1541623_3232.html

Une taxe pour freiner la spéculation sur les marchés financiers

 

Le Conseil européen du 24 juin a pris des décisions cruciales sur la taxation du secteur financier. Les gouvernements pourraient désormais changer la façon dont fonctionne le secteur et déterminer comment il pourrait participer au coût de résolution de la crise.
Bien qu'il soit de plus en plus évident que la meilleure façon d'avancer réside dans l'instauration d'une taxe sur les transactions financières (TTF), certains gouvernements européens et, sans surprise, le secteur financier lui-même, continuent à contester la proposition. Pourtant, d'autres gouvernements – et un nombre grandissant de députés européens – l'appuient.

Les opposants à la TTF protègent le secteur financier indûment en prétendant que la taxe serait techniquement impossible à mettre en œuvre. Nous rejetons cette position irrationnelle qui vise uniquement à maintenir la rente spéculative de quelques acteurs financiers : la TTF peut et doit être introduite.

Ses opposants affirment que 80 % des produits dérivés négociés de gré à gré ne peuvent être taxés puisque ces opérations sont quasiment invisibles pour les régulateurs et autorités. Cet argument ne tient pas compte du fait que l'Union européenne élabore actuellement des législations qui permettront d'encadrer et d'assurer la traçabilité de l'ensemble des transactions financières.

Enfin, les opposants affirment qu'une TTF mise en œuvre à la seule échelle européenne déclencherait un exode massif de l'activité financière hors de l'Union européenne… Cet argument relève plus de la mauvaise foi que de l'analyse sérieuse des faits : l'Europe est une puissance économique clé. Des taxes sur les transactions financières au niveau national, tels que les droits de timbre du Royaume-Uni, démontrent s'il en était besoin que la TTF ne fait en aucun cas fuir les investisseurs. Un prélèvement infime – 0,05 % – proposé par certains, ne serait pas préjudiciable à la compétitivité européenne. Une taxe mondiale serait la meilleure solution – mais en prenant l'initiative, l'Europe envoie un signal politique qui incitera ses partenaires à suivre le même chemin.

Une TTF générerait des revenus importants et forts utiles Elle obligerait le secteur financier à assumer sa part de responsabilité dans la crise. Aucun autre impôt actuellement en discussion n'apporterait de telles recettes. Selon certaines études, une taxe de 0,05 permettrait de dégager jusqu´à 200 milliards d'euros par an dans l'Union européenne. Une TTF s'attaquerait aux transactions spéculatives visant uniquement à créer et à exploiter un excédent de liquidités.

Dans ces circonstances, il est difficile pour les décideurs politiques de ne rien faire. Aucun autre impôt ne permettrait de créer de tels revenus ou de freiner la spéculation plus efficacement. La grande majorité des Européens souhaite que le secteur financier supporte le coût de la crise qu'il a provoqué. Il est temps de répondre à leurs attentes.


Hans Eichel (Allemagne); Henri Emmanuelli (France); Laurent Fabius (France); Robert Goebbels (Luxembourg); Eero Heinäluoma(Finlande); Grzegorz W. Kolodko (Pologne); Ivari Padar (Estonie); Ruairi Quinn (Irlande); Michel Sapin (France); Christian Sautter(France); Bohuslav Sobotka ( Republique Tchèque); Vincenzo Visco (Italie)

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