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09/07/2011

Palestine

lu sur :

http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/07/09/israel-palestine-les-dangers-du-statu-quo_1546816_3232.html#xtor=EPR-32280229-[NL_Titresdujour]-20110709-[opinions]

EDITO DU MONDE 

Israël-Palestine, les dangers du statu quo

Le gouvernement israélien vient d'enregistrer coup sur coup deux succès, qu'il juge sans doute particulièrement éclatants. Il a convaincu son homologue grec de consigner dans ses ports la petite flottille internationale qui voulait, sans aucune chance d'y parvenir, briser le blocus maritime imposé par Israël à la bande de Gaza (un blocus également terrestre).

Benyamin Nétanyahou a ensuite fait obstacle au projet de militants propalestiniens internationaux de se rendre sur place, alors qu'Israël tient à rester la seule porte d'entrée pour les territoires palestiniens.

Cette mobilisation israélienne serait bien anecdotique au regard de ses très modestes cibles si elle ne résumait pas l'attitude générale du gouvernement Nétanyahou. Ce dernier reste sur la défensive, qu'il s'agisse du dossier palestinien ou plus généralement d'un "printemps arabe" peut-être propice aux valeurs démocratiques, qui ont été longtemps l'apanage de l'Etat juif. En mai, le refus opposé au président des Etats-Unis, Barack Obama, de considérer les lignes de cessez-le-feu de 1949 comme la base d'un règlement frontalier avec les Palestiniens en a été l'illustration la plus marquante.

Il a consacré l'impuissance du plus important allié d'Israël à peser sur le cours des événements, ce qui a conforté le camp palestinien dans une démarche unilatérale. Ce dernier entend, en effet, solliciter en septembre la reconnaissance de la Palestine par le plus grand nombre possible de membres des Nations unies. Pour y faire obstacle, les Israéliens se montrent beaucoup plus énergiques que lorsqu'il s'agit de relancer des négociations.

Il est entendu que cette initiative ne fera, au final, que des perdants : en obligeant les Etats-Unis à opposer un veto à toute résolution visant à faire de la Palestine un Etat membre de l'ONU, en mettant à nu les divisions des Européens sur un sujet où ils veulent compter, en soulignant enfin l'isolement d'Israël sans pour autant mettre un terme à l'occupation israélienne de la Cisjordanie et à l'étouffement de Gaza.

La France a tenté d'éviter ce scénario catastrophe en proposant, de manière précipitée, l'organisation d'une conférence de paix de la dernière chance. En vain. La diplomatie française se donne encore jusqu'au début du mois de septembre pour y parvenir, plus pour prendre date qu'en nourrissant de véritables espoirs.

Réduits à l'impuissance, les diplomates ont certainement en tête que le dernier résultat tangible obtenu sur ce dossier - un léger desserrement du blocus de Gaza - n'a pas été le fruit de leurs efforts. Il est à porter au crédit de la première flottille pour Gaza, arraisonnée dans la violence par Israël en mai 2010.

Les principaux acteurs extérieurs de ce dossier, rassemblés au sein du Quartet - Etats-Unis, Union européenne, Russie, Nations unies -, qui se retrouve à New York le 11 juillet sans véritables projets, savent pourtant combien l'absence de perspectives est propice aux dérapages. Et que le prix du statu quo y reste plus élevé que celui de l'initiative.

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