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17/09/2011

Palestine : un État non encore reconnu

lu sur :

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/09/16/etat-palestinien-les-etats-unis-pronent-des-negociations-directes-avec-israel_1573037_3218.html#ens_id=1228030

Abbas va demander au Conseil de sécurité l'adhésion de la Palestine

Le président palestinien Mahmoud Abbas a affirmé, vendredi 16 septembre, qu'il présentera la demande d'adhésion d'un Etat de Palestine à l'ONU la semaine prochaine pour qu'elle soit soumise au Conseil de sécurité.

Israël, hostile à cette initiative, a affirmé que "la paix ne s'obtiendra pas par une démarche unilatérale à l'ONU", alors que de nombreux pays tentent de dissuader les Palestiniens d'emprunter la voie du Conseil de sécurité, les Etats-Unis ayant promis d'y opposer leur veto.

"METTRE FIN À UNE INJUSTICE HISTORIQUE"

"C'est notre droit légitime de demander l'adhésion à part entière de l'Etat de Palestine à l'ONU", a rétorqué M. Abbas lors d'un discours télévisé, assurant vouloir ainsi "mettre fin à une injustice historique en accédant à la liberté et à l'indépendance comme tous les autres peuples de la Terre, dans un Etat palestinien sur les lignes du 4 juin 1967".

"Après cela, nous pourrons revenir aux négociations sur des bases claires approuvées par tous sur les questions de statut final : Jérusalem, les réfugiés, l'eau, la sécurité et les colonies et nos valeureux prisonniers", a expliqué M. Abbas. "Nous n'allons pas à l'ONU pour isoler ou délégitimer Israël mais l'occupation israélienne", a-t-il assuré. "Nous sommes le seul peuple au monde à être encore sous occupation" et "nous allons à l'ONU pour mettre le monde face à ses responsabilités".

"Il n'y pas de plus grand intérêt palestinien que l'unité nationale et la fin de la division", a-t-il encore déclaré, en référence au processus de réconciliation en cours avec les islamistes du Hamas, qui contrôlent la bande de Gaza.

INITIATIVE "SOLITAIRE" ET "CONTRE-PRODUCTIVE"

Le Hamas a toutefois critiqué cette démarche, la qualifiant de "solitaire" et "non fondée sur un consensus national". Elle "comporte de nombreux risques et peut constituer une violation des droits nationaux, tels que le droit au retour, notre droit à la résistance et à l'autodétermination", a déclaré Sami Abou Zouhri, un porte-parole du Hamas à Gaza, en allusion aux craintes que l'avènement d'un Etat ne mette en péril les droits des réfugiés hors des territoires palestiniens.

L'éventualité d'une accession de la Palestine au statut d'Etat à l'ONU suscite aussi des craintes parmi les responsables israéliens. Le premier ministre, Benjamin Nétanyahou, a estimé jeudi que cela permettrait aux Palestiniens de présenter un recours contre la colonisation devant la Cour pénale internationale, à La Haye, rapporte le quotidien israélien Haaretz.

Enfin, les Etats-Unis s'opposent, eux aussi, à la demande d'adhésion d'un Etat de Palestine, arguant que la paix ne peut que résulter d'un retour à des négociations directes, totalement gelées depuis un an. Le président Barack Obama estime que cette démarche constituait une "diversion" qui ne résoudrait pas le problème du conflit au Proche-Orient et craint qu'elle ne se révèle "contre-productive". Son administration a ainsi prévenu qu'elle opposerait son veto à cette initiative au Conseil de sécurité. Barack Obama doit rencontrer le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, la semaine prochaine à New York.

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