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26/10/2011

Faut-il rire de la crise ?

lu sur :

http://www.lepoint.fr/monde/cette-bourgade-espagnole-qui-mettra-500-ans-a-rembourser-sa-dette-26-10-2011-1389143_24.php?xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20111026

Le Point.fr - Publié le 26/10/2011 à 08:00 - Modifié le 26/10/2011 à 11:35

Cette bourgade espagnole qui mettra 500 ans à rembourser sa dette

Peleas de Abajo, en Castille-León, est victime des ravages de la crise immobilière et de l'irresponsabilité qui a régné durant la prospérité. 

Les municipalités espagnoles sont asphyxiées, au bord de la ruine. Selon la fédération espagnole qui les regroupe, la FEMP, un tiers des 8 114 consistorios (les mairies) se voient contraints de licencier une partie de leurs employés, d'accroître les impôts locaux et de réduire les services municipaux. Face à des dettes que villes et bourgades sont incapables d'honorer, l'éclairage public doit être coupé, les poubelles ne sont plus ramassées. Dans de nombreux cas, les écoles maternelles et les services sociaux, qui concentrent le quart du budget, ont été supprimés. Ailleurs, le service des eaux sera privatisé ou arrêté.

Les municipalités sont victimes de leur rang inférieur : le pouvoir central serre la vis budgétaire. Les 17 régions, qui en dépendent, doivent accepter des remèdes de cheval bien pires dans leur cure d'austérité. En bas de l'échelle, les mairies, dont beaucoup ont les caisses vides et croulent sous un endettement record, paient le prix le plus fort. En raison des "impayés" ou des salaires non versés, des dizaines d'employés sont en guerre contre leurs employeurs, de Barbate (Cadix) à Moaña (Galice). Il s'agit pour l'essentiel de bourgades dont les reins financiers sont fragiles, comparé aux grandes villes qui, malgré de grosses dettes (Madrid doit 6,8 milliards d'euros !), peuvent tenir le choc. Le plus souvent, dans ces villages, entre 10 et 20 % des employés sont mis à la rue.

18 400 euros de dette par habitant

Un cas spectaculaire défraie la chronique, une sorte de triste "emblème" de la ruine des campagnes : Peleas de Abajo (littéralement "Luttes d'en bas"), en Castille-León, compte 250 habitants fous de rage. Dans ce recoin de l'Espagne rurale, la dette municipale s'élève à 4,6 millions d'euros. Le maire nouvellement élu a fait les comptes : 18 400 euros par tête. Il lui faudrait cinq siècles pour rembourser cette ardoise !

Peleas de Abajo illustre les ravages de la crise immobilière et aussi l'irresponsabilité régnant durant la prospérité, brutalement interrompue en 2008. Depuis la mort de Franco, jusqu'à l'arrivée d'un nouveau regidor, la commune n'a connu que deux maires, Josefa Rodriguez et son fils Marcelo. Entre crise du crédit et népotisme opaque, la bourgade doit 2,7 millions d'euros aux banques, la moitié au fisc, et le reste à des fournisseurs ou à la Sécurité sociale. Au bord de la banqueroute, le village a dû céder aux banques toute sa richesse, des propriétés et des forêts communales. Son patrimoine se réduit à l'édifice de la mairie, où une seule personne est salariée.

Félix Roncero, le nouveau maire, a prévenu les fournisseurs qu'ils ne seraient remboursés qu'à hauteur de 25 %... et sur 25 ans ! Ceux-là, comme la majorité des habitants, exigent l'incarcération du maire précédent. Les autres sombrent dans le scepticisme : "Qu'est-ce que cela changera ? se désespère l'un deux. De toute façon, nous sommes ruinés pour des générations et des générations !" 

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