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06/12/2011

Les inégalités se creusent et mettent en péril la cohésion sociale, avertit l’OCDE

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Les inégalités se creusent et mettent en péril la cohésion sociale, avertit l’OCDE

Les 10% les plus riches gagnent 9 fois plus que les 10% les plus pauvres dans les pays industrialisés Les programmes d’austérité pénalisent les classes les plus défavorisées.

Revenu Mardi6 décembre 2011

Les 10% les plus riches gagnent 9 fois plus que les 10% les plus pauvres dans les pays industrialisés Les programmes d’austérité pénalisent les classes les plus défavorisées

Le fossé entre les riches et les pauvres dans les pays de 34 pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) n’a jamais été aussi grand depuis trente ans. Les Etats doivent agir au risque de mettre à mal la cohésion sociale, prévient un rapport publié lundi. En substance, le revenu moyen des 10% les plus riches représente aujourd’hui neuf fois plus que celui des 10% les plus pauvres. «Une telle inégalité freine la croissance, mais explique aussi la colère des mouvements comme les «99%», explique Maxime Ledaique, l’un des auteurs du rapport. Ce mouvement tient le pavé dans de nombreuses capitales depuis cet été et revendique une meilleure répartition des richesses.

En Suisse, l’écart entre les riches et les pauvres est au-dessous de la moyenne de l’OCDE, c’est-à-dire un à sept, en légère détérioration au fil des années. Mais dans d’autres pays de tradition plutôt égalitaire comme l’Allemagne, le Danemark et la Suède, l’écart s’est creusé et a passé de 5 à 1 dans les années 80 à 6 à 1 aujourd’hui. Il est de 10 à 1 en Corée du Sud, en Italie, au Japon, et au Royaume-Uni et de 14 à 1 aux Etats-Unis, en Israël et en Turquie. En queue de peloton, le Chili et le Mexique où les revenus des plus riches est 25 fois supérieur à ceux des pauvres. L’OCDE fait ressortir que l’écart est pire dans les pays émergents ou en développement; dans certains pays, l’écart est de 50 à 1.

C’est la deuxième fois que l’OCDE publie un rapport sur les disparités. «Nous avions tiré la sonnette d’alarme en 2008 et demandé aux Etats de prendre les mesures qui s’imposent, explique Maxime Ledaique. La crise financière et économique de 2008-2009 n’a rien arrangé et la situation s’est empirée depuis.» Pendant les années précédentes marquées par la croissance, les riches en avaient profité pour gagner plus d’argent. Et pendant cette période de vaches grasses, l’Etat, la France par exemple, avait même baissé les impôts pour les riches.

L’OCDE donne quelques explications. En premier, les inégalités croissantes de salaires, notamment entre travailleurs qualifiés et non qualifiés. Les premiers ont tiré profit du progrès technologique et gagné en compétitivité. Sur un autre registre, la progression du temps partiel a contribué à creuser l’écart.

Selon Maxime Ledaique, la redistribution de la richesse n’a pas réussi à atténuer les inégalités. «En Suisse plus particulièrement, il n’y a pas eu de transfert par le jeu du fisc et d’allocations sociales.» Il ajoute que depuis 2008, les Etats, programmes d’austérité obligent, ont réduit les allocations sociales à toute une catégorie de la population, creusant davantage l’écart entre les riches et les pauvres.

Dans son analyse, l’OCDE soulève une question qui fait débat ces jours: la mondialisation accentue-t-elle les inégalités? Le rapport note que la concurrence en provenance des pays du Sud, mais aussi les délocalisations et le transfert des capitaux ont pu avoir une incidence sur la distribution de revenus, notamment aux Etats-Unis.

Mais le phénomène n’est pas irréversible, estime l’OCDE. «Dans un premier temps, il faut mieux distribuer les allocations sociales disponibles, dit Maxime Ledaique. A moyen et long terme, la réponse vient de l’éducation et de la formation de la main-d’œuvre.» L’OCDE note par ailleurs que dans de nombreux pays, les hauts revenus ne paient pas assez d’impôts et que dans certains cas, ces derniers se disent prêts à assumer plus de charges fiscales. Dès lors, selon elle, l’Etat doit assurer une meilleure redistribution de la richesse.

Infographie. Inversement de tendance depuis les années 1980 

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