Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

22/12/2011

Les indignés en Chine (suite)

lu sur :

http://www.lemonde.fr/international/article/2011/12/22/sur-le-web-et-dans-les-provinces-la-chine-renforce-son-autorite_1621408_3210.html#xtor=AL-32280308

Sur le Web et dans les provinces, la Chine renforce son autorité

La Chine a décidé d'étendre à sa province actuellement agitée du Guangdong la toute nouvelle obligation en vigueur à Pékin de s'inscrire sous son vrai nom pour ouvrir un compte de microblog, a rapporté jeudi la presse d'Etat.

Cette mesure est "conforme aux lois chinoises" et vise à "promouvoir une culture saine de l'Internet", a expliqué l'agence officielle Chine nouvelle. Depuis vendredi dernier, les internautes doivent désormais s'identifier sous leur vrai nom pour ouvrir un compte de microblog dans la capitale chinoise.

POUR "UNE CULTURE SAINE"

La règle est désormais élargie à sept grands services de microblogging basés dans le Guangdong, où de récents conflits sociaux et manifestations violentes ont fait les gros titres de l'actualité. Les autorités ont ces derniers mois resserré leur étau sur la vaste communauté des internautes. Avec une attention particulière sur les sites de microblogs considérés avec suspicion par le pouvoir. Pékin redoute que ces sites véhiculent des informations non contrôlées par le gouvernement.

Le nombre d'utilisateurs de services de microblogging a plus que triplé au cours de la première moitié de 2011, selon des données officielles. Avec les réseaux sociaux, les microblogs sont devenus les espaces où se forme l'opinion publique en Chine, selon des observateurs.

Les contributions en 140 caractères chinois au maximum – qui permettent de véhiculer des messages bien plus longs et articulés qu'en 140 lettres alphabétiques – sont de plus en plus souvent utilisées par les Chinois pour se plaindre d'abus de pouvoir de fonctionnaires corrompus ou dénoncer des scandales, allant des aliments frelatés aux mesures de pollution atmosphérique.

APPLIQUER LA LOI DE FAÇON "CIVILISÉE"

A la suite de récentes manifestations violentes qui ont eu lieu dans le pays, le ministre de la sécurité publique a demandé aux autorités décentralisées de résoudre les conflits sociaux rapidement et d'appliquer la loi de façon "civilisée". "Nous devons également respecter les normes civilisées d'application de la loi et traiter les incidents de foule et les actions individuelles d'extrémistes selon la loi", a ajouté M. Zhou, qui appelle les autorités locales à plus d'efforts pour apaiser la grogne "au niveau de ses racines".

Confrontées à la rébellion des habitants de Wukan, un village du sud de la Chine, excédés par les expropriations de terres, les autorités locales ont fini par lâcher du lest mercredi, allégeant la présence policière et promettant de libérer les meneurs de la révolte. Les résidents ont alors interrompu leur soulèvement.

Dans cette même province du Guangdong, des milliers d'habitants ont manifesté mardi et mercredi contre la grave pollution causée selon eux par une centrale thermique au charbon dans la ville de Haimen. Les policiers ont frappé brutalement les protestataires. La presse officielle chinoise a critiqué jeudi l'attitude des autorités locales à Wukan, qui ont d'abord imposé une dizaine de jours de blocus à ce gros bourg avant de choisir la posture conciliante qui a dénoué la situation.

Ces autorités ont échoué à "répondre aux demandes raisonnables des villageois", ce qui a conduit à une "escalade vers des actes excessifs", a jugé le Quotidien du peuple, organe officiel du Parti communiste chinois. Le journal Global Times a aussi appelé les gouvernements locaux à "considérer de façon sérieuse toute protestation de la population et faire preuve d'une attitude responsable vis-à-vis des exigences du peuple".

Jeudi, les autorités chinoises ont libéré l'un des meneurs de la rébellion des habitants d'un village du sud du pays excédés par les expropriations, confirmant ainsi leur volonté de dénouer cette crise qui fait grand bruit dans le pays, a annoncé sa famille à l'AFP. "Mon frère est rentré à la maison cet après-midi, il m'a dit : 'Je suis en liberté conditionnelle, donc je ne peux pas beaucoup parler et je n'ai pas le droit d'accepter d'interview'", a déclaré par téléphone Zhang Jianxin, le frère de Zhang Jiancheng. M. Zhang avait été arrêté il y a deux semaines après avoir été l'un des meneurs du soulèvement.

Un autre meneur, Xue Jinbo, est décédé en détention, après avoir été battu à mort selon ses proches, ce que dément la police. Le autorités se sont engagées à remettre son corps aux habitants et à libérer deux autres responsables villageois encore détenus.

Les commentaires sont fermés.