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06/01/2012

Fraude fiscale : comment la détecter !

lu sur :

http://www.lepoint.fr/monde/le-fisc-gache-le-reveillon-a-cortina-d-ampezzo-05-01-2012-1415676_24.php

Le fisc gâche le réveillon à Cortina d'Ampezzo

Le fisc italien a multiplié les contrôles le 31 décembre à Cortina d'Ampezzo, la plus élégante des stations de ski transalpines.

À Cortina d'Ampezzo, le réveillon a fait plus de gueules de bois qu'ailleurs. Pas pour les magnums de champagne millésimés ingurgités en grande quantité, mais en raison de l'arrivée impromptue, le 31 décembre, de... 80 agents du fisc. Dans la "Perle des dolomites", Mecque des mondanités hivernales transalpines, les agents ont fait l'effet de renards lâchés dans un poulailler.

Ainsi, les hommes de la garde financière ont contrôlé la propriété de 251 "supercars", Ferrari, Lamborghini, Porsche ou autres Corvette, toutes à plus de 200 000 euros sur les catalogues. Sur 133 propriétaires physiques de ces voitures de rêve, 42 déclaraient moins de 30 000 euros de revenus par an, et 16 moins de 50 000. Et la pêche fut aussi fructueuse pour les voitures censées appartenir à des sociétés. Dix-neuf d'entre elles étaient au nom de sociétés en perte et 37 au nom de sociétés déclarant moins de 50 000 euros de chiffre d'affaires par an. Conclusion : 74 % des voitures de luxe contrôlées étaient "incompatibles" avec les déclarations fiscales de leurs propriétaires.

"Lutte des classes"

La nouvelle de la présence des hommes du fisc s'est immédiatement propagée dans la station et, tels les nudistes surpris par les gendarmes de Saint-Tropez, les commerçants de Cortina ont mis une feuille de vigne sur leurs pratiques habituelles, consistant à ne jamais délivrer de factures et à privilégier les paiements au comptant. Ainsi, à en croire les tickets de caisses contrôlés, les restaurants de Cortina ont facturé 300 % de plus que le 31 décembre 2010, et les commerçants 400 % ! "Notre arrivée à Cortina a fait du bien au commerce", a déclaré, avec un humour british, le responsable du blitz fiscal.

Reste que l'opération a une saveur politique. À l'heure où les salariés sont soumis à un régime drastique de rigueur - augmentation des impôts directs et indirects, retard du départ à la retraite, hausse des services publics -, le gouvernement veut démontrer qu'il entend ne pas épargner les fraudeurs : grandes sociétés mais aussi commerçants, restaurateurs ou professions libérales. Un enjeu de 120 milliards d'euros pour les caisses de l'État.

L'opération ne fait toutefois pas l'unanimité et la droite dénonce une "opération populiste et propagandiste destinée à discriminer les riches, dresser les Italiens les uns contre les autres, faire renaître la lutte des classes". Les commerçants locaux redoutent que leur clientèle la plus aisée délaisse Cortina pour ses rivales suisses : Saint-Moritz ou Gstaad. D'autres opérations "coup de poing" du fisc italien devraient néanmoins viser des lieux de villégiature huppés de la péninsule. Cet été, à Capri, Porto Cervo ou Portofino, il vaudra mieux planquer sa Ferrari.

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