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20/02/2012

Leucémies et centrales nucléaires : lien potentiel

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/02/18/leucemies-et-centrales-nucleaires-un-lien-dangereux_1645381_3244.html

Leucémies et centrales nucléaires, un lien dangereux ?

Lorsqu'en 2007, une étude allemande a montré une association significative entre la distance séparant la résidence de la centrale nucléaire de Kummel et le risque de leucémie chez l'enfant, l'Institut de veille sanitaire lui a demandé de se pencher en priorité sur ce sujet.

Au départ, le projet Geocap de l'équipe Inserm U1018-Eq. 6 (Villejuif), dirigée par Jacqueline Clavel, visait à étudier le rôle de différents facteurs (lignes à haute tension, trafic routier, stations-service et benzène, sites nucléaires) dans la survenue des cancers de l'enfant de moins de 15 ans.

Lorsqu'en 2007, une étude allemande a montré une association significative entre la distance séparant la résidence de la centrale nucléaire de Kummel et le risque de leucémie chez l'enfant, l'Institut de veille sanitaire lui a demandé de se pencher en priorité sur ce sujet.

"Notre étude sur la période 1990-2001 n'avait montré aucun excès de risque en fonction de la proximité de la résidence. Nous avons été plutôt surpris de retrouver, lors de l'étude des données sur la période 2002-2007, un excès significatif d'incidence des leucémies aiguës chez les enfants demeurant à moins de 5 km d'une centrale nucléaire", remarque l'épidémiologiste. Le nombre de cas attendus sur cette période de six ans serait de 7,4, mais les chercheurs en ont dénombré 14, soit un quasi-doublement.

Ces résultats, comparables à ceux de l'étude allemande, constituent un signal d'autant plus sérieux que l'étude de l'équipe de Jacqueline Clavel a été réalisée avec une extrême rigueur. En tentant de comprendre le mécanisme à l'origine de cet excès de risque significatif, les épidémiologistes ont constaté la discordance entre les résultats obtenus avec le facteur distance de résidence et ceux tenant compte de l'estimation de la dose reçue dans la moelle osseuse par les enfants à partir des rejets gazeux de radioéléments de la centrale.

"Il y a bien quelque chose que nous avons observé, mais nous avons écarté la seule hypothèse que nous étions capables de tester dans cette étude, c'est-à-dire un mécanisme impliquant les radiations transmises par le panache de fumée des centrales. Nous devrons passer à l'échelle européenne pour tester d'autres hypothèses", explique Jacqueline Clavel.

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