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07/03/2012

Les contaminants de l’environnement et leurs effets

communiqué :

Pétition  Pour le rétablissement de l’appel d’offre de l’Agence Nationale de la  Recherche (ANR) concernant les contaminants de l’environnement et leurs effets  (CESA) 


Au cours de la seconde moitié du XXème siècle,  les connaissances scientifiques sur la détérioration de l’environnement et les  conséquences des facteurs environnementaux sur la santé humaine se sont  fortement développées. Ces questions sont aujourd’hui une préoccupation  majeure des citoyens. 
Différentes initiatives nationales telles que le  Grenelle de l’Environnement, la Stratégie Nationale de Recherche et  d’Innovation, les Plans Nationaux Santé Environnement (PNSE) 1 et 2, le  Programme national de recherche sur les perturbateurs endocriniens (PNRPE),  pour ne citer que les principales, ont mis l’accent sur le retard de  l’organisation des recherches françaises sur la Santé environnementale et les  impacts des contaminants sur la biodiversité, et sur la nécessité de réaliser  des efforts sans précédent en faveur de la recherche, de la formation et de la  valorisation dans ce domaine. Des objectifs précis ont été fixés, tels que le  redéploiement de dizaines de postes ciblés d’enseignants-chercheurs et, en  2009, 124 M€ sur 5 ans ont été prévus dans le cadre du PNSE2 pour financer la  recherche et l’expertise. 
Prenant le contrepied de ces engagements, l’ANR  vient d’annoncer l’annulation du programme « Contaminants et Environnements :  Métrologie, Santé, Adaptabilité, Comportements et Usages » (CESA) prévu pour  un financement de projets en 2012. Le report de ce programme, qui avait permis  de distribuer 8 millions d’Euros pour des projets en santé environnementale et  écotoxicologie en 2011, revient à priver ce champ de recherche d’au moins la  moitié des financements ciblés totaux dont il disposait. 
L’argument avancé  par l’ANR, selon lequel le périmètre de cet appel d’offres CESA devait être  redéfini a de quoi surprendre après seulement un an de fonctionnement, alors  que ce programme a été construit après une réflexion approfondie conduite par  l’ANR elle même. 
Après la non-attribution des postes  d’enseignants-chercheurs promis par le Grenelle de l’Environnement, la  révision à la baisse de sa dotation sur le volet santé, la réduction d’un  quart du montant financier affecté au PNRPE en 2011 par rapport à 2008,  l’escamotage de la majeure partie des 124 M€ du PNSE2, la décision de  suspension du programme CESA de l’ANR est de nature à briser l’élan dont  témoignent les avancées considérables des recherches réalisées en France en  Santé environnementale et écotoxicologie. 
L’étude de l’impact des  contaminants environnementaux sur les écosystèmes, les organismes et la santé  humaine s’appuie sur la création de synergies entre de nombreuses disciplines.  Cette recherche requiert donc des moyens humains et financiers et une  politique qui s’inscrivent dans la continuité et la durée : une perspective de  moyen et long terme est indispensable au suivi des populations animales et  humaines, à la formation des chercheurs et des experts, ainsi qu’à la mise au  point et au développement des outils et des tests innovants attendus par la  recherche et par l’industrie. 
Avec la mise en place du règlement REACh du  Parlement européen et du Conseil de l’Union européenne, il s’agit non  seulement de protéger les humains, mais aussi de maintenir notre pays et  l’Europe dans son ensemble dans la compétition économique, notamment par  l’innovation dans le développement de nouveaux outils de détection et  d’analyse des facteurs environnementaux et de diagnostic. 
Chaque Euro  investi dans la recherche en Santé environnementale est susceptible d’être  remboursé plusieurs fois par une limitation des coûts de remédiation des  atteintes environnementales, une meilleure préservation des écosystèmes, une  diminution du fardeau de maladie dû aux facteurs environnementaux et le  développement de l’innovation. Qu’on réfléchisse un instant à ce qu’on aurait  gagné en identifiant plus tôt et plus complètement les effets des PCB ou les  atteintes sur le neuro-développement de l’enfant dues au plomb… Croire qu’on  économise en diminuant le soutien à la recherche, à la formation et à  l’innovation dans ce domaine serait faire un bien mauvais calcul. 
Nous  considérons donc que la décision d’annulation des financements 2012 de l’appel  d’offre du programme CESA de l’ANR doit être reconsidérée sans tarder.  
Les signataires

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