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17/03/2012

"Si les Chinois s'y mettent, c'est la fin"

... des vrais Euros !

lu sur :

http://www.lepoint.fr/monde/les-michel-ange-des-faux-talbins-17-03-2012-1442289_24.php?xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20120317

le Point 17/3/2012

Les Michel-Ange des faux talbins

 

La moitié des faux euros circulant en Europe sont fabriqués à Giuliano, une petite ville au nord de Naples. 

Giuliano est à la fausse monnaie ce que Cambrai est aux bêtises. Selon Europol, 50 % des faux billets circulant dans les 17 pays de la zone euro sont fabriqués dans cette petite ville située au nord de Naples et dans ses environs. Une fortune colossale. En effet, depuis 2002, cinq millions de faux billets pour un montant de 300 millions d'euros ont été retirés du circuit par les autorités monétaires de la zone euro. Mais les enquêteurs estiment que le quintuple est encore en circulation.

Ce n'est pourtant encore que la pointe de l'iceberg. La majorité des faux euros "made in Giuliano, des quintaux de coupures de 20, 50 et 100, sont destinés à l'Afrique du Nord, au Moyen-Orient ou à la Colombie. C'est en 2004 que la première imprimerie de fausse monnaie fut découverte à Giuliano par la police. Depuis, les enquêteurs ont arrêté sept autres bandes de faux-monnayeurs dans les environs de la petite ville.

Chaque bande est organisée avec ses financiers, ses pourvoyeurs qui fournissent l'encre et le papier, les typographes et les distributeurs. Les faux billets sont revendus une première fois à un grossiste pour 10 % de leur valeur nominale, 100 000 véritables euros contre un million de faux. Puis à chaque passage, le prix augmente de 10 % de la valeur nominale. La Camorra napolitaine tolère cette activité qui lui échappe et utilise parfois de la fausse monnaie pour payer de grosses livraisons de drogue en provenance de Colombie.

Virtuosité

Ce sont les typographes qui font la force des clans de Giuliano. Des professionnels à l'ancienne qui ne travaillent pas avec les imprimantes digitales à laser de dernière génération utilisées par leurs concurrents français, turcs, polonais, bosniaques, albanais et bulgares. Leur spécialité est la coupure de 20 euros, la plus prisée sur le marché, car c'est la plus facile à écouler. Filigrane, fil intégré dans la masse du papier, bande et plaquette holographiques, qualité du papier, variations de la couleur de l'encre : tous les experts reconnaissent aux hommes de Giuliano une virtuosité de Michel-Ange des faux talbins.

Les seuls à pouvoir les concurrencer sont leurs confrères de Plovdiv, dans le sud de la Bulgarie. De leur longue tradition dans la fabrication de faux dollars, les Bulgares ont acquis une parfaite maîtrise du billet de 100 euros, vert comme le dollar. Grands contrefacteurs devant l'Éternel, les Chinois sont encore absents du business. Mais les enquêteurs d'Europol ont récemment saisi de faux euros bulgares dont les hologrammes avaient été fabriqués dans l'empire du Milieu. "Si les Chinois s'y mettent, c'est la fin", a confié un enquêteur.  

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