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02/10/2012

Phtalate, bisphénol et Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA en anglais)

... ou comment noyer le pois(s)on :

lu sur :

http://www.lemonde.fr/sante/article/2012/10/02/passe-d-armes-europeenne-sur-le-phtalate-et-le-bisphenol_1768730_1651302.html

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Passe d'armes européenne sur le phtalate et le bisphénol

LE MONDE |02.10.2012 à 14h18

Par Stéphane Foucart

Qu'est ce qu'un perturbateur endocrinien ? Pour le scientifique, la réponse est simple : c'est une substance (bisphénols, phtalates, certains pesticides, etc.) interférant avec le système hormonal et capable de produire des effets nocifs à très faibles doses sur l'organisme. Pour le législateur, les choses peuvent être un peu plus compliquées.

En témoigne l'émoi suscité par un communiqué de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), publié lundi 1er octobre et en apparence très anodin : celui-ci se borne en effet à annoncer la préparation, par les experts de l'EFSA, d'"un avis scientifique sur les risques pour la santé humaine et pour l'environnement" posés par ces produits chimiques présents dans l'environnement et la chaîne alimentaire.

L'agence européenne basée à Parme (Italie) précise que l'avis en question, demandé par la Commission européenne, sera prêt en mars 2013.

A priori, rien qui pousse à l'insurrection. Pourtant, en France, le Réseau environnement santé (RES) a vivement protesté, quelques heures à peine après la publication du communiqué de l'EFSA, de même que la Health and Environment Alliance (HEAL), une fédération d'organisations non gouvernementales (ONG) basée à Bruxelles.

"Notre première réaction est la surprise, dit Lisette van Vliet, une des responsables de HEAL. Notre seconde réaction est la suspicion."

Cette méfiance est alimentée par le fait qu'au sein de la Commission européenne, la Direction générale (DG) Environnement avait déjà formé un groupe de travail sur les perturbateurs endocriniens, auquel sont associées les ONG.

"INITIATIVE ÉTRANGE"

Or, l'EFSA n'a pas été saisie par la DG Environnement, mais par la DG Santé des consommateurs (dite "Sanco"). Le problème, pour les ONG, est que le travail en cours à la DG Environnement sur cette classe de substances chimiques était déjà bien avancé.

"Alors que les débats scientifiques et politiques tournent à la défaveur du statu quo souhaité par les industriels, la DG Sanco prend une initiative pour le moins étrange : confier le développement de la définition des perturbateurs endocriniens à l'EFSA", dénonce le RES.

"On va demander à l'EFSA de se prononcer sur un phénomène dont elle ne reconnaît pas la réalité", résume Yannick Vicaire, chargé de mission au RES. De fait, l'EFSA considère toujours que les risques d'une exposition à de faibles doses du plus répandu des perturbateurs endocriniens, le bisphénol A, ne sont pas prouvés. Et ce à rebours des avis de sociétés savantes ou des agences de sécurité sanitaire française et danoise.

En dépit, aussi, d'une accumulation d'indices toujours plus probants et nombreux : plusieurs centaines d'études convergentes ont à ce jour été publiées en ce sens.

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