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25/10/2012

Pollution industrielle et santé

lu sur :

http://www.lemonde.fr/sante/article/2012/10/25/la-pollution-fait-autant-de-ravages-sur-la-sante-que-le-paludisme_1780288_1651302.html

La pollution industrielle fait autant de ravages sur la santé que le paludisme

Le Monde.fr | 25.10.2012 à 12h02 • Mis à jour le 25.10.2012 à 13h51

Par Audrey Garric

L'exploitation minière, les fonderies de plomb, décharges industrielles et autres sites toxiques affectent la santé de quelque 125 millions de personnes dans 49 pays à faible et moyen revenus. Une pollution industrielle dont l'ampleur et les conséquences sur la santé humaine sont encore méconnus, mais comparables avec celles du paludisme ou de la tuberculose, estime le rapport World's worst pollution problems, publié mercredi 24 octobre par l'ONG Blacksmith Institute en partenariat avec la Croix verte internationale.

L'enquête a passé au crible, pendant quatre ans, l'impact sur la santé publique des polluants industriels les plus répandus – plomb, mercure, chrome, amiante –, rejetés dans l'air, l'eau et le sol de 2 600 sites répartis dans la plupart des régions du monde.

Tous sont connus pour causer de graves dommages à l'homme. Selon le rapport, qui reprend des études de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le plomb compromet ainsi, entre autres effets néfastes, le développement neurologique des enfants et provoque des maladies cardio-vasculaires chez les adultes. Le chrome, classé cancérigène, peut causer des cancers du poumon (*) s'il est inhalé. Le mercure endommage quant à lui les reins et affecte le développement neurologique chez les enfants. Enfin, l'amiante est responsable de mésothéliomes, de cancers du poumon et d'autres problèmes pulmonaires.

17 MILLIONS D'ANNÉES DE VIE PERDUES

Pour quantifier les effets de ces polluants sur les populations, le rapport a utilisé l'indicateur AVCI (Années de vie corrigées de l'incapacité, "Disability-Adjusted Life Years", en anglais), qui mesure les années de vie en parfaite santé qui ont été perdues, en effectuant la somme des années de vie potentielles perdues en raison d'une mortalité prématurée et des années productives perdues en raison d'incapacités. Les AVCI, utilisées notamment par l'OMS, permettent de comparerentre eux les différents types de risques pour la santé publique, en tenant compte à la fois de la gravité et de la durée d'une maladie donnée.

Résultat : 17 millions d'AVCI ont été attribuées aux polluants industriels. Un impact comparable, selon le rapport, avec celui des maladies les plus dangereuses au monde, à savoir le paludisme (14 millions d'AVCI), la tuberculose (25 millions) et lesida (29 millions).

"Nos chiffres sont toutefois probablement sous-estimés, dans la mesure où la plupart des effets sur la santé connus ou présumés sont impossibles à quantifier, faute de données démographiques et de capacités d'échantillonnage suffisantes dans de nombreux pays ou encore d'accès aux sites pollués", prévient le rapport.

"Même si elle touche au moins 125 millions de personnes, la pollution demeure l'un des problèmes mondiaux les moins bien connus, déplore le Dr Stephan Robinson, spécialiste des pollutions à la Croix verte internationale, lors d'une conférence de presse. A juste titre, du temps et de larges ressources sont consacrés à s'attaquer au fardeau des maladies telles que la tuberculose et le paludisme. Mais ces actions des autorités locales et internationales éclipsent l'attention accordée aux sites toxiques, qui contribuent grandement à la mauvaise santé de lapopulation mondiale."

Un impact confirmé par l'OMS, qui estime que les pollutions environnementales contribuent à 19 % de l'incidence du cancer dans le monde et sont responsables de 1,3 million de décès chaque année.

LE RECYCLAGE DES BATTERIES, PIRE POLLUTION

Dans le détail, le rapport de Blacksmith a classé les dix industries les plus toxiques en fonction du nombre d'années de vie perdues :

1) Le recyclage des batteries au plomb (4,8 millions d'AVCI perdues).
2) La fusion du plomb (2,6 millions).
3) Les mines et le traitement des minerais (2,5 millions).
4) Les opérations de tannerie (1,93 million).
5) Les décharges de déchets industriels et ménagers (1,23 million).
6) Les zones industrielles (1,06 million).
7) L'exploitation minière artisanale de l'or (1,021 million).
8) La fabrication de produits industriels (électroniques, batteries ou encore revêtements métalliques) (786 000).
9) La fabrication de produits chimiques (765 000).
10) L'industrie textile (430 000).

Portées par la demande toujours plus importante de produits technologiques, essentiellement dans les pays développés, ces industries sont en croissance. La production mondiale de plomb a ainsi augmenté de 10 % l'an dernier, à 4,5 millions de tonnes, essentiellement en Chine, en Inde et au Mexique.

"Des quantités croissantes de plomb sont recyclées. Mais souvent, le recyclage est réalisé dans des installations non contrôlées ou mal maîtrisées, de manière informelle, parfois même chez les habitants, ce qui fait du retraitement du plomb un problème majeur dans de nombreux pays", explique Stephan Robinson.

"L'exploitation minière, qui augmente sous l'effet de la hausse de la demande mondiale, a aussi beaucoup d'impact, poursuit l'expert. L'extraction des métaux des minerais nécessite des processus chimiques polluants, qui rejettent d'importants volumes de boues toxiques et de métaux lourds. Or, souvent, les populations extraient les métaux sans aucune protection, pieds et mains nus." Et de préciser : "Aujourd'hui, il existe des équipements techniques modernes pour se protéger de ces pollutions, mais ils sont chers. Ils ne sont donc utilisés que dans les pays développés."

PAYS EN DÉVELOPPEMENT

Ce sont au final les pays en développement qui payent le plus lourd tribut de cette pollution industrielle. "Dans ces pays, il y a moins de normes et de contrôles pourlimiter la pollution, notamment des entreprises les plus petites, qui produisent pour des marchés locaux, assure John Keith, directeur des opérations de Blacksmith.Ces gens ont besoin de gagner de l'argent. S'ils sont pauvres, ils feront ce qu'il faut pour gagner de l'argent et ce, au détriment de leur santé."

"En dépit du poids sur la société de la pollution industrielle, très peu de ressources sont allouées à la prévention et à l'assainissement des sites pollués. Les pays en développement ont besoin du soutien de la communauté internationale pourconcevoir et mettre en œuvre des actions de nettoyage, améliorer lestechnologies de contrôle de la pollution, et éduquer les travailleurs de ces industries et les populations concernées", conclut le rapport.

Audrey Garric

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mon commentaire :

(*) Il faut boycotter les éthylotests : ils contiennent du chrome.

De plus ils sont forcément inefficaces.

Leur usage est destiné à prévenir le conducteur qu'il est trop saoul pour conduire.

Un conducteur saoul qui aurait le bon sens de ne pas conduire le ferait même sans éthylotest.

Et les autres, ceux qui ne sont pas raisonnables ou trop imbibés pour avoir du bon sens n'en tiendraient pas compte.

voir :

Les éthylotests usagés sont-ils une menace pour la santé publique ?

www.lemonde.fr/.../les-ethylotests-usages-sont-ils-une-menace-pour-l...
14 août 2012 – Les 60 millions d'éthylotests et leur chrome cancérigène ... Les éthylotests à usage unique contiennent pourtant du chrome VI, ou chrome ...

http://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2012/08/14/les-ethylotests-usages-sont-ils-une-menace-pour-la-sante-publique_1745146_3208.html

Les 60 millions d'éthylotests et leur chrome cancérigène

LE MONDE | 14.08.2012 à 18h34

Par Thiphaine Honoré

Que faut-il faire des éthylotests usagés ? La question du traitement de ces équipements devenus, depuis le 1er juillet, obligatoires à bord des véhicules, a été posée par l'association Robin des Bois. Les fabricants préconisent de les jeter simplement à la poubelle.

Les éthylotests à usage unique contiennent pourtant du chrome VI, ou chrome hexavalent, substance chimique nocive pour l'environnement et la santé humaine. C'est une substance cancérigène, mutagène et reprotoxique, qui peut égalementprovoquer différents troubles et allergies.

Robin des Bois s'inquiète des risques de pollution des eaux superficielles et souterraines engendrés par la mise en décharge des éthylotests usagés. Brûlés, ceux-ci chargeraient les fumées des incinérateurs en chrome. A raison de deux millièmes de gramme par éthylotest et de 60 millions d'unités mises sur le marché, la quantité de chrome VI à traiter serait d'environ 120 kg par an.

Le principal fabricant français d'éthylotests, Contralco, leader du marché hexagonal avec plus de la moitié des ventes, estime que son produit a un impact environnemental négligeable, citant une étude commandée à l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris). "De plus, au contact de l'air, le chrome VI se transforme en chrome III, bien moins dangereux", assure Guillaume Neau, directeur du marketing.

En juillet, le président de Robin des Bois, Jacky Bonnemains, a adressé àDelphine Batho, ministre de l'écologie, une lettre déplorant "l'absence de modalité de gestion en fin de vie des éthylotests". Il y appelait notamment à la création d'une filière de responsabilité élargie du producteur (REP), financée par les fabricants, importateurs et distributeurs d'éthylotests, afin d'organiser la collecte et l'élimination des équipements usagés.

Déchets diffus

La réponse du cabinet de Delphine Batho a été immédiate : plutôt que d'envisagerla mise en place d'une nouvelle filière, difficile à justifier d'un point de vue économique, le ministère a indiqué "réfléchir" à la possibilité d'intégrer les éthylotests dans la filière REP des déchets diffus spécifiques (DDS) des ménages, créée début 2012, qui concerne des produits comme les solvants, les colles, les diluants ou les extincteurs. Contralco n'est pas opposé à cette solution, à condition que "tout le monde joue le jeu". Sous-entendu : les importateurs d'éthylotests fabriqués à l'étranger.

Jacky Bonnemains se dit satisfait de la réponse du ministère mais reste prudent :"La filière des DDS n'est pas encore complètement opérationnelle. Il faudra vérifier sa capacité d'absorption des éthylotests", estime-t-il.

Cette solution ne pourra pas être opérationnelle avant plusieurs mois. De plus, elle nécessitera que le consommateur apporte les éthylotests usagés dans des points de collecte prévus à cet effet, ce qui est loin d'être gagné...

Cela sans compter qu'à partir de 2015, le règlement européen Reach sur les substances chimiques obligera les fabricants d'éthylotests à se passer de chrome. Une occasion de repenser la fin de vie du nouveau meilleur ami de l'automobiliste ?

Thiphaine Honoré

 

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