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16/11/2012

La Palestine, clef de la paix mondiale (suite)

lu sur :

http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/Monde/Israel-et-Gaza-les-motifs-d-une-escalade-_EG_-2012-11-15-876440

Israël et Gaza, les motifs d'une escalade

L’armée israélienne mène depuis mercredi 14 novembre une offensive militaire intense contre le Hamas.        

15/11/12 - 17 H 14 mis à jour le 15/11/12 - 19 H 11

L’opération militaire, lancée en riposte à des tirs de Gaza, survient en pleine campagne électorale israélienne et alors que l’Autorité palestinienne tente d’acquérir un nouveau statut aux Nations unies.

Soutenue par les États-Unis, l’offensive d’Israël met l’Égypte en délicate position.

L’opération s’appelle « Pilier de défense » . Lancée depuis mercredi 14 novembre, elle est considérée la plus importante offensive israélienne depuis quatre ans contre la bande de Gaza, où le Hamas est au pouvoir. Les raids aériens ont entraîné la mort de 15 Palestiniens et fait 150 blessés, selon un bilan hier après-midi. Côté israélien, trois civils ont été tués hier par un tir de roquette. Explication sur les risques d’un nouvel engrenage de la violence.

Pourquoi Israël frappe Gaza maintenant ?

Trop, c’est trop. Pour Israël, le seuil de tolérance aux attaques des groupes armés palestiniens de Gaza a été franchi samedi. Ce jour-là, après une longue série d’attentats à l’explosif et de tirs à l’arme automatique, une roquette a grièvement blessé un officier israélien. L’État hébreu y a riposté par des raids aériens ponctuels, suivis de tirs de roquettes.

Comme toujours, ce nouveau cycle de violences semblait devoir conduire à une trêve négociée par l’Égypte. « L’affaire est close »,  avait même déclaré mardi 13 un ministre israélien. Simple écran de fumée, car l’aviation israélienne a décapité le Hamas mercredi 14 en éliminant son chef militaire, Ahmed Jaabari.

Dans la foulée, l’aviation et la marine ont bombardé et détruit la plupart des roquettes Farj-5 du Hamas. Ces engins, de fabrication iranienne, d’une portée de 75 km, pouvaient atteindre Tel-Aviv et sa région. « Ils constituaient une menace stratégique »,  a justifié le ministre de la défense, Ehoud Barak. Ce coup est aussi indirectement porté au régime de Téhéran, qui comptait sur cet arsenal du Hamas dans le cadre de sa riposte à une éventuelle attaque israélienne contre ses sites nucléaires.

Benyamin Netanyahou a par ailleurs opportunément choisi de lancer son opération militaire, à deux mois et demi des élections législatives israéliennes. Il profite d’un consensus national, car l’opinion est excédée par les tirs incessants de roquettes depuis douze ans qui paralysent régulièrement la vie d’un million d’habitants de la région sud d’Israël. La campagne électorale devait porter surtout sur les questions économiques et sociales. 

Or, les tensions sécuritaires ont historiquement toujours profité à la droite. Et devant les heurts avec Gaza ces dernières semaines, l’État hébreu peut aisément justifier aux yeux de la communauté internationale d’une riposte musclée.

On peut aussi penser que cette escalade militaire n’est pas étrangère à la demande que projette de faire le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, le 29 novembre prochain, devant l’assemblée générale des Nations unies, pour rehausser l’actuel statut d’observateur de la Palestine à celui d’« État non-membre ».  

L’offensive pourrait être un message d’avertissement du premier ministre israélien à Mahmoud Abbas. Alors que bombes et missiles tombent sur la population palestinienne, il sera plus difficile au président Abbas de faire sa demande de nouveau statut onusien. En tournée à cette fin en Europe, le chef de l’Autorité palestinienne devait rentrer hier précipitamment en Cisjordanie.

Pourquoi son statut à l’ONU importe-t-il tant à l’Autorité palestinienne ?

En 2011, la demande de reconnaissance de l’État palestinien, devant le Conseil de sécurité de l’ONU, avait été arrêtée par les pressions de certains membres du Conseil de sécurité, en particulier par la menace des États-Unis d’opposer leur veto.

Cette fois-ci, rien ne peut arrêter la demande devant l’assemblée générale des Nations unies : il n’existe pas de droit de veto possible devant cette assemblée et les Palestiniens sont assurés d’obtenir une large majorité des voix. Le statut d’« État non-membre »  donnerait à l’Autorité palestinienne le droit de déposer une plainte devant la Cour internationale de justice contre, entre autres, les colonies, jugées illégales par cette cour .

Ligne rouge à ne pas dépasser pour l’État hébreu, l’ONU est la dernière carte que détient le président palestinien, par ailleurs très affaibli politiquement. La perte de contrôle du territoire de Gaza, les récentes élections législatives, boycottées par le Hamas – qui n’ont guère mobilisé les Palestiniens de Cisjordanie –, et la situation économique catastrophique en Cisjordanie l’ont fragilisé. Toutes ses tentatives de relance des négociations avec Israël se sont heurtées à un refus implacable de Benyamin Netanyahou. Le dirigeant palestinien n’est guère aidé, non plus, par la communauté internationale, lasse de ce dossier. Et Mahmoud Abbas ne croit pas que Barack Obama, réélu à la Maison-Blanche, pourra faire avancer le processus de paix en panne avec Israël.

Enfin, le déplacement de l’émir du Qatar à Gaza le 23 octobre dernier a été ressenti comme une profonde humiliation pour celui censé représenter tous les Palestiniens et tenu à l’écart de cette visite inédite.

Pourquoi le Hamas a-t-il pris le risque d’une reprise du conflit ?

Le mouvement islamiste, au pouvoir à Gaza, ne contrôle pas toutes les factions militaires qui agissent sur ce territoire palestinien. La plupart des tirs de roquettes en provenance de l’enclave palestinienne sont dus à d’autres organisations, dont le Djihad islamique et des groupes salafistes. Le Hamas ne s’attendait pas à cette escalade. Lundi dernier, plusieurs mouvements palestiniens de la bande de Gaza, y compris le Djihad islamique, avaient indiqué qu’ils étaient prêts à observer une trêve avec Israël, qui a répondu qu’il allait étudier la question.

Quelle ampleur peut prendre l’offensive israélienne ?

« Nous voulons restaurer le calme dans nos agglomérations de la région sud », a assuré Ehoud Barak. Les objectifs assignés à ses troupes sont limités : réduire le potentiel militaire du Hamas, affaiblir sa direction, renforcer les capacités dissuasives d’Israël. Il n’est question ni de réoc cu per la bande de Gaza, ni de renverser le Hamas au pouvoir dans la région. Tout bombardement erroné faisant des victimes civiles collatérales risquerait de déboucher sur un désastre diplomatique, comme ce fut le cas lors de l’opération « Plomb durci », il y a quatre ans. 

L’armée israélienne a toutefois mobilisé des centaines de réservistes d’unités spéciales. Elle n’écarte pas une opération terrestre d’envergure qui pourrait à nouveau l’engluer dans l’enclave palestinienne. Benyamin Netanyahou a averti hier qu’Israël prendrait « toute action nécessaire » pour se défendre.

Comment réagit la communauté internationale ?

Dès mercredi soir, l’ambassadrice américaine auprès des Nations unies, Susan Rice, a affirmé le soutien ferme des États-Unis à l’État hébreu en riposte aux attaques, qualifiées de « brutales » du Hamas. Le président Barack Obama s’est entretenu avec le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, et avec le président égyptien. Le Caire a condamné l’opération israélienne, qui place le nouveau pouvoir égyptien dans une position délicate .

Au-delà de l’Égypte, c’est l’ensemble des pays arabes, en particulier le Qatar, qui réprouvent l’offensive d’Israël. La Ligue arabe doit réunir d’urgence demain les ministres des affaires étrangères de l’organisation panarabe.

De son côté, la France a appelé « à la désescalade et à la retenue », tout en reconnaissant à Israël un « droit à se défendre ». « Israël bien sûr a droit à se défendre mais on n’arrive à rien en pratiquant un regain de violence. Les Palestiniens ont droit à un État, il faut répéter cela et Israël a droit à la sécurité mais ce n’est pas par la violence qu’on peut régler les problèmes », a commenté le ministre français des affaires étrangères, Laurent Fabius, hier sur RTL JOËL DAVID (à Jérusalem), SÉBASTIEN MAILLARD et AGNÈS ROTIVEL (à Beyrouth)

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