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04/12/2012

ASSAD / NÉTANYAHOU - même combat ?

Le rapprochement des informations récentes sur le proche-orient permettent de se poser la question.

L'information sur la Syrie va-t-elle mettre dans l'ombre l'information sur la Palestine et contribuer à la ré-élection de Nétanyahou ?

La Syrie assemblerait des composants d'armes chimiques                     

Israël multiplie les représailles contre les Palestiniens

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La Syrie assemblerait des composants d'armes chimiques

http://www.liberation.fr/monde/2012/12/03/la-syrie-assemblerait-des-composants-d-armes-chimiques_864903

3 décembre 2012 à 21:57 (Mis à jour: 4 décembre 2012 à 07:47)
 
Libération

Le président américain Barack Obama a menacé lundi de «conséquences» son homologue syrien Bachar al-Assad s’il faisait usage d’armes chimiques, un responsable américain affirmant que Damas était en train de mélanger les composants nécessaires à la militarisation du gaz sarin.

 
 

Sans que l’on sache si la décision est liée, l’ONU a annoncé qu’elle suspendait ses opérations en Syrie en raison de la dégradation de la sécurité, un mouvement suivi par l’Union européenne qui a décidé de réduire sa délégation au minimum.

«Plusieurs indices nous laissent penser qu’ils sont en train de mélanger des précurseurs chimiques», a révélé un responsable américain, évoquant le gaz sarin et donnant corps aux mises en garde américaines tout au long de la journée.

Barack Obama a pris à témoin Al- Assad. «Le recours à des armes chimiques est et serait totalement inacceptable. Si vous commettez l’erreur tragique d’utiliser ces armes, il y aura des conséquences et vous en répondrez», a prévenu le président américain lors d’une allocution à Washington.

A Prague, la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton a adressé un «avertissement très sévère» aux dirigeants syriens. Les Etats-Unis sont «inquiets à l’idée qu’un régime de plus en plus assiégé (...) réfléchisse à l’utilisation d’armes chimiques contre les Syriens», a renchéri le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney. Pour Washington, l’utilisation d’armes chimiques constituerait le franchissement d’une «ligne rouge».

Le gaz sarin est un puissant neurotoxique qui provoque une paralysie complète puis la mort. Ses précurseurs chimiques sont stockés séparément pour éviter tout accident, le fait de les mélanger constitue une étape vers sa militarisation.

La Jordanie, frontalière de la Syrie, a jugé par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Nasser Judeh, en visite à Washington, que l’usage de ces armes «changerait la donne» et provoquerait une intervention internationale.

Mais Damas a aussitôt «réaffirm(é) qu’elle ne fera pas usage de ce genre d’armes, si elle en possède, contre son peuple», selon une source au ministère des Affaires étrangères citée par l’agence de presse officielle Sana.

Sur le terrain, l’ONU «va suspendre ses missions dans le pays jusqu'à nouvel ordre» et retirer son «personnel non essentiel» de Syrie, a déclaré son porte-parole Martin Nesirky. Même chose pour l’Union européenne, qui a «décidé de réduire ses activités à Damas à leur minimum».

Le régime peut tomber «à n’importe quel moment»

Selon Irin, l’agence de presse de l’ONU, les Nations unies ont aussi suspendu tous les déplacements en dehors de Damas et retiré certaines agences de la ville d’Alep (nord), théâtre de combats entre l’armée et les rebelles. «La situation sécuritaire est devenue extrêmement difficile, y compris à Damas», a expliqué Radhouane Nouicer, coordinateur de l’aide humanitaire en Syrie, cité par Irin.

Après 20 mois de violences, le secrétaire général de la Ligue arabe Nabil al-Arabi a estimé que le régime syrien pouvait tomber «à n’importe quel moment». 

A lire aussi : le reportage de notre envoyé spécial à Alep

Les combats se sont de fait étendus récemment aux abords de l’aéroport de Damas, où les vols ont dû être suspendus, et les liaisons téléphoniques et internet ont été interrompues pendant 48 heures. L’artillerie et l’aviation syriennes ont bombardé les quartiers sud de Damas et sa banlieue, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), proche de l’opposition, et un chasseur MiG a été abattu.

Le journal syrien proche du pouvoir, Al-Watan, avait promis dimanche «l’enfer» à ceux qui songeraient à attaquer Damas. Lundi, il faisait état de nouvelles «opérations de qualité de l’armée» qui a tué de nombreux «terroristes».

A la lisière de la Turquie, au moins 12 personnes, dont huit rebelles jihadistes, ont été tués dans un raid aérien à Ras al-Aïn, selon l’OSDH, qui a dénombré pour lundi 86 morts dont 32 civils, 32 rebelles et 22 soldats. L’OSDH a recensé plus de 41 000 morts depuis mars 2011.

Sur le plan diplomatique, le président russe Vladimir Poutine a condamné depuis Istanbul le déploiement prévu en Turquie de missiles sol-air Patriot de l’Otan. Depuis des mois, la Russie a systématiquement mis son veto à tout projet de résolution du Conseil de sécurité de l’ONU condamnant la Syrie.

L’Otan doit répondre favorablement dans les prochains jours à la demande d’Ankara, alarmée des débordements de la guerre sur son territoire. Lundi encore, des avions de chasse turcs ont été dépêchés vers la frontière, après un raid de l’aviation de Damas sur une localité tenue par les rebelles.

(AFP)

 

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Israël multiplie les représailles contre les Palestiniens

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2012/12/03/israel-multiplie-les-represailles-contre-les-palestiniens_1799040_3218.html

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LE MONDE | 03.12.2012 à 12h31 Par Laurent Zecchini (Jérusalem, correspondant)

S'il persistait, le doute est dissipé : les dirigeants israéliens ont pris le risque d'une confrontation politique majeure avec les Palestiniens, coupables à leurs yeux d'avoir obtenu de l'Assemblée générale des Nations unies le statut d'Etat observateur non membre pour la Palestine. Ce faisant, Israël prend aussi celui d'une tension diplomatique avec plusieurs pays européens, en particulier la France et la Grande-Bretagne, qui devaient coordonner, lundi 3 décembre, une réplique commune aux intentions israéliennes.

Après avoir décidé, le 30 novembre, à titre de représailles, une relance spectaculaire de la colonisation en Cisjordanie, le gouvernement Nétanyahou a franchi un cran supplémentaire, dimanche, en annonçant le blocage du transfert du produit des taxes et droits de douane qu'il perçoit chaque mois pour le compte de l'Autorité palestinienne.

Une somme de 460 millions de shekels (92,7 millions d'euros), qui devait être versée en décembre, sera retenue, afin de rembourser une dette palestinienne à la compagnie nationale d'électricité (dont le montant total serait de 140 millions d'euros), a indiqué Youval Steinitz, ministre des finances israélien, lors du conseil des ministres, alors que le premier ministre, tout en confirmant la décision de construire 3 000 nouveaux logements en Cisjordanie, tenait des propos très offensifs envers les Palestiniens.

NOUS BÂTISSONS ET NOUS CONTINUERONS À BÂTIR À JÉRUSALEM

"La réponse à l'attaque contre le sionisme et contre l'Etat d'Israël doit nous conduire à augmenter et à accélérer la mise en œuvre des plans de construction dans toutes les zones où le gouvernement a décidé de bâtir", a souligné M. Nétanyahou, en citant l'un de ses prédécesseurs, Yitzhak Rabin, en 1975. Après cette justification, il a ajouté : "Aujourd'hui, nous bâtissons et nous continuerons à bâtir à Jérusalem et dans tous les lieux qui sont inscrits sur la carte des intérêts stratégiques de l'Etat d'Israël."

Ce gel du reversement des fonds est comparable à la décision d'octobre 2011, lorsque Israël avait sanctionné l'admission de la Palestine à l'Unesco par la non-rétrocession de 59,8 millions d'euros de recettes fiscales et l'annonce de la construction de 2 000 logements. La "carte des intérêts stratégiques" évoquée par M. Nétanyahou fait référence à la zone dite "E-1", comprise entre Jérusalem-Est et le bloc de colonies de Maalé Adoumim, où, selon le quotidien Haaretz, il est prévu de construire 4 000 autres logements, un projet immobilier qui prendrait le nom de Mevasseret Adoumim.

Cette dernière décision revêt un caractère hautement stratégique, dans la mesure où elle créerait une continuité territoriale israélienne à l'est de Jérusalem, coupant de facto la Cisjordanie et rendant improbable la viabilité d'un Etat palestinien. Le gouvernement israélien a précisé avoir donné son feu vert pour l'étape de la "planification" dans cette zone, laquelle précède celle de la construction proprement dite. Cette précision est en général apportée par Israël pour tenter d'atténuer les critiques internationales liées à une relance de la colonisation.

"Nous en sommes aux procédures préliminaires, le projet peut être gelé ou arrêté à n'importe quel moment. A ce stade, le premier ministre a voulu envoyer un message fort aux Palestiniens et, bien sûr, les réactions des Européens étaient prévisibles", précise un haut diplomate israélien. La zone "E-1" représente une ligne rouge pour nombre de pays européens et pour les Etats-Unis. Paris et Londres ont réagi, dimanche, avec une fermeté inhabituelle.

PARIS ET LONDRE ENVISAGENT UNE RÉPLIQUE SANS PRÉCÉDENT

Alors que le ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, a estimé qu'une telle "nouvelle zone de colonisation" "saperait la confiance nécessaire à la reprise du dialogue" (avec les Palestiniens), son homologue britannique, William Hague, a indiqué que ce projet "saperait la réputation internationale d'Israël". Les deux pays ont protesté auprès du ministère des affaires étrangères israélien par le biais de leurs ambassadeurs respectifs, alors que l'Allemagne, les Pays-Bas et l'Union européenne ont effectué des démarches similaires.

Paris et Londres devaient continuer leur concertation lundi pour envisager une "réaction vigoureuse". Selon des sources diplomatiques, celle-ci pourrait aller jusqu'au rappel "pour consultation" de leurs ambassadeurs en Israël, ce qui représenterait une réplique sans précédent pour des pays européens. Pour cette raison, d'autres mesures sont étudiées, comme la reconnaissance diplomatique formelle, sur le plan bilatéral, de l'Etat de Palestine, une option qui n'est pas liée à la reconnaissance par l'Assemblée générale de l'ONU.

A Ramallah, où siège l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, de retour de New York, a reçu un accueil triomphal. "Maintenant, nous avons un Etat !", s'est-il exclamé. Comme les Européens, les Palestiniens soupèsent une éventuelle réplique aux décisions israéliennes. Celle-ci pourrait prendre la forme d'une demande d'adhésion à la Cour pénale internationale, une décision qui pourrait entraîner les relations israélo-palestiniennes dans un engrenage imprévisible.

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