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11/01/2013

Aspartame : bénéfice ? / risque ?

mon commentaire : l'article du Monde a un titre particulièrement rassurant ... mais il faut lire attentivement pour voir que le "sans danger" est discutable.

lu sur :

http://www.lemonde.fr/sante/article/2013/01/11/l-agence-sanitaire-europeenne-juge-l-aspartame-sans-danger_1815593_1651302.html

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L'agence sanitaire européenne juge l'aspartame sans danger

LE MONDE | 11.01.2013 à 11h53 • Mis à jour le 11.01.2013 à 14h22 Par Stéphane Foucart

La controverse autour de l'innocuité de l'aspartame est à la mesure de son utilisation par l'industrie agroalimentaire : considérable. L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a ajouté, mardi 8 janvier, sa contribution au débat en publiant la version préliminaire de l'évaluation que lui a demandé la Commission européenne.

Pour l'EFSA, les données ne justifient ni un retrait de cet additif sucrant, ni une révision de la dose journalière admissible (DJA) aujourd'hui fixée à 40 milligrammes par kilo de poids corporel et par jour (mg/kg/d). Le dossier de l'aspartame est pollué depuis de nombreuses années par les lourds soupçons de biais, voire de fraude, qui pèsent sur les premières études industrielles menées dans les années 1970 et sur la foi desquelles l'édulcorant a obtenu sa première autorisation, aux Etats-Unis.

Le "brouillon" rendu public par l'EFSA reste soumis aux commentaires des ONG, des industriels ou de la communauté scientifique. Ce n'est qu'au terme de cette consultation publique que l'agence de Parme (Italie) devrait rendre, au printemps, un avis définitif sur l'édulcorant. 

CERTAINES TUMEURS N'AURAIENT PAS ÉTÉ BIEN DIAGNOSTIQUÉES

A l'origine, ce dernier ne devait être réévalué qu'en 2020, mais la grande publicité donnée ces dernières années à plusieurs études a conduit Bruxelles à demander aux experts européens un changement de calendrier. Entre 2006 et 2010, trois études de longue durée menées sur le rat et la souris ont suggéré des effets cancérogènes de l'aspartame. Les trois publications étaient issues de l'Institut Ramazzini (Bologne, Italie).

Le panel de l'EFSA estime que des biais méthodologiques en rendent peu crédibles les résultats. En particulier, certaines tumeurs n'auraient pas été bien diagnostiquées. De plus, notent les experts européens, l'Environmental Protection Agency (EPA) américaine a estimé, de son côté, que parmi les effets relevés dans les trois études italiennes, certains pouvaient être dus à une infection des animaux, sans lien avec l'aspartame. Enfin, l'EFSA note que d'autres travaux, menés sur plusieurs espèces (rongeurs, chiens, etc.), n'ont pas non plus mis en évidence d'effets délétères.

Une étude danoise menée sur plus de 90 000 femmes enceintes avait aussi attiré l'attention. Publiée en 2011, elle suggérait un accroissement de 78 % et 29 % du risque d'accouchement prématuré pour les femmes consommant plus de quatre boissons, respectivement gazeuses et non gazeuses, contenant des édulcorants.

UN RISQUE POUR LES FEMMES ENCEINTES 

Cependant, l'EFSA met en avant une autre étude de même ampleur, menée en Norvège et publiée en 2012, qui suggère "une association bien plus faible, à peine discernable". L'agence européenne reconnaît toutefois un risque pour les femmes enceintes atteintes de phénylcétonurie (l'incapacité à dégrader la phénylalanine issue de l'aspartame).

"En médecine, on considère toujours la balance bénéfice-risque lorsque l'on prescrit à un patient une molécule de synthèse, conteste Laurent Chevallier, nutritionniste attaché au CHU de Montpellier (Hérault) et responsable de la Commission alimentation du Réseau environnement santé (RES). Dans un avis récent, l'Agence française de sécurité sanitaire a clairement conclu qu'il n'y avait pas de bénéfices à la consommation de l'aspartame pour la femme enceinte... Il ne reste donc qu'une chose : le risque."

De fait, l'opinion de l'EFSA ne porte que sur l'évaluation toxicologique de l'édulcorant et ne se prononce pas sur ses bénéfices présumés – en particulier la réduction de prise de poids. Le terme "bénéfice", d'ailleurs, n'apparaît pas dans les quelque 250 pages de l'opinion provisoire rendue publique par l'EFSA.

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voir aussi sur ce blog les notes suivantes :

9/1/2013Les dangers de l'aspartame

12/3/2012 :Conflits d’intérêts à...

17/11/2011 : Aspartame et grossesse

18/8/2011 : Lobbying pro-OGM:... 24-01-2011 - Edulcorants : le doute persiste quant aux effets sur la santé 
Célèbre édulcorant artificiel intense, l'aspartame (APM) est présent dans plus de 6 000 produits, les enfants et les femmes comptant parmi les principaux utilisateurs. Selon Réseau Environnement Santé ...

29/6/2011: Aspartame et santé (suite) 

2/6/2011Aspartame et santé

02/4/2009 : Édulcorant chimique et santé

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