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15/01/2013

Un train de 7,37 t de déchets nucléaires en provenance d'Italie aujourd'hui et demain

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/01/15/france-les-antinucleaires-contre-un-convoi-de-dechets-radioactifs_1817032_3244.html

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France : les antinucléaires contre un convoi de déchets radioactifs

LE MONDE | 15.01.2013 à 10h46 Par Rémi Barroux

Un train de 7,37 t de déchets nucléaires en provenance d'Italie doit traverser la France, mardi 15 et mercredi 16 janvier, jusqu'au terminal de Valognes (Manche), pour rejoindre le site de retraitement de la Hague. La date d'arrivée précise n'a pas encore été communiquée par Areva, chargé du retraitement des combustibles usés. Une chose est sûre, deux wagons dits "Castor" ont quitté le terminal ferroviaire de Vercelli, au nord-est de Turin, lundi, à 23 h 43.

Le long périple de ce convoi "à risques", selon le réseau Sortir du nucléaire, qui, aidé du syndicat Sud-Rail, piste le train, doit lui faire traverser seize départements et contourner, notamment, la région parisienne en passant par la Marne, l'Aisne, la Somme puis la Seine-Maritime, jusqu'à la Manche.

Cette absence d'information a incité les antinucléaires à déposer un "référé-liberté" devant le tribunal de Cergy-Pontoise pour "suspendre les opérations de transport de combustibles usés ". Pour l'avocat du réseau, Benoist Busson, "les citoyens doivent être mis au courant de ce transport dangereux". "C'est écrit dans la Charte de l'environnement et c'est le principe d'information du public qui a valeur constitutionnelle", précise Me Buisson.

"RISQUES GRAVES POUR L'ORDRE ET LA SÉCURITÉ PUBLICS"

Si l'article 7 de la charte prévoit ce droit à l'information, le tribunal a néanmoins décidé, vendredi 11 janvier, de ne pas donner suite à la demande des antinucléaires. Il a considéré que "les informations relatives au trajet retenu et aux horaires de passage de tels transports ne sont pas communicables, eu égard aux risques graves pour l'ordre et la sécurité publics, lesquels constituent également un principe de valeur constitutionnelle".

Les opposants avancent un autre argument. "Ces transports de combustibles italiens cachent de fait un stockage à la Hague illégal", dit Laura Hameaux, porte-parole de Sortir du nucléaire. L'Autorité de sûreté nucléaire avait pointé l'ambiguïté de l'accord ratifié par les Etats français et italien en mai 2007. Elle considérait que les délais prévoyant la réception des combustibles entre 2007 et 2015, puis leur réexpédition entre 2020 et 2025, n'étaient "pas justifiés techniquement".

L'ITALIE N'A PAS ENCORE CONSTRUIT DE CENTRE DE STOCKAGE

Pour Areva, ce calendrier est conforme. "Sur les 235 tonnes de combustibles à retraiter, nous en avons déjà réceptionné 200 t, déclare un porte-parole de la société. Aujourd'hui, il n'y a pas encore eu de retour de déchets ultimes vers l'Italie, mais ils sont prévus dans sept à douze ans."

Problème, l'Italie n'a pas encore construit de centre de stockage, d'où le scepticisme des antinucléaires. "Est interdit en France le stockage de déchets radioactifs ainsi que celui des déchets radioactifs issus du traitement de combustibles usés en provenance de l'étranger", dit l'article L.542-2 du Code de l'environnement. L'Italie a jusqu'à fin 2018 pour présenter un calendrier du retour de ses déchets nucléaires. 

Veolia se lance dans la dépollution nucléaire

Veolia Environnement et le Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) ont signé, mardi 15 janvier, un accord de "collaboration dans le domaine de l'assainissement-démantèlement des sites nucléaires".

L'objectif est de faire du numéro un mondial des services liés à l'environnement un acteur majeur de la dépollution des installations nucléaires, qu'elles soient en activité ou mises à l'arrêt.

Affaibli par la crise économique, qui met à mal ses métiers traditionnels (gestion de l'eau, traitement des déchets, etc.), Veolia entend mettre l'accent sur ses activités industrielles, et notamment celles liées au traitement des pollutions difficiles.

Déjà présent à Cadarache (Bouches-du-Rhône), où il traite les effluents des installations du CEA, le groupe français est également intervenu au côté d'Areva pour décontaminer l'eau de la centrale nucléaire de Fukushima, au Japon, après le tsunami de mars 2011.

L'industrie du nucléaire

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