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16/01/2013

La Palestine et la droite israélienne

lu sur :

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2013/01/09/un-etat-palestinien-serait-un-suicide-national-selon-naftali-bennett_1814554_3218.html

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Un Etat palestinien serait un "suicide national" selon Naftali Bennett

LE MONDE | 09.01.2013 à 14h52 Par Laurent Zecchini (Jérusalem, correspondant)

Curieuse campagne électorale... Les Israéliens votent pour élire un nouveau Parlement dans deux semaines, le 22 janvier, et les débats sur des questions que l'on pourrait croire essentielles - l'avenir de ce qui fut le processus de paix avec les Palestiniens, la menace nucléaire iranienne - sont quasi inexistants. Les candidats concentrent leur énergie sur les querelles de personnes et les manoeuvres d'appareil, avec une même obsession : les sondages ; partant, les chances de chacun de participer au prochain gouvernement.

Une lueur cependant, mardi 8 janvier, dans cette grisaille politicienne : un débat sur la "politique étrangère" (un curieux terme pour parler des Palestiniens), organisé à l'Université hébraïque de Jérusalem. Il n'avait pas échappé aux participants que la tentative - vieille de vingt-quatre heures - des formations centristes pour former un front anti-Benyamin Nétanyahou (le premier ministre israélien) avait sombré, la veille au soir, dans un concours d'accusations acrimonieuses entre Tzipi Livni, qui conduit la liste du parti Hatnuah ("Le mouvement"), Shelly Yacimovich, qui dirige le Parti travailliste, et Yaïr Lapid, chef de Yesh Atid ("Il y a un futur"). Mais les orateurs se conformèrent cependant à l'agenda du jour.

"UNE VIE ÉPOUVANTABLE POUR DEUX CENTS ANS"

La vedette fut, bien sûr, Naftali Bennett, qui incarne le parti nationaliste religieux Habayit Hayehoudi ("Le foyer juif") et qui caracole dans les sondages en doublant sur sa droite M. Nétanyahou sur la question de la colonisation, et aussi par son intransigeance sur la question palestinienne.

Inquiet de perdre des voix dans la clientèle électorale des colons, le premier ministre s'est rendu mardi – pour la première fois en quatre ans – dans un avant-poste isolé (et illégal) de la colonisation en Cisjordanie, à Rechelim, près d'Ariel.

Alors que le chef du gouvernement continue, sans convaincre, à se déclarer partisan d'un Etat palestinien, M. Bennett plastronne en se définissant comme "le seul candidat qui n'en veut pas", du tout. La raison ? "Israël commettrait un suicide national, car c'est le seul moyen de nous assurer une vie épouvantable pour deux cents ans ! Je ne veux pas, a-t-il proclamé, que mes quatre enfants vivent sous la menace constante des Palestiniens." Une autre raison ? "Un Etat [palestinien] sera libre d'ouvrir ses portes à 5 millions de réfugiés palestiniens, et ce sera, pour Israël, une situation irréversible."

"RENFORCER SALAM FAYYAD"

Le plan de M. Bennett est simple : dans la partie de la Cisjordanie qui serait laissée aux Palestiniens et où est concentrée la majorité de la population (moins de 40 % du territoire), il prône une continuité territoriale, cette entité étant soit autonome, soit rattachée à la Jordanie. A la tribune, Isaac Herzog, l'un des chefs de file du Parti travailliste, n'était évidemment pas d'accord. Il faut revenir le plus vite possible aux négociations avec les Palestiniens, "élever le statut de leur Etat, renforcer Salam Fayyad [premier ministre palestinien], parce que l'effondrement de l'Autorité palestinienne serait une catastrophe pour Israël", a-t-il souligné.

Tzahi Hanegbi, un cacique du Likoud (le parti de M. Nétanyahou), pense aussi qu'un Etat palestinien est la moins mauvaise des solutions, sauf que les Palestiniens ne doivent pas se faire d'illusions : "Nous n'accepterons jamais le droit au retour" (des réfugiés), pas plus que "le retour aux frontières de 1967". De toute façon, l'essentiel est ailleurs : "Le problème stratégique crucial d'Israël, c'est la menace iranienne", estime cet ancien président de la commission des affaires étrangères et de la défense de la Knesset (le Parlement).

Tel était aussi l'avis de Naftali Bennett et de Yaakov Peri, porte-parole de Yesh Atid, ce dernier estimant toutefois que les Etats-Unis "doivent conduire l'offensive [militaire contre l'Iran], et non Israël". Sans se concerter, les quatre candidats sont tombés d'accord sur un point. Interrogés sur la capacité nucléaire d'Israël, tous ont répondu qu'ils ne voyaient pas de quoi il était question...

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Politique en Israël

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