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17/01/2013

Françafrique

Une émission qu'on peut sans doute encore trouver sur internet :

Pièces à conviction
« Biens mal acquis profitent toujours : enquête sur un pillage d’Etats »
France 3, 23 h 10.

Depuis trois ans, la justice française mène une enquête inédite sur le détournement de fonds publics blanchis en France par trois dirigeants africains et leur famille. C’est l’affaire dite des « biens mal acquis » qui vise feu Omar Bongo (Gabon), Denis Sassou Nguesso (Congo) et Teodoro Obiang Nguema (Guinée-Equatoriale). A l’origine de fortes turbulences avec les Etats concernés, l’enquête dirigée par les juges Le Loire et Grouman a connu des développements spectaculaires avec, notamment, une saisie géante, avenue Foch, à Paris, dans une propriété somptueuse appartenant au clan Obiang. Il a fallu pas moins d’une semaine aux policiers pour la mener à bien.

Dans sa propre enquête, entamée il y a plus de trois ans, la journaliste Magali Serre ne se contente pas de résumer les tenants et aboutissants de cette affaire hors norme. Elle verse de nouvelles pièces au dossier. Ainsi fait-elle témoigner en Suisse un ancien administrateur et conseiller personnel de Teodorin Obiang, le fils du président de Guinée-Equatoriale, dont le train de vie — de Malibu à Paris — fait le bonheur des joailliers et couturiers de renom. A visage découvert, cet homme de l’ombre raconte les frasques du rejeton et révèle une partie des circuits financiers lui permettant de mener grand train. Autre témoignage de première main, celui d’un ancien membre de la direction de Bouygues et ex-associé de Vincent Bolloré, aujourd’hui en conflit avec ce dernier : Jacques Dupuy-Dauby. Désireux sans doute de régler quelques comptes, il raconte, documents à l’appui, comment la famille Bongo a « acquis » partiellement, et pour son plus grand profit, un bien d’Etat : la société gérant les ports et rades du Gabon.

Dans ce reportage, on croise aussi une galerie haute en couleurs d’avocats. William Bourdon, l’un des artisans-clés de la plainte en cours d’instruction à Paris. Mais aussi Eric Dupont-Moretti, qui défend la famille Bongo et reprend à son compte la traditionnelle critique de cette action en justice : celle des « gentils Blancs » qui, mus par un réflexe colonialiste, feraient la leçon aux « méchants » dirigeants noirs… En montrant la misère du Gabon, dans ses tréfonds, mais aussi à Libreville, et surtout en donnant la parole aux Gabonais qui sont les premiers à dénoncer la confiscation des richesses de leur pays, Magali Serre tord le cou à ce discours cynique et, en définitive, à côté de la plaque.

Paru dans Libération du 16 janvier 2013

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