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26/01/2013

Pétrole en mer : il faut se méfier de Londres

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/01/24/londres-veut-des-regles-a-minima-pour-le-petrole-offshore_1822040_3244.html

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Londres veut des règles a minima pour le pétrole offshore

LE MONDE | 24.01.2013 à 12h54 • Mis à jour le 24.01.2013 à 12h56 Par Eric Albert - Londre, correspondance 

Depuis deux ans, le Royaume-Uni met tout en oeuvre pour réduire la portée des nouvelles règles européennes de sécurité pour les plates-formes pétrolières en mer, qui sont en cours de négociation. Le Monde a eu accès à une série de documents confidentiels, dans lesquels Londres expose sa position : les textes montrent une volonté systématique d'adoucir l'impact de la nouvelle directive, qui est en cours de finalisation.

Si bien que celle-ci ne changera finalement pas grand-chose sur le terrain : "Le projet de directive actuel est très similaire à ce qui se fait déjà au Royaume-Uni", se félicite Malcolm Webb, le directeur de Oil and Gas UK, l'association regroupant les producteurs britanniques d'hydrocarbures.

Le besoin de règles de sécurité renforcées s'est fait sentir après la marée noire dans le golfe du Mexique en 2010. Craignant qu'une telle catastrophe puisse arriver en Europe, les législateurs ont décidé d'introduire des normes paneuropéennes pour les plates-formes offshore. Jusqu'à présent, l'encadrement n'était que national.

 
 

Les pays producteurs, Royaume-Uni en tête, tout en affirmant leur soutien au processus, se sont alors lancés dans un travail de lobbying intensif. "Les négociateurs britanniques sont ultra-actifs, faisant du zèle à tous les niveaux", se plaint une source proche des discussions.

ABOLIR L'EXTRA-TERRITORIALITÉ

Au Parlement européen, Londres a réussi à verrouiller les négociations : si le rapporteur de la commission industrie, qui examine le dossier, est belge, trois des quatre "rapporteurs fictifs" (qui suivent le sujet pour les différentes couleurs politiques) sont britanniques. Une situation rarissime. Londres veut notamment mettre fin à l'une des mesures les plus ambitieuses des nouvelles règles : l'extraterritorialité. En clair, les normes s'appliqueraient aux entreprises européennes dans le monde entier. Il ne serait plus possible d'utiliser des standards sérieux en mer du Nord mais de les relâcher dans le golfe du Niger, par exemple.

Une telle décision aurait un énorme impact, notamment sur l'Arctique. Cela forcerait les compagnies pétrolières à prendre de très importantes précautions dans leurs nouvelles explorations. Inacceptable, pour les Britanniques, qui craignent que cela n'affaiblisse la compétitivité des entreprises européennes. Le 8 janvier, dans un document de négociation, le gouvernement britannique demandait la suppression pure et simple de cet article.

Dans le même document, Londres s'insurgeait contre une autre proposition, qui force les entreprises à prendre en compte le "délai de réponse" en cas de marée noire dans des zones difficiles. Dans des coins reculés de la mer du Nord par exemple, suivant les vagues et le vent, il peut se passer plusieurs semaines avant de pouvoir envoyer une équipe d'intervention.

Mais les Britanniques répliquent que l'inclusion du "délai de réponse" n'est pas nécessaire, car le pétrole "peut être efficacement dispersé par le vent et l'action des vagues et que c'est en tant que tel une forme efficace de réponse".

Le Royaume-Uni n'est pas seul dans sa lutte contre les nouvelles règles. La Norvège, qui n'est pas membre de l'Union Européenne (UE) mais applique ses directives, est également très active, de même que le Danemark et les Pays-Bas.

Mais, en tant que premier pays producteur de pétrole et de gaz offshore dans l'UE, grâce à la mer du Nord, le Royaume-Uni joue un rôle clé. Il semble en passe de réussir : la directive, qui devrait être adoptée en avril, est désormais loin du projet initial.

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