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31/01/2013

La bataille de Notre-Dame-des-Landes continue sur le terrain économique

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/01/31/des-chefs-d-entreprise-expriment-leur-opposition-au-projet-d-aeroport-de-notre-dame-des-landes_1825156_3244.html

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Des chefs d'entreprise expriment leur opposition au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes

LE MONDE | 31.01.2013 à 10h54 Par Rémi Barroux

La bataille de Notre-Dame-des-Landes continue et c'est sur le terrain économique que défenseurs et opposants au projet de nouvel aéroport prévu à une vingtaine de kilomètres au nord de Nantes s'affrontent. Mercredi 30 janvier, deux témoignages contradictoires issus du monde de l'entreprise ont été rendus publics pour faire valoir la "nécessité" ou "l'inutilité" du remplacement de l'actuelle plate-forme aéroportuaire de Nantes-Atlantique par le projet d'Aéroport du Grand-Ouest (AGO), filiale de Vinci Airports.

Le président de la chambre de commerce et d'industrie (CCI) de Loire-Atlantique, Jean-François Gendron, reçu par la Commission du dialogue, a vanté les "intérêts d'un tel projet d'infrastructure, notamment pour le développement économique du territoire". "Le nouvel aéroport accroîtra la zone de chalandise de plus de 15 %, la construction de la nouvelle plate-forme représentera plus de 4,5 millions d'heures de travail", a-t-il plaidé.

A l'inverse, les opposants ont rendu public la lettre ouverte adressée au président de la République par un chef d'entreprise, Jean-Marie Ravier, basé à Ancenis. N'hésitant pas à appeler François Hollande "cher camarade", ayant partagé en même temps que lui les bancs de Sciences Po à Paris, M. Ravier propose "l'éclairage d'un chef d'entreprise de la région nantaise". "Un chef d'entreprise sait ce qu'est un compte d'exploitation et il ne mettrait jamais un euro dans Notre-Dame-des-Landes", avance-t-il.

LE RISQUE D'UN DÉPART DES COMPAGNIES À BAS COÛT

Pour M. Ravier, l'augmentation prévisible de la taxe d'aéroport, nécessaire pour couvrir les frais de construction, se traduira par un départ des compagnies à bas coût et le passage "sous le seuil des trois millions de passagers annuels" de Notre-Dame-des-Landes. "Or, ce low cost favorise l'activité et la compétitivité des entreprises régionales", écrit notamment M. Ravier.

Le dirigeant de Mécan'outil, entreprise d'une quarantaine de salariés qui fabrique des outillages pour les menuiseries d'aluminium, dont de 30 % à 40 % du chiffre d'affaires sont réalisés à l'export, est plutôt isolé dans sa contestation publique. "Certains de nos financements dépendent des banques et de la région, et cette dernière comme Vinci, qui a le bras long, sont des fervents défenseurs du projet, confie M. Ravier. L'ensemble du tissu économique local est fortement incité à soutenir Notre-Dame-des-Landes."

A l'appui de ses dires, il exhibe la "lettre type à envoyer à la commission d'enquête" proposée à l'été 2012 par la CCI de Loire-Atlantique aux chefs d'entreprise du département. Ils n'avaient plus qu'à compléter la phrase : " est vivement attendu par les entreprises de la région et notamment par (...) que je représente".

"L'AÉROPORT ACTUEL EST LARGEMENT SUFFISANT"

Une démarche assumée par le patron de la CCI. "Quand on est chef d'entreprise, on n'a pas toujours le temps pour ces démarches et beaucoup nous demandaient de leur donner des arguments", explique M. Gendron. Mais, assure-t-il, les soutiens sont réels et vont au-delà du département. La CCI régionale de Bretagne a voté à l'unanimité, en décembre 2012, une motion de soutien au futur aéroport.

"La grande majorité de la population est favorable, déclare encore Alain Mustière, président de l'Association citoyenne pour la réalisation d'un aéroport international à Notre-Dame-des-Landes (Acipran). Il y a trois cents altermondialistes et cinq agriculteurs qui s'opposent et, peut-être, des personnes qui s'interrogent, qui ont peur d'investir et préfèrent le repli."

Au sud de Nantes, sur les terres vendéennes, le doute, voire l'hostilité, s'expriment. Le président du Medef de Vendée, Philippe Bellante a annoncé, le 21 décembre 2012 dans Ouest-France, qu'il s'opposera au projet si un nouveau pont sur la Loire n'est pas construit "en même temps". Le vice-président de Fleury-Michon estime, titre personnel", que "l'aéroport actuel est largement suffisant", en attendant d'autres équipements routiers et ferroviaires.

Le projet d'aéroport "ne peut se faire que si, dans le même temps, nous disposons d'infrastructures routières dont le deuxième pont sur la Loire", résume le président de la CCI de Vendée, Joseph Moreau. Une "approche égoïste" pour M. Gendron, son homologue de Loire-Atlantique.

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sur le même sujet :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/01/19/notre-dame-des-landes-des-divisions-se-font-jour-au-sein-des-partis-politiques_1819450_3244.html

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Notre-Dame-des-Landes : des divisions se font jour au sein des partis politiques

LE MONDE | 19.01.2013 à 11h23 • Mis à jour le 19.01.2013 à 11h24 

Par Rémi Barroux - Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), envoyé spécial

Le soutien de la grande majorité des élus locaux de Bretagne au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes se fissure. Reçus mardi 15 janvier par la Commission du dialogue, installée par le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, les quatre élus de Loire-Atlantique de l'Union démocratique bretonne (UDB) ont plaidé en faveur du projet : "Le transfert de l'aéroport actuel vers Notre-Dame-des-Landes rééquilibrera le territoire français en contrebalançant le poids démesuré de la région parisienne", ont défendu Hervé Carro, Pierre Even, Michel François et Jacques Lebreton de Vonne, conseillers municipaux de Savenay, Nantes, Saint-Herblain et Indre.

Mais à côté de ces élus du mouvement régionaliste, de nombreux militants du mouvement, notamment l'"UDB jeunes", ont participé à la manifestation du 17 novembre 2012 dans le bocage nantais, aux côtés des dizaines de milliers d'opposants. "L'UDB est partagée, ce qui m'interdit de défendre une position", reconnaît Mona Bras, porte-parole du parti.

UN PONT SUR LA LOIRE

L'UDB n'est pas la seule à afficher ses divergences. Le Parti communiste aussi est divisé : la fédération de Loire-Atlantique y est favorable, mais celles de la Vendée et de la Sarthe sont contre. La présence de Jean-Luc Mélenchon, du Parti de gauche, à la manifestation du 17 novembre, a aussi révélé les divergences au sein du Front de gauche.

Les socialistes, pour l'heure, restent groupés derrière le gouvernement. Surtout au niveau local avec un président de région, Jacques Auxiette, très actif dans sa défense du projet. Mais la commission agricole du PS 44 a soutenu la grève de la faim des agriculteurs hostiles au futur aéroport, au printemps 2012. Et, disent les opposants, certains responsables socialistes commenceraient à douter de la pertinence du projet et de son coût éventuel, économique et politique.

Certains élus craindraient de voir leurs propres projets emportés par les dépenses nécessaires à la réalisation de l'aéroport, notamment lors des décisions du futur Schéma national des infrastructures de transport. Ainsi, le président (PS) du conseil général du Finistère, Pierre Maille, favorable au projet, exige d'abord des garanties sur la ligne à grande vitesse entre Brest et Paris. Le président (UMP) du conseil général de la Vendée, Bruno Retailleau, qui réclame un pont sur la Loire, affirme que si celui-ci "n'est pas construit, la Vendée s'opposera au nouvel aéroport".

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Bataille contre l'aéroport Notre-Dame-des-Landes

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