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09/02/2013

Politique, Corruption, Italie, Algérie, Pétrole

lu sur :

http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/02/08/le-geant-petrolier-eni-mis-en-cause-dans-une-affaire-de-pots-de-vin_1829064_3234.html

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Le géant pétrolier ENI mis en cause dans une affaire de pots-de-vin

LE MONDE | 08.02.2013 à 12h15

Par Philippe Ridet - Rome, correspondant

Après le scandale de la banque Monte dei Paschi de Sienne, dont les dirigeants sont soupçonnés d'avoir maquillé des pertes par des opérations sur produits dérivés, l'Italie a-t-elle rendez-vous avec le scandale ENI ?

Jeudi 7 février, le parquet de Milan a ouvert une enquête pour "corruption internationale" visant le directeur général du géant énergétique, Paolo Scaroni, dans le cadre d'une affaire de pots-de-vin versés au gouvernement algérien et à la société Sonatrach. Les bureaux de l'Eni et le domicile milanais de M. Scaroni ont été perquisitionnés.

Pour s'adjuger huit contrats de travaux dans les projets de gazoduc Medgaz et du gisement Menzel Ledjmet Est, évalués à 11 milliards de dollars (8,2 milliards d'euros), ENi et sa filiale d'ingénierie Saipem (détenue à hauteur de 42,93 %) auraient versé à une société de Hongkong, Pearl Partners Limited – appartenant elle-même à un intermédiaire, Farid Noureddine Bedjaoui –, la somme de 197 millions d'euros. Et ce, afin "d'arroser" des membres du gouvernement algériens et des dirigeants de la Sonatrach. M. Scaroni aurait participé à au moins une rencontre avec M. Bedjaoui.

PREMIERS SOUPÇONS DE CORRUPTION EN ALGÉRIE

En décembre 2012, des premiers soupçons de corruption en Algérie avaient entraîné les démissions du vice-président de la Saipem, Pietro Franco Tali, du directeur financier, Alessandro Bernini, et du responsable de la branche Ingénierie et constructions, Pietro Varone. La semaine dernière, le titre de la société s'est effondré de près de 35 % à la Bourse de Milan après qu'elle eut averti que son résultat 2012 serait inférieur aux attentes, et que l'année 2013 demeurerait "difficile" avant un rebond espéré en 2014.

Selon les enquêteurs, M. Varone était un acteur central des relations entre Pearl Partners et Eni. Son ex-épouse est associée de M. Bedjaoui, et ce dernier était partenaire de M. Varone dans une société agricole. Homme d'affaires, intermédiaire et neveu de l'ex-ministre des affaires étrangère algérien, M. Bedjaoui se faisait fort de pouvoir jouer de son influence pour convaincre le ministre de l'énergie algérien, Chakib Khelil, d'accorder à la société pétrolière italienne les marchés convoités, quitte à graisser la patte à quelques politiciens et cadres.

Une gorge profonde du parquet de Milan, cité par la presse italienne qui publie ses propos, a déclaré aux magistrats : "En 2007, j'ai appris de M. Varone que Chakib Khelil et M. Bedjaoui s'étaient rencontrés. Il appelait le premier "le vieux" et le second "le jeune". M. Varone les a également vus à cinq reprises", dont une fois, dans un palace parisien, en compagnie de M. Scaroni et du responsable de l'ENI pour l'Afrique du Nord, Antonio Vella.

Dans un communiqué diffusé jeudi, ENI et son directeur général se disent "étrangers " aux enquêtes visant les activités de la Saipem en Algérie. Ils rappellent que, lorsque les soupçons se sont portés sur la société d'ingénierie fin 2012, ils ont exigé une "rupture" dans le management de la Saipem, traduite par la mise à l'écart des cadres incriminés. "L'ENI, conclut le communiqué, a fourni et fournira une coopération maximale à l'enquête."

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sur le même sujet, lu sur :

http://www.elwatan.com/actualite/italie-algerie-l-eni-rattrape-par-des-pots-de-vin-08-02-2013-202561_109.php

Italie-Algérie : l'ENI rattrapé par des pots-de-vin

Le tout puissant numéro un du groupe pétrolier italien est au centre d’une enquête pour corruption qui concerne l’Algérie. Hier, les enquêteurs ont ordonné la perquisition du bureau  et du domicile de Paolo Scaroni, ce qui a provoqué l’effondrement du titre de l’ENI en Bourse

Rome de notre correspondante

Pour s’adjuger les mégaprojets de Medgaz et de MLE, le groupe pétrolier italien aurait versé des pots-de-vin, pour un total de 197 millions de dollars, à des responsables du gouvernement algérien, à des dirigeants de Sonatrach et à de nombreux intermédiaires, dont le neveu de l’ancien ministre des Affaires étrangères, Mohamed Bédjaoui. Ayant créé une société-écran, Pearl Partners Limited, basé à Hong Kong, Farid Noureddine Bédjaoui, aurait joué un rôle-clé dans les négociations permettant aux Italiens de décrocher la transaction de 11 milliards de dollars. En strict contact avec l’épouse du directeur du département d’engineering et construction de Saipem (filiale de l’ENI), Pietro Varoni (suspendu de ses fonctions), Farid Noureddine Bedjaoui, qui est aussi actionnaire dans une société agricole de Varoni, aurait servi d’intermédiaire précieux aux Italiens en leur présentant des ministres algériens et des dirigeants de Sonatrach.

Le directeur général de l’ENI aurait assisté au moins à une réunion de haut niveau entre les deux délégations, qui se serait tenue à Paris, en présence du ministre de l’Energie, à l’époque Chakib Khelil. Les enquêteurs espèrent trouver des preuves accablant Scaroni, d’où les perquisitions opérées hier, dans ses bureaux à Rome et à Milan, ainsi que dans sa villa, bien que sa responsabilité soit engagée même sans cela, en vertu de la loi 231 italienne qui établit la responsabilité des dirigeants dans les affaires de corruption. Cette nouvelle est venue troubler, en pleine campagne électorale, les marchés financiers italiens.

Le 24 février prochain, le pays devra voter son nouveau Parlement sur fond de crise économique. De nombreux scandales financiers ont été révélés, ces derniers jours, par la presse italienne, mettant en cause tantôt les gouvernements de gauche, tantôt ceux de droite qui se sont succédé. Les juges de Milan avaient déjà ouvert une enquête pour corruption qui met en cause les dirigeants de la société Saipem, très présente en Algérie, mais cette fois c’est le groupe pétrolier lui-même qui se trouve dans l’œil du cyclone. Paolo Scaroni, l’homme de l’ancien président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, est aux commandes de l’ENI depuis huit ans, et ses détracteurs l’accusent d’avoir fait le jeu de Berlusconi, notamment dans les affaires conclues avec les Russes. Vladimir Poutine étant un ami intime de Silvio.

Une amitié qui aurait coûté cher au Trésor italien car El Cavaliere avait tendance à soigner ses propres affaires plutôt que celle du groupe étatique. Selon des experts italiens des questions pétrolières, Scaroni «n’arriverait pas à la cheville» d’Enrico Mattei, fondateur de l’ENI et qui a payé de sa vie son engagement à défendre les intérêts italiens sans pour cela exploiter les jeunes nations productrices de pétrole et de gaz.

Nacéra Benali

08:31 Publié dans Corruption | Lien permanent | Commentaires (0)

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