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19/02/2013

Qui est pour les farines animales ?

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/02/19/concert-d-indignation-en-france-sur-le-retour-des-farines-animales_1834755_3244.html

Concert d'indignation en France sur le retour des farines animales

Le Monde.fr avec AFP | 19.02.2013 à 10h32 • Mis à jour le 19.02.2013 à 12h29 

Ministres, députés, syndicats professionnels et associations de consommateurs dénoncent la décision européenne d'autoriser l'alimentation des poissons avec des farines de porcs et de volaille.

Un concert d'indignation a suivi, en France, l'annonce par la Commission européenne, le 14 février, que les poissons d'élevage pourraient à nouveau être nourris avec des farines de porcs et de volailles à compter du 1er juin. Ce mode d'alimentation avait été totalement interdit dans l'Union européenne en 2001, après cinq années de crise de la "vache folle" due à une épizootie d'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB).

Lire (édition abonnés) :  UE : le retour des farines animales sème le trouble (ci-dessous *)

Le gouvernement a rapidement pris ses distances avec cette décision, rappelant que la France avait voté contre son adoption au mois de juillet 2012. C'est une mesure qui "tombe mal", a estimé dès vendredi 15 février le ministre français de l'agroalimentaire, Guillaume Garot.

La ministre de l'écologie, Delphine Batho, a appelé, dimanche 17 février, à la création d'un label "sans farine animale" pour informer les consommateurs, estimant que "ce n'est pas dans la logique de la chaîne alimentaire que de donner de la viande à manger à des poissons". Pour Mme Batho, "c'est la même logique d'absurdité financière" que pour la viande de cheval. "Il est très important que la filière piscicole française s'organise pour qu'il y ait un label "sans farine animale" qui puisse faire son apparition sur les étalages, pour dire aux consommateurs français : le poisson que vous achetez n'a pas été nourri avec de la viande."

UNE "TRIPLE ERREUR"

Le ministre français de l'agriculture, Stéphane Le Foll, a abondé dans son sens. "On va s'organiser", a-t-il assuré lors de l'émission radio-télévisée Le Grand Jury sur RTL et LCI. "Sans remettre en cause la décision européenne, la France peut très bien faire en sorte, avec un label, qu'on n'utilise pas" les farines animales, a expliqué le ministre.

Lundi 18 février, c'est le président de la commission du développement durable de l'Assemblée nationale, Jean-Paul Chanteguet (PS), qui s'est élevé contre la décision de Bruxelles, la qualifiant de "triple erreur", "sanitaire", "environnementale" et "éthique". D'un point de vue "environnemental", cet élu de l'Indre a souligné que "ce n'est pas en nourrissant les poissons avec des volailles et des porcs – ce qui ne s'observe à aucun moment ni à aucun endroit de la chaîne alimentaire de notre planète – que l'on résoudra le problème" consistant à trouver des substituts aux farines de poissons actuellement utilisées.

De son côté, la première organisation agricole, la FNSEA, s'est dite hostile à la réintroduction des farines animales dans l'alimentation des poissons d'élevage si elle n'est pas très encadrée. "Nous ne sommes pas favorables à un retour, comme ça, sans condition ; il faudra vraiment expertiser de manière très, très précise", a déclaré son président, Xavier Beulin mardi 19 février sur France Info, rappelant que l'alimentation des animaux d'élevage par farine animale, à l'origine du scandale de la vache folle, avait provoqué en 1996 un "traumatisme qui a beaucoup marqué nos concitoyens, à juste titre". "Il faudra mettre là toute la prudence nécessaire (...), tous les contrôles", a souligné M. Beulin.

"CONTREPRODUCTIVE ET INOPPORTUNE"

Plus virulente, la Confédération de la boucherie "s'indigne" de cette décision. "Une fois de plus, Bruxelles cède aux pressions de l'industrie agroalimentaire. Cette même industrie qui n'hésite pas à frauder pour augmenter ses profits et ainsi bafouer la confiance du consommateur", dénonce son président, Christan Le Lann.

Même tonalité chez les associations de consommateurs. CLCV dénonce une mesure "contreproductive et inopportune" alors que "la confiance des consommateurs est au plus bas". "Nous maintenons que ces matières premières, interdites suite à la crise de la vache folle, auraient dû le rester", écrit l'association dans un communiqué, rappelant que Bruxelles souhaite à terme étendre cette autorisation aux élevages de porcs et de volailles. "L'urgence n'est pas d'alléger les mesures de sécurité sanitaire mais d'examiner comment les renforcer", selon la CLCV, qui réclame "un audit global et transparent sur la traçabilité et les contrôles alimentaires en Europe afin d'en identifier les failles".

L'association Familles Rurales, opposée elle aussi à cette mesure, demande à ce que des contrôles soient automatiquement réalisés : "Il convient de veiller à l'impossibilité de nourrir des poissons d'élevage avec des protéines animales issues de ce même poisson d'élevage", estime-t-elle. Familles Rurales prône également la mise en place d'un étiquetage obligatoire "exhaustif et lisible" stipulant si le poisson a été nourri ou non avec ces farines.

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les surlignages sont de moi 

Les "protéines animales transformées" (PAT):

(*) 

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http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/02/16/ue-le-retour-des-farines-animales-seme-le-trouble_1833740_3244.html

UE : le retour des farines animales sème le trouble

Le Monde.fr | 16.02.2013 à 10h45 

Par Laurence Girard et Philippe Ricard (à Bruxelles)

Les farines de porc et de poisson pourront nourrir les poissons d'élevage en Europe dès le 1er juin. Cette annonce faite par Bruxelles, jeudi 14 février, alors que le scandale de la viande de cheval vendue comme de la viande de bœuf s'étend en Europe, a provoqué de vives réactions. La nouvelle ne pouvait pas tomber plus mal pour les promoteurs du retour des farines animales dans les élevages européens.

Publiée au Journal officiel de l'Union européenne cette semaine, la décision d'autoriser les farines de porc et de poulet pour l'élevage des poissons n'est pas nouvelle. Elle a été prise le 18 juillet 2012 par les représentants des Vingt-Sept, sur proposition de la Commission européenne. Trois Etats, la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni, s'y étaient opposés pour des raisons d'ordre politico-éthiques.

L'utilisation des farines animales pour les ruminants avait été interdite en 1997 en raison des risques de contamination par l'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), la "maladie de la vache folle". L'interdiction avait été étendue en 2001 aux aliments destinés à tous les animaux de consommation, dont les poissons.

ÉVITER LE CANNIBALISME

Les instances européennes, Commission en tête, ont considéré que l'interdiction totale en place depuis plus de dix ans était disproportionnée, au regard des risques encourus. "Le risque de transmission de l'ESB entre des non-ruminants est négligeable, dans la mesure où le cannibalisme est évité" (**), fait-on savoir à Bruxelles. Les risques sont considérés comme d'autant plus mineurs que la maladie de la vache folle est quasiment éteinte: à peine 28 cas ont été identifiés en 2012, sur quelque 40 millions de têtes de bétail adulte.

Par mesure de précaution, seules les farines issues de non-ruminants seront autorisées, et un dispositif de contrôle, par le biais de tests ADN, sera mis en place. Par ailleurs, seules les parties propres à la consommation humaine seront utilisables pour l'alimentation animale. Ainsi, on ne parle plus de "farines de viandes et d'os", mais de "protéines animales transformées" (PAT). "Les poissons sont omnivores, et certains, comme les saumons, sont même carnivores", explique Frédéric Vincent, le porte-parole du commissaire chargé de la santé et de la protection des consommateurs, Tonio Borg.

Un argumentaire peu convaincant pour certains écologistes. "On n'a encore jamais vu des poissons s'attaquer à des porcs ou à des volailles", avance le député européen Vert José Bové. "Rien n'empêche, si on réintroduit les farines animales dans l'alimentation, qu'elles se retrouvent demain utilisées pour des animaux auxquels elles ne sont pas destinées." Le député européen demande un étiquetage spécifique "Nourri avec" ou "sans farines animales". Il appelle le gouvernement français à exiger la suspension de la mesure et promet, dans le cas contraire, d'appeler au boycottage des poissons d'élevage dès le 1er juin 2013.

PROTÉINES BON MARCHÉ

Après les poissons, la Commission entend proposer de réintroduire l'utilisation des farines animales pour les volailles et les porcs. Le "cannibalisme" étant désormais interdit, les volailles ne pourront être nourries qu'avec de la farine de porc, et inversement. Mais cette autorisation ne devrait pas intervenir avant 2014, selon un porte-parole de l'exécutif communautaire.
Les industriels et les agriculteurs, qui ont fait du lobbying à Bruxelles pour que les farines animales soient à nouveau autorisées, espèrent ainsi accéder à des sources de protéines bon marché. "Les pays d'Europe du Sud, en particulier l'Espagne, sont très demandeurs, car le cours du soja est au plus haut", estime Jean-Michel Serres, éleveur et président de la Fédération nationale porcine.

"Les industriels de l'alimentation animale souhaitent avoir accès aux PAT pour réduire les coûts. Mais c'est un leurre économique. A terme, le prix des protéines animales pourrait s'aligner sur le cours du soja", affirme au contraire Pierre Brosseau, éleveur de porcs et membre de la Confédération paysanne. "Les fabricants d'aliments pour animaux pensent que c'est intéressant de pouvoir choisir entre différentes sources de protéines pour arbitrer en fonction de l'évolution des prix et d'avoir ainsi une souplesse de formulation des produits", explique Olivier Andrault, de l'association de consommateurs UFC-Que choisir.

Quoi qu'il en soit, les grands industriels sont prêts. Comme Saria, par exemple, filiale du groupe allemand Rethmann, présent dans l'équarrissage et l'exploitation des sous-produits des abattoirs. Il vend aujourd'hui des protéines de poisson pour l'aquaculture et des PAT de porc et de volaille pour les fabricants de nourriture pour chiens et chats. Idem pour Glon Sanders, filiale de Sofiprotéol.

"HYPOCRISIE"

Les éleveurs sont aussi prêts à franchir le pas. "Il y a une forme d'hypocrisie, tout le monde veut bien en mettre mais sans être le premier", dit M. Brosseau, qui ajoute: "Pour ma part, je n'y serais pas opposé s'il y avait suffisamment de contrôles. Or si, pendant six mois, des industriels ont pu mettre de la viande de cheval à la place de la viande de bœuf, cela prouve qu'il y a une crise de la traçabilité." Même prudence chez M. Serres: "Il y a quelques jours, je vous aurais parlé d'opportunité ou de risque de distorsion de concurrence. Mais pour le moment, cela me paraît prématuré et maladroit d'expliquer cela aux consommateurs."

La suite donnée à la décision de la Commission européenne dépendra beaucoup de la sensibilité du consommateur à cette question. Pour M. Andrault, "il y a un risque d'image pour les filières d'élevage, avec la réintroduction des farines animales". Dans un communiqué publié vendredi 15 février, l'Association de l'aquaculture française s'est empressée de souligner que "les décisions qui seront prises par la filière ne se feront que sur la base d'un consensus sociétal et uniquement avec des garanties de traçabilité totale".

En octobre 2011, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) avait émis un avis négatif au retour des farines animales, estimant que "les conditions permettant une utilisation sécurisée des PAT ne sont pas à ce jour totalement réunies".

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VOIR AUSSI :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Prion_%28prot%C3%A9ine%29

Prion (protéine) - Wikipédia

Un prion est un type d’agent pathogène de nature protéique (constitué d’une protéine ayant adopté une conformation ou un repliement anormal) qui au contraire des agents infectieux conventionnels tels que les virus, les bactéries ou encore les parasites, est exempt d’acide nucléique (ADN et ARN) comme support de l’information infectieuse. Ce terme fut introduit pour la première fois en 1982 par Stanley Prusiner et correspond à l’acronyme de PRoteinaceous Infectious ONly particle (particule protéique infectieuse).

On distingue les prions de mammifères qui infectent l’homme et différentes espèces animales, des prions retrouvés chez les champignons comme chez Saccharomyces cerevisiae (levure de boulanger). Les prions de mammifères sont les agents causals responsables des encéphalopathies spongiformes transmissibles (EST) ou maladies à prion. Parmi les EST les plus connues, on peut citer chez l’homme, les différentes formes de la maladie de Creutzfeldt-Jakob, l’insomnie fatale familiale (IFF), le syndrome de Gerstmann-Sträussler-Scheinker (SGSS), le Kuru et chez l’animal, la tremblante du mouton et de la chèvre, l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), l’encéphalopathie spongiforme féline, l’encéphalopathie spongiforme du vison et le dépérissement chronique du cervidé (CWD pour Chronic Wasting Disease). L’ensemble de ces maladies se caractérise par une dégénérescence du système nerveux central (cerveau et moelle épinière) liée à la propagation ou multiplication des prions chez l’hôte infecté. D'un point de vue anatomo-pathologique, on observe ainsi au niveau de l'encéphale la formation de vacuoles (donnant un aspect spongieux au cerveau, d'où le nom de spongiforme dans EST), une mort des neurones, une gliose (multiplication des astrocytes et de la microglie) et l'accumulation d'une protéine de l'hôte, la PrPC, sous une conformation anormale (ou mal repliée) alors dénommée PrPSc.

Des prions atypiques, apparemment également pathogènes, mais probablement sporadiques, ont aussi été récemment découverts (publication 2011 par une équipe franco-espagnole [1]).

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(**)  Cannibalisme et stupidité ! Mon commentaire :

Les prions sont des protéines. Les troubles qu'ils provoquent résultent du fait qu'ils induisent des formes anormales chez certaines des protéines de l'organisme infecté.  À ma connaissance, il n'existe aucune étude prouvant que le "cannibalisme" est une condition nécessaire à la transmission de maladies à prions. C'est même une affirmation idiote ! Non seulement la barrière inter-espèce n'est pas prouvée mais il est connu la maladie de la vache folle peut se transmettre à l'homme, et réciproquement selon toute probabilité (mais on n'a pas donné de farines humaines aux vaches ...)

Les protéines se retrouvent dans tous les organismes vivants, animaux ou végétaux, de même que les prions. La barrière inter-règne ou inter-embranchement (végétal/animal; mammifère/poisson) n'est pas prouvée non plus. Il faut le savoir.

voir aussi :

http://www7.inra.fr/dpenv/vfol___8.htm   vache folle: ESB

 

Commentaires

Je suis contre les farines animales modifiéss!! Bientôt on mangera du faux pain ou boire du vin qui ressemble à du vin. Je vais commencer à changer mon alimentation et à manger des protéines végétales au moins je n'aurais pas de souci de santé

Écrit par : Je suis contre | 03/09/2014

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