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23/02/2013

Lutte contre la corruption ?

lu sur :

http://www.lemonde.fr/europe/article/2013/02/21/espagne-mariano-rajoy-promet-une-legislation-stricte-contre-la-corruption_1836046_3214.html

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Espagne : Mariano Rajoy promet une législation stricte contre la corruption

LE MONDE | 21.02.2013 à 12h02

Par Sandrine Morel - Madrid, correspondance

Mariano Rajoy a finalement répondu au vent d'indignation soulevé par la multiplication des affaires de corruption. Mercredi 20 février, à l'occasion du débat annuel sur l'état de la nation, le chef du gouvernement espagnol a annoncé devant les députés un vaste plan de lutte contre ce fléau. "La corruption est corrosive pour l'esprit civique, blesse la démocratie et discrédite l'Espagne", a déclaré le président du Parti populaire (PP, conservateur) avant de plaider pour un pacte entre toutes les forces politiques.

Le premier débat sur l'état de la nation de Mariano Rajoy depuis son élection, en novembre 2011, était très attendu. Ces quatorze derniers mois ont vu la crise économique s'aggraver, le pays retomber en récession (– 1,4 % du PIB en 2012) et le nombre de chômeurs augmenter de près de 900 000 pour atteindre les 6 millions (26 % de la population active). Les manifestations sont quotidiennes contre la politique d'austérité qui, comme l'a rappelé M. Rajoy, a permis d'économiser 21 milliards d'euros en 2012, au prix de coupes dans l'éducation, la santé ou les salaires des fonctionnaires.

S'y sont ajoutées une crise territoriale ouverte par le processus indépendantiste enclenché par le gouvernement nationaliste catalan et une crise institutionnelle liée à des affaires de corruption n'épargnant aucun parti ni aucune des plus hautes administrations de l'Etat. Le nom même de Mariano Rajoy apparaît dans la comptabilité secrète présumée de l'ancien trésorier du Parti populaire, Luis Barcenas, comme récepteur de "compléments de salaires" au noir durant onze ans. Autant de raisons qui présageaient un débat intense.

LES SOCIALISTES DÉNONCENT UNE "CRISE MORALE" 

D'abord réaliste, M. Rajoy s'est attardé dès ses premiers mots sur "la dramatique situation sociale et économique que traverse l'Espagne". Sur la défensive, il est revenu en détail sur l'héritage du précédent gouvernement socialiste, avant d'affirmer avoir "évité le naufrage qui menaçait notre pays". Il a ensuite voulu insuffler de l'optimisme en disant "voir le chemin de l'avenir dégagé". Et, finalement triomphaliste, il a déclaré, après avoir abordé ses différentes négociations en Europe (aide aux banques, budget européen), que "l'Espagne est un pays que l'on peut aider mais pas diriger". Phrase suivie d'une salve d'applaudissements venue des bancs du PP, qui dispose de la majorité absolue.

M. Rajoy n'a pas commenté l'affaire Barcenas ni répondu aux nombreuses interpellations sur ce sujet des opposants qui ont demandé sa démission, notamment le chef de file socialiste, Alfredo Perez Rubalcaba, qui a dénoncé la "crise morale" de l'Espagne.

"Il n'est pas vrai qu'en Espagne il y a une corruption généralisée", a insisté M. Rajoy, avant d'annoncer que les partis politiques, le patronat et les syndicats seront concernés par le projet de loi de transparence en cours de discussion parlementaire. Il a aussi proposé une loi de contrôle des finances des partis, une réglementation sur la publication des déclarations d'impôts et de patrimoine des élus, une échelle de rétribution et autres avantages, un registre des groupes d'intérêt et lobbies, ou encore un durcissement des peines pour corruption.

PEU DE TEMPS CONSACRÉ AUX TENSIONS AVEC LA CATALOGNE

Ce plan ambitieux fut l'annonce la plus importante d'un discours qui n'a, par ailleurs, apporté que peu de surprises, hormis l'assurance que le déficit de 2012 serait inférieur à 7 % du PIB, alors que l'objectif était de 6,3 %, et le lancement de mesures destinées à stimuler l'économie. Cette "seconde génération de réformes" consistera, "dans la mesure où les conditions le permettent", en une aide au financement bancaire de 32 milliards d'euros, un assouplissement du régime de TVA et des avantages fiscaux à l'embauche des jeunes.

M. Rajoy a consacré peu de temps aux tensions avec la Catalogne, essentiellement pour demander le respect de la Constitution, qui proclame "l'unité indissoluble" de l'Espagne, pour rappeler que seul l'Etat peut organiser un référendum et appeler au "droit des Catalans à être Espagnols et Européens". Le député de la droite nationaliste catalane, Josep Duran i Lleida, lui a répondu qu'il ne devait "pas avoir peur de la démocratie".

Pendant ce temps, au dehors, les salariés d'Iberia poursuivaient leur troisième jour de grève pour protester contre les 4 500 licenciements annoncés par la compagnie aérienne, le concours Miss España annonçait sa faillite, plusieurs centaines de juges manifestaient pour réclamer plus de moyens contre la corruption, et le secrétaire général du Parti socialiste catalan, Pere Navarro, demandait l'abdication du roi. Jeudi, le débat sur le piteux état de la nation devait continuer.

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sur le même sujet :

http://www.lemonde.fr/europe/article/2013/02/19/espagne-a-l-assaut-des-gouvernants_1834904_3214.html

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Espagne : à l'assaut des gouvernants !

LE MONDE | 19.02.2013 à 14h37 • Mis à jour le 19.02.2013 à 15h02

Par Cécile Chambraud et Sandrine Morel (à Madrid) 

Les députés espagnols en ont encore les oreilles qui tintent. Le 5 février, ayant enfin réussi à se faire ouvrir la porte du Congrès, Ada Colau a dit leur fait à ceux qu'elle juge responsables de la bulle immobilière et de ses victimes collatérales, les nombreux Espagnols expulsés de logements qu'ils ne peuvent plus rembourser. Quatre ans de combat contre la détresse sociale condensés en quarante minutes d'une intervention au débit de mitraillette : la porte-parole de la Plateforme pour les victimes des emprunts (PAH) n'a pas fait dans la demi-mesure.

A 38 ans, cette philosophe de formation a accusé les partis de gouvernement, PP et PSOE, d'être complices d'une "escroquerie généralisée". Sans ciller, Ada Colau a rappelé les suicides des personnes sur le point d'être expulsées. Résultat : bien qu'opposée aux mesures réclamées par la PAH, la majorité parlementaire a été contrainte d'accepter d'en discuter. Ada Colau a fait entrer presque par reffraction la société civile au Parlement.

Mêlant langage radical et actions pragmatiques, la PAH aide les familles menacées d'expulsions, intervient auprès des banques et des pouvoirs publics, conseille, sert d'intermédiaire. Depuis 2009, l'association née à Barcelone et qui a essaimé dans toute l'Espagne affirme avoir évité 574 expulsions. Elle ne se contente pas de faire du social. Ada Colau n'a eu de cesse de pousser les partis à réformer la loi. La PAH demande un moratoire sur les expulsions et la possibilité pour les personnes incapables de rembourser leur bien de s'acquitter de leur dette en l'abandonnant aux banques. Les députés ont accepté d'examiner ces propositions. Pas de les voter.

BEATRIZ TALEGON, rebelle socialiste

Son discours au congrès de l'Internationale socialiste, au Portugal début février, a fait le tour des réseaux sociaux. A 29 ans, la secrétaire générale de l'Union internationale de la jeunesse socialiste, l'Espagnole Beatriz Talegon, n'a pas tremblé en critiquant,devant les dirigeants, l'absence des socialistes dans la rue pour soutenir les gens qui ont besoin de "démocratie""Comment pensez-vous raviver la révolution depuis un hôtel de 5 étoiles en arrivant en voitures de luxe?", leur a-t-elle lancé.

"Ce que j'ai dit, c'est simplement ce que pensent tous les jeunes et pas seulement ceux du parti", se justifie cette Madrilène diplômée en droit et professeure de piano. Entrée en 2004 aux Jeunesses socialistes après le traumatisme des attentats djihadistes du 11mars à Madrid, en réaction "à la manipulation du gouvernement de José Maria Aznar" qui avait attribué les explosions aux séparatistes basques de l'ETA, elle commente sans ciller l'effondrement du PSOE aux dernières élections: "La gauche ne peut pas être incohérente avec elle-même, parce que nos votants sont des idéalistes. Quand on les déçoit, ils ne pardonnent pas."

Elle-même, comme dirigeante socialiste, a été prise à partie dans une manifestation contre les expulsions. Sympathisante du mouvement des "indignés", où elle a pioché des idées, elle affirme que "le parti ne doit pas rivaliser avec les mouvements sociaux mais être au service des citoyens""Il y a beaucoup de gens très bons dans le parti. J'espère que ce coup de poing sur la table les fera sortir."

ALEIX SALO, dessinateur inspiré

Il aurait pu être architecte, dans un pays qui en compte trop depuis que la bulle immobilière a éclaté. Mais en 2009, le Catalan Aleix Salo a abandonné les bancs de la fac pour se consacrer à sa passion: les vignettes satiriques. Il dessine d'abord dans des journaux locaux, dans la petite ville de Ripollet. En 2011, avec Españistan, ce pays s'enfonce dans la merde, le succès arrive grâce au book trailer qui l'accompagne. Ce résumé en vidéo du livre, qui revient avec un humour sarcastique sur les origines de la bulle, a été vu par plus de 8 millions de personnes sur YouTube et 20000 BD ont été vendues. Españistan devient l'une des références du mouvement des "indignés".

Lui se maintient à l'écart, pour ne pas "perdre son indépendance". En 2012, il revient avec Simiocracia, chronique de la grande gueule de bois économique – dont le book trailer est vu par 3 millions de personnes et le livre vendu à 50000 exemplaires. "Mon objectif est simplement de synthétiser la montagne d'infos sur la corruption, la politique, la dette publique, dont nous sommes abreuvés." En avril, il sortira une nouvelle BD, Euro-cauchemar, sous-titrée Quelqu'un a mangé la classe moyenne. Succès assuré.

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et aussi :

lu sur :

http://www.lemonde.fr/europe/article/2013/02/21/le-gouvernement-bulgare-renverse-par-la-rue_1836377_3214.html

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Le gouvernement bulgare renversé par la rue

LE MONDE | 21.02.2013 à 11h49

Par Benoît Vitkine

Nul ne savait que la vue du sang était aussi intolérable à Boïko Borissov. Le premier ministre bulgare, ancien garde du corps du dirigeant communiste Todor Jivkov, ancien colonel des pompiers féru de karaté, ancien général de la police suspecté d'avoir longtemps entretenu des liens avec le crime organisé, a annoncé, mercredi 20 février, la démission de son gouvernement de centre droit en expliquant "ne pas supporter la vue du Pont-aux-Aigles ensanglanté".

C'est sur ce carrefour du centre de Sofia qu'avaient eu lieu, la veille, les affrontements les plus durs entre quelques dizaines de jeunes et la police, à l'issue de manifestations organisées dans la capitale contre la cherté de l'électricité. Une trentaine de personnes avaient été blessées.

Ces violences s'inscrivent dans un mouvement plus large, né au cours d'un mois de janvier particulièrement froid, lorsque les citoyens bulgares ont reçu leur facture mensuelle d'électricité. La hausse des prix, décidée au coeur de l'été 2012, ne s'est fait ressentir qu'à ce moment-là, et l'addition a fréquemment grimpé jusqu'à 100 euros, dans un pays, le plus pauvre de l'Union européenne (UE), où le salaire moyen s'établit à 380 euros et la retraite moyenne à 150 euros.

La contestation a atteint un pic dimanche, avec plusieurs dizaines de milliers de manifestants recensés dans une vingtaine de villes. Brûlant leur facture, les manifestants dénonçaient l'association "mafieuse" entre dirigeants politiques et entreprises énergétiques étrangères.

Depuis la privatisation du début des années 2000, trois d'entre elles – deux tchèques et une autrichienne – se partagent le marché bulgare, et elles sont accusées d'engranger des profits démesurés. La tension est encore montée en début de semaine avec les immolations par le feu de deux hommes.

"LE PEUPLE NOUS A DONNÉ LE POUVOIR, NOUS LE LUI RENDONS"

La décision du premier ministre de quitter le pouvoir a pris de court les observateurs : l'inflexible Boïko Borissov s'était certes emparé du dossier avec retard, mais il avait tout fait, ces derniers jours, pour endiguer la crise : lundi, il avait limogé son ministre des finances, Simeon Diankov, avant de se dire déterminé, mardi, à obtenir une baisse des tarifs de 8 %. Il n'avait pas hésité, surtout, à annoncer la révocation de la licence du groupe tchèque CEZ, distributeur dans l'ouest du pays, malgré le courroux de Prague.

Mais la grogne était plus profonde, la défiance plus ancrée et l'affaire de l'électricité a servi de catalyseur, si ce n'est de prétexte.

Elu en 2009 en promettant de lutter contre la corruption et le crime organisé, le gouvernement GERB (Citoyens pour le développement européen de la Bulgarie) a largement échoué dans ce dossier. L'exécutif bulgare rejoint aussi la longue liste des gouvernements européens tombés pour cause d'austérité. Les finances publiques de Sofia sont saines, mais quatre ans de gel des salaires et de hausse du chômage (11,9 % aujourd'hui) ont eu raison de la patience des Bulgares, qui attendaient une amélioration de leurs conditions de vie après l'adhésion à l'UE, en 2007.

M. Borissov semble avoir pris la mesure de cette déception. "Nous avons de la dignité et de l'honneur. Le peuple nous a donné le pouvoir, aujourd'hui nous le lui rendons", a-t-il dit au moment d'annoncer sa démission, mercredi, devant le Parlement. Signifie-t-elle la fin politique de "Bate" ("grand frère") Boïko, l'un des dirigeants les plus charismatiques d'Europe ? Le premier ministre démissionnaire a seulement indiqué que ni lui ni son parti ne participeraient au gouvernement intérimaire chargé de conduire le pays à des élections anticipées, sans doute en avril ou mai.

Pour Kancho Stoïtchev, analyste chez Gallup International, la décision est "judicieuse : elle donne une légitimité à Borissov pour se maintenir dans la vie politique". Une manoeuvre, en quelque sorte, lui permettant de revenir plus tard dans le jeu. "Il a trop d'amour-propre pour cela, estime à l'inverse le politologue Antony Todorov. Il a compris que son charisme n'opérait plus et, en vrai populiste, il est sensible à ce que dit la rue."

Mercredi soir, les plus déterminés et les plus "antisystème" des contestataires ont à nouveau investi le centre de Sofia, quelques milliers de personnes cernant le Parlement puis le siège de CEZ. Devant le manque d'alternative crédible, ceux-là pourraient bien, après leur facture d'électricité, brûler leur carte d'électeur. Jeudi, un rassemblement massif de soutien à Boïko Borissov était annoncé.

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et encore :

Italie_ le patron de Finmeccanica arrêté dans une affaire de corruption | La-Croix.com.pdf

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