Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

28/02/2013

Les craintes de la classe politique en Europe

Vous ne pourrez manquer de le remarquer, dans les jours et semaines à venir tous les commentaires qui seront faits sur ce qui s'est passé aux dernières élections italiennes mettront l'accent sur:

- le "populisme"

- l'irresponsabilité des électeurs et de ceux qui les "manipulent".

- un vote motivé par "le rejet de l'austérité"

- un rappel incessant de "la dette" et les "marchés financiers"

À aucun moment ne sera mis en question un fonctionnement des "démocraties" occidentales basé sur des représentants du Peuple "élus-professionnels" présentés comme "une élite" et constituant une véritable caste au sein de la société.

--------------------

Les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2013/02/27/crainte-de-contagion-en-espagne-et-au-portugal_1839556_3208.html

Le Monde.fr a le plaisir de vous offrir la lecture de cet article habituellement réservé aux abonnés du Monde.fr. Profitez de tous les articles réservés du Monde.fr en vous abonnant à partir de 1€ / mois | Découvrez l'édition abonnés

Crainte de contagion en Espagne et au Portugal

LE MONDE | 27.02.2013 à 14h49 • Mis à jour le 27.02.2013 à 14h52

Par Claire Gatinois et Sandrine Morel (à Madrid)

À Madrid et Lisbonne, la crise politique italienne, la confusion et la stupeur qu'elle a provoquées sur les marchés financiers, fait craindre pour l'avenir. Economique, financier, socialpolitique.

L'Espagne, sur le fil du rasoir depuis des mois, avait su, grâce au calme qui régnait sur le marché de la dette, éviter ce plan de sauvetage global que lui prédisait la plupart des économistes. La remontée brutale du taux des emprunts espagnols à dix ans jusqu'à + 5,59 % dans la journée de mardi 26 février, fait maintenant douter.

"Jusqu'où cela va aller ?, souffle-t-on dans l'entourage de la Banque d'Espagne. L'essentiel est d'avoir accès aux marchés financiers." Le pays doit emprunter 71 milliards d'euros en net en 2013.

Pour le moment, pas s'affolement. Il faut attendre. Qu'un gouvernement se forme à Rome ou que de nouvelles élections se tiennent. On ne sait pas encore. Mais on espère que tout cela ne s'éternisera pas et se terminera bien.

"Ce qui est bon pour l'Italie est bon pour l'Espagne. Et vice versa", soulignait mardi le ministre de l'économie espagnol, Luis de Guindos. Et si le ministre a reconnu que l'instabilité politique en Italie avait contaminé l'Espagne par le biais des marchés financiers, il veut croire à une simple réaction de "court terme". Sûr que la volonté politique des Italiens permettra de dépasser cette crise.

"TRAGÉDIE SOCIALE"

Moins serein est son collègue aux affaires étrangères, José Manuel García-Margallo : "Ce qui s'est passé est un saut dans l'inconnu qui n'augure rien de bon, ni pour l'Italie ni pour l'Europe", dit-il, exprimant " d'extraordinaires préoccupations" concernant la prime de risque espagnole (l'écart de taux entre la dette du pays, et celle jugée sans risque de l'Allemagne).

Au Portugal, sous la tutelle de la "troïka" (Banque centrale européenne, Commission européenne et Fonds monétaire international) depuis le plan d'aide accordé en 2011, on redoute aussi que ce regain de turbulences ne compromette le retour progressif du pays sur le marché de la dette.

Depuis janvier, l'Etat emprunte "avec bretelles et ceintures", pointe Diogo Teixeira, directeur général du fonds Optimize, à Lisbonne. Désormais, même avec toutes les précautions, " la fenêtre est fermée", pense-t-il. Pour quelques jours, quelques semaines ou quelques mois : tout dépend de Rome.

Mais, au-delà du choc, en Espagne comme au Portugal, on a compris le message des électeurs italiens : halte à l'austérité ! Sera-t-il aussi bien entendu à Berlin et à Bruxelles ? On le souhaite, car dans les deux pays la colère monte. Au Portugal, une manifestation baptisée "Que se lixe a troïka" ("dégage la troïka !") est prévue samedi 2 mars. Le gouvernement conservateur, dont la popularité plonge, plaide pour adoucir la rigueur et obtenir un délai supplémentaire pour atteindre ses objectifs. L'Italie, troisième économie de la zone euro, fera peut-être avancer les choses, espère Joao Ribeiro, porte-parole du Parti socialiste portugais, soulignant : "Cette crise économique et financière se transforme en tragédie sociale."

"La consolidation fiscale, c'est une chose. La vitesse pour y parvenir, c'en est une autre", soutient aussi un proche de l'autorité monétaire espagnole. Certes, à Madrid, le gouvernement, qui dispose d'une majorité absolue ne tremble pas. Même les affaires de corruption qui l'éclaboussent ne semblent pas le menacer. Mais le ras-le-bol contre l'austérité pourrait bien aussi déboucher sur la montée des petits partis, comme en attestent déjà différents sondages.

-------------

sur le même sujet :

lu sur :

http://www.lemonde.fr/elections-italiennes/article/2013/02/27/dominique-reynie-on-assiste-a-un-delitement-des-systemes-politiques-europeens_1839553_1824859.html

Le Monde.fr a le plaisir de vous offrir la lecture de cet article habituellement réservé aux abonnés du Monde.fr. Profitez de tous les articles réservés du Monde.fr en vous abonnant à partir de 1€ / mois | Découvrez l'édition abonnés

Dominique Reynié : "On assiste à un délitement des systèmes politiques européens"

LE MONDE | 27.02.2013 à 13h44 • Mis à jour le 27.02.2013 à 20h09

Propos recueillis par Cécile Chambraud

Dominique Reynié est directeur général de la Fondation pour l'innovation politique.

Les Italiens ont-ils voté contre l'Europe ?

Dominique Reynié : Leur vote s'inscrit dans la flambée des forces populistes dans toute l'Europe. Le discours de Beppe Grillo est totalement incohérent et assumé comme tel. Mais ce qu'il dit de l'immigration, de l'euro, des élites, s'articule parfaitement avec les autres mouvements populistes. Le populisme n'a besoin d'être ni cohérent, ni homogène, ni conséquent ! Les populistes sont des hackers : ils "plantent" le système. On sait bien qu'ils n'ont aucune solution, ils ne savent pas quoi faire de leurs élus, mais ils canalisent les mécontentements et les frustrations sur le terrain des lâchetés et des incohérences des élites. Ce qui est frappant, c'est la puissance de cette tendance. C'est par exemple sous la pression du UKIP que David Cameron a promis un référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union européenne (UE).

De quoi se nourrit le populisme ?

De la manière dont les gouvernants européens ont fait face aux difficultés ces dernières années. Ils ne sont pas du tout à la hauteur de la situation. Ils instrumentalisent l'Europe. Ils lui font porter aux yeux de leurs nationaux la responsabilité des transformations qui affectent le continent (le vieillissement démographique, l'endettement des Etats, la mondialisation) alors qu'elle n'y est pour rien. Il n'est pas facile, dans un système ouvert, démocratique, de faire accepter des années d'effort, qui prennent souvent la forme de régressions du point de vue du citoyen, pour se désendetter.

Dans le même temps, les dirigeants politiques refusent à l'Europe les attributs d'une puissance publique qui serait complémentaire de celle des Etats. Le budget adopté récemment en est un exemple. Cela aurait dû être un budget d'investissement et de croissance pour signifier aux Européens que l'UE avait pris la mesure de la gravité de la situation. C'est le contraire qui a été décidé et l'on a assisté à une quasi-évaporation de l'Europe du fait des Européens eux-mêmes. Les Européens sont toujours dans l'Union, mais ils ne jouent plus l'Union. C'est irresponsable. Résultat : les Européens doutent de la capacité des Etats à leur venir en aide, d'où l'impopularité des gouvernements nationaux. Mais ils pensent aussi que l'Europe ne fait pas mieux, ou ne fait pas ce qu'elle devrait faire.

Quelles seront les conséquences du vote italien pour l'Europe ?

Le populisme n'a pas besoin de majorité pour empêcher le fonctionnement de l'UE. Nous sommes partis pour un cycle de crise politique majeure. Je pense qu'on le verra aux élections européennes de 2014. On va peut-être avoir un grand mouvement populiste au Parlement européen. Cela risque d'être un point de rupture. Ce qui se passe en Italie, c'est un moment de bascule historique. On assiste à un délitement des systèmes politiques. Après la crise financière, la crise économique, nous sommes dans la crise politique.

L'Allemagne est-elle à l'écart de cette crise de la représentation ?

Oui. Mais là aussi les opinions protestataires sont à la hausse. La dégradation de la situation en Italie va modifier la perception que les Allemands ont de l'Europe. Si la crise italienne augmente le coût de refinancement des dettes pour des pays comme la France, l'Italie, l'Espagne, cela veut dire que les efforts qui ont été faits sont anéantis, que ceux à venir doivent être encore plus grands. Mais avec quelle base politique ? La crise italienne correspond à une accélération très significative du mal européen. Les Allemands vont commencer à s'interroger de manière plus explicite. Angela Merkel va avoir plus de mal à contenir au sein de son parti des velléités eurosceptiques.

--------------

À propos de dette, voir :

  1. Laissez moi émettre et controler la monnaie d'une nation et je me ''fou'' de ceux qui font ces lois baron Nathan Rothchild... 2partie: http://www ...
    www.dailymotion.com/video/x5nrae_money-as-debt-13vost-fr

    Un rappel de la note du  14/11/2008 sur le blog " Une place pour tous ! ":

     
    et celle du 16/11/2008
    L'argent, qu'est-ce ?
     
    La version anglaise sous titrée est plus facile à suivre :

    http://www.dailymotion.com/video/x5nrae_money-as-debt-13vost-fr_news 
     
    16/11/2008

 

Les commentaires sont fermés.