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23/03/2013

Une explication pour Jeanne d'Arc

lu sur :

http://www.lemonde.fr/sciences/article/2013/03/21/hallucinations-quand-le-cerveau-est-instable-au-repos_1852148_1650684.html

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Hallucinations : quand le cerveau est instable au repos

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 21.03.2013 à 15h46Marc Gozlan

Que se passe-t-il lors d'un épisode hallucinatoire dans le cerveau au repos d'un adolescent qui présente un premier trouble psychotique bref ? Une équipe lilloise a exploré le lien entre hallucinations et activité du réseau par défaut (RD) chez des jeunes âgés de 11 à 16 ans qui entendaient des voix ou avaient des visions.

Leurs épisodes hallucinatoires se produisaient trois à dix fois par heure, le plus souvent quand ils étaient occupés à ne rien faire. Parfois aussi, pris dans leurs pensées lors d'une tâche, ils entendaient des voix les critiquer ou les insulter. 

Publiée en 2012 dans Cerebral Cortex, cette étude a montré que, lorsque le patient hallucine, le RD se désactive. "Ce désengagement du réseau par défaut survenait de façon concomitante à la survenue des symptômes hallucinatoires. On observait par ailleurs une hyperactivation des cortex auditifs associatifs, impliqués dans la représentation complexe des sons et du langage, lorsque le patient entendait des voix alors même qu'il était dans l'IRM les yeux fermés et ne se livrait à aucune tâche particulière", précise le docteur Renaud Jardri, responsable de l'unité de recherche en psychiatrie du CHRU de Lille.

INSTABILITÉ INTRINSÈQUE

Cette diminution d'activité du RD était similaire à celle qui se produisait dans le cerveau au repos de sujets contrôles auxquels on présentait des stimuli auditifs ou visuels lors de l'IRM. Ainsi, le cerveau de jeunes patients hallucinés réagissait de la même façon que si les stimuli auditifs ou visuels provenaient du monde extérieur.

"Ce résultat permet de "déstigmatiser" ces adolescents. Quand le patient ditentendre des voix ou voir des choses, il les perçoit effectivement dans la mesure où son cerveau réagit comme si tout cela était réel. Nous expliquons cela aux malades et à leur entourage", déclare le pédopsychiatre Renaud Jardri.

Son équipe a également montré que le RD de ces patients est aussi instable au repos lors des périodes entre les hallucinations, ce qui va dans le sens d'une instabilité intrinsèque, permanente, de ce réseau.

Une étude britannique, publiée dans la revue PNAS, ayant consisté à administrerà des volontaires sains de la psilocybine, principe actif contenu dans certains champignons hallucinogènes, soutient les résultats de l'étude française. Elle montre que la survenue d'un état psychédélique est associée à une perturbation du RD.

Ainsi, l'effet de la drogue hallucinogène ne se situe pas directement au niveau des aires cérébrales sensorielles mais est associé à une diminution significative de la connectivité au sein du RD.

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voir aussi :

Ergot du seigle - Wikipédia

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