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11/04/2013

Automobiles : les constructeurs trichent sur les émissions de CO2

Décidément, nous vivons dans une société où tous ceux qui en ont la possibilité trichent !

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/02/13/les-constructeurs-europeens-minorent-les-emissions-de-co2-de-leurs-voitures_1831875_3244.html

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Les constructeurs européens minorent les émissions de CO2 de leurs voitures

LE MONDE | 13.02.2013 à 14h36

Par Grégoire Allix

La baisse continue de la quantité de CO2 rejetée par les voitures neuves en Europe est en grande partie factice. Selon une étude diligentée par la Commission européenne, les constructeurs automobiles de l'Union profitent de "lacunes" dans les tests réglementaires pour exagérer les performances écologiques de leurs véhicules. Ceux-ci seraient bien moins économiques et beaucoup plus polluants que ne l'assurent les marques.

Le document - réalisé par trois entreprises de conseil néerlandaise, britannique et américaine - met en évidence que la "flexibilité" des procédures de tests permet "d'atteindre des valeurs de réduction des émissions de CO2 sans appliquer d'améliorations techniques au véhicule testé". En clair, les tests seraient réalisés dans des conditions artificiellement favorables à une baisse des rejets de dioxyde de carbone.

Au total, ces petits arrangements avec les mesures officielles pourraient représenter le tiers de la baisse d'émission de CO2 constatée entre 2002 et 2010 sur les différents modèles de voiture testés.

Les émissions des voitures neuves étaient en moyenne de 167,2 grammes par kilomètre (g/km) dans l'Union européenne en 2002 et de 140,4 g/km en 2010, soit une baisse moyenne totale de 26,8 g/km. Sur ce chiffre, l'étude attribue 9,1 g/km aux méthodes employées lors des tests, plutôt qu'à des avancées technologiques. "Cela signifie que les véhicules ne délivrent pas à leurs utilisateurs les performances attendues en termes d'économie de carburant, ce qui mène à la désinformation des consommateurs", indiquent les auteurs du rapport.

Pour "verdir" artificiellement leurs performances, les constructeurs utilisent, lors des tests, des pneus plus adhérents que ceux qui équiperont réellement les véhicules, ou ils les font rouler sur une surface extrêmement lisse. Tous les paramètres susceptibles de limiter les émissions de CO2 sont optimisés : poids de la voiture, alignement des roues, température, pression, vent, humidité... Des conditions idéales qu'aucun conducteur ne retrouvera sur la route.

"UN PEU DE TOLÉRANCE"

"Honnêtement, les gens devraient s'indigner. Ça revient à prendre l'argent de leur poche. L'industrie se surpasse dans cette affaire", a déclaré à l'agence Reuters une source anonyme à l'Union européenne. L'étude promet de susciter des remous à Bruxelles, où les normes imposées aux véhicules - sous peine de lourdes sanctions financières - sont censées à la fois réduire la consommation de carburant et lutter contre les émissions de gaz à effet de serre.

Ces normes devraient se durcir pour atteindre un maximum autorisé de 130 g/km de CO2 en 2015, puis 95 g/km en 2020. Les failles dans les tests remettent-elles en cause cet objectif ? D'après la Commission européenne, de nouvelles procédures devraient être mises en oeuvre à partir de 2016 et "limiter" les effets des mesures de flexibilité, mais Bruxelles estime qu'"un peu de tolérance est nécessaire pour des raisons pratiques".

L'Association européenne des constructeurs automobiles (AECA) dément pour sa part toute manipulation des données. "Le test est nécessairement réalisé dans des conditions de laboratoire", car "la performance réelle des véhicules dépend de nombreux facteurs externes comme le trafic, le terrain, les habitudes de conduite, le chargement...", argumente un porte-parole. Mais "le processus de test est conçu pour représenter une utilisation typique de la voiture". L'AECA assure pourtant que "l'industrie automobile contribue activement au développement d'un nouveau cycle de tests, conçu pour mieux représenter la conduite dans le monde réel".

Effectuer des mesures en conditions réelles sur des voitures déjà mises en service : c'est ce que préconise l'un des experts impliqués dans l'étude, le consultant de TNO, Richard Smokers. Une procédure déjà appliquée aux Etats-Unis.

Ces révélations interviennent alors que la France a durci, depuis début janvier, le dispositif de bonus-malus écologique pour les véhicules. Un système de pénalisation des véhicules polluants dont les bases apparaissent aujourd'hui largement biaisées.

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