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17/04/2013

Monnaie : les banques centrales cassent le prix des métaux précieux

lu sur :

http://www.lesobservateurs.ch/2013/03/26/comment-les-banques-centrales-cassent-le-prix-des-metaux-precieux/#

Comment les banques centrales cassent les prix des métaux précieux 

Pourquoi et comment les banques centrales occidentales, la Federal Reserve américaine au premier chef, sont-elles parvenues depuis 2011 à casser les prix de l’or et de l’argent-métal ?

Depuis la répudiation de l’étalon-or au début de la Première Guerre Mondiale -et tout de suite après dans les années 1920 surtout- jusqu’à la cessation américaine de convertibilité entre banques centrales du dollar US en or d’août 1971 -et l’instauration progressive des taux de change flottants- les pouvoirs publics (Etats et banques centrales) en Occident n’ont pas eu de cesse d’exclure l’or -et préalablement l’argent-métal- du Système monétaire international (jusqu’à les confisquer aux USA et dans plusieurs pays totalitaires). Le but de tout cela étant de se donner les moyens : 1/ de créer autant de monnaie fiduciaire de papier que possible et 2/ d’organiser un endettement public et privé maximum via le mécanisme des « réserves fractionnaires », dont ils attendaient une plus forte croissance économique que par le passé. Croissance qu’ils pensaient d’ailleurs -évidemment à tort- être en mesure de créer eux-mêmes -en toutes circonstances- au moyen de politiques monétaires discrétionnaires et de politiques budgétaires constructivistes, toutes les deux ultra laxistes.

Mais, évidemment, plus cet interventionnisme -préconisé par les fausses idées socialistes keynésiennes- s’est développé en Occident, plus les mécanismes monétaires et économiques ont été manipulés par les pouvoirs publics jusqu’à ce que l’augmentation de la création monétaire devienne hors de contrôle et que les dettes publiques et privées croissent pour atteindre des niveaux à partir desquels elles ne sont plus remboursables. Pendant que la croissance économique s’est, en même temps, fortement ralentie au fur et à mesure que lesdits pouvoirs publics augmentaient les taxes et impôts sur les particuliers et les entreprises et que leurs politiques monétaires créaient une masse croissante d’investissements improductifs se détournant des économies réelles pour aller se placer dans la spéculation financière ou boursière qui a été constamment favorisée par les banques centrales, la formation de bulles donnant l’illusion de la richesse tout en faisant abusivement croire au bien fondé du laxisme monétaire. Bulles qui, évidemment, ne peuvent qu’exploser périodiquement puisque artificiellement entretenues par la fixation de taux d’intérêts les plus bas possibles ne reflétant pas les données réelles du marché et la création d’une masse croissante de liquidités sans valeur ne trouvant pas à s’investir dans les économies réelles faute de débouchés productifs (d’où d’ailleurs la « trappe à liquidités » actuelle, se traduisant par une modération des pressions inflationnistes en Occident et au Japon, consécutive à la chute de la vitesse de circulation de la monnaie).

On rappellera à propos de la croissance économique qu’elle a été la plus forte au XXe siècle en Occident pendant les « Trente Glorieuses », c’est-à-dire à partir du rétablissement de la convertibilité entre banques centrales du dollar US en or au moment des accords de Bretton Woods de juillet 1944 jusqu’à sa cessation de convertibilité d’août 1971, ce qui n’est évidemment par un hasard puisque c’est la stabilité monétaire apportée par le lien automatique fixe entre l’or et la monnaie qui apporte la confiance indispensable à la croissance. Alors que, à l’opposé, comme l’écrivait Ludwig von Mises, « Les crises économiques sont provoquées par les politiques expansionnistes des banques centrales ».

Tout naturellement, à partir des années 2000 et au rythme des inévitables krachs financiers et boursiers successifs, les investisseurs privés raisonnables -et les banques centrales des pays émergents- se sont portés à l’achat de l’or et de l’argent-métal, en même temps que le dollar US perdait constamment de sa valeur contre les autres grandes monnaies fiduciaires de papier mais aussi de son pouvoir d’achat intrinsèque. Après dix ans de hausse, l’argent-métal puis l’or ayant atteint en 2011 des prix record (respectivement 49,50 et 1.921 dollars US l’once) et le dollar US son plus bas contre le panier des principales autres monnaies fiduciaires de papier (le Dollar US Index), les banques centrales occidentales ont alors décidé d’agir pour organiser leur rechute puisqu’ils risquaient de s’imposer comme les « actifs de dernier ressort » incontournables à la place des obligations d’Etat, américaines principalement, qui constituent l’essentiel de leurs réserves de change. Ce qui aurait eu pour conséquences de mettre un terme au rôle dominant du dollar US comme monnaie mondiale, puis de marginaliser les autres monnaies de papier dans leurs zones d’influence respectives, autant dire le retour progressif à l’étalon-or et au bimétallisme tout en renforçant le poids des pays émergents. 

Cette considération est importante puisque les USA, et accessoirement la zone euro, ayant déjà réussit à piéger les BRIC en leur faisant placer l’essentiel de leurs réserves croissantes de change -venant de leurs excédents commerciaux- en obligations d’Etat exprimées en dollars US, et accessoirement en euros, il importe de ne pas les laisser affirmer leur leadership via l’accaparement des métaux précieux dont la valeur s’apprécierait régulièrement à partir desquels ils pourraient faire pression pour un changement radical du Système monétaire international. Les préoccupations politiques et stratégiques ne sont jamais étrangères aux manipulations monétaires.

Pour parvenir à leurs fins, les banques centrales occidentales ont -sans qu’on puisse alors le savoir (et donc l’anticiper) puisqu’elles ne donnent que peu ou pas d’indications sur le montant exact de leurs réserves d’or ni sur l’emploi qu’elles en font- à partir de 2011 surtout, d’une part, loué ou cédé leur or -dont elles n’ont pas d’usage immédiat dans un Système de monnaies fiduciaires de papier- aux bullion banks privées qu’elles ont amplement financées et chargées de le vendre via les marchés à terme dans des quantités bien supérieures aux stocks physiques disponibles (du fait de l’effet de levier qui caractérise ces marchés), afin de créer une masse d’or et d’argent-métal papiers susceptible de saturer la demande des investisseurs privés et des banques centrales des pays émergents. Il y aurait actuellement une position record à la vente sur les marchés à terme de l’or et de l’argent-métal papiers correspondant à plus de 200 fois leur sous-jacent physique ! Autrement dit, les techniques de Quantitative Easing employées en matière monétaire le sont aussi sur les marchés des métaux précieux. Les banques centrales occidentales ont, d’autre part, favorisé l’émergence des ETF qui ont, eux aussi, crée une masse importante de métaux précieux papiers dans la mesure où les actifs physiques qu’ils acquièrent (pour des montants généralement inférieurs aux titres qu’ils émettent) sont déposés auprès desdites bullion banks qui, aussitôt qu’elles les reçoivent, les vendent à terme. Les deux métaux précieux sont ainsi devenus eux aussi des quasi monnaies de papier et ont en grande partie perdu leur statut de rareté. Sans compter de nombreuses autres manipulations liées au fonctionnement des marchés à terme, au fixing des prix des métaux comme aux taux d’intérêt pris en compte pour les prêts d’or (Libor, Gofo), elles aussi organisées pour assurer la collusion opaque entre les pouvoirs publics et les bullion banks. Le processus de manipulation de l’or est remarquablement exposé dans trois articles présentés sur le site ci-joint : http://sibileau.com/martin/

L’objectif de tout cela étant, répétons-le, de cacher la mauvaise gestion du dollar US, afin qu’il conserve le plus longtemps possible son statut de monnaie de réserve mondiale, et accessoirement d’occulter le chaos de l’euro pour qu’il reste son second, en dépit de la crise structurelle sans fin qu’il traverse alors qu’en l’état il n’est pas viable. Casser le prix de l’or revient à désactiver le baromètre du Système monétaire et financier international afin que tous les produits et marchés deviennent plus facilement manipulables, bref à installer le paradis terrestre pour les « banksters » de Wall Street, de la City et d’ailleurs. Les politiciens qui, tout en réclamant à cor et à cri plus de « transparence et régulation » de la finance internationale, se rendent complices de tout cela sont non seulement des idiots mais encore des irresponsables parce que coupables de la ruine de leurs peuples et de leurs nations.

Surtout lorsqu’ils imposent le sauvetage par les Etats et maintenant directement par les peuples -Etats et peuples qui n’en n’ont pas les moyens et dont ce n’est pas le rôle-, des banques « too big to fail » sans même sanctionner leurs dirigeants devenus « too big to jail ». Alors que pour des raisons de morale publique et privée (chacun doit assumer ses responsabilités jusqu’au bout de son engagement) comme d’efficacité économique (la « destruction créatrice » indispensable au rétablissement de nouveaux équilibres doit pouvoir se réaliser), il faut les laisser faire la faillite lorsque l’incompétence ou l’avidité de leurs dirigeants les ont rendues insolvables. A cet égard, le scandaleux racket des comptes bancaires à Chypre, illégalement ponctionnés sur injonction de l’Allemagne par la « Troïka » -BCE, UE, FMI-, montre que les responsables de la zone euro bafouent ses propres règles en matière d’assurance des dépôts dans ses banques et continuent de pratiquer le « coup d’Etat permanent » dans ceux de ses Etats-membres qui osent consulter démocratiquement leurs ressortissants sur des dispositions les concernant sans hésiter à renvoyer leurs élus pour les remplacer par des techniciens à leur botte. Qui gardera dorénavant ses économies dans l’une des banques de l’un des pays de ladite zone puisqu’elles peuvent être volées en toute impunité par des pouvoirs publics devenus fous ? Après avoir cassé la souveraineté de la plupart des nations européennes et ruiné la majorité de leurs populations (en Europe, le chômage est à son plus haut et la croissance économique est à son plus bas depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale !), la monnaie unique européenne est vraisemblablement entrée dans la phase finale de sa destruction, étant donné l’incompétence et l’irresponsabilité des dirigeants politiques coupés des peuples -tant au niveau européen qu’au niveau national- qui contre vents et marées s’obstinent à tenter de maintenir à un coût exorbitant une superstructure politico-monétaire constructiviste inadaptée depuis sa création.

Le seul homme d’Etat à avoir compris qu’il fallait construire l’Europe en préservant ses nations, parce que seules garantes de l’Etat de droit démocratique, et réformer le Système monétaire, en particulier en supprimant le statut exorbitant du dollar US parce qu’à la fois monnaie nationale de l’Etat le plus puissant et monnaie mondiale imposant sa domination, c’est Charles de Gaulle qui n’est hélas pas parvenu à faire adopter l’étalon-or, c’est-à-dire à couper tout lien entre la monnaie et les pouvoirs publics, précisément en raison de la bêtise et de la lâcheté de la plupart des dirigeants internationaux à son époque.
A un niveau plus prosaïque, la question qui se pose maintenant est de savoir si les prix de l’or et de l’argent-métal vont se stabiliser, puisqu’ils sont actuellement semble-t-il empêchés de monter par les manipulateurs, ou bien vont chuter plus bas. Tout dépendra de la capacité des banques centrales et de leurs alliées les bullion banks à poursuivre leurs manœuvres. Comme leurs moyens semblent importants étant donné que leur capacité de création monétaire ex nihilo (via les Quantitative Easing ou les LTRO par exemple) n’est pas encore tout à fait épuisée, il y a peu de chance pour les métaux précieux de remonter fortement à court terme. Sauf si le dollar US devait baisser nettement contre l’euro et le yen, ce qui ne semble pas d’actualité immédiate compte tenu de l’instabilité structurelle de la zone euro -qui n’est toujours pas viable sans union fiscale et sans mutualisation des dettes entre ses Etats-membres- et des actions délibérées des autorités japonaises -visant à détruire le yen pour promouvoir le plus d’inflation domestique possible-. En revanche, ayant déjà beaucoup baissé (-21% pour l’or et -48% pour l’argent-métal), il se pourrait qu’ils se stabilisent pendant quelques semaines dans un trading range limité, sans casser à la baisse leurs supports récents vers 1.520 et 26 dollars US l’once.

On notera, à ce propos, que l’or étant l’étalon monétaire (comme le mercure est l’étalon de température ou le mètre est l’étalon de distance), même s’il n’en a plus le statut officiel, sa valeur intrinsèque exprimée par son poids est en toutes circonstances -depuis l’invention de la monnaie au VIe siècle avant J.C.- constante parce ses propriétés sont immuables, de telle sorte que son prix ne monte que lorsque la valeur de la monnaie de papier dans laquelle on l’exprime chute (et réciproquement son prix baisse lorsque la valeur de la monnaie de papier dans laquelle on l’exprime s’apprécie), sans qu’actuellement l’offre et la demande de métal aient beaucoup de conséquence sur cette fixation de son prix. C’est ainsi que pendant près de 10 ans, de 2001 à 2011, le prix de l’or exprimé en dollars US est monté parce que la valeur de cette monnaie fiduciaire de papier a baissé par rapport à celles des autres. Puis, à partir de 2011, son prix exprimé en dollars US a lourdement chuté parce que (indépendamment des interventions des banques centrales occidentales dans ce sens) la valeur du dollar US a commencé de remonter par rapport à celles des autres monnaies fiduciaires de papier. Alors même que les banques centrales de certains pays émergents et que les investisseurs (via les ETF en particulier) ont acheté de l’or en quantités jamais atteintes auparavant ce qui a été sans effet sur son prix. L’or étant l’anti-dollar US, il ne fluctue donc depuis 1971 principalement qu’en sens contraire de la devise US. Quant à l’argent-métal, son rapport inverse au dollar US est également avéré sauf qu’étant aussi un métal industriel il est en partie soumis à la loi de l’offre et de la demande s’appliquant à toute matière première (d’où le squeeze des frères Hunt associés à des investisseurs arabes ayant réussit à le faire temporairement monter vers 50 dollars US l’once en 1980 pendant que l’or n’était monté que vers 850 dollars US l’once, mouvements déjà contrés par les banques centrales occidentales qui avaient fait tout leur possible pour les stopper).

Mais, à moyen terme, deux raisons -au moins- militent pour une reprise fulgurante de la hausse de l’or et de l’argent-métal : 1/ d’ici quelques années, la pénurie de ces deux métaux sera avérée puisque leurs ressources naturelles s’épuisent ( lire http://terresacree.org/argent.htm) et que les sociétés minières en extraient de moins en moins à des coûts toujours plus prohibitifs (d’où la probabilité de faillites en chaîne desdites sociétés dont les profits sont laminés), ce qui les immunisera des effets des fluctuations monétaires qui pèsent encore sur eux (en particulier de leur relation actuellement inverse avec le dollar US); 2/ le Système monétaire international actuel étant en voie d’explosion, d’une part, parce que les banques centrales occidentales ne vont pas encore longtemps pouvoir continuer de créer autant de monnaie ex nihilo sans conséquences inflationnistes et, d’autre part, parce que ses déficiences structurelles et la masse énorme de dettes non remboursables (plus aucun grand pays occidental n’ayant de croissance suffisante pour payer les seuls intérêts de ses dettes) sur laquelle il repose conduisent à des actions de moins en moins coopératives entre ses différents acteurs.

La « guerre des monnaies » (« dévaluations compétitives » à des fins commerciales) ayant déjà commencé et la faiblesse de la croissance économique globale ne pouvant plus être redressée dans le contexte actuel de mondialisation faussée par les manipulations monétaires (produisant en Occident un chômage de masse faisant baisser la consommation qui constitue à elle seule 70% des PIB) et de forte diminution de la rentabilité des investissements productifs (Bill Gross, le patron de Pimco, remarquait récemment que dans les années 1980 il fallait quatre dollars de crédit pour générer un dollar de PIB réel mais qu’il en faut vingt aujourd’hui pour obtenir le même résultat), tout indique qu’un krach des marchés d’actions et/ou d’obligations surévalués se produira prochainement. Ce qui fera à terme « sauter » les banques centrales occidentales (qui peuvent faire faillite lorsqu’elles ont atteint leur limite de création de fausse monnaie de papier), dont les bilans pourris sont déjà proches du maximum de leur extension, nonobstant le fait que la fragilité des bullion banks (les pertes énormes récentes de JP Morgan, HSBC, Goldman Sachs et autre Deutsche Bank dans les dérivés en disent long à ce sujet) pourrait entraîner leur déconfiture se traduisant d’abord par le rachat de leurs positions shorts puis par la fin de leurs manipulations baissières sur les métaux précieux.

La cassure du prix de l’or, étant le résultat des politiques de planification monétaire centrale -antilibérales de type soviétiques ou nazies ayant déjà échouées dans l’histoire- conduites par la Federal Reserve US et quelques autres banques centrales (Bank of England, BCE, Banque nationale suisse, Bank of Japan, etc.), avec la coopération de l’obscure BRI (la banque centrale des banques centrales installée à Bâle), engagées de leur propre chef, sans que les populations de ces pays le comprennent, dans la manipulation active des monnaies fiduciaires de papier qu’elles émettent, ne pourra donc pas se poursuivre longtemps puisque, par définition, les monnaies fiduciaires de papier sont en train de s’autodétruire. Le « Système » de John Law, en France sous la régence de Philippe d’Orléans, a duré quatre ans de 1716 à 1720 avant de provoquer l’effondrement de la monarchie et la ruine de la population de ce pays. Ben Bernanke, le plus grand faux-monnayeur de l’histoire chargé par les responsables américains de gagner du temps, laissera les USA en faillite et leur dollar sans valeur puisqu’ils n’échapperont pas à l’issue finale qui les attend. A savoir : faire, d’une façon ou d’une autre, défaut sur leur dette qui s’accroît de manière exponentielle, dont leurs dirigeants politiques et économiques irresponsables croient que cette situation de déséquilibre systémique peut durer éternellement en imprimant toujours plus de dollars US ex nihilo et en créant des bulles boursières à l’infini pour attirer les gogos auxquels on propose de vendre leur or (actif réel à valeur intrinsèque constante) pour acheter des actions (actifs de papier à valeur hautement volatile). Ben Bernanke pense, comme Adolf Hitler le disait lui-même, que « L’or dans les mains de la population c’est l’ennemi de l’Etat », mais la vérité c’est quand l’or est dans les mains de l’Etat qu’il devient l’ennemi de la population! Rien n’est plus urgent que de couper complètement et définitivement tout lien entre la monnaie et l’Etat et/ou les banques centrales qu’il faut supprimer, pas seulement pour recréer de bonnes monnaies stables favorisant une croissance économique positive, mais aussi pour préserver la liberté des peuples en danger de domination totalitaire aggravée du fait des politiques de planification monétaire centrale visant à les déposséder de leur capital ou de la possibilité d’en constituer un.

Comme d’habitude en matière financière c’est le timing qui importe. Hélas, à ce sujet, personne n’est en mesure de prévoir quand la « voie royale » de la hausse de l’or et de l’argent-métal reprendra, ni même jusqu’où ils pourraient monter et tout ceux qui prétendent le contraire ne se livrent qu’à des extrapolations sans aucune base sérieuse. La seule chose qui est certaine c’est qu’aucune monnaie fiduciaire de papier, par définition gagée sur le néant et produite sans limitation, comme toutes celles que nous connaissons actuellement, ne pourra devenir « as good as gold » à moins d’être à nouveau librement convertible en or et créée en quantité strictement proportionnelle au stock d’or détenu par son émetteur. La meilleure stratégie pour profiter de la hausse future des deux métaux consiste donc à les acheter sous une forme la plus physique possible par petits paquets en échelle de baisse (en évidemment les déposant hors des USA et de l’Union européenne, en Suisse par exemple en toute légalité, pour les sécuriser au maximum et bénéficier d’un traitement fiscal favorable), tout en se mettant simultanément short sur les actions des sociétés minières et ainsi tenter d’éviter de nouvelles pertes financières surtout s’ils devaient casser temporairement à la baisse leurs supports précités de 1.520 et de 26 dollars US l’once. Etant donné que, dans ce cas de figure, les actions de ces sociétés s’effondreraient encore plus vite qu’elles ne l’ont déjà fait depuis 2011. Voire même d’acheter contre ses avoirs en métaux précieux que l’on conservera des options puts à terme de quelques mois (ou d’autres protections) s’ils ne tenaient pas lesdits supports. Enfin, nous déconseillons tout achat de platine et/ou de palladium, actuellement plus que correctement évalués, qui pourraient voir leurs cours s’effondrer du fait de l’aggravation de la récession internationale (pesant négativement sur l’industrie automobile qui les consomme massivement pour la fabrication des batteries) comme d’un krach boursier à venir ainsi qu’ils l’ont fait en 2008 et 2009. 8

Si l’on veut bien réfléchir un moment sans a priori en toute objectivité sur les politiques actuellement menées par les banquiers centraux occidentaux, on conviendra qu’elles sont devenues folles. Puisque consistant à détruire la valeur des monnaies fiduciaires de papier via les Quantitative Easing, les LTRO et les dévaluations compétitives à l’infini, comme l’épargne de la masse des citoyens via les taux d’intérêt zéro et la cassure systématique de tous les actifs réels leur permettant de se protéger (voire leur confiscation pure et simple comme à Chypre récemment par la « Troïka ») au seul profit d’une minorité parasitaire d’oligarques-spéculateurs ou de banksters à la tête de banques illusoirement rendues « too big to fail ». Depuis le début de la crise de 2007, près de neuf mille milliards de dollars US ont été imprimés ou crées électroniquement dans le monde (soit en dollars US soit dans d’autres devises) mais les dettes des Etats et/ou des banques ont inexorablement continué de croître… Nous dansons sur un volcan toujours en fusion !

Ces pratiques extrêmes, qui n’ont aucun équivalent historique (sauf en plus modeste en France sous le Système de John Law et en Allemagne sous la République de Weimar, la création monétaire de papier ayant été alors comme de nos jours exacerbée pour tenter de payer des dettes devenues non remboursables, d’où l’idée que c’est finalement l’hyper-endettement qui est la cause originelle de l’hyper-inflation), se termineront nécessairement par l’effondrement de l’ensemble du Système monétaire global, un pan après l’autre, et les peuples seront alors fondés à entrer en rébellion, voilà ce que les Ben Bernanke et ses acolytes nous apporteront si personne ne les stoppe au plus vite ! L’hyper-endettement étant un cancer qui détruit tout, il faudra probablement pour s’en sortir organiser (ou laisser se réaliser) une répudiation mondiale des dettes, c’est-à-dire casser tout le Système financier et bancaire de plus en plus insolvable et, à ce moment-là, seuls les actifs réels conserveront leur utilité et leur valeur (lire http://www.zerohedge.com/news/2013-03-21/global-financial-pyramid-scheme-numbers ).

Pierre Leconte

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