Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

26/04/2013

France : voyage présidentiel en Chine ... ou ailleurs

lu sur :

http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/04/25/des-presidents-des-contrats-et-du-vent_3166157_3234.html#xtor=EPR-32280229-[NL_Titresdujour]-20130426-[titres]

Des présidents, des contrats... et du vent
 
Accords cadres et lettres d'intention, les promesses n'engagent que ceux qui veulent bien y croire. Y compris lors des visites présidentielles.

Alors que François Hollande a entamé une visite en Chine, entouré d'une soixantaine de patrons, l'industrie française guette de nouvelles commandes d'Airbus A320, d'un centre de retraitement des déchets nucléaires, de contrats dans le développement urbain durable, l'agroalimentaire, la santé ou l'économie numérique.

Pourtant, toutes les visites présidentielles du monde ne garantissent pas que les contrats soient honorés. Quand le président est reparti et que les flashs ont cessé de crépiter, l'accord commercial annoncé sombre parfois dans l'oubli. Inventaire des derniers "gros" dossiers qui se sont dégonflés ou sont carrément tombés à l'eau.

  • Les Rafales et le Brésil

Nicolas Sarkozy pensait avoir fait le plus difficile en arrachant en 2009 un "oui" à son homologue brésilien Lula pour la fourniture de 36 Rafale. Mais jusqu'à aujourd'hui, le contrat de quelque 4,5 milliards d'euros ne s'est pas confirmé.

Dernier rebondissement en date, en novembre, Brasilia a averti Paris du report de sa décision dans le cadre de cet appel d'offre plusieurs fois prorogé. Faute d'argent dans les caisses, le Brésil ne devrait pas prendre de décision avant mi-2013.

Lire : L'achat des Rafale par le Brésil : histoire d'un fiasco

  • Les Rafales et l'Inde

Cette fois, c'est François Hollande qui a soutenu les négociations. "J'exprime un optimisme réaliste pour 2013", déclarait le patron de Dassault aviation à bord de l'avion présidentiel, lors de la première visite du quinquennat en février, estimant que "l'été est un bon objectif".

Le contrat portait initialement sur 126 Rafales. Il aurait été revu en hausse à 189 appareils, selon des déclarations de sources proches des négociations en janvier. Mais on a appris au début du mois que ces négociations seraient retardées car l'Inde a annoncé qu'elle monterait 108 appareils sur place ; seuls les 18 premiers seraient assemblés en France.

Du coup, Dassault souhaite désormais signer deux contrats séparés, l'un concernant les dix-huit premiers appareils, l'autre les avions restants - ce à quoi s'oppose Dehli. Le constructeur français estime que l'assembleur n'aurait ni les compétences ni la capacité technique d'honorer son contrat.

Lire : Rafale : les négociations avec l'Inde seraient retardées

  • Les centrales et l'Inde

En décembre 2010, Areva avait signé un accord avec l'Inde pour construire ses deux premiers réacteurs de troisième génération EPR à Jaïtapur dans l'ouest du pays, avec une option pour quatre réacteurs supplémentaires, une victoire pour Nicolas Sarkozy. "La décision est prise, c'est un processus que nous connaissons bien et qui ne réserve pas de surprise", avait-il assuré.

Lire :  La France annonce une série d'accords en Inde (lien abonnés)

Mais à la suite de la catastrophe de Fukushima au Japon en mars 2011, la négociation avec l'Inde a perdu de son allant. En janvier, le ministre des affaires étrangères indien, Salman Khurshid, a affirmé que la négociation d'un contrat avec Areva portant sur la construction d'une centrale nucléaire dans son pays était "à un stade très avancé". Mais en février, François Hollande ne s'est pas exprimé publiquement sur ce dossier pour en confirmer l'avancée.

  • Les centrales, les Rafales et les Emirats

Nicolas Sarkozy s'était félicité un peu tôt des bonnes relations franco-émiraties. Il a dû essuyer deux revers majeurs aux Emirats Arabes Unis (EAU) : la défaite du consortium Areva-EDF-GDF-Total dans la course au contrat de construction de quatre centrales nucléaires, finalement attribué à un groupe sud-coréen en 2009 et, second échec, l'enlisement des négociations pour la vente de 60 Rafale, que l'on pensait acquise en 2011.

Lire :  Mirage nucléaire à Abou Dhabi

François Hollande tente aujourd'hui de reprendre la main. "Le dossier a des chances d'aboutir", confiait il y a deux mois un diplomate français, avant de s'empresser de souligner que M. Hollande "ne va pas aux Emirats pour signer des contrats", rompant avec l'attitude "VRP" de son prédécesseur.

Lire :  M. Hollande veut renforcer la coopération avec les Emirats (lien abonnés)

  • Le métro, les avions et la Chine

En 2004, lors de son voyage en Chine, Jacques Chirac s'était dit "optimiste" en vue de la signature du contrat concernant la ligne de TGV Pékin-Shangai partir du moment où l'appel d'offres sera lancé par la Chine". La rumeur d'un contrat du siècle a circulé. Las, elle a fait long feu quand l'allemand Siemens a finalement remporté le contrat.

En 2007, la France et la Chine avaient signé des accords commerciaux impliquant la technologie de l'usine de La Hague pour "une quinzaine de milliards d'euros", selon le porte-parole de l'Elysée de l'époque, David Martinon. "Ces contrats devront aboutir, ils sont quasiment sûrs, à l'horizon de deux ou trois ans", avait précisé l'Elysée. Ce projet a été remis sur la table jeudi dans le cadre d'une lettre d'intention entre Areva et la China National Nuclear Corporation.

Lire : La France a signé une série de contrats avec la Chine pour près de 20 milliards d'euros

  • Les frégates et la Grèce

En conflit avec son voisin turc, la Grèce a continué à allouer une enveloppe importante à la défense, même quand les coffres de l'Etat ont montré des signes de disette. Parmi les principaux bénéficiaires : la France.

Un point gênant pour le président français. A l'issue d'un entretien avec le premier ministre grec Antonis Samaras, lors de son dernier déplacement, François Hollande s'est justifié : "Je ne suis pas venu ici pour vendre du matériel" militaire.

Avec l'intensification des restrictions budgétaires, la Grèce a finalement décidé de louer à la France les frégates qu'elle pensait acheter (six frégates Fremm étaient en commande) pour renforcer sa marine de guerre, dans l'attente d'une reprise de ses achats militaires. "Les discussions se poursuivent" entre Athènes et Paris, a toutefois souligné une source proche du dossier.

Lire : La crise oblige la Grèce à réduire le poids 'surréaliste' de ses dépenses militaires

Mathilde Damgé

Les commentaires sont fermés.