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19/05/2013

Malbouffe : un exemple à suivre

Mais qu'attend Hollande ???

lu sur :

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2013/05/18/le-perou-part-en-guerre-contre-la-malbouffe_3317837_3222.html

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L'obésité est un sujet de préoccupation en Amérique latine. Après le Chili, le Brésil ou encore le Mexique, c'est au tour du Pérou de s'attaquer aux problèmes de surpoids qui toucheraient, dans le pays andin, plus de 52 % des femmes et 24 % des enfants de 5 à 9 ans, selon les chiffres officiels.

Pour réduire les maladies liées à l'obésité, le président péruvien, Ollanta Humala, a promulgué, jeudi 16 mai, une loi visant à "promouvoir l'alimentation saine chez les jeunes".

Le texte acte la création d'une norme qui définit une "nourriture saine" : des "aliments dans leur état naturel de préférence ou ayant été très peu transformés". Les écoles qui disposent de distributeurs alimentaires seront les premières à devoir s'y plier. La liste des aliments bannis est attendue sous peu.

Dans un pays où règnent les produits industrialisés comme les sodas, cette loi représente une petite révolution. "C'est une première pierre dans la construction d'une politique consacrée à la bonne alimentation", a déclaré le chef de l'Etat, en exhortant les parents à soutenir son initiative.

COLÈRE DES INDUSTRIELS

Condamnant directement les produits ayant de "forts contenus en gras trans, en sucre et en graisses saturées", la nouvelle norme a suscité une levée de boucliers de la part des représentants de l'industrie agroalimentaire, qui dénoncent une loi violant les libertés individuelles. "Le fait qu'un produit soit transformé ne devrait pas déterminer s'il est bon ou non pour la santé", a critiqué le président de la Société nationale des industries, Luis Salazar.

Les industriels se sont aussi opposés avec force à "la supervision de la publicité liée aux aliments et boissons non alcoolisées destinés aux jeunes", que prévoit la loi. "On ne peut considérer nos enfants comme des clients générant des profits", a répondu le chef de l'Etat.

 

Le président de l'Association péruvienne de consommateurs, Crisologo Caceres, a aussi riposté : "Les entrepreneurs disent qu'il n'y a pas de lien entre la publicité et la consommation de produits "non sains", mais si c'est le cas, pourquoi ont-ils dépensé 22,7 millions de dollars par mois dans ce type de publicité en 2012 ?", a-t-il expliqué, en citant un rapport du Conseil de radio-télévision, un organisme indépendant. Selon ce rapport, les radios et chaînes de télévision diffusent en moyenne soixante-huit heures par mois de publicités pour des aliments dits "non sains" et 335 spots publicitaires de ce type par jour.

Pour M. Caceres, il n'y a aucun doute : "Ce grand nombre de publicités participe au fait que la population, et surtout les plus jeunes, souffre de plus en plus de diabète, de surpoids et de problèmes cardiovasculaires." Un avis que partagent l'Organisation mondiale de la santé comme un grand nombre d'ONG, qui se sont empressées de saluer la "loi péruvienne contre la malbouffe".

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