Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

28/05/2013

USA/PALESTINE : LE DIABLE EST DANS LES DÉTAILS

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/05/27/john-kerry-annonce-un-plan-marshall-pour-la-palestine_3418006_3234.html

Le Monde.fr a le plaisir de vous offrir la lecture de cet article habituellement réservé aux abonnés du Monde.fr. Profitez de tous les articles réservés du Monde.fr en vous abonnant à partir de 1€ / mois | Découvrez l'édition abonnés

John Kerry annonce un "plan Marshall" pour la Palestine - Le Monde

LE MONDE | 27.05.2013 à 11h24

Par Laurent Zecchini

Jérusalem, correspondant

"Est-ce une chimère ? Je ne le crois pas !" D'emblée, le secrétaire d'Etat américain John Kerry s'est efforcé de combattre le scepticisme que ne va pas manquer de susciter le plan ambitieux de développement économique de la Palestine qu'il a annoncé, dimanche 26 mai, en Jordanie, à l'occasion du Forum économique mondial.

 

Ce projet, qui prévoit un investissement de quelque 4 milliards de dollars (3,09 milliards d'euros) dans les territoires palestiniens occupés, est plus important "que tout ce qui a été proposé depuis Oslo , il y a plus de vingt ans", a-t-il assuré.

Cette initiative, qui devrait être financée sur fonds privés, sera pilotée par l'ancien premier ministre britannique Tony Blair, porte-parole du Quartet pour le Proche-Orient (Etats-Unis, Nations unies, Union européenne et Russie). Tout en insistant sur la nécessité d'obtenir en parallèle des avancées politiques dans le cadre des négociations israélo-palestiniennes, M. Kerry assure que ce plan pourrait se traduire par une hausse de 50 % sur trois ans du produit intérieur brut (PIB) palestinien, une réduction du chômage de 21 % à 8 % et une progression de 40 % du salaire moyen.

DES ENTREPRISES AMÉRICAINES ET EUROPÉENNES CONCERNÉES

L'ancien sénateur du Massachusetts estime que la production agricole pourrait doubler ou tripler, le tourisme être multiplié par trois, quand 100 000 logements pourraient être construits sur la même période. Les principaux secteurs concernés seront le tourisme, la construction, la petite industrie, l'énergie et les communications. Washington n'a pas précisé quelles seront les entreprises privées concernées, se contentant d'assurer que ce plan ne sera pas financé par le contribuable américain.

Selon des sources diplomatiques à Jérusalem, une vingtaine de grandes entreprises américaines – Coca-Cola a été citée – et européennes pourraient contribuer à ce "plan Marshall" pour la Palestine. Ces groupes ont été rassemblés par Tony Blair et le milliardaire américain Tim Collins, un ami de John Kerry. Le milliardaire palestinien Munib al-Masri, magnat de la holding d'investissement Padico, et l'Israélien Yossi Vardi, considéré comme le pape du secteur high-tech israélien, ont été associés à l'initiative.

LE DIABLE EST DANS LES DÉTAILS

Shimon Pérès et Mahmoud Abbas, présents au Forum économique mondial, ont remercié John Kerry, mais autant le président israélien s'est montré très optimiste sur les chances de relancer les négociations de paix dans l'impasse depuis deux ans et demi, autant le président de l'Autorité palestinienne a insisté sur les difficultés liées à la position intransigeante du premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou. M. Kerry a assuré que son plan avait reçu le soutien des deux parties, mais le diable est dans les détails...

Dans les faits, le développement économique de la Cisjordanie (M. Kerry n'a pas précisé si son plan concernait Gaza) se heurte à la réalité de l'occupation israélienne : les entraves à la liberté de circulation, les check-points, la limitation des permis de travail, le tracé du mur qui ampute les terres agricoles, le refus d'Israël d'accepter des projets touristiques sur la mer Morte, sont autant de freins au décollage de l'économie palestinienne.

Or, M. Nétanyahou a toujours considéré que les mesures économiques en faveur des Palestiniens sont en réalité des concessions politiques, lesquelles doivent faire l'objet de négociations.

Les commentaires sont fermés.