Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

09/10/2013

L'Iran aujourd'hui (suite)

lu sur :

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2013/10/09/en-iran-un-air-de-printemps-pour-la-rentree_3492240_3218.html

En Iran, un air de printemps pour la rentrée

LE MONDE GEO ET POLITIQUE | 09.10.2013 à 08h19 • Mis à jour le 09.10.2013 à 08h20 |Par Ghazal Golshiri

La première rentrée scolaire depuis la victoire présidentielle du modéré Hassan Rohani, le 14 juin, a été marquée par plusieurs bonnes nouvelles qui témoignent, sinon d'un changement radical, du moins d'une approche plus ouverte de la part du nouveau gouvernement iranien.

Le Monde.fr a le plaisir de vous offrir la lecture de cet article habituellement réservé aux abonnés du Monde.fr. Profitez de tous les articles réservés du Monde.fr en vousabonnant à partir de 1€ / mois | Découvrez l'édition abonnés

Depuis le début de l'année scolaire, le 21 septembre, une quarantaine d'étudiants et certains enseignants, naguère exclus de l'université en raison de leurs activités ou tendances politiques, ont obtenu l'accord du ministère des sciences et de la recherche pour retourner dans leur établissement. Des présidents d'université perçus comme très conservateurs ont aussi été remplacés par des personnalités plus modérées.

"Le ministère m'a appelé pour dire que je pourrais m'inscrire en master de géographie à l'université de Téhéran", confirme depuis la capitale iranienne Foad Shams, qui en 2012 avait été déclaré "interdit d'études". Journaliste, il avait été emprisonné pendant six mois en 2009 pour "propagande contre le régime", au plus fort de la vague de répression qui avait suivi la réélection contestée de Mahmoud Ahmadinejad. Des dizaines d'étudiants engagés dans les protestations d'alors n'ont toujours pas eu la chance, comme lui, d'être libérés.

Lorsque Foad Shams a passé l'examen d'entrée de master en 2012, son classement ne lui a pas été communiqué. "Un responsable au ministère des sciences m'a dit qu'à cause de ma condamnation en 2009, le ministère du renseignement avait ordonné que je sois interdit d'études."

ÉTUDIANTS ETOILÉS

Selon les statistiques recueillies par certaines organisations étudiantes, depuis le premier mandat de M. Ahmadinejad en 2005, 250 étudiants ont été expulsés et 768 ont vu leur dossier personnel marqué d'"étoiles" dont le nombre définissait l'ampleur des sanctions prises contre eux, du simple avertissement à l'exclusion. Jafar Tofighi, nommé en août responsable temporaire du ministère des sciences par le président Rohani, a promis dès sa nomination de régler le problème des étudiants "étoilés". Un comité a été ensuite formé au sein de ce ministère où étudiants et enseignants pouvaient déposer plainte. "De 400 à 500 plaintes ont d'ores et déjà été recueillies", a annoncé M. Tofighi mi-septembre, ajoutant que "40 étudiants exclus pendant les années 2011 et 2012 peuvent de nouveau s'inscrire".

Autre mesure symbolique de la volonté d'alléger quelque peu l'ambiance politiquedans les universités, M. Tofighi a limogé Sadreddin Shariati, le président très conservateur de l'université Allameh Tabatabai, établissement phare en sciences humaines à Téhéran.

MESURES JUGÉES INSUFFISANTES

Les années de présidence de cet universitaire, nommé en 2005 à l'arrivée aupouvoir de Mahmoud Ahmadinejad, ont été marquées par de nombreux cas de harcèlement et d'expulsion, chez les étudiants comme chez les enseignants. Peu avant son limogeage, M. Shariati se vantait d'avoir mis en place une ségrégation sexuelle "dans 98 % des cours en licence" et "100 % au niveau des masters". Il a été remplacé par Hossein Salimi, qui a invité certains enseignants renvoyés, comme l'économiste Farshad Momeni, à reprendre leur travail. Dans le même temps, la présidence des universités privées, où étudient des millions d'Iraniens, a été confiée à Hamid Mirzadeh ; lui aussi s'est engagé à ce que "tous les étudiants "étoilés" soient inscrits".

Malgré ces nouvelles encourageantes, certains considèrent que ces décisions ne sont pas suffisantes. Fin septembre, 175 étudiants, anciens étudiants et enseignants ont demandé au ministre des sciences que justice soit rendue aux "étoilés" sanctionnés entre 2006 et 2010 qui ne sont pas encore concernés par la décision du ministère. "Il est toujours possible que cela change. Mais je ne suis pas optimiste", explique Ali, ancien étudiant en master de journalisme à l'université d'Allameh Tabatabai, expulsé en 2010.

"Ça dépend du sérieux de ce changement. Est-il réel ou est-ce une farce ?", s'interroge-t-il depuis Téhéran. Ali a déposé une requête auprès du ministère, mais il n'a toujours pas reçu de réponse.

Lire aussi : La République islamique d'Iran invente la "Journée sans divorce"

lire aussi la note du 8/10 sur ce blog : L'Iran aujourd'hui

Les commentaires sont fermés.