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11/11/2013

Le mouvement 5 étoiles en Italie, résultat du "ras le bol" des partis traditionels

lu sur :

http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/11/11/italie-les-ressorts-du-mouvement-5-etoiles_3511570_3232.html

Italie : les ressorts du Mouvement 5 étoiles

LE MONDE | 11.11.2013 à 10h19 • Mis à jour le 11.11.2013 à 10h34 |Par Philippe Ridet (Rome, correspondant)

 

Le grand mystère italien des élections générales des 24 et 25 février est en passe d'être éclairci. Intitulée Voto amaro (« scrutin amer »), l'étude postélectorale conduite par l'institut Itanes (Italian National Elections Studies), publiée en novembre par l'éditeur Il Mulino (non traduit), répond à plusieurs interrogations nées après ce scrutin sans vainqueur indiscutable et marqué par l'émergence du Mouvement 5 étoiles (M5S) devenu le premier parti – du moins à la Chambre des députés – d'Italie. Qui sont ses électeurs ? Quelles sont leurs motivations ? Beppe Grillo pourra-t-il renouveler son succès dans d'autres scrutins ?

Mais d'abord un rappel. Au soir du 25 février, la répartition des forces politiques était la suivante. A la Chambre des députés : le M5S obtenait 25,6 %, le Parti démocrate (PD, centre gauche) 25,4 %, le Peuple de la liberté (PDL, centre droit) 21,6 %. Au Sénat : le PD totalisait 26,9 % des suffrages, le M5S 23,6 % et le PDL 21,9 %. Seul l'ajout des votes obtenus par les petits partis de la coalition a permis au centre gauche d'obtenir la majorité à la Chambre. Mais cela a été insuffisant au Sénat, où aucune majorité n'a pu être trouvée.

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Jamais dans l'histoire de la République un scrutin a été marqué d'une telle volatilité. Sous l'effet de la crise économique et d'une défiance générale envers les partis – seuls 10 % des Italiens manifestent encore leur confiance dans les formations politiques traditionnelles et 20 % dans le Parlement –, 39,1 % des électeurs ont changé leur vote entre les élections de 2008 et celles de 2013, ou se sont réfugiés dans l'abstention (+ 5,3 %). Résultat : les formations traditionnelles (PDL, PD et Ligue du Nord) ont perdu, en cinq ans, 11 millions de suffrages, et l'habituelle alternance entre centre droit et centre gauche en vigueur depuis 1994 a été stoppée.

Ce grand brassage social et électoral a profité en premier chef au M5S qui a su, mieux qu'aucune autre formation, interpréter la demande de changement exprimée par les Italiens. Pendant que le PD, supposé vainqueur dans les sondages, se contentait de donner des gages aux institutions européennes et financières et que le PDL n'avait d'yeux que pour les petits propriétaires à qui il promettait la suppression de la taxe foncière, le « non-parti » de M. Grillo – qui avait obtenu à peine 500 000 voix aux élections régionales de 2011 – s'adressait à toutes les victimes et les dégoûtés de la triple crise italienne : morale, économique et politique. Selon Itanes, 21 % des électeurs qui avaient choisi le PD en 2008 ont voté M5S, 18 % de ceux du PDL, 20 % de ceux du centre, 23 % de ceux de la Ligue du Nord, etc.

Ce sont avant tout les jeunes qui ont construit le succès du M5S. 44,4 % des électeurs entre 18 et 24 ans, soit la génération née avec l'entrée en scène de Silvio Berlusconi en 1994, ont voté pour cette nouvelle offre politique (contre 16,6 % pour le PD et 13,2 % pour le PDL). Le M5S est encore prépondérant dans la classe d'âge entre 25 et 34 ans (37,7 %) et chez les 35-44 ans (28,8 %). L'électorat du M5S se distingue aussi par un pourcentage accru de femmes (27,6 % contre 23,7 % d'hommes), de diplômés de l'enseignement supérieur (30,4 %), d'habitants des grandes villes (32,9 %).

DÉMOCRATIE PARTICIPATIVE

Mais la base sociologique ne saurait se réduire à la catégorie des « bobos » transalpins. La formation de M. Grillo a attiré 29,2 % des ouvriers (contre 21,3 % au PD et 28,6 % au PDL), 28,8 % des enseignants, une des catégories sociales les plus « ciblées » par les politiques de rigueur de la gauche comme de la droite. Et 39 % des femmes au foyer, traditionnel vivier électoral de M. Berlusconi quand il passait encore pour un bon mari et un bon père de famille.

Selon les auteurs de Voto Amaro, les électeurs du M5S se classent en trois catégories : les « identifiés », soit les inscrits au Mouvement, les « sympathisants » et les « occasionnels », qui ont décidé de voter pour lui au dernier moment. Mais tous mettent en avant leur attachement à la démocratie participative, la défense du « bien commun » (l'eau, le patrimoine…), la naissance d'un véritable « Etat social » (salaire minimum), leur défiance à l'égard des formations politiques traditionnelles. Ce qui éloigne le M5S de l'étiquette facile et paresseuse de « populiste ». Dans une Italie sortie exsangue et déprimée de vingt ans de berlusconisme, de démocratie confisquée par les grands partis, de confusion entre intérêts publics et privés, d'alternances de gauche plutôt molles, les mots d'ordre de l'ex-comique génois ont fait mouche.

Toutefois, la fidélité des électeurs du M5S n'est pas acquise, comme l'a démontré le scrutin municipal de mai où la formation de M. Grillo n'a pu ravir aucune des grandes villes mises en jeu. Si 93,5 % des « identifiés » disent leur confiance dans le chef, cette proportion tombe à 47,3 % chez les « occasionnels ». Enfin, Internet, le vecteur de communication du M5S, n'est utilisé que par 20,8 % de ces derniers.

« Les différences d'orientation et de comportement entre les composantes du M5S mettent en évidence les difficultés pour consolider cet électorat », écrivent les politologues de Voto Amaro. Si, dans les sondages, le Mouvement se maintient encore autour de 20 % des intentions de vote, malgré la dérive autoritaire et électoraliste du « non-leader », il n'est pas certain qu'il puisse rester longtemps à cet étiage.

ridet@lemonde.fr

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à propos du ras le bol des partis politiques traditionnels, lire aussi les informations concernant l'Espagne (je n'ai malheureusement trouvé qu'un seul article en français (d'un site suisse):

www.theguardian.com/.../20/partido-x-spain-politics-financial-crisis - Cached 

20 Oct 2013 ... Born of the 'indignados' movement and Spain's financial crisis, members plan to end two-party hegemony of PP and PSOE.


politica.elpais.com/politica/2013/10/08/.../1381264212_534928.html - Cached

8 Oct 2013 ... Se presenta en sociedad la agrupación política que pretende ser el “imprevisto” que altere los planes de los partidos tradicionales.

tendancecoatesy.wordpress.com/.../anti-politics-partido-x-a-spanish-five-star- movement-looks-to-set-to-win-votes-in-2014/ - Cached

12 Oct 2013 ... X Party Citizen Network, the Party of the Future. The X is unknown. It represents whoever changes completely the idea of what a “political party” ...




www.rts.ch/info/monde/5278737-le-partido-equisse-ou-parti-x-a-vu-le-jour-en-espagne.html
9 Oct 2013
Composé d'anciens indignés, le "partido equisse" ("X" en espagnol) est né mardi en Espagne ...

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