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29/11/2013

La démocratie au Japon : défense d'informer

lu sur :

http://www.lemonde.fr/international/article/2013/11/28/le-japon-vote-une-loi-qui-limite-la-liberte-d-informer_3521963_3210.html

Le Japon vote une loi qui limite la liberté d'informer

LE MONDE | 28.11.2013 à 11h59 • Mis à jour le 28.11.2013 à 11h59 |Par Philippe Mesmer (Tokyo, correspondance)

Le Japon renforce sa sécurité en menaçant la liberté d'information. Un texte, voté par la Chambre basse le 26 novembre et qui doit être discuté au Sénat, autorise les administrations à classer secrète toute information jugée sensible et relative à la défense, à la diplomatie, au contre-espionnage et à la lutte antiterroriste.

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Ce projet de loi prévoit jusqu'à dix ans de prison pour ceux qui les diffuseraient. Auparavant, seul le ministère de la défense pouvait faire usage de cette protection légale. Cette extension est destinée, notamment, à satisfaire les exigences américaines sur l'échange d'informations sensibles. « Cette loi a été conçue pour protéger les citoyens », proclame, pour sa part, le premier ministre, Shinzo Abe.

Ajouté à la création d'un conseil de sécurité national, voté le 27 novembre par le Parlement, ce texte renforce les pouvoirs du premier ministre et limite le droit des citoyens à l'information. Mais il ne fournit aucune définition du « secret d'Etat ».

« SOCIÉTÉ OPPRESSIVE »

Evoquée, une durée de classification de trente ans reste assortie de nombreuses exceptions. Aucun organe indépendant, pourtant réclamé par l'opposition, ne semble envisagé pour contrôler le processus de classification.

Depuis Genève, Frank La Rue, rapporteur spécial des Nations unies sur la liberté d'expression, a déploré un texte truffé de « menaces sérieuses pour les lanceurs d'alerte ou les journalistes ». Selon plusieurs sondages, une majorité de Japonais s'opposent au texte.

« Le large champ d'application de cette loi opaque peut aboutir à une société oppressive », s'inquiète le quotidien Nihon Keizai. « Dans ce pays, il est déjà difficile d'obtenir des informations, regrette Takichi Nishiyama, journaliste condamné pour avoir révélé des données confidentielles sur la rétrocession d'Okinawa au Japon en 1972. La loi va empirer les choses. »

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