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16/12/2013

"Soleil Vert" à base de cheval !

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LE MONDE | 16.12.2013 à 12h45 • Mis à jour le 16.12.2013 à 13h02 |

Par Laurence Girard et Chloé Hecketsweiler

La viande de cheval revient dans l'actualité. La gendarmerie nationale a annoncé, lundi 16 décembre, le déclenchement d'une vaste opération dans onze départements, dans le cadre d'une enquête contre un trafic de viande de cheval et de viande en gros.


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L'opération, qui mobilise une centaine de militaires, et des techniciens de la Brigade nationale d'enquêtes vétérinaires et phytosanitaires (BNEVP), s'inscrit dans le cadre d'une instruction judiciaire dirigée par un juge d'instruction du pôle santé publique du tribunal de grande instance de Marseille.

Elle s'est traduite par vingt-et-une interpellations et des perquisitions dans les locaux de négociants de viande et dans des abattoirs. L'investigation concerne les régions du Languedoc-Roussillon, de Provence-Alpes-Côte d'Azur et Midi-Pyrénées.

TRAITEMENTS MÉDICAMENTEUX

Cette nouvelle affaire de fraude à la viande de cheval avait été dévoilée fin août. Mais il n'était pas question de viande de cheval vendue frauduleusement à la place de la viande de bœuf, comme dans le scandale qui avait éclaté début février jetant une lumière crue sur les pratiques de l'industrie agroalimentaire. L'enjeu est la commercialisation de carcasses de chevaux impropres à la consommation, les animaux ayant subi des traitements médicamenteux. Il pourrait, cette fois, s'agir de problème sanitaire et non plus de fraude.

Le syndicat de la Coordination rurale et la Fédération nationale des éleveurs professionnels d'équidés (FNEP) avaient envoyé un communiqué, fin août, pour évoquer l'existence d'un trafic présumé de chevaux de selles écoulés frauduleusement dans l'alimentation humaine. Un centre équestre de Rethel (Ardennes) avait affirmé avoir déposé plainte auprès du parquet de Charleville-Mézières. Il avait cédé deux chevaux pour soi-disant leur assurer une retraite paisible, mais avait découvert, a posteriori, que l'acheteur les avait vendus à un abattoir.

A cette occasion, le procureur de Marseille avait déclaré qu'une instruction judiciaire était ouverte depuis juin par le pôle santé de Marseille. Les investigations concerneraient la commercialisation de chevaux de centres équestres mais aussi de viande de chevaux qui auraient auparavant servi à la recherche d'entreprises pharmaceutiques ou de laboratoires. L'enquête aurait été déclenchée suite à une dénonciation anonyme envoyée fin 2012.

CHANGEMENT D'IDENTITÉ

Certains de ces chevaux auraient été achetés à Sanofi Pasteur. Le groupe pharmaceutique dément toute implication dans ce trafic et fera valoir ses droits devant la justice. Les chevaux sont utilisés par le laboratoire pour produire des sérums antirabiques, des sérums antitétaniques et des sérums antivenins (on leur injecte un vaccin pour qu'ils produisent les anticorps qui sont la matière première de ces sérums).

Les chevaux sont élevés dans une ferme attachée au laboratoire et, après trois ans de bons et loyaux services, ils sont revendus à des marchands avec un certificat qui stipule qu'il est interdit de les mettre en circuit dans la filière alimentaire. Tous possèdent une puce qui garantit leur traçabilité.

Les différentes plaintes laissent entrevoir un trafic de viande de cheval qui toucherait la France, la Belgique, les Pays-Bas et l'Espagne. Dans ce réseau, les chevaux, qu'ils soient de trait, de course, de sport, ou cobayes de laboratoire, voyaient leur carnet de santé falsifié. Le passage des frontières pouvant se traduire par un changement d'identité de l'animal et une falsification de sa traçabilité. Nombre de ces chevaux ayant subi des traitements médicamenteux les rendant impropres à la consommation.

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