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25/12/2013

À quoi sert l'ONU ? En Syrie, pas de trêve de Noël

lu sur :

www.lemonde.fr/international/article/2013/12/24/...


LE MONDE | 24.12.2013 à 11h10 • Mis à jour le 24.12.2013 à 11h10 |Par Hélène Sallon

Dans le ciel d'Alep, les avions et les hélicoptères de l'armée syrienne se livrent, depuis le 15 décembre, à un ballet macabre, bombardant sans répit les quartiers et villages passés aux mains des rebelles.

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Des images amateures diffusées sur Internet montrent l'ampleur de la désolation dans l'ancienne capitale économique de la Syrie. Des rues entières ont été réduites à un tapis de ruines. Des immeubles ont laissé place à d'énormes cratères, jonchés de décombres, d'où sont extraits un à un les corps des victimes.

Plus de 330 personnes, dont une centaine d'enfants, ont été tuées dans ces raids, selon un bilan provisoire établi lundi 23 décembre par l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Pour la seule journée de lundi, au moins 30 personnes, dont 12 enfants et deux femmes, ont été tuées lors du largage de barils de TNT contre les quartiers rebelles de Marjé et Soukkari, dans le sud-est de la ville.

« MÉTHODES DE GUERRE»

Le recours systématique à des barils bourrés d'explosifs, de clous et d'autres éclats cause des pertes humaines et des dégâts matériels considérables. L'organisation Human Rights Watch dénonce des « méthodes de guerre qui ne font pas la distinction entre civils et combattants ». Mais le régime de Damas continue d'imputer l'ampleur du bilan humain au fait que les « terroristes » se cachent au sein de la population civile.

A moins d'un mois de la conférence de paix internationale de « Genève 2 », qui doit s'ouvrir le 22 janvier 2014 à Montreux, en Suisse, Bachar Al-Assad multiplie les offensives pour se présenter en position de force à la table des négociations. Après les succès engrangés dans la province de Damas, il espère porter un coup décisif aux rebelles, qui tiennent depuis l'été 2012 les secteurs est de la ville d'Alep et la plus grande partie de la campagne environnante.

Le régime a progressivement resserré son étau autour de la ville, reprenant des localités et des bases alentour. Il a su profiter des luttes intestines entre groupes rebelles, notamment les djihadistes de Jabhat Al-Nosra et de l'Armée islamique de l'Irak et du Levant, déjà en guerre larvée contre l'Armée syrienne libre.

IMPUISSANCE DES OCCIDENTAUX

Mais il ne semble pas avoir les moyens d'envisager une offensive terrestre d'envergure contre ces groupes, comme il a pu le faire à Damas avec l'appui du Hezbollah chiite libanais, a reconnu une source sécuritaire. Dans cette guerre d'usure, qui s'annonce longue, l'usage de barils de TNT est moins coûteux que les missiles que lui livre son allié russe.

Cette nouvelle escalade dans la répression pourrait rendre encore plus vains les efforts diplomatiques déployés depuis plusieurs mois par les Occidentaux pour trouver une issue politique au conflit. Alors que le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon ne cherche plus qu'à convaincre les Etats-Unis de convier l'Iran à Montreux pour finaliser la liste des invités, l'opposition syrienne a menacé lundi d'annuler sa venue si « les tentatives d'anéantir le peuple syrien se poursuivent ».

La veille, la Coalition nationale syrienne avait à nouveau réclamé, en vain, l'imposition d'une zone d'exclusion aérienne, exhortant les puissances occidentales à ne pas offrir à Assad « un permis de tuer » en échange du démantèlement de son arsenal chimique.

L'impuissance des Occidentaux à stopper la répression, qui a fait plus de 126 000 morts en trente-trois mois, affaiblit davantage la position de la Coalition, dont la légitimité est contestée sur le terrain. Samedi, Hassan Aboud, à la tête des 20 000 combattants islamistes d'Ahrar Al-Sham, a annoncé qu'il ne reconnaîtrait aucun accord conclu à Montreux.

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