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03/02/2014

Le saviez-vous ? La SNCF investit dans le covoiturage

lu sur :

Les Echos N°21517 du 09 Septembre 2013 
  Page n° 20 
La SNCF passe à la vitesse supérieure dans le covoiturage

•La compagnie a racheté le site 123envoiture.com, dans lequel elle avait déjà investi en 2009.•Elle table sur de nombreuses synergies possibles.

Le marché du covoiturage entre particuliers se développe et la SNCF a décidé d'en devenir un acteur à part entière. En 2009, l'établissement public avait déjà pris, par le biais de son fonds d'investissement Ecomobilités Partenaires, une participation de 20 % dans Green Cove, société éditrice de 123envoiture.com, un site spécialisé dans ce service en plein boom. Selon nos informations, la SNCF est passée à la vitesse supérieure cet été en prenant le contrôle à 100 % de Green Cove, à travers Ecolutis, une société positionnée elle aussi sur le covoiturage, mais à destination des entreprises souhaitant mettre en place une offre pour leurs salariés. Agnès Ogier, directrice marketing de SNCF Voyages, est désormais présidente de Green Cove et d'Ecolutis. Interrogée, la SNCF s'est refusée à commenter ces informations.
En investissant dans le covoiturage, la compagnie ferroviaire démontre une nouvelle fois qu'elle n'a pas peur d'investir dans des moyens de locomotion qui font concurrence à son fonds de commerce traditionnel, le train. Quitte à faire grincer des dents chez ses concurrents du secteur privé. L'an dernier, la SNCF a ainsi lancé iDBUS pour ne pas laisser Eurolines (groupe Transdev), l'acteur historique du marché, profiter seul de l'ouverture partielle du transport par autocar sur les liaisons domestiques. Elle propose aujourd'hui 5 allers-retours quotidiens en bus entre Paris et Lyon, et 11 entre Paris et Lille.

L'investissement dans le covoiturage relève sans doute de la même logique : la SNCF préfère être présente sur un marché en plein essor (« Les Echos » du 18 juillet), même si celui-ci risque de détourner des clients du train, plutôt que de se laisser enfermer, et ringardiser, sur son métier de base. Restera à gérer ensuite les risques potentiels de cannibalisation.

« Acteur global de mobilité »

L'entreprise devra également redynamiser sa nouvelle acquisition, qui semble un peu en sommeil : 123envoiture.com revendique « 400.000 membres inscrits et près de 200.000 trajets », mais seules trois évaluations des conducteurs par les passagers sont visibles sur la page de garde pour le mois d'août. En comparaison, Blablacar, qui s'est imposé comme le leader du secteur en France, annonce 3 millions de membres en France, 4.000 inscriptions par jour. Le succès du site s'est bâti sur les trajets longue distance, ce qui le pose en rival du TGV (lire ci-contre).
123envoiture.com pourra toutefois compter sur la puissance de feu de son nouvel actionnaire pour doper sa visibilité et atteindre la taille critique en nombre d'inscrits, donnée majeure pour le bon fonctionnement des sites de covoiturage. Les synergies potentielles semblent également nombreuses avec les autres filiales du groupe SNCF, en particulier Keolis, qui exploite de nombreux réseaux de transport urbain en France. Effia, dédié au stationnement et à la gestion des parkings, semble lui aussi un partenaire tout indiqué. De quoi pour la SNCF s'affirmer encore un peu plus comme « acteur global de mobilité ».
 

Nicolas Rauline Lionel Steinman

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