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08/03/2014

Municipales et parité homme-femme : encore des progrès à faire

les surlignages sont de moi

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Parité hommes-femmes : les municipales vont-elles changer la donne.

 

L'indépendant.fr‎ - il y a 12 heures

 

Le 08 mars à 06h00 par Sophie Babey

Qu'est-ce qui fait de ce 8 mars 2014 une journée de la femme pas comme les autres ? Une fois n'est pas coutume, au lieu de regarder dans le rétroviseur, tournons-nous vers l'avenir. Avant de voir une lady à la Maison Blanche s'occuper d'autre chose que du potager ou du régime alimentaire des enfants, s'approche à grands pas ce jour historique, qui verra l'entrée d'une femme à l'Hôtel de Ville parisien. Selon toute vraisemblance, le 30 mars prochain, Anne Hidalgo ou Nathalie Kosciusco-Morizet -l'une des deux- devrait devenir la première femme à accéder à la fonction de premier magistrat de Paris. Et à entrer ainsi dans le cercle très fermé des femmes maires de capitales (au côté de Varsovie, Madrid, Sofia, Kiev, Yokohama, Montevideo ou Santiago du Chili). 

Au-delà de ce symbole fort, 16 000 autres représentantes du sexe dit "faible" seront élues conseillères municipales en France à l'issue de ces prochaines élections. Et ce, grâce au miracle de la loi surnommée "chabadabada" (merci Lelouch pour ce joli nom). Promulgué juste avant les municipales de 2001, ce texte, qui impose l'alternance homme-femme aux scrutins de liste, s'applique désormais à toutes les communes de 1 000 habitants et plus. Jusque-là, le seuil était de 3 500 habitants. C'est LA grande nouveauté de cette élection municipale 2014, qui va donc, mathématiquement, propulser 16 000 nouvelles femmes dans le grand bain tant convoité par les hommes de la gestion des municipalités. 

90 femmes maires dans l'Aude et les Pyrénées-Orientales

Dans nos deux départements, elles sont 90 (sur 664 communes) à occuper la fonction de maire.

Sur notre carte, ci-dessous, découvrez en rose les villes où les maires sont des femmes et en bleu, les villes où ce sont des hommes qui sont maires. Un coup d'oeil suffit à voire quel sexe mène majoritairement les conseils municipaux...

  • Quelques prés carrés préservés

Ces nouvelles dispositions vont également s'appliquer à la désignation des conseillers communautaires et des adjoints. Par le biais de leur association (AMF), les maires de France -des hommes dans 86 % des cas !-, sont tout de même parvenus à préserver quelques prés carrés en excluant trois cas du champ de cette loi. 

  1. Rien n'impose une différence de sexe entre le maire et son premier adjoint.
  2. Pas de parité obligatoire chez les vice-présidents des agglos.
  3. Pas d'alternance stricte dans la liste de présentation des candidats aux fonctions d'adjoints.  

Et c'est là qu'on touche au coeur de la problématique : comment obtenir, après une parité quantitative, une égalité "qualitative" ? On l'a vu, alors que nous célébrons en 2014 les 70 ans du droit de vote féminin, d'énormes progrès ont été réalisés dans la course à l'égalité des sexes dans la vie publique... Pour autant, on est encore très loin d'un réel partage des pouvoirs. 15 ans après la révision de la Constitution disposant que "la loi favorise l'égal accès des hommes et des femmes aux mandats électoraux et aux fonctions électives", on constate que les progrès se cantonnent aux domaines où la loi est contraignante. Ainsi, 48,5 % des conseillers municipaux des grandes villes  et 48 %, des conseillers régionaux sont des femmes. Bravo !

  • Sortir de l'organisation des fêtes de village

Mais dès que le législateur baisse sa garde, et se contente d'un texte simplement "incitatif", ou non contraignant, les vieux réflexes machistes reprennent le dessus. Ainsi, on compte seulement 22 % de femmes au Sénat et à peine 26 % de députées (*). Au final, les quelque 14 % de femmes premiers édiles le sont en priorité dans les petites communes. Aujourd'hui, rien ne garantit leur entrée en masse dans les conseils d'agglos, qui pèsent pourtant de plus en plus dans la gestion des collectivités territoriales, que ce soit en terme de compétences ou en masse budgétaire. 

Déjà, dans les mairies, quand il s'agit de distribuer les postes d'adjoint ou délégations, les plus convoités reviennent rarement aux femmes. Elles accéderont plus facilement aux affaires sociales ou au tourisme qu'aux finances, poste clé par excellence. En conclusion, pour sortir de l'organisation des fêtes de village, les femmes ont encore du chemin à parcourir. Mais dès le 30 mars prochain, elles seront 16 000 de plus à faire entendre leurs voix dans les conseils municipaux. Se feront-elles entendre jusque dans les agglos ? Réponse dans quelques semaines.  

(*) Sources INSEE et ministère de l'Intérieur. 

Carte réalisée par Stéphane Sicard/lindependant.fr

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