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14/10/2014

Le métier d'élu professionnel au Parlement Européen

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Le Point - Publié le 14/10/2014 à 07:40

Parlement européen : comment les Français arrondissent leurs fins de mois 
Les élus français sont les plus nombreux à gagner plus de 10 000 euros par mois de revenus annexes. Lire

Le bureau européen Transparency International a passé en revue les déclarations d'intérêt des 751 eurodéputés élus en mai dernier. Ces parlementaires ont le droit d'être rémunérés pour d'autres activités, à condition de les déclarer. En la matière, la palme revient aux Français, au nombre de quatre parmi les douze plus gros revenus annexes : Michèle Alliot-Marie (plus de 15 000 euros par mois, devancée seulement par un Roumain et un Italien), Renaud Muselier (plus de 12 000 euros), Sylvie Goulard (plus de 11 000 euros) et Rachida Dati (plus de 10 000 euros).

Un mandat bien payé

Savoir combien gagnent les parlementaires européens en dehors de leur fonction est instructif à plus d'un titre. Ces élus sont si convenablement payés qu'il ne serait pas illégitime d'exiger d'eux un plein temps : 6 250 euros nets d'indemnité de base, chaque mois - plus qu'un député français -, à laquelle s'ajoute une indemnité de fonction de plus de 4 000 euros, réduite de moitié pour ceux qui n'assistent pas à la moitié des séances plénières. C'est aussi un moyen de mesurer l'importance, et la rentabilité, du cumul des mandats et de mettre en lumière d'éventuels conflits d'intérêts. En pratique, il est parfois impossible d'en avoir le coeur net. Rachida Dati déclare ainsi plus de 10 000 euros d'honoraires d'avocate par mois. Pour quels clients ? Mystère. Sylvie Goulard, élue du Modem, est elle rémunérée par un think tank. 

Les faux semblants du classement

L'exemple des eurodéputés nouvellement élus est moins probant. La déclaration se rapporte en effet aux douze derniers mois de revenus. Michèle Alliot-Marie avait pris soin de dire, pendant la campagne, que siéger à Strasbourg lui ferait perdre de l'argent. Peut-être pensait-elle aux 10 000 euros ou plus qu'elle reconnaît percevoir pour des "conférences". Elle certifie aussi gagner 5 000 euros par mois grâce à l' "écriture de livres", ce qui semble étonnant pour une personnalité qui n'a jamais rencontré le moindre succès de librairie. Renaud Muselier, lui, dirigeait sa clinique à Marseille.

L'autre faux semblant réside dans le traitement réalisé par Transparency International. L'ONG a inventé un "indicateur d'activité extérieure" qui recense aveuglement les mandats. Résultat : c'est une élue française, la centriste Nathalie Griesbeck, qui se retrouve première sur 751. Elle a déclaré toutes les institutions où elle siège à titre gratuit, notamment comme conseillère générale de la Moselle. "Je caracole avec des gens qui gagnent vraiment de l'argent, alors que j'avais précisé, par écrit, qu'il s'agissait d'activités non rémunérées et que je suis en disponibilité de mon université pour travailler à plein temps sur mes mandats." Trop de transparence, donc, tue la transparence... Une fois la méthode affinée, l'étude des déclarations de l'année 2015 sera plus intéressante encore : elle montrera si les nouveaux entrants ont su ou non renoncer à des occupations très rémunératrices.

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